{"171016":{"id":"171016","parent":"0","time":"1585181217","url":"http:\/\/cadtm.org\/Reflexions-suite-a-la-lecture-du-livre-d-Eric-Toussaint-Capitulation-entre","category":"Alternatives","title":"R\u00e9flexions suite \u00e0 la lecture du livre d'\u00c9ric Toussaint Capitulation entre Adultes Gr\u00e8ce 2015 : une alternative \u00e9tait possible","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_171016_ceacf0.png","hub":"newsnet","url-explicit":"reflexions-suite-a-la-lecture-du-livre-d-eric-toussaint-capitulation-entre-adultes-grece-2015-une-alternative-etait-possible","admin":"newsnet","views":"62","priority":"3","length":"21299","lang":"","content":"\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_171016_ceacf0.png\" \/\u003E\u003Cp\u003EGus Massiah, membre du Conseil scientifique de Attac-France et du Conseil international du Forum social mondial, auteur de nombreux ouvrages, nous partage ici ses r\u00e9flexions autour du nouveau livre d'Eric Toussaint, Capitulation entre adultes, Gr\u00e8ce 2015 : une alternative \u00e9tait possible qui vient de para\u00eetre en fran\u00e7ais aux \u00e9ditions Syllepse \u00e0 Paris et en grec aux \u00e9ditions Red Marks \u00e0 Ath\u00e8nes. Sa publication est \u00e9galement pr\u00e9vue en espagnol au mois d'avril chez Viejo Topo. Eric Toussaint, \u00e0 travers cet ouvrage essentiel, nous offre une lecture alternative de la crise de la dette grecque de celle racont\u00e9e par Yanis Varoufakis dans Conversations entre adultes. Il montre \u00e0 travers diff\u00e9rents arguments et un long travail d'analyse que le premier gouvernement Syriza avait ignor\u00e9 les demandes du peuple grec, maintes fois exprim\u00e9es, et avait adopt\u00e9 une position sur la dette qui \u00e9tait vou\u00e9e \u00e0 l'\u00e9chec. Une alternative \u00e9tait possible ! Gus Massiah met en \u00e9vidence dans ses r\u00e9flexions une s\u00e9rie de points essentiels qui, nous l'esp\u00e9rons, susciteront votre curiosit\u00e9 et vous am\u00e8neront \u00e0 d\u00e9couvrir cet ouvrage.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJ'ai lu avec beaucoup d'attention, d'int\u00e9r\u00eat et de plaisir le manuscrit. Le titre qui me para\u00eet le mieux correspondre au manuscrit est : Gr\u00e8ce 2015 : une alternative \u00e9tait possible.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe distinguerai trois parties dans mes r\u00e9actions : l'introduction, les neuf chapitres suivants, le chapitre 10 qui \u00e9largit et sert de conclusion.\u003Cbr \/\u003E\nJe n'ai pas de divergences, quelquefois des questionnements. Je r\u00e9agis en s\u00e9quence sur le manuscrit en mettant en \u00e9vidence la mani\u00e8re de valoriser le livre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'introduction met bien en \u00e9vidence l'apport essentiel de ce livre et caract\u00e9rise son actualit\u00e9 et son exemplarit\u00e9. Elle rappelle ce que beaucoup n'ont pas not\u00e9 : que la victoire \u00e9lectorale d'un parti de la gauche radicale \u00e9tait une premi\u00e8re en Europe dans la p\u00e9riode r\u00e9cente et que, en moins de six mois, ce gouvernement c\u00e9dait aux exigences des cr\u00e9anciers. \u00c9ric Toussaint identifie bien les questions pos\u00e9es : Comment comprendre les \u00e9checs ? Quelles \u00e9taient les alternatives pour gagner ? Quel programme la gauche radicale peut d\u00e9fendre de mani\u00e8re cr\u00e9dible ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003EL'auteur rappelle que le gouvernement n'est pas le pouvoir et qu'on ne peut sous-estimer le r\u00f4le dans la situation du bloc \u00e9conomique et de la classe capitaliste.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'introduction interroge d\u00e9j\u00e0 sur ce que peut faire un gouvernement de gauche quand il gagne des \u00e9lections. L'auteur rappelle que le gouvernement n'est pas le pouvoir et qu'on ne peut sous-estimer le r\u00f4le dans la situation du bloc \u00e9conomique et de la classe capitaliste.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe voudrais revenir sur une des propositions de l'auteur, qui m\u00e9riterait d'\u00eatre nuanc\u00e9e, quand il indique : \u00ab La r\u00e9p\u00e9tition par le peuple de l'ascension progressive vers le pouvoir qu'ont r\u00e9alis\u00e9 les bourgeois dans le cadre de la soci\u00e9t\u00e9 f\u00e9odale ou de la petite production marchande est impossible. \u00bb Ce qui renforce l'importance de l'\u00e9tape du passage par un gouvernement. Je suis d'accord avec l'affirmation de la non r\u00e9p\u00e9tition. Mais je pense que la caract\u00e9risation, forc\u00e9ment br\u00e8ve, peut donner mati\u00e8re \u00e0 des interpr\u00e9tations contestables. La bourgeoisie a r\u00e9ussi une transition ma\u00eetris\u00e9e du f\u00e9odalisme au capitalisme relativement rapide mais qui a quand m\u00eame pris quelques si\u00e8cles. Et elle a pass\u00e9 des alliances de classes diff\u00e9renci\u00e9es avec des couches populaires ; plus avec la paysannerie en France, et plus avec les artisans en Grande Bretagne. Si je reviens l\u00e0-dessus c'est pour indiquer que la question de la transition dans la sortie du capitalisme reste \u00e0 inventer et implique des \u00e9tapes et des alliances qui ne sont pas d\u00e9termin\u00e9es. Sans n\u00e9gliger que la sortie du capitalisme ne conduit pas automatiquement au socialisme. Ce n'est pas le gouvernement qui peut les d\u00e9terminer tout seul, ce qui renforce l'affirmation sur l'importance du rapport entre le gouvernement et les mouvements.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003ELa question de la transition dans la sortie du capitalisme reste \u00e0 inventer et implique des \u00e9tapes et des alliances qui ne sont pas d\u00e9termin\u00e9es.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans l'introduction, on retrouve l'importance du rapport de forces par rapport \u00e0 l'Union europ\u00e9enne qui est red\u00e9velopp\u00e9e dans la conclusion. Il est fait mention de la situation sp\u00e9cifique de la Gr\u00e8ce par rapport \u00e0 l'Europe et des rapports de forces internes \u00e0 l'Europe. La partie sur la situation \u00e9lectorale actuelle de Syriza est tr\u00e8s int\u00e9ressante. Elle montre peut-\u00eatre l'ambigu\u00eft\u00e9 de l'opinion populaire par rapport \u00e0 l'Europe et son \u00e9volution. Il serait peut-\u00eatre important de le pr\u00e9ciser d\u00e8s ce moment et de ne pas attendre la conclusion pour en montrer l'importance.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne pr\u00e9cision de l'introduction qui me para\u00eet tr\u00e8s importante c'est l'affirmation que l'enjeu n'est pas de tout ramener aux responsabilit\u00e9s de Tsipras et de Varouflakis. Ainsi, m\u00eame si la critique est vive, la raison de l'\u00e9chec ne se r\u00e9sume pas \u00e0 l'id\u00e9e d'une simple trahison ou d'un complot mais met en avant la n\u00e9cessit\u00e9 de comprendre les orientations et l'encha\u00eenement des d\u00e9terminations et des d\u00e9cisions dans les politiques suivies ainsi que la nature des liens et des rapports politiques aux mouvements sociaux et citoyens. En fait, assez justement, l'auteur ne parle de trahison que par rapport au r\u00e9f\u00e9rendum, il met en cause des renoncements et des capitulations dont il faut comprendre les ressorts.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes neuf chapitres suivants entrent dans l'histoire d\u00e9taill\u00e9e de ce qui s'est pass\u00e9 et de ce qui aurait pu \u00eatre fait. Chacun des chapitres fait progresser la compr\u00e9hension et le dernier chapitre reprend l'ensemble autour d'une question fondamentale et d'une affirmation : Oui, on pouvait faire autrement.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003ECe d\u00e9cryptage corrige la pr\u00e9sentation des faits et donne une interpr\u00e9tation pr\u00e9cise et coh\u00e9rente, avec, comme l'auteur le dit, l'exercice p\u00e9rilleux de se mouiller sur ce qui aurait pu \u00eatre fait.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe n'ai pas beaucoup d'interrogations sur les neuf chapitres. J'ai surtout beaucoup appris de choses dans la longue narration et dans le d\u00e9cryptage qui remet les choses dans l'ordre. Ce d\u00e9cryptage corrige la pr\u00e9sentation des faits et donne une interpr\u00e9tation pr\u00e9cise et coh\u00e9rente, avec, comme l'auteur le dit, l'exercice p\u00e9rilleux de se mouiller sur ce qui aurait pu \u00eatre fait.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe choix d'organiser la d\u00e9monstration en contrepoint du r\u00e9cit de Varoufakis est tr\u00e8s astucieux. Il rend vivant la pr\u00e9sentation. Comme sa d\u00e9monstration est auto-justificative, celle d'\u00c9ric Toussaint aurait pu \u00eatre uniquement accusatrice. Ce qui n'est pas le cas, il arrive \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa position de mani\u00e8re plut\u00f4t \u00e9quilibr\u00e9e m\u00eame si les contradictions du personnage sont un peu gomm\u00e9es par rapport \u00e0 ses certitudes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003ELes propositions de Varoufakis menaient \u00e0 l'\u00e9chec.\u003C\/i\u003E L'analyse des six mesures prioritaires est tr\u00e8s \u00e9clairante. Il s'agit d'un plan d'urgence autour de la restructuration de la dette publique, de la recherche d'un exc\u00e9dent primaire en contradiction avec le rejet de l'aust\u00e9rit\u00e9, de l'imp\u00f4t sur les grandes soci\u00e9t\u00e9s, des privatisations, d'une banque de d\u00e9veloppement, de la gestion des banques priv\u00e9es transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 l'UE.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDu point de vue de la r\u00e9flexion sur un projet de gouvernement, on peut admettre qu'il ne faut pas n\u00e9gliger la d\u00e9fensive en situation. Certaines des mesures, au-del\u00e0 des gages donn\u00e9s aux cr\u00e9diteurs, s'inscrivent dans la logique n\u00e9olib\u00e9rale pr\u00e9sent\u00e9e comme une \u00e9vidence. Sans aller jusqu'\u00e0 un rappel des ruptures n\u00e9cessaires il n'y a pas d'ouverture vers des alternatives et donc pas de strat\u00e9gie articulant les mesures d'urgence et la pr\u00e9paration de la transformation. \u00c9ric Toussaint explique plus loin le rejet du programme de Thessalonique de 2014 qui p\u00e8se sur les mobilisations et les rapports entre le gouvernement et les mouvements (concernant le programme de Thessalonique, voir \u003Ca href=\"http:\/\/www.cadtm.org\/Ce-que-Tsipras-s-etait-engage-a-realiser-et-ce-que-son-gouvernement-a-mis-en\"\u003Ecadtm.org\u003C\/a\u003E).\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003ELa critique qu'adresse \u00c9ric Toussaint \u00e0 la proposition de Varoufakis de restructuration de la dette part de l'hypoth\u00e8se que tout le monde a bien compris l'importance du refus de la dette ill\u00e9gitime, ce qui malheureusement n'est pas le cas.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003ELe r\u00e9cit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses relations avec la classe politique\u003C\/i\u003E. Ce chapitre est tr\u00e8s int\u00e9ressant m\u00eame si les \u00e9l\u00e9ments qu'il donne sur les raisons de cette \u00e9volution sont pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 partir d'une critique, par ailleurs assez \u00e9quilibr\u00e9e, des positions de Varoufakis. La critique faite sur le discours de la corruption des classes dirigeantes grecques est juste, non que cette responsabilit\u00e9 n'existe pas et qu'elle n'ait pas jou\u00e9 un r\u00f4le dans la crise mais parce qu'il permet de r\u00e9duire les responsabilit\u00e9s des cr\u00e9anciers et de l'Europe qui les prot\u00e8ge en derni\u00e8re instance.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa discussion sur le contr\u00f4le des banques priv\u00e9es pose une autre question, celle de l'appr\u00e9ciation du risque dans une politique radicale de rupture.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EComment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourn\u00e9 le dos au programme de Syriza\u003C\/i\u003E. On arrive au nœud de la situation. Ce qui diff\u00e9rencie un programme r\u00e9volutionnaire d'un simple programme de gauche c'est l'engagement du peuple qui d\u00e9passe la mobilisation des mouvements et l'affrontement \u00e9lectoral. \u00c9ric Toussaint le souligne \u00e0 plusieurs reprises. Il faudrait essayer de comprendre comment Tsipras construit un rapport de transfert avec une partie du peuple qui lui permet de surmonter la d\u00e9ception du r\u00e9f\u00e9rendum, de rester au pouvoir et de ne pas sombrer aujourd'hui. Il a r\u00e9ussi \u00e0 surfer sur une volont\u00e9 d'\u00e9viter le pire qui ne se nourrit pas d'illusions.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa question qui nous est pos\u00e9e est comment des mots d'ordre, et notamment l'annulation de la dette ill\u00e9gitime, peuvent devenir mobilisateurs pour des ruptures possibles dans des p\u00e9riodes d'affrontement.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003ELes conseillers de Varoufakis.\u003C\/i\u003E Ce chapitre montre l'importance de la technostructure et son ralliement au n\u00e9olib\u00e9ralisme. Il pose la question de l'expertise citoyenne et de l'importance de cette bataille strat\u00e9gique. Elle ne se r\u00e9sume pas \u00e0 la technostructure, elle s'est beaucoup impos\u00e9e avec la double offensive de l'alliance du march\u00e9 et du num\u00e9rique, d'une part, et de la remise en cause du socialisme apr\u00e8s 1989. D'o\u00f9 l'importance des initiatives telles que celle du CADTM ou de l'Aitec.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EUne strat\u00e9gie de n\u00e9gociation vou\u00e9e \u00e0 l'\u00e9chec.\u003C\/i\u003E Ce n'est pas le gouvernement grec qui ouvre les hostilit\u00e9s. La Tro\u00efka se lance dans une agression brutale. Elle le fait pour l'exemple. Trois questions illustrent la situation dans la p\u00e9riode : l'annulation de la dette se retrouve au centre de l'affrontement, il faut donc s'y pr\u00e9parer au pr\u00e9alable ; le d\u00e9bat sur l'Europe est au centre de la d\u00e9finition d'une strat\u00e9gie, la position ne se r\u00e9sume pas au choix de sortir ou non de l'Europe ; la crise grecque d\u00e9montre la d\u00e9rive des gouvernements socio-d\u00e9mocrates et l'effondrement de la social-d\u00e9mocratie en tant qu'alternative r\u00e9formiste.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EVers l'accord funeste avec l'Eurogroupe du 20 f\u00e9vrier 2015\u003C\/i\u003E. Le bras de fer est clairement engag\u00e9. Il n'y a pas d'espace de n\u00e9gociation. \u00c9ric Toussaint \u00e9num\u00e8re clairement les conditions de la capitulation : les r\u00e9formes structurelles n\u00e9olib\u00e9rales ; le contr\u00f4le par le FMI ; une soutenabilit\u00e9 de la dette d\u00e9finie par les pays dominants ; la primaut\u00e9 absolue aux cr\u00e9anciers. La victoire de la Tro\u00efka est totale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003E\u00c9ric Toussaint \u00e9num\u00e8re clairement les conditions de la capitulation : les r\u00e9formes structurelles n\u00e9olib\u00e9rales ; le contr\u00f4le par le FMI ; une soutenabilit\u00e9 de la dette d\u00e9finie par les pays dominants ; la primaut\u00e9 absolue aux cr\u00e9anciers. La victoire de la Tro\u00efka est totale.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EFin f\u00e9vrier 2015 : la premi\u00e8re capitulation\u003C\/i\u003E. C'est dans ce chapitre que vous \u00e9noncez le plus clairement la politique alternative qui revient \u00e0 appliquer le programme de Thessalonique. A l'appui de cette proposition, il faut rappeler que c'\u00e9tait le mandat demand\u00e9 et obtenu pour la victoire de Syrisa, il \u00e9tait donc l\u00e9gitime. La question qui est pos\u00e9e est celle du risque existant compte tenu du rapport de forces. Comme le dit \u00c9ric Toussaint, il fallait \u00ab se pr\u00e9parer aux nouvelles repr\u00e9sailles des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes et donc \u00e0 une possible sortie de la zone euro \u00bb. L\u00e0-dessus, il pr\u00e9cise \u00ab Syriza n'avait certes pas demand\u00e9 \u00e0 ses \u00e9lecteurs de lui donner un mandat pour sortir de la zone euro,... \u00bb et un peu plus loin, il ajoute \u00ab de mon c\u00f4t\u00e9, mon analyse de la Gr\u00e8ce et de la zone euro avait \u00e9volu\u00e9. Je suis devenu convaincu \u00e0 partir de l'\u00e9t\u00e9 2013 que la sortie de la zone euro \u00e9tait une option s\u00e9rieuse \u00e0 envisager pour les pays de la p\u00e9riph\u00e9rie europ\u00e9enne, notamment la Gr\u00e8ce. \u00bb Cette question n'\u00e9tait donc pas acquise dans le d\u00e9bat public, elle a d\u00fb peser dans l'\u00e9valuation des risques. Pour l'avenir, elle fait partie des questions qu'il faut poser publiquement dans le d\u00e9bat d\u00e9mocratique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EDiplomatie secr\u00e8te et espoirs d\u00e9\u00e7us.\u003C\/i\u003E Dans ce chapitre il est int\u00e9ressant de pr\u00e9ciser qu'il ne s'agit pas de dire qu'une diplomatie ne doit pas comporter de secrets mais que la diplomatie secr\u00e8te ne peut pas remplacer les mobilisations et les mouvements populaires. C'est donc le manque de strat\u00e9gie appuy\u00e9e sur les mobilisations qui appara\u00eet et qui laisse l'ex\u00e9cutif sans moyens face aux coups de boutoirs de l'ennemi.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003EDans les facteurs qui ont conduit au d\u00e9sastre, je retiendrai surtout : le refus de la confrontation avec les institutions europ\u00e9ennes et avec la classe dominante grecque, et le refus d'appeler \u00e0 la mobilisation nationale et internationale.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EVers le d\u00e9nouement.\u003C\/i\u003E Dans les facteurs qui ont conduit au d\u00e9sastre, je retiendrai surtout : le refus de la confrontation avec les institutions europ\u00e9ennes et avec la classe dominante grecque, et le refus d'appeler \u00e0 la mobilisation nationale et internationale. Admettons que pour accepter une confrontation grosse de dangers importants, il faut tenir compte des rapports de forces et des risques et qu'il ne suffit pas d'engager une confrontation pour d\u00e9finir une ligne alternative. Mais, refuser de prendre le risque sans l'expliquer et sans appel \u00e0 la mobilisation populaire c'est capituler sans pr\u00e9parer une nouvelle situation qui permettrait d'avancer vers une alternative.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe dixi\u00e8me chapitre sert de conclusion : \u003Ci\u003EOui, il y avait une alternative pour r\u00e9ussir.\u003C\/i\u003E\u003Cbr \/\u003E\nCe chapitre reprend et pr\u00e9sente les conclusions des chapitres pr\u00e9c\u00e9dents en diff\u00e9renciant : la caract\u00e9risation de la politique de la Tro\u00efka ; ce que le gouvernement grec a fait et ce qu'il aurait pu faire ; les le\u00e7ons pour les luttes en Europe et ailleurs.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa caract\u00e9risation de la politique de la Tro\u00efka est claire ; elle a \u00e9t\u00e9 d'une extr\u00eame brutalit\u00e9 se consid\u00e9rant en terrain conquis. La Tro\u00efka a fait capituler le gouvernement grec. Mais, m\u00eame si la Tro\u00efka a gagn\u00e9, elle n'en est pas sortie intacte. Elle a d\u00e9voil\u00e9 la nature de l'Europe et jusqu'o\u00f9 elle \u00e9tait capable d'aller pour imposer sa ligne et sa doctrine. Elle a encore affaibli l'acceptation de l'Union europ\u00e9enne par les peuples. En refusant toute possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 la crise grecque, elle a rendu plus grave et plus visible la crise europ\u00e9enne.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa r\u00e9ponse \u00e0 ce que le gouvernement grec aurait pu faire renvoie \u00e0 la discussion sur les conditions de l'affrontement. Aucune strat\u00e9gie ne peut \u00e9liminer la confrontation et les risques de l'affrontement. Ne pas \u00eatre pr\u00eat \u00e0 l'affrontement, c'est donner la main \u00e0 l'adversaire. Mais il ne suffit pas d'accepter l'affrontement, il faut le pr\u00e9parer et le mener ; des tactiques sont n\u00e9cessaires. Des \u00e9tapes sont possibles et m\u00eames n\u00e9cessaires en fonction des situations et des rapports de forces. La question difficile est d'appr\u00e9cier et d'assumer les risques au niveau d'un peuple. Comment expliquer les r\u00e9ponses de la direction de Syriza ? Quelle est la part du recul devant les risques par rapport \u00e0 leur adh\u00e9sion \u00e0 une option d'accord qui conduisait \u00e0 la subordination ? \u00c9ric Toussaint privil\u00e9gie une explication sociologique ; elle est probable, mais elle n'est peut-\u00eatre pas suffisante pour rendre compte des contradictions dans une p\u00e9riode d'affrontement.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003EPar rapport \u00e0 l'affrontement avec le bloc capitaliste, ce qui fait la diff\u00e9rence c'est la mobilisation et la confiance populaire et la capacit\u00e9 de passer des alliances. \u00c9ric Toussaint insiste sur l'importance de la d\u00e9mocratie et de l'auto-organisation et il a tout \u00e0 fait raison.\u003C\/q\u003E S'en remettre \u00e0 des dirigeants est toujours risqu\u00e9, surtout si ceux-ci privil\u00e9gient la diplomatie secr\u00e8te. La r\u00e9f\u00e9rence au programme de Thessalonique est bonne mais il ne suffit pas de dire : il suffit de l'appliquer ; elle laisse ouverte la question de comment l'appliquer en situation de crise. L'explication qu'\u00c9ric Toussaint donne dans le chapitre 3 (Comment Tsipras et Varoufakis tournent le dos au programme de Syriza) me para\u00eet convaincante. Mais Tsipras avait conserv\u00e9 des capacit\u00e9s de manœuvre si on tient compte du faible impact \u00e9lectoral de la Plateforme de gauche.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans une situation r\u00e9volutionnaire, la mobilisation populaire trouve d'autres formes d'intervention qui permettent de d\u00e9passer les limites des victoires \u00e9lectorales. Dans cette partie sur ce qui aurait pu \u00eatre fait, se pose la question de ce que le mouvement populaire aurait pu faire pour pousser les dirigeants de Syriza \u00e0 \u00eatre fid\u00e8les \u00e0 leurs engagements. Le r\u00e9f\u00e9rendum a permis de le canaliser, mais apr\u00e8s la victoire du non, qu'est-ce qui aurait \u00e9t\u00e9 possible, qu'est-ce que les mouvements grecs auraient pu faire ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes le\u00e7ons pour les luttes en Europe et ailleurs, au-del\u00e0 des sp\u00e9cificit\u00e9s de la situation grecque, n\u00e9cessitent un changement d'\u00e9chelle. La d\u00e9finition d'une alternative est n\u00e9cessaire. Elle est urgente mais elle sera longue ce qui implique d'y travailler activement. La sortie et le d\u00e9passement du capitalisme doivent \u00eatre rappel\u00e9s et poursuivis \u00e0 travers les luttes et les mobilisations, le travail d'\u00e9laboration intellectuel, les initiatives alternatives imm\u00e9diates. La d\u00e9finition d'un nouveau projet socialiste s'inscrit dans la transition sociale, \u00e9cologique, d\u00e9mocratique et g\u00e9opolitique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cq\u003ELa sortie et le d\u00e9passement du capitalisme doivent \u00eatre rappel\u00e9s et poursuivis \u00e0 travers les luttes et les mobilisations, le travail d'\u00e9laboration intellectuel, les initiatives alternatives imm\u00e9diates.\u003C\/q\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe retiens \u00e0 partir de l'analyse d'\u00c9ric Toussaint \u003Cb\u003Esix propositions\u003C\/b\u003E pour contribuer aux mobilisations et aux luttes et pr\u00e9parer la d\u00e9finition des programmes de gouvernements pour des p\u00e9riodes de victoires \u00e9lectorales populaires (sans aller jusqu'\u00e0 \u00ab la critique du programme du Gotha \u00bb ou \u00ab le programme de transition \u00bb pour oser un petit clin d'œil entre nous).\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Col\u003E\u003Cli\u003EPr\u00e9parer l'affrontement sur l'annulation de la dette publique\u003Cbr \/\u003E\nC'est un point central de toute confrontation dans les situations de crise. Il faut s'y pr\u00e9parer par des campagnes internationales. L'annulation des dettes ill\u00e9gitimes et odieuses a progress\u00e9 mais est loin d'\u00eatre accept\u00e9. C'est un des reproches \u00e0 Varoufakis, mais je pense que ce n'\u00e9tait pas une \u00e9vidence pour lui et que pour beaucoup d'autres ce n'est pas un descripteur d'une position de gauche. Les commissions d'audit ont fait progresser mais pas encore assez. Le travail du CADTM est exemplaire, il faudrait l'amplifier \u00e0 travers une coalition internationale.\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003EPr\u00e9parer l'affrontement sur les banques\u003Cbr \/\u003E\nLe contr\u00f4le des banques n\u00e9cessite une double action. Un d\u00e9bat public sur la n\u00e9cessit\u00e9 de contr\u00f4ler les banques et de la nature de ces contr\u00f4les. Une pr\u00e9paration technique et professionnelle sur les diff\u00e9rents outils de contr\u00f4le du syst\u00e8me bancaire pour limiter les campagnes de d\u00e9nigrement et l'organisation des paniques.\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003EPr\u00e9parer l'abandon des plans d'aust\u00e9rit\u00e9\u003Cbr \/\u003E\nDiscuter du programme \u00e9conomique, des mesures fiscales et du contr\u00f4le de l'inflation\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003EApprofondir le d\u00e9bat sur l'Europe (pour les pays europ\u00e9ens)\u003Cbr \/\u003E\nCe d\u00e9bat tr\u00e8s conflictuel doit \u00eatre men\u00e9 le plus t\u00f4t possible. \u00c9ric Toussaint l'aborde \u00e0 plusieurs reprises. Ce n'est pas toujours tr\u00e8s clair, m\u00eame si ce n'est pas contradictoire. Il rappelle que Syriza n'avait pas pr\u00e9vu de quitter l'Europe et que le d\u00e9bat ne portait pas sur l'Europe. Ailleurs, \u00c9ric Toussaint dit qu'il a chang\u00e9 de position sur l'Europe. Ailleurs encore il d\u00e9veloppe la th\u00e8se de la d\u00e9sob\u00e9issance (avec laquelle je suis d'accord)\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003EAffirmer l'autonomie des mouvements\u003Cbr \/\u003E\nLe rapport de forces d\u00e9pend de la mobilisation populaire et de l'action des mouvements sociaux et citoyens. Un succ\u00e8s \u00e9lectoral est surtout consolid\u00e9 par le surgissement populaire. L'autonomie des mouvements par rapport au gouvernement et aux partis politiques est une des conditions de la r\u00e9ussite.\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003EAffirmer l'actualit\u00e9 du d\u00e9passement du n\u00e9olib\u00e9ralisme et du capitalisme\u003Cbr \/\u003E\nLa bataille de l'h\u00e9g\u00e9monie culturelle est centrale. La r\u00e9sistance contre les id\u00e9ologies racistes, s\u00e9curitaires et x\u00e9nophobes est prioritaire. Elle implique la construction d'un projet de d\u00e9passement du capitalisme et de r\u00e9invention du socialisme.\u003C\/li\u003E\u003C\/ol\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/cadtm.org\/Reflexions-suite-a-la-lecture-du-livre-d-Eric-Toussaint-Capitulation-entre\"\u003Ecadtm.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}