Les tortionnaires israéliens à l'oeuvre : le cas d'Heba Al Labadi

11-10-2019 europalestine.com 4 min #162870

Des prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim dénoncent les tortures physiques et psychologiques dont ils font l'objet dans les prisons israéliennes.

La population palestinienne est scandalisée par les révélations de Heba Al Labadi, 24 ans, qui a été détenue et qui a fait une grève de la faim.
Elle décrit dans Mondoweiss les nombreuses tactiques relevant de la torture qui ont été employées a son encontre afin de lui faire renoncer a son combat.

Palestinienne de Jordanie, Heba Al Labadi a été arrêtée le 20 aout par les forces israeliennes qui contrôlent le point de passage transfrontalier du pont Allenby, reliant la Jordanie et les territoires palestiniens occupes, alors qu'elle se rendait avec sa mère à un mariage en Palestine occupée. Elle a contesté cette détention arbitraire en entamant une grève de la faim pendant plus de 15 jours.

Selon le quotidien Haaretz, elle aurait été arrêtée pour avoir rencontré a Beyrouth des leaders du Hezbollah, alors qu'elle était au Liban pour rendre visite à sa soeur. Son avocat a cependant expliqué qu'elle avait juste rencontré un annonceur lié a la station de radio du parti chiite.
Son cas, et ceux d'autres jeunes Palestiniens, a attiré l'attention localement mais aussi sur les réseaux sociaux. Le 2 septembre, un autre ressortissant jordanien d'origine palestinienne était arrêté au même endroit et dans les mêmes conditions. Il s agit d'Abdulrahman Marei.

Manifestations en soutien aux prisonniers à la fin septembre

Durant les 25 premiers jours de sa détention, Heba Al Labadi n'a pas eu le droit de voir son avocat. Elle n'a quitté le centre d interrogatoires pour la prison que 32 jours après son arrestation.

Le 25 septembre, soit plus d'un mois après le début de son calvaire, les autorités israéliennes ont émis a son encontre un mandat de détention administrative de six mois renouvelables. C'est alors qu'elle a décidé d'entamer une grève de la faim.

La pratique largement utilisée des détentions administratives, qui peuvent se poursuivre indéfiniment sans charges, ni proces, permet aux forces d' occupation d'emprisonner des individus sans même leur dire pourquoi.

Heba Al Labadi, qui a perdu 8 kg, a été placée à l'isolement dans la
prison de Jalameh, ou elle a subi le harcèlement et les abus des gardes israéliens qui voulaient la "convaincre" d'abandonner son combat, et venaient la fouiller toutes les deux heures, y compris la nuit, indique Addameer.

L'ONG témoigne de la saleté de sa cellule, dépourvue de fenêtres mais dotée de cameras de vidéo surveillance et d'un climatiseur volontairement poussé a fond. On n y avait laissé qu'un drap crasseux.

Heba Al Labadi a également été privée des temps de promenade et n'a pas pu non plus prendre de douche depuis son transfert, en raison du manque complet d intimité.

Les officiers israéliens ont intentionnellement imposé une grande proximité physique avec leur prisonnière, usant des mots les plus outranciers pour l'insulter, y compris des insultes à caractère religieux, visant les communautés chrétiennes et musulmanes.

Elle a aussi dû faire face aux menaces des soldats affirmant qu'ils arretêraient sa mère et sa soeur, et qu'elle même passerait 7 ans et demi en détention avant d'etre relâchee dans les territoires occupés pour y être placée sous surveillance a plein temps.

Heba témoigne qu'elle n'est pas la seule détenue "administrative" en grève de la faim à subir ce régime contre lequel aucun de nos dirigeant ne s'élève.

(Traduit par Sarah V. pour CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Mondoweiss

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