Yémen : des séparatistes annoncent avoir pris le contrôle du palais présidentiel à Aden

11-08-2019 francais.rt.com 4 min #160227

Des combattants séparatistes yéménites ont annoncé avoir pris le contrôle du palais présidentiel à Aden, capitale «provisoire» du gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi en exil à Riyad, après quatre jours de combats contre les loyalistes.

«Nous avons pris le contrôle du palais Maachik [qui était aux mains] des gardes présidentiels sans aucun affrontement», a indiqué à l'AFP ce 10 août un responsable du «Cordon de sécurité», une force militaire des séparatistes partisans d'un Yémen du Sud indépendant. Une information confirmée par des témoins, selon l'AFP.

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S'il s'agit d'une prise surtout symbolique - le président Abd Rabbo Mansour Hadi se trouve en Arabie saoudite -, elle n'en marque pas moins un tournant dans les affrontements qui secouent Aden depuis le 7 août.

Depuis trois jours, des affrontements opposent en effet ces combattants séparatistes aux soldats du gouvernement, et ce alors que tous sont, en théorie, alliés depuis 2015 au sein d'une coalition emmenée par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Cette coalition arabo-sunnite hétéroclite lutte dans le nord du pays contre les rebelles chiites houthis, soutenus par l'Iran.

Les combats à Aden entre éléments séparatistes du «Cordon de sécurité», soutenus par les Emirats arabes unis, et troupes du gouvernement, ont fait au moins 18 morts (combattants et civils), selon des médecins et des sources de sécurité. Selon l'organisation Médecins sans frontières (MSF), plus de 75 personnes blessées ont été soignées dans un hôpital relevant de cette ONG depuis le 9 août.

Avant même que le palais présidentiel ne tombe, le vice-ministre des Affaires étrangères Mohammed al-Hadhrami du gouvernement Hadi avait condamné via Twitter un «coup d'Etat contre les institutions légitimes» du Yémen. Le ministre émirati des Affaires étrangères Abdallah ben Zayed s'est lui déclaré «très inquiet» et a affirmé «mettre en œuvre tous les efforts possibles pour calmer la situation et aboutir à une désescalade».

Il a appelé l'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen Martin Griffiths à faire de même, selon une déclaration à l'agence de presse officielle émiratie WAM. «L'important, c'est d'intensifier les efforts de toutes les parties sur le front principal», celui de la lutte contre les Houthis, a-t-il ajouté.

Le gouvernement yéménite avait appelé le 8 août l'Arabie saoudite et les Emirats à «faire pression de manière urgente» sur ces partisans d'un Yémen du Sud indépendant «pour empêcher» toute escalade militaire.

Situation inextricable

Les affrontements à Aden rendent un peu plus inextricable encore la situation d'un pays où des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, ont déjà trouvé la mort à la suite de la guerre civile, selon diverses organisations humanitaires.

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Le Yémen du Sud était un Etat indépendant jusqu'en 1990. Dans le sud, le ressentiment est fort contre les Yéménites originaires du Nord accusés d'avoir imposé par la force l'unification du pays. A cette hostilité Nord-Sud s'ajoute désormais le conflit au sein d'une coalition hétéroclite formée au départ pour défendre le gouvernement.

Ce n'est pas la première fois que les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC) - qui incluent les forces du «Cordon de sécurité» - s'opposent aux unités loyales au président Hadi. En janvier déjà, des combats entre séparatistes et forces loyales au président avaient fait au moins 38 morts, et la situation ne s'était apaisée qu'après une intervention concertée saoudo-émiratie.

Le Yémen est à présent confronté au risque d'une «guerre civile dans la guerre civile» ravageant déjà le pays, a estimé dans un rapport le centre de réflexion sur les conflits International Crisis Group (ICG).

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