«Propagande» ? Le clip du gouvernement français pour les européennes fait polémique

02-11-2018 francais.rt.com 12 min #147784

© @gouvernementFR

La campagne pour les européennes est lancée. Après la publication d'un clip par le gouvernement français sur les élections de 2019 critiquant ouvertement Orban et Salvini, l'opposition de tout bord s'inquiète d'une vidéo de «propagande».

Après avoir publié un clip en vue des élections européennes de 2019 le 26 octobre, le gouvernement français se retrouve sous le feu des critiques.

Dans cette courte vidéo d'à peine 30 secondes, le gouvernement passe en revue les grands enjeux des élections à venir : immigration, climat, emploi mais surtout l'Europe, «union ou division ?», en pointant directement du doigt Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien, et Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. Les réactions n'ont pas tardé à se faire entendre.

Matteo Salvini a d'abord directement réagi sur Twitter, dès le 28 octobre. «Le gouvernement français publie, aux frais des contribuables, un spot officiel pour les européennes 2019 m'utilisant comme l'"homme noir" dont il faut avoir peur...», a-t-il ainsi posté.

Matteo Salvini 28/10/2018 17:22:00 4921 1444  910320/1736
Governo francese pubblica, a spese dei contribuenti, spot ufficiale per le #Europee2019 usandomi come “uomo nero” d… https://t.co/4PuLGanmo8

L'opposition française lui a rapidement emboîté le pas. L'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre Jean-Frédéric Poisson a crié au scandale et dénoncé un «outil de propagande», le 30 octobre. Le lendemain, le président du Parti chrétien-démocrate a lancé  une pétition, adressée au président de la Commission des comptes de campagne, dans le but «d'imputer les frais de création et de diffusion de cette vidéo aux dépenses de propagande électorale du parti de monsieur Macron pour les élections européennes».

Scandale ! Montage saccadé, sujets alarmistes, images amalgamées... Ce clip #Europeennes2019 payé par nos impôts es… https://t.co/hhGholOKGO

La députée Les Républicains des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a quant à elle déclaré, le 2 novembre, que le clip vidéo du gouvernement était «un abus de pouvoir mais aussi une manipulation politique».

Valérie Boyer 02/11/2018 10:18:10 100 137  58472/7477
Oui @GLarrive ce clip pour les élections européennes est une propagande pro Macron financée par les deniers publics… https://t.co/5jzOZswl3n

⛔️ L'Etat-Macron finance la campagne électorale d'@enmarchefr aux frais des contribuables. C'est un abus de pouvoir… https://t.co/hXVCQXztTJ

Dans un tweet publié le 2 novembre, la président du Rassemblement national Marine Le Pen en a profité pour tacler l'éditorialiste de BFM TV Christophe Barbier, ironiquement qualifié de «porte-parole du gouvernement». La députée du Pas-de-Calais a également dénoncé une «propagande électorale avec de l'argent public», un acte «illégal», selon elle.

Marine Le Pen 02/11/2018 08:13:50 1648 1220  2128628/3960
Barbier, le porte-parole du gouvernement, confirme que le clip sur les #Européennes2019 est de la propagande électo… https://t.co/9y3Doyzw5N

BFMTV 02/11/2018 08:07:59 257 175  2370050/555
ÉDITO - Le gouvernement "a raison d'être passé au combat" dans son clip pour les européennes, par @C_Barbier https://t.co/2pLQMY7I8h

A gauche aussi, le clip fait polémique. Le sénateur socialiste du Val d'Oise Rachid Temal en appelle au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) pour faire retirer la vidéo.

Mesdames, Messieurs les membres du @csaudiovisuel. Le clip populiste et orienté du @gouvernementFR n’est en rien un… https://t.co/KCvJzHxD4o

Du côté du Parti communiste, l'adjoint à la mairie de Paris en charge du logement Ian Brossat écrit sur son compte Twitter : «La logique voudrait pourtant qu'il soit intégré aux comptes de campagne d'En Marche...»

Ian Brossat 01/11/2018 20:51:08 225 166  36880/6569
Le contribuable français sera assurément ravi de constater que ses impôts servent à financer ce clip de propagande… https://t.co/eUHXaiiTKy

Au cours d'une interview fleuve publiée par  Ouest-France le 31 octobre, le chef d'Etat n'avait pas hésité à comparer l'époque actuelle à celle de la montée du fascisme dans les années 1920 et 1930, avec un objectif à peine voilé : s'assurer le soutien des Français lors des européennes.

 Lire aussi : «Retour aux années 1930» : le parallèle douteux et démagogique d'Emmanuel Macron

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