
par Fiodor Loukianov
Le parlement arménien risque de devenir un théâtre d'affrontements sur les questions les plus fondamentales. C'est ce qu'a déclaré Fiodor Loukianov, professeur-chercheur à la faculté d'économie mondiale et de politique internationale de la Haute école d'économie, en commentant les résultats des élections en Arménie.
Selon Loukianov, le résultat des élections législatives en Arménie n'a pas réservé de surprises. "Le résultat des élections législatives en Arménie n'a pas été un scoop, un scénario similaire pouvait probablement être anticipé", a-t-il écrit sur sa chaîne Telegram.
"Le diable, comme chacun sait, se cache dans les détails. Ici, ce sont les méthodes par lesquelles ce résultat a été obtenu, à savoir une campagne agitée marquée par des mesures répressives et des ingérences extérieures, ainsi que le score insuffisant du parti au pouvoir pour lui délier complètement les mains. Si le nombre de mandats n'est pas corrigé en faveur de Nikol Pachinian, le parlement sera le lieu d'un affrontement sur les questions les plus cruciales", a souligné l'expert.
Loukianov indique que le résultat des élections montre que le référendum sur la modification de la Constitution, promis par le Premier ministre, ne lui garantit pas le succès. "La question centrale est de supprimer de son préambule la référence à la Déclaration d'indépendance, où le Karabakh est mentionné", a précisé l'expert, rappelant qu'il s'agit d'une condition préalable de Bakou pour la conclusion d'un traité de paix.
"Quoi qu'il en soit, la question des relations entre la Russie et l'Arménie reste à l'ordre du jour. Pachinian ne cache pas le cap général d'Erevan : une dérive loin de Moscou, mais sans ruptures brutales et dans la mesure du possible en préservant les avantages des liens mutuels, au moins pendant une période de transition. Quant à la Russie, elle doit définir non pas sa politique, mais son objectif. A-t-elle besoin de l'Arménie, à quel titre et à quelles conditions ? Pour l'instant, il n'y a pas de réponses claires ni de critères sur lesquels se fonder pour y répondre", affirme Loukianov.
Selon les résultats des législatives en Arménie, le parti Contrat civil de Nikol Pachinian obtient 49,81%. Arménie forte de Samvel Karapetian a recueilli 23,29%. En troisième position se trouve le bloc Arménie de Robert Kotcharian avec 9,94%. Le parti Arménie prospère de Gagik Tsaroukian a obtenu 4%.
Selon les estimations préliminaires, le parlement sera composé de 105 députés. Contrat civil obtiendra 61 mandats, Arménie forte 28 mandats, Arménie 11 mandats et Arménie prospère 5 mandats. Avec cette configuration, Nikol Pachinian est en mesure de former un gouvernement et de redevenir Premier ministre. Toutefois, il ne pourra pas procéder à des modifications constitutionnelles. Il lui manque également 2 mandats pour adopter des amendements aux lois constitutionnelles et procéder à des nominations à d'importants postes étatiques.
source : Observateur Continental