{"170938":{"id":"170938","parent":"0","time":"1585083110","url":"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/paroles-de-villiers","category":"gouvernements","title":"Paroles de Villiers","image":"","hub":"newsnet","url-explicit":"paroles-de-villiers","admin":"newsnet","views":"18","priority":"2","length":"37453","lang":"","content":"\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/section\/ouverture-libre\"\u003EOuverture libre\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl devait s'av\u00e9rer int\u00e9ressant de lire une longue interview (\u00e0 \u003Ci\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.valeursactuelles.com\/clubvaleurs\/politique\/philippe-de-villiers-le-nouveau-monde-est-en-train-de-mourir-du-coronavirus-117159\"\u003EValeurs Actuelles\u003C\/a\u003E\u003C\/i\u003E) de Philippe de Villiers, ancienne personnalit\u00e9 politique, reconverti dans diverses activit\u00e9s dont celles de m\u00e9morialiste et de commentateur de la politique, - pass\u00e9 et pr\u00e9sent, - Villiers, Vend\u00e9en, souverainiste avec un zeste de monarchisme, catholique pur et dur, ami de Poutine... Et, bien entendu, adversaire de ce cadre monstrueux o\u00f9 nous vivons, qui est en train de s'effriter hyst\u00e9riquement et de lourdement s'effondrer, - le Syst\u00e8me, pour ne pas le nommer, que Villiers d\u00e9signe sous le vocable macronien de \"Nouveau Monde\". (Villiers avait copin\u00e9 un temps avec Macron au d\u00e9but du quinquennat, pour assez vite s'apercevoir qu'il s'\u00e9tait tromp\u00e9 \u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/meditations-macronscopiques\"\u003Esur le personnage\u003C\/a\u003E : \u00ab... \u003Ci\u003EJ'ai compris qu'il n'avait pas compris\u003C\/i\u003E. \u00bb)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EBien entendu, nul n'ignore le sujet de l'entretien : nous y sommes tous, jusqu'au cou, tant la crise est globalis\u00e9e jusqu'\u00e0 l'os, globalis\u00e9e \u00e0 en mourir ! Villiers ne manque pas une seconde d'exprimer hautement sa satisfaction, sans haine ni sadisme, mais simplement parce qu'elle frappe une entit\u00e9 qu'il juge mal\u00e9fique, et que cette entit\u00e9 ne peut \u00eatre frapp\u00e9e que dans la puissance et la dynamique furieuse d'une crise.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est une contradiction sinon une souffrance \u00e0 laquelle est confront\u00e9 tout antiSyst\u00e8me qui ne se paie pas de mots ni d'emportements partisans, voire id\u00e9ologiques. Il est in\u00e9vitable qu'\u00e0 partir de l'identification que vous avez faite du Syst\u00e8me, de la mesure que vous avez prise de sa nocivit\u00e9 diabolique, de son ambition entropique de n\u00e9antisation, il est in\u00e9vitable que vous souhaitiez et œuvriez pour sa compl\u00e8te destruction, et donc exprimiez votre compl\u00e8te satisfaction, de voir la chose brutalement et assez justement engag\u00e9e dans ce sens. A c\u00f4t\u00e9 de cela, vous ne pouvez ignorer les souffrances et les destructions, y compris pour vous-m\u00eames et vos proches \u00e9ventuellement, qu'un tel \u00e9v\u00e9nement catastrophique peut engendrer. Il y a si vous voulez une dimension strat\u00e9gique, qui est la destruction du Syst\u00e8me qu'on ne peut que souhaiter, proclamer et applaudir, et une dimension tactique, qui est le processus d'attaque et de destruction, qui peut nous faire beaucoup souffrir, et \u00e0 propos duquel nous ne pouvons faire silence pour autant. (Dans ce syst\u00e8me contradictoire, on ne peut \u00e9viter les paradoxes antagonistes qui semblent du d\u00e9sordre et ne sont que la prog\u00e9niture de la subversion-inversion. Un catholique aussi affirm\u00e9 que l'est de Villiers n'a pas de mot assez dur, - bien plus dur qu'un ath\u00e9e ou un anticl\u00e9rical, - contre l'\u00c9glise de Rome telle qu'elle est devenue dans toute sa Sainte-Modernit\u00e9.)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EComme souverainiste et antiglobaliste affirm\u00e9, de Villiers constate avec une satisfaction non dissimul\u00e9e l'extraordinaire inefficacit\u00e9, sinon la compl\u00e8te inexistence de \"Bruxelles\" (l'UE). Ce constat, qui est chaque jour plus \u00e9vident et chaque jour plus extraordinaire, le conduit naturellement \u00e0 \u00e9voquer des perspectives de syst\u00e8mes nouveaux, qui renvoient \u00e9videmment \u00e0 des principes jug\u00e9s \"anciens\" sinon d\u00e9pass\u00e9s, c'est-\u00e0-dire tout ce que la modernit\u00e9 s'est acharn\u00e9e \u00e0 d\u00e9truire :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab \u003Ci\u003EJe pense qu'\u00e0 la suite du Brexit, hier, et du coronavirus, aujourd'hui, l'institution bruxelloise est morte. Elle est comme un canard sans t\u00eate qui continue \u00e0 courir. Sans t\u00eate, et sans cervelle. L'OMC, l'OTAN, tout cela, c'est fini. Le \"Nouveau Monde\", c'est l'ancien temps. La grande question qui est \u00e0 l'ordre du jour, c'est de faire autre chose, c'est-\u00e0-dire un \u003Cb\u003Econcert des nations\u003C\/b\u003E\u003C\/i\u003E. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOn s'arr\u00eatera sur les deux derniers mots de cette citation, qui renvoient \u00e0 une notion principielle classique (qualificatif pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 celui d'\"ancien\" qui a une coloration stupidement f\u00e2cheuse de \"d\u00e9pass\u00e9\" dans la perception s\u00e9mantique de l'esprit moderniste). L'expression de \"concert des nations\" renvoie plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la p\u00e9riode 1815-1848, structur\u00e9e \u00e0 partir du Congr\u00e8s de Vienne et fond\u00e9e sur le principe de souverainet\u00e9, dans laconception d'un des plus grands esprits, sinon le plus grand esprit de l'art fait d'\u00e9quilibre et d'harmonie de la diplomatie, et d\u00e9bouchant sur l'ordre naturel des souverainet\u00e9s \u00e9videntes : le Fran\u00e7ais Talleyrand, prince de B\u00e9n\u00e9vent. La caract\u00e9ristique de cette p\u00e9riode, qui ne manqua pourtant pas de conflits ni de r\u00e9volutions, fut essentiellement que les choses se firent en sorte qu'on ne vit jamais (jusqu'en 1848) la structure du syst\u00e8me mis en place \u00e0 Vienne menac\u00e9e.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans ses remarques sur le \"concert des nations\", Villiers \u00e9voque l'\u00e9ventuelle possibilit\u00e9 d'un \"meneur\", d'un \"\u003Ci\u003Eleader\u003C\/i\u003E\", de ce qu'il d\u00e9signe comme un \"premier violon\" (\u00ab \u003Ci\u003EDans un concert, on ne cherche pas tous emboucher la m\u00eame trompette, mais \u00e0 mettre en harmonie nos sonorit\u00e9s instrumentales, \u00e0 raison m\u00eame de leurs singularit\u00e9s. Il y a juste une dispute pour occuper la place du premier violon : acceptons-en l'augure\u003C\/i\u003E \u00bb). Justement, gr\u00e2ce \u00e0 l'habilet\u00e9 de Talleyrand, cette question du \"premier violon\" fut \u00e9cart\u00e9e dans l'esprit du Congr\u00e8s de Vienne, ce qui fait que la p\u00e9riode vit la cohabitation de puissances (notamment les cinq grandes Cours : Angleterre, Autriche-Hongrie, France, Prusse, Russie) et qu'aucune ne put ni ne chercha \u00e0 prendre l'ascendant sur les autres. Ce qui avait marqu\u00e9 symboliquement et op\u00e9rationnellement cet \u00e9tat de l'esprit, ce fut l'une des premi\u00e8res interventions de Talleyrand au d\u00e9but du Congr\u00e8s, \u00e0 l'automne 1814, lorsqu'il annon\u00e7a que la France renon\u00e7ait \u00e0 toutes ses conqu\u00eates de la p\u00e9riode 1789-1814. Il commenta dans ses \u003Ci\u003EM\u00e9moires\u003C\/i\u003E :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab \u003Ci\u003ELa maison de Bourbon seule, pouvait noblement faire reprendre \u00e0 la France les heureuses proportions indiqu\u00e9es par la politique et par la nature. Avec la maison de Bourbon,\u003C\/i\u003E \u003Cb\u003E\u003Ci\u003Ela France cessait d'\u00eatre gigantesque pour devenir grande\u003C\/i\u003E\u003C\/b\u003E\u003Ci\u003E. Soulag\u00e9e du poids de ses conqu\u00eates, la maison de Bourbon seule, pouvait la replacer au rang \u00e9lev\u00e9 qu'elle doit occuper dans le syst\u00e8me social ; seule, elle pouvait d\u00e9tourner les vengeances que vingt ans d'exc\u00e8s avaient amoncel\u00e9es contre elle.\u003C\/i\u003E \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette heureuse conception fut balay\u00e9e \u00e0 partir de 1848, avec l'esprit r\u00e9volutionnaire qui se r\u00e9pandit, provoquant d'abord, - avant les internationalismes id\u00e9ologiques du XX\u00e8me si\u00e8cle, - des nationalismes exacerb\u00e9s dont la Prusse-devenue-Allemagne offrit le premier exemple du type d\u00e9vastateur signant l'arr\u00eat de mort de l'Europe. Selon cette fa\u00e7on d'arranger les courants historiques, on peut alors situer le d\u00e9but de la modernit\u00e9 dans la diplomatie \u00e0 1848, cette diplomatie passant de l'art de la retenue \u00e0 la passion de l'exc\u00e8s, jusqu'\u00e0 notre \u00e9poque qui pousse l'exc\u00e8s au nom de l'id\u00e9ologie autoproclam\u00e9e vertueuse (les USA) dans la surpuissance et la met, fort heureusement, au bord de l'autodestruction. On peut conjecturer que des pays comme la Russie et la Chine, quelles que soient les tendances (impos\u00e9es par le bloc-BAO) qu'ils ont d\u00fb c\u00f4toyer et en partie adopter jusqu'ici, devraient \u00eatre sensibles \u00e0 de telles notions \"orchestrales\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETout cela n'est certainement pas pour dire que ce qui doit suivre un effondrement du Syst\u00e8me est un retour \u00e0 1815 mais plut\u00f4t qu'\u00e0 l'\"\u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-lideal-de-puissance-1\"\u003Eid\u00e9al de puissance\u003C\/a\u003E\" engendr\u00e9 par le \"\u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/glossairedde-le-dechainement-de-la-matiere\"\u003Ed\u00e9cha\u00eenement de la Mati\u00e8re\u003C\/a\u003E\" devrait se substituer \"l'id\u00e9al de perfection\" selon les d\u00e9finitions qu'en donne \u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/genie-latin-et-germanisme-de-guglielmo-ferrero-1917\"\u003EGuglielmo Ferrero\u003C\/a\u003E. Avec ces notions, nous sommes loin des questions op\u00e9rationnelles de g\u00e9opolitique et autres qui tourbillonnent dans le cours de la crise actuelle. La d\u00e9marche de Villiers, m\u00eame s'il ne la pr\u00e9cise pas n\u00e9cessairement d'une fa\u00e7on parfaitement identifi\u00e9e, se rapproche \u00e0 notre sens de cette \u00e9volution et de ces appr\u00e9ciations. Dans ce cas, il est normal qu'il y m\u00eale, notamment mais avec insistance, les questions soci\u00e9tales qui agitent notre temps, - et qui se font terriblement discr\u00e8tes aujourd'hui, dans l'air du temps et dans les pr\u00e9occupations de nos dirigeants politiquement-corrects, discr\u00e8tes devant la Grande Crise d'Effondrement du Syst\u00e8me ; cela, pour observer que cet effacement montre que ces \"grandes\" questions soci\u00e9tales ne sont que des produits de communication et de d\u00e9formation engendr\u00e9s par l'id\u00e9ologie moderniste du Syst\u00e8me dans un but de d\u00e9structuration, produits absolument sans essence propre, absolument \u00e9trangers aux principes (\u00e9quilibre-harmonie-ordre) qui p\u00e9rennisent les avanc\u00e9es et dynamiques humaines participant \u00e0 la mise en place de la structuration qui nous est n\u00e9cessaire. Bien entendu, toute la dialectique de Philippe de Villiers, hors de ses r\u00e9f\u00e9rences historiques et m\u00eame id\u00e9ologiques s'il y en a, sont en rapport \u00e9troit avec l'ontologie de la Tradition. C'est l\u00e0 qu'est sans aucun doute l'essentiel et, bien entendu, sa d\u00e9marche rejoint un courant sans cesse grandissant dont Andr\u00e9 Compagnon avait dress\u00e9 l'inventaire historique dans ses \u003Ci\u003EAntimodernes, de Joseph de Maistre \u00e0 Roland Barthes\u003C\/i\u003Ede 2004 (en oubliant Ren\u00e9 Gu\u00e9non, ce qu'il a reconnu apr\u00e8s la parution de son livre).\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl s'agit donc d'un t\u00e9moignage de plus pour nous conforter dans l'id\u00e9e que la \"crise-Covid19\", c'est bien plus que la \"crise-Covid19\", que la pand\u00e9mie est d'abord, fondamentalement, l'inattendu d\u00e9tonateur de la Grande Crise GCES.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'interview ci-dessous en date du \u003Ca href=\"https:\/\/www.valeursactuelles.com\/clubvaleurs\/politique\/philippe-de-villiers-le-nouveau-monde-est-en-train-de-mourir-du-coronavirus-117159\"\u003E18 mars 2020\u003C\/a\u003E est de Bastien Lejeune, pour \u003Ci\u003EValeurs actuelles\u003C\/i\u003E. Cet hebdomadaire a eu l'heureuse id\u00e9e d'ouvrir son domaine payant \u00e0 un acc\u00e8s gratuit de sept jours, et donc notamment cette interview.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003E\u003Ci\u003Ededefensa.org\u003C\/i\u003E\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E_________________________\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003E\u00ab Le nouveau monde est en train de mourir du coronavirus \u00bb\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Lors de la campagne des \u00e9lections europ\u00e9ennes de 1994, vous \u00e9voquiez avec Jimmy Goldsmith la n\u00e9cessit\u00e9 de la \"d\u00e9mondialisation\" et critiquiez le libre-\u00e9changisme mondial. L'actualit\u00e9, avec la pand\u00e9mie du coronavirus, vous donne-t-elle raison ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab H\u00e9las ! Je me souviens que dans nos r\u00e9unions publiques, Jimmy et moi avions cette formule qui faisait rire les salles : \u003Ci\u003E\u00ab Quand toutes les barri\u00e8res sanitaires seront tomb\u00e9es et qu'il y aura une grippe \u00e0 New Delhi, elle arrivera dans le Berry \u00bb\u003C\/i\u003E. C'\u00e9tait un rire d'incr\u00e9dulit\u00e9 : \u003Ci\u003E\u00ab ils exag\u00e8rent... \u00bb\u003C\/i\u003E En fait, Jimmy avait tout vu, tout dit, tout \u00e9crit dans son livre \u00ab \u003Ci\u003ELe Pi\u00e8ge\u003C\/i\u003E \u00bb, \u00e9crit en 1993, non seulement sur le plan sanitaire mais aussi sur le plan de l'\u00e9conomie et de la s\u00e9curit\u00e9. Je racontais tous les soirs, devant nos assembl\u00e9es de curieux, la m\u00eame histoire m\u00e9taphorique sur la \u003Ci\u003E\u00ab jurisprudence du Titanic \u00bb : \u00ab Le Titanic a coul\u00e9 \u00e0 cause d'une seule lame de glace qui a perc\u00e9 la coque. Parce que la car\u00e8ne du navire n'avait pr\u00e9vu qu'un caisson seulement. Lorsque nous avons cr\u00e9\u00e9 le Vend\u00e9e-Globe, nous avons impos\u00e9 sept compartiments \u00e9tanches dans la coque de chaque bateau. Si l'un des sept se remplit d'eau, il en reste six... Les compartiments \u00e9tanches emp\u00eachent le bateau de couler. Eh bien, chers amis, la jurisprudence du Titanic, c'est que les nations sont les compartiments \u00e9tanches de la mondialisation. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb La r\u00e9action des \u00e9lites et des m\u00e9dias \u00e9tait la m\u00eame : \u00ab \u003Ci\u003EOn ne peut pas s'opposer \u00e0 la mondialisation. Elle est dans le sens de l'histoire.\u003C\/i\u003E \u00bb \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Quelle est la signification profonde de l'\u00e9preuve que nous traversons ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Le confinement obligatoire sonne le glas de la fameuse \u003Ci\u003E\u00ab mondialisation heureuse \u00bb.\u003C\/i\u003E La d\u00e9faite intellectuelle des mondialistes est \u00e0 la mesure du drame du coronavirus. Il signale, pour ceux qui ont un peu de lucidit\u00e9, la fin du \u00ab \u003Ci\u003ENouveau Monde\u003C\/i\u003E \u00bb et le retour en force de \u00ab \u003Ci\u003El'Ancien Monde\u003C\/i\u003E \u00bb. Apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, on nous a expliqu\u00e9 que nous allions entrer dans un \u003Ci\u003Enouveau monde\u003C\/i\u003E qui viendrait inaugurer une nouvelle \u00e8re, post-moderne, post-nationale, post-morale, une \u00e8re de paix d\u00e9finitive. Ce \u003Ci\u003Enouveau monde\u003C\/i\u003E serait deux fois novateur : d'abord il nous d\u00e9barrasserait des souverainet\u00e9s et des \u00c9tats, puisqu'il serait ahistorique et apolitique. Ce serait la fin d\u00e9finitive des guerres, de l'histoire, des id\u00e9es, des religions et l'av\u00e8nement du march\u00e9 comme seul r\u00e9gulateur des pulsions humaines et tensions du monde. Les citoyens allaient se muer en consommateurs sur un march\u00e9 plan\u00e9taire de masse. Excitant, non ? Et puis - deuxi\u00e8me novation - le \u003Ci\u003Enouveau monde\u003C\/i\u003E organiserait enfin le primat ricardien de l'\u00e9conomie sur la politique, portant ainsi l'id\u00e9e pacifique d'une r\u00e9allocation des ressources au niveau du \u00ab Village Global \u00bb et d'un monde d'ouverture multiculturel. On pensait que les grandes organisations supranationales suffiraient \u00e0 la supervision de ce \u003Ci\u003Enouveau monde\u003C\/i\u003E o\u00f9 tiendraient dans la \u003Ci\u003EMain invisible\u003C\/i\u003E du lib\u00e9ralisme les bonheurs et prosp\u00e9rit\u00e9s. \u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, le vocabulaire changea : on ne parlait plus de gouvernement mais de \u003Ci\u003Egouvernance\u003C\/i\u003E, de loi mais de \u003Ci\u003Er\u00e9gulation\u003C\/i\u003E, de fronti\u00e8re mais \u003Ci\u003Ed'espace\u003C\/i\u003E, de peuple mais de \u003Ci\u003Esoci\u00e9t\u00e9 civile\u003C\/i\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Aujourd'hui, nous comprenons que cette vision id\u00e9ologique est en train de mourir du coronavirus. En effet, quand revient le malheur, quand r\u00f4de la guerre - par exemple \u00e0 la fronti\u00e8re gr\u00e9co-turque - ou la mort - avec la pand\u00e9mie -, les zombies des organisations internationales n'ont plus rien \u00e0 dire - et d'ailleurs on ne les consulte plus. C'est le grand retour au carr\u00e9 magique de la survie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bbLe premier point du carr\u00e9, c'est la \u003Ci\u003Efronti\u00e8re\u003C\/i\u003E, c'est \u00e0 dire la protection, ce pour quoi les \u00c9tats ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s. Le deuxi\u00e8me, c'est la \u003Ci\u003Esouverainet\u00e9\u003C\/i\u003E, c'est \u00e0 dire la libert\u00e9 des peuples pour prendre des d\u00e9cisions rapides et ajust\u00e9es. Le troisi\u00e8me coin du carr\u00e9, c'est le \u003Ci\u003Elocal\u003C\/i\u003E, donc le contr\u00f4le au plus proche des int\u00e9r\u00eats vitaux. Le quatri\u00e8me point, c'est la \u003Ci\u003Efamille\u003C\/i\u003E, puisque, quand on d\u00e9cide de confiner un pays, la \u00ab R\u00e9publique de la PMA \u00bb ne confie pas les enfants des \u00e9coles aux fonds de pension mais aux p\u00e9p\u00e9s et m\u00e9m\u00e9s. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Rapidement apr\u00e8s le d\u00e9but de la crise sanitaire, on s'est rendu compte que la France n'\u00e9tait pas souveraine dans de nombreux domaines, notamment la production de m\u00e9dicaments. Emmanuel Macron a dit : \u00ab\u003Ci\u003ED\u00e9l\u00e9guer notre alimentation, notre protection, notre capacit\u00e9 \u00e0 soigner, notre cadre de vie au fond, \u00e0 d'autres, est une folie\u003C\/i\u003E \u00bb. Est-ce le retour en gr\u00e2ce de la notion de souverainet\u00e9 ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Oui, absolument. Quel chemin de Damas ! Qu'est-ce donc que la souverainet\u00e9 ? C'est la comp\u00e9tence de la comp\u00e9tence. On est souverain ou on ne l'est pas. On ne peut pas l'\u00eatre \u00e0 moiti\u00e9. Une femme n'est pas \u00e0 moiti\u00e9 enceinte. Quand de Gaulle a adh\u00e9r\u00e9 au trait\u00e9 de Rome, il a eu une expression significative : la France s'engageait \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 une \u00ab \u003Ci\u003EEurope de la coop\u00e9ration\u003C\/i\u003E \u00bb, \u00e0 la condition expresse que la nouvelle institution m\u00e9nage les souverainet\u00e9s, pour pr\u00e9server les \u00ab \u003Ci\u003Eint\u00e9r\u00eats vitaux des nations\u003C\/i\u003E \u00bb. Il citait \u00e0 titre d'exemples, comme \u003Ci\u003Eint\u00e9r\u00eats vitaux\u003C\/i\u003E, l'autonomie du nucl\u00e9aire fran\u00e7ais, l'\u00e9nergie, l'agriculture, ou encore notre culture et notre art de vivre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Depuis les trait\u00e9s de Maastricht, Amsterdam et Marrakech, nous avons ali\u00e9n\u00e9 notre souverainet\u00e9. Comme je le disais \u00e0 l'instant, la souverainet\u00e9 se d\u00e9finit par le primat du politique. L'ali\u00e9ner, c'est permettre \u00e0 l'\u00e9conomie de s'organiser comme elle l'entend. Cette derni\u00e8re va toujours l\u00e0 o\u00f9 vont ses int\u00e9r\u00eats. Nous avons donc connu un capitalisme d\u00e9brid\u00e9 qui a choisi dans un premier temps l'ali\u00e9nation am\u00e9ricaine et d\u00e9sormais l'ali\u00e9nation chinoise. Les gens qui ont pr\u00f4n\u00e9 cette id\u00e9ologie de la soi-disant division internationale du travail savaient ce qu'ils faisaient. Ils ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux une France en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es, un pays qui n'a plus d'industrie qui vend ses plateformes a\u00e9roportuaires, et qui a favoris\u00e9 une agriculture d\u00e9grad\u00e9e en un processus agrochimique suicidaire, un pays qui fait fabriquer les pi\u00e8ces de rechange des chars Leclerc en Chine, et lui confie le soin de produire pour elle ses m\u00e9dicaments.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Nous disions en 1994, avec Jimmy Goldsmith : \u00ab \u003Ci\u003ELa mondialisation est un syst\u00e8me de spoliation dans lequel ce sont les pauvres des pays riches qui subventionnent les riches des pays pauvres\u003C\/i\u003E \u00bb. Et nous ajoutions : \u00ab \u003Ci\u003EDans un premier temps, tout ira bien. Les entreprises iront fabriquer l\u00e0 o\u00f9 c'est le moins cher, et iront vendre l\u00e0 o\u00f9 il y a du pouvoir d'achat. Mais viendra le moment o\u00f9 le pi\u00e8ge se refermera\u003C\/i\u003E \u00bb. Nous y sommes. La mondialisation, dont l'Europe n'a jamais \u00e9t\u00e9 qu'un cheval de Troie, a favoris\u00e9 quatre crises mortelles. La crise sanitaire ; mais aussi la crise migratoire avec une immigration non plus de travail mais de peuplement qui installe sur notre sol le face \u00e0 face de deux civilisations. Songeons que c'est \u00e0 Erdogan, contre un pourboire de six milliards d'euros, que l'Europe a confi\u00e9 le soin de garder sa fronti\u00e8re. C'est donc \u00e0 lui d'ouvrir quand il veut, les \u00e9cluses. Il est le patron. Il n'y a pas de protectorat heureux, il n'y a que des dhimmis. Et puis il y a la crise \u00e0 venir, la crise financi\u00e8re larv\u00e9e, puisque nous \u00e9voluons tous sans le savoir dans une bulle de savon qui grossit de jour en jour, dont les volutes virtuelles s'enfantent les unes les autres, d\u00e9connect\u00e9e de l'\u00e9conomie r\u00e9elle ; et enfin la crise \u00e9conomique, la paup\u00e9risation des gilets jaunes par la d\u00e9localisation syst\u00e9matique qui a substitu\u00e9 aux circuits courts et \u00e0 la production locale cette folie anti-\u00e9cologique du circuit long et de la recherche discr\u00e8te de l'exploitation du plus pauvre parmi les plus pauvres du monde. On est sur le point de red\u00e9couvrir l'id\u00e9e d\u00e9su\u00e8te du petit jardin ouvrier comme soupape de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la grande surface, approvisionn\u00e9e \u00e0 60 % de ses produits, par les producteurs lointains et sans aucun scrupule \u00e9cologique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb On a perdu le sens des hi\u00e9rarchies distinctives, et notamment de la diff\u00e9rence entre l'\u00e9conomie et la politique. L'\u00e9conomie sert des int\u00e9r\u00eats quand la politique n'est pas autre chose que la protection des citoyens. Elle doit rester au-dessus. Elle est premi\u00e8re. C'est le bouclier r\u00e9galien. Il est extraordinaire d'observer, avec le coronavirus, l'\u00e9volution du langage. On nous parle dans un langage vulgaire qui rappelle la fille de Moli\u00e8re allant \u00e0 la selle, de \u00ab \u003Ci\u003Efaire nation\u003C\/i\u003E \u00bb, on nous parle du \u003Ci\u003Econfinement\u003C\/i\u003E des d\u00e9partements qu'on voulait supprimer il y a encore quelques semaines, on nous parle des \u003Ci\u003Epr\u00e9fets\u003C\/i\u003E, on nous parle de \u003Ci\u003El'\u00c9tat\u003C\/i\u003E. Le coronavirus a fait d\u00e9j\u00e0 deux morts de grand renom : Schengen et les crit\u00e8res de Maastricht. J'avais dit en 2015, dans mon livre \u003Ci\u003ELe moment est venu de dire ce que j'ai vu\u003C\/i\u003E (Albin Michel), que le mur de Maastricht tomberait un jour ou l'autre. Il vient de tomber. Il a chop\u00e9 le virus. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab La souverainet\u00e9 revient en gr\u00e2ce, et par cons\u00e9quent les souverainistes se multiplient... \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Oui. On entend Bruno Le Maire parler de \u00ab souverainisme \u00e9conomique \u00bb. Une merveille ! Il y aura bient\u00f4t deux vari\u00e9t\u00e9s de souverainistes : les souverainistes de souche et les souverainistes d'opportunit\u00e9. Il faudra que les premiers ouvrent les bras aux seconds, sans gestes barri\u00e8re. C'est nous qui avons invent\u00e9, en 1999 avec Charles Pasqua, le mot \u00ab souverainisme \u00bb. Je l'ai prononc\u00e9 pour la premi\u00e8re fois publiquement en 2004 devant l'Acad\u00e9mie des sciences morales et politiques. Je me souviens qu'\u00e0 l'\u00e9poque, le mot \u00e9tait repris par nos adversaires comme si on avait attrap\u00e9 la v\u00e9role. Aujourd'hui, les cat\u00e9chum\u00e8nes du souverainisme se font tonsurer, les yeux mi-clos, dans un silence cath\u00e9dral qui appelle \u00e0 la g\u00e9nuflexion oblique du d\u00e9vot press\u00e9. Il faut dire que le r\u00e9el s'impose \u00e0 chacun. Par exemple, la France est le seul pays au monde qui aura jusqu'au bout refus\u00e9 de r\u00e9tablir ses fronti\u00e8res, au nom du refus de ce qu'Emmanuel Macron vient d'appeler le \u00ab \u003Ci\u003Erepli nationaliste\u003C\/i\u003E \u00bb. Aujourd'hui, tous les pays europ\u00e9ens, y compris l'Allemagne, ont r\u00e9tabli leurs contr\u00f4les aux fronti\u00e8res. Seule la France se pr\u00e9occupe de sauver le \u00ab soldat Schengen \u00bb. C'est dire la puissance de l'id\u00e9ologie, quand on pr\u00e9f\u00e8re les morts du coronavirus \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 protectrice. Les belles \u00e2mes du \u00ab Nouveau Monde \u00bb \u00e0 l'agonie pr\u00e9f\u00e8rent encore avoir tort avec le coronavirus que raison avec les souverainistes. Quoi qu'il arrive, il ne s'agit pas, selon eux, de sauver les malades, il faut sauver l'id\u00e9ologie. Mais le R\u00e9el, qui est impitoyable quand il tient \u00e0 pleine main la faux du tr\u00e9pas, vient contrarier leurs certitudes et inoculer le doute dans leurs syllogismes mortif\u00e8res. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Vous l'avez dit : la France est l'un des derniers pays \u00e0 avoir refus\u00e9 de fermer ses fronti\u00e8res. Comment expliquez-vous la persistance de ce tabou quand le monde entier adoptait cette solution de bon sens ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Le \u00ab Nouveau Monde \u00bb continue \u00e0 d\u00e9signer la fronti\u00e8re comme le mal absolu, mais on a bien \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s d'inventer ce qu'on appelle les gestes-barri\u00e8re. Or, qu'est-ce qu'un geste-barri\u00e8re ? Une fronti\u00e8re entre individus. Et puis on invente les \"clusters\". Qu'est-ce qu'un \"cluster\" ? Une fronti\u00e8re. Et puis on invente le confinement. Le confinement du Haut-Rhin, le confinement du Morbihan. Qu'est-ce que le confinement du Haut-Rhin ? Le confinement d'un d\u00e9partement. Tiens tiens ! Les fronti\u00e8res d\u00e9partementales sont le bien, les fronti\u00e8res nationales sont le mal. C'est une curiosit\u00e9 \u00e9pid\u00e9miologique pour les chercheurs d'apr\u00e8s-demain.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Et voil\u00e0 qu'on propose d\u00e9sormais un confinement total du pays. Mais en r\u00e9alit\u00e9, comme on garde les fronti\u00e8res ouvertes, on cherche \u00e0 g\u00e9rer le stock sans g\u00e9rer le flux. On veut faire la chasse au coronavirus chez nous, dans un pays confin\u00e9, mais dans un pays qui n'est pas prot\u00e9g\u00e9 du flux ext\u00e9rieur, principal bouillon de culture - avec le m\u00e9tro. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Macron dit aussi : \u003Ci\u003E\u00ab Nous devons (...) construire plus encore que nous ne le faisons d\u00e9j\u00e0 une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. \u00bb\u003C\/i\u003E La crise du coronavirus n'a-t-elle pas montr\u00e9 les limites de la solution europ\u00e9enne ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Tous les esprits sens\u00e9s, soit pour s'en f\u00e9liciter, soit pour le regretter, constatent que dans cette crise, depuis le d\u00e9but, les institutions de Bruxelles sont pass\u00e9es sous le tapis et que ce sont les \u00c9tats qui reprennent \u00e0 leur compte tous les leviers permettant d'endiguer le virus. En d'autres termes, quand on connait un grand malheur comme cette pand\u00e9mie, que notre soci\u00e9t\u00e9 est entre la vie et la mort, individuelle ou collective, le r\u00e9flexe des peuples n'est plus aux vocalises \u00ab sauver la plan\u00e8te \u00bb, le \u00ab Vivre ensemble \u00bb des embrassades par-dessus \u00ab les ponts qui remplacent les murs \u00bb, c'est de se tourner vers les \u00c9tats, et le r\u00e9flexe des \u00c9tats n'est pas de s'adresser \u00e0 Bruxelles, l'OCDE, l'ONU ou l'OMC, c'est de prot\u00e9ger les nations et les peuples. CQFD. \u00ab \u003Ci\u003ECe qu'une nation ne fait pas pour elle-m\u00eame, personne ne le fera jamais \u00e0 sa place\u003C\/i\u003E \u00bb\u003Ci\u003E,\u003C\/i\u003E disait Charles Pasqua. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab La premi\u00e8re r\u00e9action de nombreux Fran\u00e7ais \u00e0 l'annonce du confinement fut de rentrer chez eux et de se rassembler en famille. L\u00e0 encore, ce r\u00e9flexe n'est pas vraiment dans l'ADN du \u00ab Nouveau Monde \u00bb... \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Il n'y a plus de minist\u00e8re de la Famille. On nous a expliqu\u00e9, avec la PMA, que la famille de \u00ab l'Ancien Monde \u00bb \u00e9tait d\u00e9sormais d\u00e9su\u00e8te, anachronique, qu'elle relevait d'un patriarcat in\u00e9galitaire et moralement castrateur. L'id\u00e9e d'un p\u00e8re, d'une m\u00e8re, d'un grand-p\u00e8re et d'une grand-m\u00e8re, apparaissait comme surann\u00e9e. Or, \u00e0 la suite de la fermeture des classes, le message du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, r\u00e9affirm\u00e9 par les ministres (y compris monsieur Castaner), c'est le grand retour \u00e0 la famille. C'est-\u00e0-dire que quand on est dans l'urgence affective et la d\u00e9tresse, qu'on veut prot\u00e9ger un peuple, ce n'est plus la commission de Bruxelles mais l'\u00c9tat qui prend les choses en main, et ce n'est plus la PMA ou la GPA qui est \u00e0 l'ordre du jour mais la famille traditionnelle.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb En d'autres termes, le premier \u00e9chelon d'entraide, de solidarit\u00e9 et d'assistance, aux dires m\u00eames de l'\u00c9tat, c'est la famille et la filiation fond\u00e9e sur le principe que les a\u00een\u00e9s aident \u00e0 sauver les enfants. Et que les plus jeunes d\u00e9ploient aupr\u00e8s des anciens leur sollicitude protectrice. C'est l'id\u00e9e de la g\u00e9n\u00e9ration et du Temps long qui triomphe. Tout \u00e0 coup, on d\u00e9couvre que la premi\u00e8re s\u00e9curit\u00e9 sociale dans cette soci\u00e9t\u00e9 qui a fabriqu\u00e9 une esp\u00e8ce hybride de \u003Ci\u003Esolidaires-solitaires\u003C\/i\u003E et fait na\u00eetre des fils d'\u00e9prouvette, c'est la famille au sens de l'ordre naturel. Comme pour la fronti\u00e8re, comme pour la souverainet\u00e9, comme pour le local, on a \u00e9vacu\u00e9 le r\u00e9el par la porte, il revient par la fen\u00eatre du confinement. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Macron a dit, sans que l'on sache vraiment \u00e0 quoi il pensait : \u00ab \u003Ci\u003EIl nous faudra demain tirer les le\u00e7ons du moment que nous traversons, interroger le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement dans lequel s'est engag\u00e9 notre monde depuis des d\u00e9cennies et qui d\u00e9voile ses failles au grand jour\u003C\/i\u003E \u00bb. Que voudrait donc dire selon vous \u00ab \u003Ci\u003Etirer les le\u00e7ons du moment que nous traversons\u003C\/i\u003E \u00bb ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Eh bien, cela veut dire : faire demi-tour. Remettre \u00e0 l'endroit tout ce qui est \u00e0 l'envers. Sortir des impasses o\u00f9 les \u00e9lites nous ont engag\u00e9s depuis Mai 68. La premi\u00e8re le\u00e7on est \u00e9conomique, c'est de revenir \u00e0 une \u00e9conomie productive de proximit\u00e9. D'engager le grand rapatriement de nos forces vives. Revenir \u00e0 l'\u00e9conomie r\u00e9elle. Ce qui veut dire : gager l'argent qui circule sur le r\u00e9el. Et le faire avant que l'euro ne s'effondre - le prochain virus. Recr\u00e9er une industrie nationale, recr\u00e9er une agriculture fran\u00e7aise qui ne violente pas la nature, d\u00e9connect\u00e9e de l'agro-chimie. Ou encore fabriquer chez nous nos m\u00e9dicaments et les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es de nos productions strat\u00e9giques. C'est \u00e0 dire r\u00e9tablir la libre protection de nos \u003Ci\u003Eint\u00e9r\u00eats vitaux\u003C\/i\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb La deuxi\u00e8me le\u00e7on est constitutionnelle, c'est de r\u00e9tablir nos fronti\u00e8res dont les bonnes \u00e2mes d\u00e9couvrent aujourd'hui qu'elles sont des filtres protecteurs et pacifiques.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb La troisi\u00e8me le\u00e7on est \u00e9cologique. Il faut r\u00e9tablir dans nos \u00e9changes et nos productions le primat du circuit court. Revenir au bidon de lait qu'on va chercher \u00e0 la ferme d'\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Produire fran\u00e7ais en France.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb La quatri\u00e8me le\u00e7on est juridique. On ne peut plus accepter la sup\u00e9riorit\u00e9 d'un simple r\u00e8glement de Bruxelles sur notre constitution elle-m\u00eame. On ne peut plus accepter non plus qu'au nom d'un soi-disant \u00c9tat de droit, le politiquement correct, tout au feu ardent de ses brandons de haine, cherche \u00e0 terroriser les expressions libres, impose la pens\u00e9e conforme et envoie toutes les semaines Zemmour chez le juge d'instruction.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Je pense qu'\u00e0 la suite du Brexit, hier, et du coronavirus, aujourd'hui, l'institution bruxelloise est morte. Elle est comme un canard sans t\u00eate qui continue \u00e0 courir. Sans t\u00eate, et sans cervelle. L'OMC, l'OTAN, tout cela, c'est fini. Le \u00ab Nouveau Monde \u00bb, c'est l'ancien temps. La grande question qui est \u00e0 l'ordre du jour, c'est de faire autre chose, c'est-\u00e0-dire un \u003Ci\u003Econcert des nations\u003C\/i\u003E. Dans un concert, on ne cherche pas tous emboucher la m\u00eame trompette, mais \u00e0 mettre en harmonie nos sonorit\u00e9s instrumentales, \u00e0 raison m\u00eame de leurs singularit\u00e9s. Il y a juste une dispute pour occuper la place du premier violon : acceptons-en l'augure. Il faut donc mettre \u00e0 l'ordre du jour le Frexit. Cesser d'\u00eatre toujours \u00e0 courir apr\u00e8s l'histoire qui se fait sans nous.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb On voit bien avec le coronavirus que le r\u00eave de Bruxelles s'est transform\u00e9 en cauchemar, il s'est d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9 parce qu'il \u00e9tait tram\u00e9 dans un tissu de mensonges. Le mondialisme et l'europ\u00e9isme nous ont rendu malades. \u00c0 la pand\u00e9mie sanitaire s'ajoute la pand\u00e9mie \u00e9conomique, je ne suis pas s\u00fbr que le tissu conjonctif de la France industrieuse s'en rel\u00e8ve un jour. On compare les morts, comme \u00e0 Eylau, apr\u00e8s coup. Prenons garde. Dans l'affaire du coronavirus, vous avez pu remarquer que la France et l'Europe ont suivi le virus, avec une sorte d'esth\u00e9tique du temps de retard. Nous sommes aujourd'hui dans un demi-confinement, en retard sur l'Italie et l'Espagne. On suit les autres pays. J'ai peur que ce soit pareil pour la question europ\u00e9enne. Bient\u00f4t, la France sera la seule \u00e0 y croire encore. L'Europe charnelle du groupe de Visegrad n'y croit plus. L'Italie s'en moque. L'Angleterre est partie. L'Otan se traine. Erdogan nous fait des pieds de nez et demande de rabouler le pognon pour nous prot\u00e9ger. Merkel est en assistance respiratoire. Et voil\u00e0 qu'Emmanuel Macron nous parle, en plein coronavirus, de la n\u00e9cessit\u00e9 d'une \u00ab souverainet\u00e9 europ\u00e9enne \u00bb... Il y a plus de chances de voir arriver les masques dans les h\u00f4pitaux que de voir \u00e9merger la \u00ab souverainet\u00e9 europ\u00e9enne \u00bb. Une souverainet\u00e9 sans peuple, c'est comme l'amour \u00e0 distance, de la branlette. Il ne faut plus prendre ce concept comme une simple erreur. Avec le coronavirus, c'est d\u00e9sormais une plaisanterie. C'est de l'humour anglais. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Agn\u00e8s Buzyn a dit dans \u003Ci\u003ELe Monde\u003C\/i\u003E : \u00ab \u003Ci\u003EQuand j'ai quitt\u00e9 le minist\u00e8re, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami \u00e9tait devant nous. Je suis partie en sachant que les \u00e9lections n'auraient pas lieu\u003C\/i\u003E \u00bb. C'\u00e9tait il y a un mois... \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Voil\u00e0 une ministre de la Sant\u00e9 qui quitte son minist\u00e8re en plein drame pour convoiter un fauteuil de maire de Paris. Ah ! le \u00ab \u003Ci\u003ENouveau Monde\u003C\/i\u003E \u00bb ! C'est mis\u00e9rable. Je pense qu'il faudra constater le jour venu, de mani\u00e8re r\u00e9trospective, la faillite du soi-disant \u00ab Conseil scientifique \u00bb. Son pr\u00e9sident vient de d\u00e9clarer qu'il avait minimis\u00e9 le fl\u00e9au \u00e0 venir, qu'il n'y croyait pas encore fin janvier. On a donc perdu deux mois. Incroyable ! Le statistiquement correct et le scientifiquement correct sont \u00e0 la biologie et \u00e0 la sant\u00e9 ou l'immigration ce que le politiquement correct est \u00e0 la pens\u00e9e : un mensonge officiel. Soit les autorit\u00e9s sanitaires ne savaient pas que le coronavirus allait d\u00e9barquer chez nous, mais moi je le savais par mes amis russes, chinois et am\u00e9ricains, or je ne suis pas dans l'appareil d'\u00c9tat. Ces amis, virologues, nous pr\u00e9venaient : \u00ab \u003Ci\u003EVous \u00eates fous. De ne rien faire. De ne pas fermer vos a\u00e9roports.\u003C\/i\u003E \u00bbTout le monde le savait. Les autorit\u00e9s sanitaires le savaient. Soit, deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se, les gens qui nous gouvernent le savaient mais n'ont rien voulu dire et rien voulu faire, mais alors la question est encore plus grave. Pourquoi cette inertie ? Si on avait pris \u00e0 temps l'\u00e9pid\u00e9mie, par exemple en r\u00e9tablissant nos fronti\u00e8res imm\u00e9diatement, on aurait cern\u00e9, affront\u00e9 la pand\u00e9mie et pr\u00e9serv\u00e9 beaucoup de vies humaines. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Le gouvernement a choisi de maintenir les \u00e9lections municipales. Que vous inspire cette d\u00e9cision ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab Cette affaire des \u00e9lections municipales condamne la classe politique tout enti\u00e8re puisqu'\u00e0 ma connaissance, il y a eu des r\u00e9unions entre le gouvernement et l'opposition, qui se sont accord\u00e9s pour r\u00e9clamer, \u003Ci\u003Equoi qu'il en co\u00fbt\u00e2t,\u003C\/i\u003Ela tenue des \u00e9lections municipales. Encore jeudi dernier, je me souviens avoir entendu un s\u00e9nateur vend\u00e9en p\u00e9rorer dans les fi\u00e8vres des petites ambitions d'histricule, en demandant au Premier ministre que \u00ab la d\u00e9mocratie ne soit pas mise en quarantaine \u00bb. C'est \u00e0 chacun de faire son examen de conscience. La classe politique - on nous parle d'un consensus - a voulu maintenir les \u00e9lections parce qu'elle est d\u00e9connect\u00e9e du r\u00e9el et qu'elle ne se soumet qu'\u00e0 ses int\u00e9r\u00eats et ses pr\u00e9occupations. Ce qui est grave dans toute cette affaire, c'est que les autorit\u00e9s sanitaires et politiques ont envoy\u00e9 trois messages parfaitement incoh\u00e9rents, provoquant ainsi la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des conduites individuelles.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Le premier \u00e9tait le suivant : ce n'est pas si grave puisque l'on maintient les \u00e9lections municipales, elles ne sont donc pas un foyer de contagion. Mais alors, marcher dans les parcs non plus. Si on les maintient, c'est que la contamination n'est pas si dangereuse que cela ! Comment a-t-on pu en 24 heures, fermer les restaurants et ouvrir les salles de vote o\u00f9 la promiscuit\u00e9 civique est un risque sup\u00e9rieur \u00e0 n'importe quelle promenade ? Le maintien du premier tour et l'annulation du deuxi\u00e8me signent devant le peuple - qui l'a bien compris - la carence, l'impr\u00e9paration, le tropisme mortif\u00e8re de notre classe politique qui pr\u00e9f\u00e8re la pr\u00e9servation du syst\u00e8me politique \u00e0 la protection du syst\u00e8me de sant\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Le deuxi\u00e8me message est tout aussi incoh\u00e9rent. Pendant des semaines, on nous a rassur\u00e9s : c'est une gripounette, d'ailleurs 98 % des gens qui l'attrapent en sortent indemnes. Mais alors, pourquoi tout ce foin ? Pourquoi tous ces confinements ? Du coup, beaucoup de gens se sont dit : s'ils maintiennent les \u00e9lections municipales malgr\u00e9 le virus, et s'ils consid\u00e8rent qu'il y aura tr\u00e8s peu de victimes, ils font du bruit pour rien, c'est pour nous cacher autre chose, c'est une diversion. Voil\u00e0 ce que j'ai entendu pendant des semaines. Et tout \u00e0 coup, le Premier ministre et le ministre de l'Int\u00e9rieur morig\u00e8nent les Fran\u00e7ais et leur reprochent d'avoir pris leurs aises la veille du scrutin en allant fl\u00e2ner sur les quais ou cueillir des jonquilles au rebord des foss\u00e9s...\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb Enfin, le dernier message, c'est de mettre la France en confinement et de garder le m\u00e9tro en circulation. Selon les virologues, qui le disent \u00e0 voix basse, le m\u00e9tro est un vecteur viral dix fois sup\u00e9rieur en termes de contamination \u00e0 tous les autres foyers de fermentation. C'est, selon les virologues, le \u00ab premier bouillon de culture \u00bb. Une fois de plus, on demande \u00e0 certains Fran\u00e7ais, notamment ceux de la province, d'accueillir les Parisiens et de payer le prix fort avec le confinement, mais le m\u00e9tro, vache sacr\u00e9e du nouveau monde, continue \u00e0 rouler. C'est un scandale sanitaire avant d'\u00eatre un scandale moral. On nous dit : \u00ab C'est pour les infirmi\u00e8res \u00bb. R\u00e9ponse : il faut r\u00e9quisitionner les taxis pour les infirmi\u00e8res, ne serait-ce que pour confiner leur transport et pr\u00e9server leur sant\u00e9. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EValeurs Actuelles\u003C\/b\u003E :\u00ab Depuis le week-end dernier, les catholiques ne peuvent plus assister \u00e0 la messe. Qu'avez-vous pens\u00e9 de la d\u00e9cision de fermer les portes des \u00e9glises ? \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPhilippe de Villiers\u003C\/b\u003E : \u00ab C'est une rupture all\u00e9gorique de civilisation et aussi un renversement symbolique de tous les paradigmes de la chr\u00e9tient\u00e9 mill\u00e9naire. Jadis, quand il y avait un grand malheur dans la cit\u00e9, jusqu'\u00e0 Paul Reynaud en 1940 qui alla \u00e0 pied r\u00e9clamer un miracle \u00e0 Notre-Dame, on se pr\u00e9cipitait dans les \u00e9glises. Les cur\u00e9s se promenaient avec le Saint Sacrement, aspergeaient les rues et les malades, les appels \u00e0 la pri\u00e8re \u00e9taient partout. Saint Louis, \u00e0 Royaumont, apportait lui-m\u00eame \u00e0 manger au fr\u00e8re Liger, qui \u00e9tait un l\u00e9preux d\u00e9charn\u00e9 et sur le visage duquel voyageaient toutes les r\u00e9pugnances de la nature. C'\u00e9tait peut-\u00eatre excessif mais c'\u00e9tait beau. C'\u00e9tait ent\u00e9 sur l'id\u00e9e que la vie est un myst\u00e8re qui nous est confi\u00e9 en d\u00e9p\u00f4t. La religion \u00e9tait centrale. Elle est p\u00e9riph\u00e9rique. Aujourd'hui, les communiqu\u00e9s \u00e9piscopaux ont rev\u00eatu \u00e0 leur tour la phras\u00e9ologie du commun : \u00ab \u003Ci\u003ELa Sant\u00e9 est le premier de nos biens communs\u003C\/i\u003E \u00bb. Il y a m\u00eame des \u00e9v\u00eaques qui viennent d'interdire aux personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 70 ans de participer aux enterrements. On enterre \u00e0 la pelle, plus au goupillon. Et Lourdes ferme ses portes. Il n'y a plus de miracle. On ferme la grotte, on \u00e9teint les cierges. On confine Bernadette. Renversement de perspective qui ne sera pas sans cons\u00e9quence. Foin de la pi\u00e9t\u00e9 populaire et des cierges de supplication. Quand on entend les appels \u00e0 de nouvelles vocations, je me dis par-devers moi : une \u00c9glise qui ferme ses \u00e9glises ne peut susciter qu'une sorte de vocation : la vocation de serrurier. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/paroles-de-villiers\"\u003Ededefensa.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}