Le Trésor américain met en garde : quiconque ravitaille un pétrolier iranien s'expose à des sanctions

06-10-2019 les-crises.fr 4 min #162618

Source :  Reuters, Timothy Gardner,

WASHINGTON (Reuters) - Le département du Trésor américain a averti jeudi que quiconque de par le monde contribuerait au ravitaillement des navires iraniens inscrits sur la liste noire de Washington s'exposerait à son tour à se voir inscrit sur cette liste.

Le 30 août, le Département du Trésor a blacklisté l'Adrian Darya, pétrolier qui est au centre d'une confrontation entre Washington et Téhéran.

Washington a averti qu'il considérerait toute aide apportée au navire comme un soutien à un groupe terroriste, à savoir le Corps des gardiens de la révolution islamique de l'Iran. Le département d'État américain a également déclaré que toute livraison de pétrole à la Syrie à partir du pétrolier « alimente le terrorisme » du président Bachar al-Assad.

En juillet, le navire, anciennement le Grace 1, a été immobilisé au large de Gibraltar par la Grande-Bretagne en raison de soupçons britanniques selon lesquels il transportait du pétrole iranien vers la Syrie, en violation des sanctions de l'Union européenne.

La foire aux questions (FAQ) sur les sanctions à l'encontre de l'Iran sur le site Web de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor a été mise à jour [L'Office of Foreign Assets Control est un organisme de contrôle financier, dépendant du Département du Trésor des États-Unis, NdT], indiquant que désormais « les non-américains se livrant au ravitaillement d'un navire iranien identifié comme tel et dont les avoirs sont gelés... et contribuant au règlement des sommes correspondant à ces prestations - s'exposent à se trouver à leur tour inscrits sur la liste noire ».

Cette décision souligne comment l'administration Trump applique des sanctions dites secondaires, ou sanctions à l'encontre des organismes de pays tiers, dans le cas du pétrolier iranien et de tout autre navire iranien figurant sur sa liste noire.

L'Adrian Darya a été restitué à la mi-août après que l'Iran eut informé la Grande-Bretagne que sa cargaison n'était pas destinée à la Syrie. Mais le navire sillonne la Méditerranée depuis lors et semble avoir cette semaine éteint son transpondeur [appareil qui permet de le localiser en temps réel, NdT].

L'année dernière, l'administration Trump s'est désengagée de l'accord sur le nucléaire conclu en 2015, qui visait à interdire à l'Iran la voie vers une bombe atomique, et a renforcé les sanctions pour faire pression sur Téhéran et l'isoler. L'Iran nie avoir jamais cherché à fabriquer ou à acquérir une arme nucléaire.

L'OFAC a déclaré que l'aide au ravitaillement en carburant d'un navire iranien transportant des produits agricoles, des denrées alimentaires ou des médicaments vers l'Iran n'exposait pas aux sanctions, sauf si les transactions impliquent des personnes déjà inscrites par Washington sur sa liste noire.

Reportage de Timothy Gardner ; corrections par Richard Chang

Source :  Reuters, Timothy Gardner, 05-09-2019

Traduit par les lecteurs du site  www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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