{"167453":{"id":"167453","parent":"167351","time":"1578996855","url":"http://reseauinternational.net/alerte-en-mediterranee-pirates-barbaresques/","category":"War","title":"Alerte en méditerranée : Pirates barbaresques !","lead_image_url":"http://newsnet.fr/img/","hub":"newsnet","url-explicit":"alerte-en-mediterranee-pirates-barbaresques","admin":"newsnet","views":"51","priority":"3","length":"16297","lang":"fr","content":"<img src="http://newsnet.fr//img/newsnet_167453_eccfcc.jpg" /><p><b>par Richard Labévi&egrave;re.</b></p><p>Cela va encore plus mal en Méditerranée depuis l'accord d'Istanbul du 27 novembre dernier. Dans un premier temps, cet accord &laquo; militaro-sécuritaire &raquo; - signé lors d'une rencontre entre le président turc Erdogan et le responsable libyen Fayez el-Sarraj - était censé &laquo; renforcer les liens entre les deux armées méditerranéennes &raquo;, afin de constituer &laquo; une version plus large de l'accord-cadre de coopération militaire existant &raquo; entre les deux parties.</p><p>En effet, le gouvernement d'Union nationale libyen (GUN) de Fayez el-Sarraj (l'un des deux gouvernements libyens) avait déjà signé plusieurs accords avec la Turquie en 2015. Ankara ne cache pas son aide, politique et militaire, aux autorités de l'Ouest libyen - également soutenues par les Nations Unies. Le président Erdogan estime m&ecirc;me que l'appui turc a permis de rééquilibrer la situation face à l'offensive du maréchal Khalifa Haftar, soutenu par l'&Eacute;gypte, les &Eacute;mirats Arabes Unis et la Russie. Vu de l'Est libyen, cet accord menace la stabilité du pays car &laquo; il permet aux factions terroristes de recevoir des livraisons d'armes du Kosovo, transitant par la Turquie &raquo;.</p><p><b>Une nouvelle Méditerranée</b></p><p>Dans un deuxi&egrave;me temps, l'autre crainte que soul&egrave;ve cet accord porte sur une spectaculaire violation de l'espace maritime méditerranéen qui redéfinirait unilatéralement les Zones économiques exclusives (ZEE) des deux pays. En effet, une clause secr&egrave;te instaure, aussi artificiellement qu'illégalement, une fronti&egrave;re maritime turco-libyenne au beau milieu de la Méditerranée. &laquo; <i>Cet accord permettrait à Ankara d'augmenter de 30 % la superficie de son plateau continental et de sa ZEE, pouvant ainsi emp&ecirc;cher la Gr&egrave;ce de signer un accord de délimitation maritime avec Chypre et l'&Eacute;gypte, ce qui renforcerait considérablement l'influence de la Turquie dans l'exploitation des hydrocarbures en Méditerranée. Autant dire qu'on assiste à la délimitation arbitraire d'une nouvelle Méditerranée</i> &raquo;<i>,</i> estime un expert de l'IFREMER.</p><p>Ce coup de force turc visait à anticiper l'accord du gazoduc <i>East-Med</i>, signé le 2 janvier dernier à Ath&egrave;nes&nbsp;: infrastructure par laquelle transiteront les futures exportations de gaz du gigantesque gisement de la Méditerranée orientale vers l'Italie et le reste de l'Union Européenne. La découverte d'importantes réserves d'hydrocarbures en Méditerranée orientale a déclenché une ruée vers les richesses énergétiques et ravivé la tension entre Chypre et la Turquie - celle-ci fait déjà face à des sanctions de l'Union Européenne en raison de ses navires qui cherchent du pétrole et du gaz au large de Chypre, dont le gouvernement de Nicosie n'est toujours pas reconnu par Ankara. Le président turc estime qu'aucun accord de ce type ne peut &ecirc;tre mis en &oelig;uvre si Ankara n'y participe pas.</p><p><b><i>East-Med</i>&nbsp;: Alliance Gr&egrave;ce/Chypre/Isra&euml;l</b></p><p>L'oléoduc <i>East-Med</i> - 1 872 kilom&egrave;tres pour un co&ucirc;t évalué entre 6 et 7 milliards d'euros - va définitivement changer la carte énergétique de l'Europe. L'accord du 2 janvier 2020 a été signé par Kyriakos Mitsotakis (Premier ministre grec), Nicos Anastasiades (Président chypriote) et Benjamin Netanyahu (Premier ministre israélien). Ce dernier avait déclaré fin 2018&nbsp;: &laquo; <i>nous pensons que cela ouvrira de nouvelles opportunités énergétiques pour l'Europe, c'est important pour la sécurité de l'Europe, pour nos économies respectives, mais aussi pour l'ancrage de cette coopération régionale</i>&laquo;.</p><p>Présenté d&egrave;s 2013, le projet <a href="https://www.usinenouvelle.com/article/a-quoi-le-nouveau-gazoduc-sous-marin-entre-israel-et-l-italie-va-t-il-servir.N624708">East-Med</a> consiste à acheminer entre 9 et 11 milliards de m&egrave;tres cubes par an de gaz naturel d'Isra&euml;l et de Chypre en direction de la Gr&egrave;ce, puis de se relier aux projets de gazoducs <i>Pose&iuml;don</i> (interconnexion entre la Gr&egrave;ce et l'Italie) et <i>IGB</i> (interconnexion entre la Gr&egrave;ce et la Bulgarie). Une co-entreprise entre la compagnie publique grecque de gaz naturel <i>Depa</i> et l'énergéticien italien <i>Edison</i> (filiale d'EDF) porte les trois projets - 100% pour <i>Pose&iuml;don</i> et <i>East-Med</i> et 50% pour <i>IGB</i> avec la société publique <i>Bulgarian Energy Holding</i>.</p><img src="http://newsnet.fr//img/newsnet_167453_19aaeb.jpg" /><p><i>East-Med</i> comprendrait quatre parties&nbsp;: un pipeline <i>offshore</i> de 200 km, allant des sources de la Méditerranée orientale à Chypre, un pipeline <i>offshore</i> de 700 km reliant Chypre à l'&icirc;le de Cr&egrave;te, un pipeline <i>offshore</i> de 400 km de la Cr&egrave;te à la Gr&egrave;ce continentale (Péloponn&egrave;se) et un pipeline terrestre de 600 km traversant le Péloponn&egrave;se et la Gr&egrave;ce occidentale. &laquo; <i>Il s'agit d'une étape concr&egrave;te vers la création d'un hub gazier méditerranéen</i> &raquo;, expliquent les promoteurs du gazoduc. Des subventions européennes ont été actées en 2015 pour ce &laquo; projet d'intér&ecirc;t commun &raquo; à hauteur de 34,5 millions d'euros.</p><p>En juillet dernier, un deuxi&egrave;me b&acirc;timent turc a entamé des forages dans la zone, malgré les protestations de l'Union européenne - dont les représentants des vingt-huit &Eacute;tats membres avaient condamné les &laquo; activités illégales &raquo; et &laquo; contraires aux r&egrave;gles de l'UE et à la stabilité en Méditerranée &raquo;. Les &Eacute;tats-Unis s'étaient aussi opposés à ces prospections au sein de la zone économique exclusive. Ankara - qui, depuis cinq ans, augmente réguli&egrave;rement les budgets de sa marine militaire - réagit par une spectaculaire ingérence dans le conflit libyen, accentuant parall&egrave;lement son chantage aux réfugiés à l'encontre des pays européens.</p><p><b>Des soldats turcs en Libye&nbsp;?</b></p><p>Le ma&icirc;tre d'Ankara pense que la seule réponse à l'<i>East-Med</i> passe par une consolidation militaire du GUN de Fayez el-Sarraj - non que ce dernier partage la doctrine théologico-politique des Fr&egrave;res musulmans qu'affectionne particuli&egrave;rement Recep Edrogan, mais parce que le GUN continue à faire barrage au maréchal Haftar. Ce dernier est soutenu à la fois par les adversaires sunnites d'Ankara - Arabie saoudite, &Eacute;gypte et &Eacute;mirats arabes unies -, mais aussi par la Russie, qui par ailleurs entretient une collaboration active avec la Turquie, notamment sur les dossiers syriens.</p><p>Toujours est-il que le 2 janvier dernier, le Parlement turc a autorisé l'envoi de troupes en Libye. Lors d'une session parlementaire extraordinaire, 325 députés ont voté pour et 184 contre ce texte qui donne à l'armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an, a indiqué le président de l'Assemblée nationale turque, Mustafa Sentop. Reste désormais à savoir si Recep Erdogan, à qui il appartient de décider, va effectivement dép&ecirc;cher des troupes dans ce pays en traversant la Méditerranée, ou si le soutien militaire prendra une autre forme, comme l'envoi de &laquo; conseillers &raquo; et de &laquo; matériels supplémentaires &raquo;.</p><p>Lors d'un appel téléphonique, le président américain Donald Trump a mis en garde jeudi dernier son homologue turc contre toute &laquo; interférence étrang&egrave;re &raquo; en Libye. &laquo; <i>Le président Trump a souligné qu'une ingérence étrang&egrave;re compliquerait la situation en Libye</i> &raquo;, a indiqué la Maison Blanche dans un bref compte-rendu de l'appel. Dans le m&ecirc;me temps, l'ONU a vaguement exprimé sa préoccupation, L'UE a ouvert un &oelig;il, pas un mot du c&ocirc;té de l'OTAN&nbsp;! Incroyable d'assister à une telle passivité de ce qu'il ne faut surtout plus appeler &laquo; la communauté internationale &raquo;.</p><p>&Agrave; tout le moins, le Conseil de sécurité des Nations unies aurait pu se réunir. De son c&ocirc;té, l'UE aurait pu annoncer la suspension officielle de toute esp&egrave;ce de négociation concernant une éventuelle adhésion de la Turquie. On se demande toujours comment ces discussions ont m&ecirc;me pu s'engager alors que la Turquie occupe militairement depuis 1974, la partie Nord de Chypre, par ailleurs membre de l'UE depuis le 1<sup>er</sup> mai 2004. Il faut dire que les &Eacute;tats-Unis (administrations démocrates et républicaines confondues) font pression sur Bruxelles depuis longtemps pour que la Turquie rejoigne le club européen&nbsp;! Quant à l'OTAN, son silence est encore plus scandaleux&nbsp;! La Turquie, qui assure quantitativement la deuxi&egrave;me force militaire de l'Alliance apr&egrave;s celle les &Eacute;tats-Unis, viole all&egrave;grement les principaux articles du Traité de l'Atlantique Nord sans que cela n'inqui&egrave;te personne... Oui, cela est proprement hallucinant et marque à quel point le multilatéralisme - et au-delà, le savoir-vivre minimal en mati&egrave;re de relations internationales, sont entrés en une déshérence particuli&egrave;rement préoccupante.</p><p>D'une mani&egrave;re encore plus tordue, Ankara poursuit une politique tr&egrave;s active en Libye - dont Recep Erdogan rappelle réguli&egrave;rement l'appartenance à l'ancien empire ottoman - à partir de la ville de Misrata o&ugrave; les activistes des Fr&egrave;res musulmans et d'autres factions jihadistes s'agitent beaucoup. &Agrave; partir de cette t&ecirc;te-de-pont, Ankara arme et soutient plusieurs factions terroristes déployées dans la bande sahélo-saharienne à partir du sud-libyen (transitant par la passe du Salvador). Officieusement, les services turcs tiennent à peu pr&egrave;s ce langage&nbsp;: &laquo; vous aidez les Kurdes, alors nous soutenons les jihadistes que vous combattez... &raquo;</p><p><b>Une ambition néo-ottomane</b></p><p>Le président turc Recep Tayyip Erdogan ne rate jamais une occasion de rappeler que la Libye fut une possession ottomane de 1551 à 1922, date à laquelle, acculée militairement, la Turquie signa le Traité de Lausanne-Ouchy par lequel elle cédait la Tripolitaine, la Cyréna&iuml;que et le Dodécan&egrave;se à l'Italie. &Agrave; cette nostalgie impériale, le président turc ajoute une orientation résolument nationaliste, empruntée à Kemal Atat&uuml;rk (1881 - 1938, fondateur et premier président de la République de Turquie de 1923 à 1938), mais clairement opposée à ses choix républicains, la&iuml;cs et en faveur de l'égalité hommes/femmes. Son principal mentor idéologique reste Necmettin Erbakan (1926 - 2011) qui incarne la filiation turque des Fr&egrave;res musulmans. Ce dernier a été Premier ministre de Turquie de juin 1996 à juin 1997.</p><img src="http://newsnet.fr//img/newsnet_167453_90f948.jpg" /><p>Outre cette obsession de chercher à reconfigurer une Méditerranée sous influence turque, outre cette volonté d'ingérence en Libye, l'ambition néo-ottomane de l'actuel président turc se manifeste dans bien d'autres directions&nbsp;: l'ancien aire d'influence turkm&egrave;ne en Asie centrale&nbsp;; en mer Rouge et dans la Corne de l'Afrique.</p><p>En janvier 2018, Ankara et Khartoum ont signé un accord de coopération militaire en vertu duquel le Soudan conc&egrave;de à la Turquie pour 99 ans, l'&icirc;le de Suakin située au nord-est du pays. Elle ne fait que 70 km&sup2;, mais son port est l'un des plus anciens d'Afrique. Sa position en mer Rouge est stratégique car cette voie maritime est la deuxi&egrave;me la plus importante au monde. Là encore, Recep Erdogan s'adonne à une instrumentalisation tr&egrave;s politique de l'histoire en rappelant que le sultan Selim Ier s'était emparé du port en 1517, devenu pour les cinquante années suivantes, la résidence du pacha de l'Empire ottoman pour l'eyalet d'Abyssinie.</p><p>La Turquie entretient de fortes relations économiques avec le Soudan qui souffre d'une situation économique difficile. Ankara a ainsi acheté toute la production de coton du Soudan en 2016 et 2017 et elle a l'intention d'augmenter les échanges commerciaux bilatéraux. Un comité exécutif a été récemment formé pour l'application de nombreux accords dans le domaine agricole et militaire. Suakin est situé dans un triangle frontalier, pomme de discorde avec l'&Eacute;gypte depuis 1958. Et le Caire ne voit pas d'un tr&egrave;s bon &oelig;il ce rapprochement turc avec le Soudan, aussi soutenu et financé par le Qatar, autre soutien logistique des Fr&egrave;res musulmans.</p><p>Cette nouvelle présence turque en mer Rouge agace souverainement la monarchie saoudienne. L'&icirc;le de Suakin est à la fronti&egrave;re ouest de l'Arabie et fait quasiment face au port stratégique de Djeddah. Ankara développe les infrastructures militaires de Suakin avec l'aide financi&egrave;re du Qatar o&ugrave; il dispose d'une autre base militaire importante, ce qui accentue ses différends avec l'axe Riyad/le Caire/Abou Dhabi. Une course à l'installation des bases militaires est bel et bien engagée entre les Emirats et la Turquie qui ne cache plus son intér&ecirc;t stratégique pour l'Afrique de l'Est et la Corne.</p><p>En septembre 2019 à Mogadiscio, apr&egrave;s deux ans de travaux, Ankara a inauguré sa plus grande base militaire à l'étranger. Plusieurs services de renseignement européens et arabes soup&ccedil;onnent Ankara de financer les Shebab et d'autres factions terroristes somaliennes. Plus au nord à Djibouti, la Turquie a construit la plus grande mosquée de la sous-région et finance une multitude de madrassas (écoles coraniques), qui dispensent un enseignent coranique &laquo; gratuit &raquo; - insistent les panneaux publicitaires qu'on peut voir sur les principales avenues de l'&Eacute;tat portuaire.</p><p>&Eacute;galement tr&egrave;s implantés en &Eacute;thiopie comme en &Eacute;rythrée, les services turcs surveillent, comme le lait sur le feu, l'apaisement déclaré entre les deux fr&egrave;res ennemis, l'objectif étant de contrecarrer l'influence égyptienne croissante en &Eacute;rythrée. En définitive, Ankara avance ses pions en mer Rouge et, plus largement, dans toute la Corne de l'Afrique afin d'établir une profondeur stratégique à ses ambitions méditerranéennes.</p><p><b>Cessez-le-feu&nbsp;?</b></p><img src="http://newsnet.fr//img/newsnet_167453_1f090f.jpg" /><p>Initialement, les mal nommées &laquo; révolutions arabes &raquo; de l'année 2011 ont clairement fragilisé les intér&ecirc;ts de la Turquie. Les relations de plus en plus difficiles d'Erdogan avec l'&Eacute;gypte du maréchal Sissi ont transformé son &laquo; zéro probl&egrave;me avec les voisins &raquo; méditerranéens en un &laquo; zéro voisin sans probl&egrave;me &raquo;. Son soutien aux factions terroristes réfugiées dans la poche d'Idlib en Syrie, aux partis islamistes sunnites de Rached Ghannouchi en Tunisie, d'Abdelilah Benkirane au Maroc et de Mohammed Morsi en &Eacute;gypte, a donné l'impression que la Turquie - hier encore &Eacute;tat neutre et moderne - est devenue une puissance sectaire, brandissant le drapeau de l'islamisme sunnite, suscitant la méfiance d'une grande partie de l'opinion publique arabe méditerranéenne, notamment de la frange la&iuml;que de cette opinion et des chrétiens d'Orient (Maronites et Grecs orthodoxes libanais et syriens, coptes en &Eacute;gypte).</p><p>Apr&egrave;s des années d'ignorance de l'espace méditerranéen, la Turquie de Erdogan y revient avec fanfare. Avec les déconvenues actuelles du c&ocirc;té de ses fronti&egrave;res sud, il est difficile de déterminer avec certitude si cette &laquo; méditerranéisation &raquo; de la Turquie se poursuivra ou si le pays décidera de se replier sur son espace continental, revenant ainsi à la case départ.</p><p>En attendant le débarquement en Libye du premier soldat turc et selon nos derni&egrave;res nouvelles, le maréchal Khalifa Haftar, a accepté ce samedi 11 janvier 2020 l'appel à un cessez-le-feu, lancé conjointement par Moscou et Ankara (qui n'est pas à une contradiction pr&egrave;s), à l'issue de plusieurs mois de combats pour prendre le contr&ocirc;le de la capitale Tripoli. Ce cessez-le-feu sera-t-il durable&nbsp;? &Agrave; voir... En attendant, il serait peut-&ecirc;tre temps de dire clairement à Monsieur Erdogan, qu'il doit arr&ecirc;ter de trop pousser Mémé dans les orties...</p><p>source&nbsp;: <a href="http://prochetmoyen-orient.ch/alerte-en-mediterranee-pirates-barbaresques">prochetmoyen-orient.ch</a></p><p><a href="http://reseauinternational.net/alerte-en-mediterranee-pirates-barbaresques/">reseauinternational.net</a></p>"}}