Enrichissement d'uranium par l'Iran : Paris s'inquiète, Moscou pointe la responsabilité américaine

07-11-2019 francais.rt.com 5 min #164029

L'Iran a franchi une nouvelle étape dans son plan de réduction de ses engagements relatifs à l'accord sur le nucléaire, en réaction aux sanctions américaines. Moscou pointe la responsabilité américaine, mais la France dénonce une «grave» décision.

Conformément à ce que Téhéran avait annoncé la veille, l'Iran a repris ce 7 novembre ses activités d'enrichissement d'uranium à l'usine souterraine de Fordo, à environ 180 kilomètres au sud de la capitale. Dans un communiqué, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) précise que «toutes ces activités ont été réalisées sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique» (AIEA), organe de l'ONU chargé du contrôle du programme nucléaire iranien.

Le 6 novembre, le président iranien Hassan Rohani avait annoncé la reprise de ces activités gelées en vertu de l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, en réaction au retrait américain de l'accord et du rétablissement de sanctions anti-iraniennes en résultant.

Moscou pointe du doigt la responsabilité américaine

La Russie, qui  avait conseillé en juillet à l'Iran de respecter l'accord sur le nucléaire de 2015 et à ne «ne pas céder à l'émotion», a choisi ce 6 novembre de ne pas blâmer Téhéran, pointant du doigt la responsabilité américaine dans cet enchaînement de décisions. «Nous sommes très préoccupés et cette préoccupation ne date pas d'hier ou d'aujourd'hui mais de mai de l'année dernière, lorsque les Etats-Unis ont annoncé leur sortie de l'accord», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, cité par des agences russes.

Le ministre russe des Affaires étrangères a par ailleurs souligné que «toutes les mesures de l'Iran concernant la réduction de ses obligation se [faisaient] en informant l'AIEA en présence d'inspecteurs de l'AIEA et sans enfreindre la moindre disposition de l'accord sur la non-prolifération nucléaire et du protocole additionnel» (un autre accord que celui sur le nucléaire iranien de 2015).

Paris et Berlin haussent le ton

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Les signataires occidentaux de l'accord ne se montrent pas aussi compréhensives à l'égard de l'Iran. Le président de la République française Emmanuel Macron a ainsi qualifié le 6 novembre de «grave» la décision de l'Iran de relancer ses activités d'enrichissement d'uranium jusque là gelées. «J'aurai des discussions dans les prochains jours, également avec les Iraniens, et nous devons collectivement en tirer les conséquences», a ajouté le chef d'Etat au dernier jour de sa visite en Chine. Néanmoins, dans la droite ligne de la position de conciliation qu'il avait tenue cet été, Emmanuel Macron a jugé que «le retour à la normale» ne pouvait se faire que si les Etats-Unis et l'Iran acceptaient de «rouvrir une forme d'agenda de confiance, d'élargir le dialogue et d'avancer avec des gestes».

«Ce que le président Rohani a annoncé n'est pas acceptable», a de son côté déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. Il a appelé «l'Iran à revenir sur toutes les mesures qu'il a prises depuis juillet et à respecter à nouveau pleinement ses engagements».

Enfin, Washington, par la voix du porte-parole du département d'Etat, Morgan Ortagus, voit en la stratégie de Téhéran «une tentative claire de chantage nucléaire qui va seulement aggraver son isolement politique et économique»

Téhéran déplore un manque de soutien des partenaires de l'accord de Vienne

La décision que vient de prendre l'Iran marque la quatrième phase du plan de réduction de ses engagements lancé en mai, en riposte au retrait américain.

La République islamique assure rester attachée à la survie de l'accord et être prête à revenir à l'application complète de ses engagements, à condition que les autres parties (la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l'Allemagne) respectent les leurs. Cela implique notamment, selon Téhéran, de l'aider à surmonter les conséquences du retrait unilatéral des Etats-Unis de ce pacte en 2018 et du rétablissement de sanctions américaines en résultant.

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