{"166243":{"id":"166243","parent":"163190","time":"1576684525","url":"http:\/\/cadtm.org\/Chili-Le-reveil-du-peuple","category":"Latina","title":"Chili : Le r\u00e9veil du peuple","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_166243_6a640c.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"chili-le-reveil-du-peuple","admin":"newsnet","views":"54","priority":"3","length":"8408","lang":"fr","content":"\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_166243_f1a1c0.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003E(Corre. Miguel Marceles)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Allez de l'avant sachant que bient\u00f4t s'ouvriront de grandes avenues o\u00f9 passera l'homme libre pour construire une soci\u00e9t\u00e9 meilleure. \u00bb Avec ces mots retransmis \u00e0 la Radio Magalles, Salvador Allende s'adressait une derni\u00e8re fois au peuple chilien. C'\u00e9tait le 11 septembre 1973, jour o\u00f9 les putschistes de Pinochet bombardent le Palais pr\u00e9sidentiel de la Moneda mettant brutalement fin au gouvernement de gauche de l'Unit\u00e9 populaire (\u003Ci\u003EUnidad popular\u003C\/i\u003E) et \u00e0 la propre vie d'Allende. Ce vendredi 25 octobre, 46 ans plus tard, entre un et deux millions de Chiliens marquaient l'histoire du pays en occupant massivement \u00ab les grandes avenues \u00bb de Santiago\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ELe Vendredi 25 octobre s'\u00e9crit avec le V de Victoire\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nb1\" name=\"nh1\"\u003E1\u003C\/a\u003E]\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETh\u00e9\u00e2tre de rue, batucada, tintamarre de casseroles, messages r\u00e9volt\u00e9s sur des pancartes, slogans d\u00e9termin\u00e9s et percutants, la foule immense a d\u00e9val\u00e9 les rues de la capitale chilienne jusqu'\u00e0 l'engloutir comme jamais depuis la manifestation pour exiger la fin de la dictature militaire (1973-1990) au r\u00e9f\u00e9rendum de Pinochet en 1988. Plus d\u00e9termin\u00e9s que jamais, les Chiliennes et Chiliens, toutes g\u00e9n\u00e9rations et classes sociales confondues - hormis celle des 1 % des Chiliens les plus riches qui d\u00e9tient plus de 25 % des richesses du pays et \u00e0 laquelle appartient le pr\u00e9sident Pi\u00f1era [\u003Ca href=\"#nb2\" name=\"nh2\"\u003E2\u003C\/a\u003E] - ont d\u00e9fi\u00e9 le pouvoir en place, en masse dans les rues des grandes villes. Ce sont d'abord des centaines d'automobilistes et de chauffeurs routiers qui ont lanc\u00e9 des op\u00e9rations escargot sur les autoroutes reliant Santiago au reste du pays pour protester contre les prix des p\u00e9ages. Apr\u00e8s une semaine d'insurrection et avant l'application d'un septi\u00e8me couvre-feu nocturne, entre un et deux millions personnes (1 200 000 selon les chiffres officiels) sont descendues manifester dans les rues de Santiago, jusqu'\u00e0 l'Alameda, l'avenue qui m\u00e8ne au palais pr\u00e9sidentiel et la \u003Ci\u003EPlaza Italia\u003C\/i\u003E. Une affluence grandiose qui rassemblait le peuple comme jamais depuis des d\u00e9cennies et le retour de la pr\u00e9tendue \u00ab d\u00e9mocratie \u00bb en 1990. Sur cette m\u00eame Plaza Baquedano, commun\u00e9ment appel\u00e9e \u003Ci\u003EPlaza Italia\u003C\/i\u003E, la statue du militaire chilien Manuel Baquedano qui a combattu durant la guerre du Pacifique (1879-1884) et contre la Conf\u00e9d\u00e9ration p\u00e9ruvio-bolivienne (1836-1839), sera plus tard mise \u00e0 terre par les manifestants. La place, \u00e9picentre des manifestations \u00e0 Santiago, sera rebaptis\u00e9e \u00ab Place de la dignit\u00e9 \u00bb (\u003Ci\u003EPlaza de la Dignidad\u003C\/i\u003E).\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003ELe pr\u00e9sident Pi\u00f1era fait partie des 1 % des Chiliens les plus d\u00e9tenant plus de 25 % des richesses du pays\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00c0 l'initiative du \u003Ci\u003ECollectif mille guitares pour V\u00edctor Jara\u003C\/i\u003E (\u003Ci\u003EColectivo Mil Guitarras para V\u00edctor Jara\u003C\/i\u003E), des musiciens et guitaristes regroup\u00e9s devant la biblioth\u00e8que nationale \u00e0 Santiago, ont attir\u00e9 l'attention en jouant le r\u00e9pertoire du c\u00e9l\u00e8bre chanteur, un des tout premiers martyrs de la dictature de Pinochet, assassin\u00e9 par la junte \u00e0 l'\u00e2ge de 41 ans en septembre 1973. L'une des chansons de celui qui est devenu l'incarnation de la culture chilienne \u00e9cras\u00e9e par le fascisme, \u003Ci\u003EEl derecho de vivir en paz\u003C\/i\u003E (\u00ab le droit de vivre en paix \u00bb), compos\u00e9e en 1969 pour d\u00e9noncer l'intervention \u00e9tasunienne au Vietnam, est entonn\u00e9e \u00e0 de multiples reprises ce vendredi 25 octobre. Devenue l'hymne de la r\u00e9bellion, symbole de la lutte contre l'injustice, le \u003Ca href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ofWG-FdRf5A\"\u003ETh\u00e9\u00e2tre municipal de Santiago l'avait diffus\u00e9e\u003C\/a\u003E via ses hauts parleurs, durant la nuit du 21 octobre pour d\u00e9fier le couvre-feu. Durant une semaine de couvre-feu dans la capitale, depuis son instauration le 19 jusqu'\u00e0 sa suspension le 27 octobre, \u00e0 peine celui-ci install\u00e9 la nuit tomb\u00e9e, le peuple grondait depuis une multitude de fen\u00eatres et balcons. Des milliers de casseroles retentissaient alors contre le spectre de la dictature militaire. La nuit du 22 octobre, d\u00e9fiant le couvre-feu, la jeune soprano \u003Ca href=\"https:\/\/www.radioclassique.fr\/magazine\/articles\/document-une-chanteuse-de-santiago-brise-le-silence-du-couvre-feu-instaure-au-chili\"\u003EAyleen Jovita Romero a entonn\u00e9 \u00e0 pleine voix\u003C\/a\u003E \u003Ci\u003EEl derecho de vivir en paz\u003C\/i\u003E de Victor Jara depuis sa fen\u00eatre, elle a \u00e9mut tout le voisinage et re\u00e7ut un tonnerre d'applaudissements. Le lendemain, \u003Ca href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=8tVly0ih-I0\"\u003Eun orchestre philharmonique s'est install\u00e9 dans la rue de La Serena\u003C\/a\u003E, une ville au nord de Santiago, et a offert cette m\u00eame chanson avec beaucoup d'\u00e9motion. Une vid\u00e9o de Victor Jara chantant \u003Ci\u003ELe Droit de vivre en paix\u003C\/i\u003E a m\u00eame \u00e9t\u00e9 projet\u00e9e sur les murs d'un immeuble du centre de Santiago durant le couvre-feu, finalement lev\u00e9 le 27 octobre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe rappeur mapuche Portavoz d\u00e9nonce les in\u00e9galit\u00e9s produites par un r\u00e9gime dit d\u00e9mocratique qui n'a pas remis en cause l'h\u00e9ritage \u00e9conomique et social de la dictature. Sa chanson El otro Chile, semble exprimer ce que ressent le peuple chilien face aux discours de Pi\u00f1era : \u003Ci\u003E\u00ab Ses discours d'\"unit\u00e9 nationale\", c'est juste cela, des discours, car la r\u00e9alit\u00e9 est diff\u00e9rente. Nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 de s\u00e9gr\u00e9gation. Et ce n'est pas un hasard : c'est ce qu'a toujours voulu la classe riche. C'est \u00e0 cela que je pense quand je pense au Chili. Je ne te parle pas des drapeaux et des embl\u00e8mes, je te parle du Chili d'o\u00f9 je viens. Je suis d\u00e9sol\u00e9, mais si un jour je hurle \"Vive le Chili\", ce sera quand le Chili sera vraiment du peuple et libre \u00bb\u003C\/i\u003E [\u003Ca href=\"#nb3\" name=\"nh3\"\u003E3\u003C\/a\u003E].\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn attendant, depuis la France o\u00f9 elle vit, la chanteuse chilienne Anita Tijoux encourage les concerts de casserole avec son nouveau clip devenu viral, \u003Ca href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=tVaTuVNN7Zs\"\u003ECacerolazo\u003C\/a\u003E : \u00ab Cuill\u00e8re en bois face \u00e0 tes balles. Et au couvre-feu ? Concert de casserole ! \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans le Chili d'aujourd'hui, la profonde culture populaire de musique engag\u00e9e, dont maintes ic\u00f4nes ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 la censure, l'exil, la torture ou la disparition, resurgit avec force \u00e0 l'aune de la r\u00e9volte. \u00ab Si je ne peux pas danser, ta r\u00e9volution ne m'int\u00e9resse pas \u00bb disait Emma Goldman. Au Chili de Pablo Neruda et de Salvador Allende, o\u00f9 l'on ne semble pas savoir faire de r\u00e9volution sans chansons, il y a encore de quoi danser.\u003C\/p\u003E\u003Chr \/\u003EDisponible en castillan \u00e0 cette adresse : \u003Ci\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.elsaltodiario.com\/mapas\/chile-despertar-pueblo\"\u003EEl Salto\u003C\/a\u003E\u003C\/i\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ENotes\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nh1\" name=\"nb1\"\u003E1\u003C\/a\u003E] Inspir\u00e9 d'une inscription sur une pancarte dans la manifestation du vendredi 25 octobre 2019 : \"Viernes con V de venceremos\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nh2\" name=\"nb2\"\u003E2\u003C\/a\u003E] Le pr\u00e9sident Sebasti\u00e1n Pi\u00f1era, une des cinq personnes les plus riches du Chili avec une fortune d\u00e9but\u00e9e sous la dictature qui atteint maintenant 2,8 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros), occupe la 804\u003Csup\u003Ee\u003C\/sup\u003E place du classement mondial de la liste des milliardaires \u00e9tablit par la revue \u003Ci\u003EForbes\u003C\/i\u003E : \u003Ca href=\"https:\/\/www.forbes.com\/profile\/sebastian-pinera\/?list=billionaires#5270c5aa7a75\"\u003Eforbes.com\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nh3\" name=\"nb3\"\u003E3\u003C\/a\u003E] \u00ab La chanson engag\u00e9e r\u00e9sonne de nouveau dans les rues du Chili \u00bb, Fran\u00e7ois Bougon, \u003Ci\u003EMediapart\u003C\/i\u003E, 30 octobre 2019. El otro Chile : \u003Ca href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Qgq3Qr41wRk\"\u003Eyoutube.com\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Chili-Le-reveil-du-peuple\"\u003Ecadtm.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}