En se retirant de l'Inf, les États-Unis ont décidé de préparer la guerre avec la Russie

10-01-2019 6 articles reseauinternational.net 5 min #150610

Par Valentin Vasilescu

Le 21 décembre 2018, le projet de résolution proposé par la Russie pour le maintien du traité INF a été soumis au vote des états membres des Nations Unies réunis en séance plénière.

43 pays ont voté pour, 46 ont voté contre et 78 se sont abstenus.

A – Quelles conclusions peut-on en tirer ?

  1. Le vote donné par la majorité des États montre que ce traité est nul.
  2. Parmi les 46 États qui ont voté contre l’INF, on trouve tous les États membres de l’OTAN, qui font également partie de l’UE, auxquels s’ajoute l’Ukraine.
  3. Le retrait unilatéral des États-Unis du traité et le vote des États membres de l’UE-Ukraine signifient que les États-Unis sont autorisés à placer sur leur territoire les missiles nucléaires interdits par le traité INF.
  4. En se retirant de l’INF, les États-Unis ont décidé de préparer la guerre avec la Russie.

B – Il est très probable que les États-Unis déploieront des missiles à courte portée et des missiles de croisière équipés d’ogives nucléaires (Tomahawk) basés au sol. Ils seront placés dans les trois pays baltes, la Pologne, l’Ukraine et la Roumanie. Leur portée est de 1 400 km et la distance entre les pays baltes et Moscou est de 600 km. De la Roumanie et de l’Ukraine jusqu’à la Crimée, la distance maximale est de 250 à 350 km. De l’Ukraine à Moscou il y a 460 km. Ces missiles auront principalement pour cible des objectifs militaires et administratifs autour de Moscou, Saint-Pétersbourg (commandement stratégique de l’ouest), l’enclave de Kaliningrad et la Crimée (quartier général de la flotte de la mer Noire). Ces missiles sont protégés par des boucliers antibalistiques en Pologne et en Roumanie.

C – La deuxième ligne offensive pourrait consister en des missiles balistiques nucléaires à moyenne portée (distance maximale de 3 000 km). Ces missiles américains pourraient être localisés en Norvège (archipel de Svalbard), au Danemark (auquel appartient le Groenland), en Islande et au Canada. Leur mission sera de neutraliser l’infrastructure des bases navales, terrestres et aériennes de la flotte arctique et du commandement stratégique de l’Ouest. Le bouclier antibalistique en Pologne et les navires américains AEGIS protègeront ces systèmes.

D – La troisième ligne offensive pourrait consister en des missiles balistiques nucléaires de moyenne portée et de portée intermédiaire (entre 3 000 et 5 000 km). Ces missiles américains pourraient être déployés en Angleterre, en France, en Belgique, dans les Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, en Bulgarie et en Grèce. Leur mission sera de frapper Moscou en priorité, de neutraliser l’infrastructure nécessaire au lancement de missiles balistiques intercontinentaux à partir de l’ouest et du centre de la Russie et de démanteler les bases navales, terrestres et aériennes des commandements stratégiques de l’Ouest et du Sud. Les boucliers antibalistiques en Pologne, en Roumanie et les deux destroyers américains AEGIS basés à Rota (Espagne) défendront ces systèmes.

Face à cette situation très dangereuse, la Russie commence maintenant à prendre les mesures qui s’imposent. Entre autres, tous les pays membres de l’OTAN hébergeant des missiles américains deviennent automatiquement des cibles pour la Russie.

 Valentin Vasilescu

Traduction  Avic Réseau International

 reseauinternational.net

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