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Le Parlement hongrois a adopté une réforme réduisant les salaires des députés, du Premier ministre et des membres du gouvernement. Présentée comme une mesure d'austérité politique, elle prévoit aussi une baisse de plusieurs frais parlementaires, mais son impact réel est déjà contesté.
Le Parlement hongrois a approuvé un projet de loi prévoyant une baisse importante des rémunérations des députés, du Premier ministre et des membres du gouvernement. Portée par le parti Tisza, l'initiative a reçu le soutien de l'ensemble des principales forces politiques du pays.
La réforme modifie le mode de calcul du salaire de base des députés. Jusqu'à présent, celui-ci était fixé à trois fois le salaire moyen national. Désormais, le coefficient retenu sera de 1,8. Cette modification fait passer la rémunération mensuelle brute d'un député de 2,18 millions de forints (environ 6 140 euros) à 1,31 million de forints (environ 3 700 euros). Chaque parlementaire perd ainsi environ 873 000 forints par mois (environ 2 500 euros), soit plus de 10,4 millions de forints sur une année (environ 29 300 euros).
Les dirigeants les plus touchés
Les responsables occupant les fonctions les plus élevées enregistreront des diminutions encore plus importantes, car une partie de leurs revenus dépend directement du salaire de base des députés. Le président du Parlement percevra désormais environ 3,81 millions de forints bruts par mois (environ 10 800 euros), contre 5,89 millions auparavant (environ 16 600 euros). Les vice-présidents de l'assemblée ainsi que certains chefs de groupes parlementaires verront également leurs revenus diminuer de manière significative.
Selon les estimations évoquées par Péter Magyar, le revenu brut du Premier ministre devrait s'établir autour de 3,8 millions de forints par mois (environ 10 700 euros). Cela représente une baisse de 4 à 5 millions de forints (environ 11 300 à 14 100 euros) par rapport à son niveau précédent. Les ministres seront eux aussi concernés, avec une réduction estimée entre 1,5 et 2 millions de forints mensuels (environ 4 300 à 5 700 euros).
Des frais parlementaires également revus à la baisse
La réforme ne se limite pas aux salaires. Elle réduit aussi plusieurs budgets mis à la disposition des députés pour exercer leur mandat. Les aides destinées au logement seront réduites de 31 %, celles consacrées à la location de bureaux de 52 % et les budgets alloués aux assistants de 30 %. Une indemnité spécifique couvrant les frais de téléphonie mobile ainsi que les dépenses de carburant des députés de Budapest sera également supprimée.
Le gouvernement souhaite par ailleurs étendre cette politique aux collectivités locales en s'attaquant à l'avenir aux rémunérations des maires. Toutefois, ce projet ne fait pas l'unanimité. L'ancien candidat au poste de Premier ministre, Péter Márki-Zay, a estimé qu'une telle politique pourrait rendre les fonctions municipales moins attractives.
Une réforme dont l'impact réel est contesté
Derrière l'affichage d'une réduction massive, l'effet réel de la réforme pourrait être plus limité. Cité par Euronews, le maire de Budapest, Gergely Karácsony, a affirmé que la baisse effective ne serait finalement que d'environ 10 %. Selon lui, d'autres indemnités et majorations augmenteraient en parallèle, ce qui atténuerait largement la diminution des revenus réels des responsables politiques.
Pour le maire de la capitale, la mesure apparaît donc moins comme une refonte en profondeur du système de rémunération des élus que comme un geste symbolique.