Téhéran a mis en route des centrifugeuses avancées

08-09-2019 reseauinternational.net 4 min #161351

La mise en route de ces centrifugeuses devrait accélérer la production d'uranium enrichi par l'Iran et augmenter les stocks du pays qui, depuis juillet, dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre la République islamique et le groupe 5+1.

L'Iran a mis en route des centrifugeuses avancées dont la production augmentera le stock d'uranium enrichi produit par le pays, a déclaré hier le porte-parole de l'Organisation Iranienne de l'Énergie Atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi.

M. Kamalvandi a détaillé devant la presse les mesures de la nouvelle phase du plan de réduction des engagements pris par l'Iran devant la communauté internationale à propos de ses activités nucléaires. Il a insisté sur le fait que les engagements pris par l'Iran sur la «transparence» de ses activités nucléaires seraient «honorés comme avant». Ceci concerne en particulier «la surveillance et l'accès» des inspecteurs de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA), a déclaré M. Kamlavandi lors d'une conférence de presse retransmise en direct sur la télévision d'État.

Parmi les mesures constituant une réduction des engagements de l'Iran, M. Kamalvandi a indiqué que l'OIEA avait mis en route 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6, alors que l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 ne l'autorise à ce stade à produire de l'uranium enrichi qu'avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

La mise en route de ces centrifugeuses devrait accélérer la production d'uranium enrichi par l'Iran et augmenter les stocks du pays qui, depuis juillet, dépassent la limite fixée par cet accord (300 kg) conclu entre la République islamique et le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne). L'Iran a commencé en mai à réduire les engagements qu'il a consentis au titre de cet accord, en représailles à la décision pris un an plus tôt par les États-Unis de dénoncer ce texte et de réimposer des sanctions économiques contre Téhéran.

Le Président iranien avait lancé mercredi soir la troisième phase du plan de réduction des engagements de l'Iran, en ordonnant à l'OIEA de faire sauter toute limite à la recherche et au développement dans le domaine.

Le Ministre américain de la Défense, Mark Esper, a affirmé hier à Paris n'être «pas surpris» de la mise en route par Téhéran des centrifugeuses avancées, dont la production augmentera le stock iranien d'uranium enrichi, en violation de l'accord nucléaire de 2015.

« Je ne suis pas surpris que l'Iran ait annoncé qu'il allait violer le JCPOA (accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, ndlr), dont les États-Unis sont sortis l'an dernier«, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue française, Florence Parly.

« Ils le violent déjà, ils ont violé le traité de non-prolifération pendant des années, donc ce n'est pas une surprise », a-t-il commenté.

La Ministre française des Armées, Florence Parly, a de son côté rappelé la volonté de Paris de sauvegarder l'accord sur le nucléaire iranien.

« Nous ne pouvons que confirmer l'objectif qui est le nôtre : ramener l'Iran au respect de l'accord de Vienne. Nous continuerons à pousser dans ce sens. Tous les efforts diplomatiques sont orientés vers cela. Il faut poursuivre«, a-t-elle souligné.

Paris avait appelé jeudi l'Iran à « s'abstenir de toute action concrète non conforme à ses engagements ».

Conclu en 2015 entre l'Iran et le groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France et Allemagne), l'accord de Vienne avait permis la levée d'une partie des sanctions visant Téhéran en échange de l'engagement iranien de ne pas se doter de l'arme nucléaire.

En réponse au retrait américain en 2018 et à l'incapacité des Européens pour l'aider à contourner les sanctions, Téhéran a arrêté en juillet de respecter certains de ses engagements pris aux termes de l'accord nucléaire.

source :  lexpressiondz.com

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