{"171026":{"id":"171026","parent":"0","time":"1585214580","url":"http:\/\/www.wsws.org\/fr\/articles\/2020\/03\/26\/alle-m26.html","category":"gouvernements","title":"Le plan de sauvetage du gouvernement allemand contre le coronavirus: des milliards pour les riches, le rationnement pour les pauvres","image":"","hub":"newsnet","url-explicit":"le-plan-de-sauvetage-du-gouvernement-allemand-contre-le-coronavirus-des-milliards-pour-les-riches-le-rationnement-pour-les-pauvres","admin":"newsnet","views":"88","priority":"3","length":"7548","lang":"","content":"\u003Cp\u003EPar Peter Schwarz\u003Cbr \/\u003E\n26 mars 2020\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab La guerre n'est que la continuation de la politique par d'autres moyens \u00bb. La c\u00e9l\u00e8bre phrase du th\u00e9oricien militaire Carl von Clausewitz est bien adapt\u00e9e pour d\u00e9crire le plan de sauvetage de 756 milliards d'euros du gouvernement allemand pour mener la \u00ab guerre \u00bb contre la crise des coronavirus. Il s'agit de la poursuite de la politique d'enrichissement des riches aux d\u00e9pens des pauvres que la grande coalition poursuit depuis des ann\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes chiffres parlent d'eux-m\u00eames: 600 milliards d'euros sont pr\u00e9vus pour soutenir les grandes entreprises, contre 50 milliards seulement pour les petites entreprises et les travailleurs ind\u00e9pendants. Pourtant, les petites et moyennes entreprises (PMU) de moins de 500 salari\u00e9s repr\u00e9sentent quelque 58 % de tous les emplois soumis aux cotisations sociales en Allemagne, soit environ 18 millions de personnes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes petites entreprises et les travailleurs ind\u00e9pendants en particulier sont durement touch\u00e9s par la crise du coronavirus. Elles dominent les secteurs de l'alimentation, du divertissement et de nombreux autres services qui ont d\u00fb fermer compl\u00e8tement \u00e0 cause du COVID-19, et disposent g\u00e9n\u00e9ralement de tr\u00e8s peu de r\u00e9serves financi\u00e8res sur lesquelles s'appuyer.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPar exemple, environ un quart des 260 000 emplois soumis \u00e0 cotisation sociale de Leipzig, ainsi que d'innombrables travailleurs pr\u00e9caires et ind\u00e9pendants, d\u00e9pendaient de l'organisation de foires commerciales et de conf\u00e9rences, qui ont compl\u00e8tement cess\u00e9 leurs activit\u00e9s. La situation est similaire dans d'autres villes dot\u00e9es d'important secteurs touristique et de services.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe gouvernement s'attend \u00e0 ce qu'environ 3 millions de petites entreprises et de travailleurs ind\u00e9pendants fasse la demande d'une aide au titre du fonds de 50 milliards d'euros, ce qui signifie un maximum de 15 000 euros par demandeur. Les entreprises de moins de cinq employ\u00e9s recevront un paiement de 9 000 euros pendant trois mois, tandis que les entreprises de moins de 10 employ\u00e9s recevront des paiements allant jusqu'\u00e0 15 000 euros pour la m\u00eame p\u00e9riode de trois mois. Cela repr\u00e9sente entre 500 et 600 euros par employ\u00e9 et par mois, ce qui est beaucoup trop peu pour vivre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn outre, on peut se demander si ces fonds parviendront un jour aux demandeurs. Le gouvernement a promis une aide exempte de toute bureaucratie. Mais compte tenu de la surcharge des autorit\u00e9s, elles-m\u00eames touch\u00e9es par la crise du coronavirus, et des structures administratives complexes en Allemagne, il ne s'agit l\u00e0 que d'une promesse vide.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa situation est encore pire pour les bas salaires et les b\u00e9n\u00e9ficiaires de l'aide sociale Hartz IV, particuli\u00e8rement touch\u00e9s par la crise. La plupart des banques alimentaires, qui leur proposaient des produits alimentaires abordables, ont ferm\u00e9 en raison de la pand\u00e9mie et les denr\u00e9es dans les supermarch\u00e9s deviennent plut\u00f4t rares ou ch\u00e8res. Aucune aide financi\u00e8re n'a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue par le gouvernement pour eux. Il pr\u00e9voit une augmentation des d\u00e9penses de 7,5 milliards d'euros, mais seulement parce que le nombre de demandeurs de Hartz IV augmentera d'environ 1,2 million.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu contraire, les grandes entreprises et leurs bailleurs de fonds des banques sont inond\u00e9s de liquidit\u00e9s. Le \u00ab fonds de stabilisation \u00e9conomique \u00bb (FSE) pr\u00e9vu est encore plus important que le fonds de sauvetage des banques de 2008-2009. \u00c0 l'\u00e9poque, celui-ci s'\u00e9levait \u00e0 480 milliards d'euros. Le FSE est accessible aux entreprises employant au moins 2 000 personnes et r\u00e9alisant un chiffre d'affaires de 320 millions d'euros par an.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe frein \u00e0 l'endettement, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme intouchable tant que le d\u00e9bat tournait autour de l'imposition d'une aust\u00e9rit\u00e9 brutale sur le syst\u00e8me de sant\u00e9 et les prestations sociales, est suspendu pour permettre ce sauvetage. Les chambres basses et hautes du Parlement f\u00e9d\u00e9ral, le Bundestag et le Bundesrat, se r\u00e9uniront aujourd'hui et demain \u00e0 cet effet.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAvec 400 milliards d'euros, le fonds peut acheter des dettes d'entreprises et d'autres obligations d'entreprises qui demandent de l'aide. Un montant suppl\u00e9mentaire de 100 milliards d'euros sera mis \u00e0 la disposition de la Banque nationale pour la reconstruction (KfW), pour l'\u00e9mission de pr\u00eats. 100 milliards d'euros suppl\u00e9mentaires seront mis \u00e0 disposition pour que l'\u00c9tat puisse reprendre des entreprises.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe ministre des affaires \u00e9conomiques, Peter Altmeier (D\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens), a pr\u00e9cis\u00e9 que l'\u00c9tat reprendrait partiellement ou totalement des entreprises pendant la crise du coronavirus si n\u00e9cessaire. Ce type de rachat par l'\u00c9tat n'a rien \u00e0 voir avec la nationalisation des entreprises priv\u00e9es telle que l'entendent les socialistes. Au contraire, ces entreprises recevront une infusion de fonds publics et, une fois qu'elles seront redevenues rentables, le gouvernement les remettra \u00e0 leurs propri\u00e9taires.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe plan de sauvetage de 600 milliards d'euros n'inclut pas les fonds destin\u00e9s \u00e0 payer les travailleurs licenci\u00e9s, qui peuvent recevoir entre 60 et 67 % de leur salaire ant\u00e9rieur. Cela est financ\u00e9 par la caisse d'assurance ch\u00f4mage et permet aux entreprises de renvoyer les travailleurs chez eux avec des salaires de mis\u00e8re, sans frais suppl\u00e9mentaires.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes 600 milliards d'euros du FSE sont exclusivement destin\u00e9s \u00e0 assurer la liquidit\u00e9 des grandes entreprises et \u00e0 garantir leur rentabilit\u00e9 future. Le \u003Ci\u003ES\u00fcddeutsche Zeitung\u003C\/i\u003E a d\u00e9clar\u00e9 que la question de savoir \u00ab si le programme de pr\u00eats sans restriction pour les entreprises aide r\u00e9ellement les entreprises ou seulement les banques \u00bb reste ouverte. Apr\u00e8s tout, les garanties de pr\u00eats du gouvernement concernent les banques, alors que les entreprises qui ne peuvent plus rien produire ou vendre, portent toujours la responsabilit\u00e9 \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes 600 milliards d'euros du FSE s'ajoutent aux 750 milliards d'euros annonc\u00e9s par la Banque centrale europ\u00e9enne pour l'achat d'actions. Cette mesure vise aussi exclusivement \u00e0 maintenir en activit\u00e9 le casino qui depuis 2008-2009 g\u00e9n\u00e8re des profits massifs pour les fonds d'investissement, les banques et les milliardaires.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes gouvernements europ\u00e9ens n'ont m\u00eame pas pu se mettre d'accord pour interdire les ventes \u00e0 d\u00e9couvert, qui permettent aux sp\u00e9culateurs de faire des profits sur les cours des actions lorsqu'ils baissent. Bridgewater, le grand fonds sp\u00e9culatif mondial, qui a r\u00e9alis\u00e9 d'\u00e9normes profits pendant la crise de 2008, parie d\u00e9j\u00e0 quelque 14 milliards de dollars sur la chute du cours des actions des entreprises europ\u00e9ennes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa chanceli\u00e8re allemande Angela Merkel et d'autres responsables gouvernementaux lancent r\u00e9guli\u00e8rement des messages de solidarit\u00e9 \u00e0 la population et sont soutenus en cela par tous les partis repr\u00e9sent\u00e9s au Parlement. Le leader du groupe parlementaire du Parti de gauche, Dietmar Bartsch, a \u00e9crit sur Twitter suite \u00e0 l'allocution de Merkel dimanche soir: \u00ab Merci \u00e0 la chanceli\u00e8re pour ses paroles claires. Le groupe parlementaire du Parti de gauche soutiendra toutes les mesures qui favorisent la solidarit\u00e9 et \u00e9vitent de porter pr\u00e9judice au pays, \u00e0 la population et \u00e0 l'\u00e9conomie. Cet appel \u00e0 la solidarit\u00e9 est une t\u00e2che qui incombe au gouvernement \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa r\u00e9alit\u00e9, c'est qu'ils exploitent la crise afin d'\u00e9tendre syst\u00e9matiquement l'assaut sur les d\u00e9penses sociales, d'enrichir les riches et de renforcer l'appareil policier et \u00e9tatique ainsi que les politiques militaires poursuivies par la grande coalition ces derni\u00e8res ann\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E(Article paru en anglais le 25 mars 2020)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.wsws.org\/fr\/articles\/2020\/03\/26\/alle-m26.html\"\u003Ewsws.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}