{"175793":{"id":"175793","parent":"0","time":"1592903567","url":"http:\/\/www.legrandsoir.info\/les-vraies-lecons-du-75e-anniversaire-de-la-seconde-guerre-mondiale-the-national-interest.html","category":"Histoire","title":"Les vraies le\u00e7ons du 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale (The National Interest)","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_175793_ebc9f3.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"les-vraies-lecons-du-75e-anniversaire-de-la-seconde-guerre-mondiale-the-national-interest","admin":"newsnet","views":"86","priority":"4","length":"62926","lang":"","content":"\u003Cimg style=\" width:350px;\" src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_175793_ebc9f3.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003EVladimir Poutine\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe pr\u00e9sident russe offre une \u00e9valuation compl\u00e8te de l'h\u00e9ritage de la Seconde Guerre mondiale, en affirmant que \"Aujourd'hui, les politiciens europ\u00e9ens, et les dirigeants polonais en particulier, souhaitent balayer la trahison de Munich sous le tapis. La trahison de Munich a montr\u00e9 \u00e0 l'Union sovi\u00e9tique que les pays occidentaux allaient traiter les questions de s\u00e9curit\u00e9 sans tenir compte de ses int\u00e9r\u00eats\".\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESoixante-quinze ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la fin de la Grande guerre patriotique. Plusieurs g\u00e9n\u00e9rations ont grandi au fil des ans. La carte politique de la plan\u00e8te a chang\u00e9. L'Union sovi\u00e9tique, qui a remport\u00e9 une victoire \u00e9pique et \u00e9crasante sur le nazisme et a sauv\u00e9 le monde entier, a disparu. En outre, les \u00e9v\u00e9nements de cette guerre sont devenus depuis longtemps un souvenir lointain, m\u00eame pour ses participants. Alors pourquoi la Russie c\u00e9l\u00e8bre-t-elle le 9 mai comme la plus grande f\u00eate\u00a0? Pourquoi la vie s'arr\u00eate-t-elle presque le 22 juin\u00a0? Et pourquoi ressent-on une grosseur dans la gorge\u00a0?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOn dit g\u00e9n\u00e9ralement que la guerre a laiss\u00e9 une profonde empreinte dans l'histoire de chaque famille. Derri\u00e8re ces mots, il y a le destin de millions de personnes, leurs souffrances et la douleur de la perte. Derri\u00e8re ces mots, il y a aussi la fiert\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9 et la m\u00e9moire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour mes parents, la guerre a signifi\u00e9 les terribles \u00e9preuves du si\u00e8ge de Leningrad o\u00f9 mon fr\u00e8re Vitya, \u00e2g\u00e9 de deux ans, est mort. C'est l'endroit o\u00f9 ma m\u00e8re a miraculeusement r\u00e9ussi \u00e0 survivre. Mon p\u00e8re, bien qu'il ait \u00e9t\u00e9 exempt\u00e9 du service actif, s'est port\u00e9 volontaire pour d\u00e9fendre sa ville natale. Il a pris la m\u00eame d\u00e9cision que des millions de citoyens sovi\u00e9tiques. Il s'est battu \u00e0 la t\u00eate de pont de Nevsky Pyatachok et a \u00e9t\u00e9 gravement bless\u00e9. Et plus les ann\u00e9es passent, plus je ressens le besoin de parler \u00e0 mes parents et d'en savoir plus sur la p\u00e9riode de guerre de leur vie. Cependant, je n'ai plus la possibilit\u00e9 de le faire. C'est la raison pour laquelle je garde dans mon cœur les conversations que j'ai eues avec mon p\u00e8re et ma m\u00e8re sur ce sujet, ainsi que le peu d'\u00e9motion qu'ils ont montr\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes personnes de mon \u00e2ge et moi-m\u00eame pensons qu'il est important que nos enfants, petits-enfants et arri\u00e8re-petits-enfants comprennent les tourments et les difficult\u00e9s que leurs anc\u00eatres ont d\u00fb endurer. Ils doivent comprendre comment leurs anc\u00eatres ont r\u00e9ussi \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer et \u00e0 gagner. D'o\u00f9 venait leur volont\u00e9 pure et in\u00e9branlable qui a \u00e9merveill\u00e9 et fascin\u00e9 le monde entier\u00a0? Bien s\u00fbr, ils d\u00e9fendaient leur foyer, leurs enfants, leurs proches et leur famille. Mais ce qu'ils partageaient, c'\u00e9tait l'amour pour leur patrie, leur M\u00e8re Patrie. Ce sentiment profond et intime se refl\u00e8te pleinement dans l'essence m\u00eame de notre nation et est devenu l'un des facteurs d\u00e9cisifs de sa lutte h\u00e9ro\u00efque et sacrificielle contre les nazis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe me pose souvent la question\u00a0: Que ferait la g\u00e9n\u00e9ration actuelle\u00a0? Comment agira-t-elle face \u00e0 une situation de crise\u00a0? Je vois de jeunes m\u00e9decins, des infirmi\u00e8res, parfois de jeunes dipl\u00f4m\u00e9s qui se rendent dans la \"zone rouge\" pour sauver des vies. Je vois nos militaires qui luttent contre le terrorisme international dans le Caucase du Nord et qui se sont battus jusqu'au bout en Syrie. Ils sont si jeunes. Beaucoup de militaires qui faisaient partie de la l\u00e9gendaire et immortelle 6\u00e8me compagnie de parachutistes avaient 19-20 ans. Mais tous ont prouv\u00e9 qu'ils m\u00e9ritaient d'h\u00e9riter de l'exploit des guerriers de notre patrie qui l'ont d\u00e9fendue pendant la Grande Guerre Patriotique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est pourquoi je suis convaincu que l'une des caract\u00e9ristiques des peuples de Russie est de remplir leur devoir sans s'apitoyer sur leur sort lorsque les circonstances l'exigent. Des valeurs telles que l'altruisme, le patriotisme, l'amour de leur foyer, de leur famille et de la m\u00e8re patrie restent fondamentales et font partie int\u00e9grante de la soci\u00e9t\u00e9 russe jusqu'\u00e0 ce jour. Ces valeurs sont, dans une large mesure, l'\u00e9pine dorsale de la souverainet\u00e9 de notre pays.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAujourd'hui, nous avons de nouvelles traditions cr\u00e9\u00e9es par le peuple, comme le R\u00e9giment des Immortels. C'est la marche de la m\u00e9moire qui symbolise notre gratitude, ainsi que le lien vivant et les liens de sang entre les g\u00e9n\u00e9rations. Des millions de personnes descendent dans la rue en portant les photographies de leurs proches qui ont d\u00e9fendu leur m\u00e8re patrie et vaincu les nazis. Cela signifie que leurs vies, leurs \u00e9preuves et leurs sacrifices, ainsi que la Victoire qu'ils nous ont laiss\u00e9e ne seront jamais oubli\u00e9s.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENous avons la responsabilit\u00e9 envers notre pass\u00e9 et notre avenir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour emp\u00eacher que ces horribles trag\u00e9dies ne se reproduisent. C'est pourquoi j'ai \u00e9t\u00e9 contraint de publier un article sur la Seconde Guerre mondiale et la Grande Guerre patriotique. J'ai discut\u00e9 de cette id\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises avec les dirigeants du monde entier, et ils m'ont apport\u00e9 leur soutien. Lors du sommet des dirigeants de la CEI qui s'est tenu \u00e0 la fin de l'ann\u00e9e derni\u00e8re, nous \u00e9tions tous d'accord sur une chose\u00a0: il est essentiel de transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures le souvenir du fait que les nazis ont \u00e9t\u00e9 vaincus avant tout par le peuple sovi\u00e9tique et que les repr\u00e9sentants de toutes les r\u00e9publiques de l'Union sovi\u00e9tique ont combattu c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans cette bataille h\u00e9ro\u00efque, tant sur la ligne de front qu'\u00e0 l'arri\u00e8re. Au cours de ce sommet, j'ai \u00e9galement parl\u00e9 avec mes homologues de la p\u00e9riode difficile de l'avant-guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette conversation a fait sensation en Europe et dans le monde. Cela signifie qu'il est en effet grand temps que nous r\u00e9examinions les le\u00e7ons du pass\u00e9. Dans le m\u00eame temps, de nombreux d\u00e9bordements \u00e9motionnels, des ins\u00e9curit\u00e9s mal d\u00e9guis\u00e9es et de fortes accusations ont suivi. Agissant par habitude, certains hommes politiques se sont pr\u00e9cipit\u00e9s pour affirmer que la Russie tentait de r\u00e9\u00e9crire l'histoire. Cependant, ils n'ont pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9futer un seul fait ou \u00e0 r\u00e9futer un seul argument. Il est en effet difficile, voire impossible, d'argumenter avec les documents originaux qui, soit dit en passant, se trouvent non seulement dans les archives russes, mais aussi dans les archives \u00e9trang\u00e8res.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl est donc n\u00e9cessaire d'examiner plus avant les raisons qui ont provoqu\u00e9 la guerre mondiale et de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ses \u00e9v\u00e9nements compliqu\u00e9s, ses trag\u00e9dies et ses victoires, ainsi qu'aux le\u00e7ons qu'elle a permis de tirer, tant pour notre pays que pour le monde entier. Et comme je l'ai dit, il est crucial de s'appuyer exclusivement sur les documents d'archives et les preuves contemporaines tout en \u00e9vitant toute sp\u00e9culation id\u00e9ologique ou politis\u00e9e.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe voudrais rappeler une fois de plus cette \u00e9vidence. Les causes profondes de la Seconde Guerre mondiale d\u00e9coulent principalement des d\u00e9cisions prises apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Le trait\u00e9 de Versailles est devenu un symbole de grave injustice pour l'Allemagne. Il impliquait essentiellement que le pays devait \u00eatre d\u00e9pouill\u00e9, contraint de payer d'\u00e9normes r\u00e9parations aux alli\u00e9s occidentaux qui avaient drain\u00e9 son \u00e9conomie. Le mar\u00e9chal fran\u00e7ais Ferdinand Foch, qui a servi en tant que commandant supr\u00eame des forces alli\u00e9es, a donn\u00e9 une description proph\u00e9tique de ce trait\u00e9\u00a0: \"Ce n'est pas la paix. C'est un armistice pour vingt ans\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est l'humiliation nationale qui est devenue un terrain fertile pour des sentiments radicaux de vengeance en Allemagne. Les nazis ont habilement jou\u00e9 sur les \u00e9motions des gens et ont construit leur propagande en promettant de d\u00e9livrer l'Allemagne de \"l'h\u00e9ritage de Versailles\" et de restaurer le pays \u00e0 son ancienne puissance tout en poussant essentiellement le peuple allemand \u00e0 la guerre. Paradoxalement, les \u00c9tats occidentaux, en particulier le Royaume-Uni et les \u00c9tats-Unis, y ont contribu\u00e9 directement ou indirectement. Leurs entreprises financi\u00e8res et industrielles ont activement investi dans les usines et les manufactures allemandes fabriquant des produits militaires. En outre, de nombreuses personnes de l'aristocratie et de l'establishment politique soutenaient les mouvements radicaux, d'extr\u00eame droite et nationalistes qui se d\u00e9veloppaient tant en Allemagne qu'en Europe.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\"L'ordre mondial de Versailles\" a provoqu\u00e9 de nombreuses controverses implicites et des conflits apparents. Ils tournaient autour des fronti\u00e8res des nouveaux \u00c9tats europ\u00e9ens fix\u00e9es au hasard par les vainqueurs de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Cette d\u00e9limitation des fronti\u00e8res a \u00e9t\u00e9 presque imm\u00e9diatement suivie par des litiges territoriaux et des revendications mutuelles qui se sont transform\u00e9s en \"bombes \u00e0 retardement\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'un des principaux r\u00e9sultats de la Premi\u00e8re Guerre mondiale a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations. On attendait beaucoup de cette organisation internationale pour assurer une paix durable et une s\u00e9curit\u00e9 collective. Il s'agissait d'une id\u00e9e progressiste qui, si elle \u00e9tait mise en œuvre de mani\u00e8re coh\u00e9rente, pourrait r\u00e9ellement emp\u00eacher que les horreurs d'une guerre mondiale ne se reproduisent.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECependant, la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations, domin\u00e9e par les puissances victorieuses de la France et du Royaume-Uni, s'est av\u00e9r\u00e9e inefficace et a \u00e9t\u00e9 submerg\u00e9e par des discussions inutiles. La Soci\u00e9t\u00e9 des Nations et le continent europ\u00e9en en g\u00e9n\u00e9ral ont fait la sourde oreille aux appels r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de l'Union sovi\u00e9tique \u00e0 \u00e9tablir un syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 collective \u00e9quitable, et \u00e0 signer un pacte de l'Europe de l'Est et un pacte du Pacifique pour pr\u00e9venir les agressions. Ces propositions ont \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Soci\u00e9t\u00e9 des Nations n'a pas non plus r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9venir les conflits dans diverses parties du monde, comme l'attaque de l'Italie contre l'\u00c9thiopie, la guerre civile en Espagne, l'agression japonaise contre la Chine et l'Anschluss de l'Autriche. En outre, dans le cas de la trahison de Munich qui, outre Hitler et Mussolini, a impliqu\u00e9 des dirigeants britanniques et fran\u00e7ais, la Tch\u00e9coslovaquie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9e avec l'enti\u00e8re approbation de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations. Je voudrais souligner \u00e0 cet \u00e9gard que, contrairement \u00e0 de nombreux autres dirigeants europ\u00e9ens de l'\u00e9poque, Staline ne s'est pas d\u00e9shonor\u00e9 en rencontrant Hitler, qui \u00e9tait connu parmi les nations occidentales comme un homme politique assez r\u00e9put\u00e9 et qui \u00e9tait un invit\u00e9 bienvenu dans les capitales europ\u00e9ennes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Pologne \u00e9tait \u00e9galement engag\u00e9e dans la partition de la Tch\u00e9coslovaquie avec l'Allemagne. Ils d\u00e9cid\u00e8rent ensemble \u00e0 l'avance qui obtiendrait quels territoires tch\u00e9coslovaques. Le 20 septembre 1938, l'ambassadeur de Pologne en Allemagne, J\u00f3zef Lipski, rapporta au ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de Pologne, J\u00f3zef Beck, les assurances suivantes donn\u00e9es par Hitler\u00a0: \"...en cas de conflit entre la Pologne et la Tch\u00e9coslovaquie sur nos int\u00e9r\u00eats \u00e0 Teschen, le Reich soutiendrait la Pologne\". Le leader nazi a m\u00eame incit\u00e9 et conseill\u00e9 \u00e0 la Pologne de ne commencer \u00e0 agir \"qu'apr\u00e8s que les Allemands aient occup\u00e9 les Sud\u00e8tes\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Pologne \u00e9tait consciente que sans le soutien d'Hitler, ses plans annexionnistes \u00e9taient vou\u00e9s \u00e0 l'\u00e9chec. Je voudrais citer \u00e0 cet \u00e9gard un compte rendu de la conversation entre l'ambassadeur allemand \u00e0 Varsovie Hans-Adolf von Moltke et J\u00f3zef Beck, qui a eu lieu le 1er octobre 1938 et qui portait sur les relations polono-tch\u00e8ques et la position de l'Union sovi\u00e9tique dans cette affaire. On peut y lire\u00a0: \"M. Beck a exprim\u00e9 une r\u00e9elle gratitude pour le traitement loyal accord\u00e9 aux int\u00e9r\u00eats polonais lors de la conf\u00e9rence de Munich, ainsi que pour la sinc\u00e9rit\u00e9 des relations pendant le conflit tch\u00e8que. L'attitude du F\u00fchrer et du Chancelier a \u00e9t\u00e9 pleinement appr\u00e9ci\u00e9e par le gouvernement et le public [de Pologne]\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa partition de la Tch\u00e9coslovaquie a \u00e9t\u00e9 brutale et cynique. Munich a d\u00e9truit m\u00eame les garanties formelles et fragiles qui restaient sur le continent. Elle a montr\u00e9 que les accords mutuels \u00e9taient sans valeur. C'est la trahison de Munich qui a servi de \"d\u00e9clencheur\" et a rendu in\u00e9vitable la grande guerre en Europe.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAujourd'hui, les hommes politiques europ\u00e9ens, et les dirigeants polonais en particulier, souhaitent balayer la trahison de Munich sous le tapis. Pourquoi\u00a0? Le fait que leurs pays aient un jour rompu leurs engagements et soutenu la trahison de Munich, certains d'entre eux ayant m\u00eame particip\u00e9 au partage de la prise, n'est pas la seule raison. Une autre raison est qu'il est assez embarrassant de se rappeler que pendant ces jours dramatiques de 1938, l'Union sovi\u00e9tique \u00e9tait la seule \u00e0 d\u00e9fendre la Tch\u00e9coslovaquie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Union sovi\u00e9tique, conform\u00e9ment \u00e0 ses obligations internationales, y compris les accords avec la France et la Tch\u00e9coslovaquie, a essay\u00e9 d'emp\u00eacher la trag\u00e9die de se produire. Pendant ce temps, la Pologne, poursuivant ses int\u00e9r\u00eats, faisait tout son possible pour entraver la mise en place d'un syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 collective en Europe. Le ministre polonais des affaires \u00e9trang\u00e8res, J\u00f3zef Beck, a \u00e9crit \u00e0 ce sujet dans sa lettre du 19 septembre 1938 \u00e0 l'ambassadeur J\u00f3zef Lipski, avant sa rencontre avec Hitler\u00a0: \"...l'ann\u00e9e derni\u00e8re, le gouvernement polonais a rejet\u00e9 quatre fois la proposition de se joindre \u00e0 l'ing\u00e9rence internationale pour d\u00e9fendre la Tch\u00e9coslovaquie\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Grande-Bretagne, ainsi que la France, qui \u00e9tait \u00e0 l'\u00e9poque le principal alli\u00e9 des Tch\u00e8ques et des Slovaques, ont choisi de retirer leurs garanties et d'abandonner ce pays d'Europe de l'Est \u00e0 son sort. Ce faisant, ils ont cherch\u00e9 \u00e0 attirer l'attention des nazis vers l'Est, de sorte que l'Allemagne et l'Union sovi\u00e9tique s'affrontent in\u00e9vitablement et se saignent \u00e0 blanc.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est l'essence de la politique occidentale d'apaisement, qui a \u00e9t\u00e9 poursuivie non seulement \u00e0 l'\u00e9gard du Troisi\u00e8me Reich, mais aussi \u00e0 l'\u00e9gard des autres participants du soi-disant Pacte Anti-Comintern - l'Italie fasciste et le Japon militariste. En Extr\u00eame-Orient, cette politique a culmin\u00e9 avec la conclusion de l'accord anglo-japonais de l'\u00e9t\u00e9 1939, qui a donn\u00e9 \u00e0 Tokyo les mains libres en Chine. Les grandes puissances europ\u00e9ennes n'\u00e9taient pas dispos\u00e9es \u00e0 reconna\u00eetre le danger mortel que l'Allemagne et ses alli\u00e9s repr\u00e9sentaient pour le monde entier. Elles esp\u00e9raient qu'elles seraient elles-m\u00eames \u00e9pargn\u00e9es par la guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa trahison de Munich a montr\u00e9 \u00e0 l'Union sovi\u00e9tique que les pays occidentaux allaient traiter les questions de s\u00e9curit\u00e9 sans tenir compte de ses int\u00e9r\u00eats. En fait, ils pouvaient m\u00eame cr\u00e9er un front anti-sovi\u00e9tique, si n\u00e9cessaire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EN\u00e9anmoins, l'Union sovi\u00e9tique a fait tout son possible pour utiliser toutes les chances de cr\u00e9er une coalition anti-hitl\u00e9rienne. Malgr\u00e9 - je le r\u00e9p\u00e8te - le double jeu des pays occidentaux. Par exemple, les services de renseignements ont communiqu\u00e9 aux dirigeants sovi\u00e9tiques des informations d\u00e9taill\u00e9es sur les contacts en coulisses entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne au cours de l'\u00e9t\u00e9 1939. L'important est que ces contacts \u00e9taient tr\u00e8s actifs et co\u00efncidaient pratiquement avec les n\u00e9gociations tripartites entre la France, la Grande-Bretagne et l'URSS, qui \u00e9taient au contraire d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment prolong\u00e9es par les partenaires occidentaux. \u00c0 ce propos, je citerai un document des archives britanniques. Il contient des instructions \u00e0 la mission militaire britannique qui est venue \u00e0 Moscou en ao\u00fbt 1939. Il indique directement que la d\u00e9l\u00e9gation devait proc\u00e9der \u00e0 des n\u00e9gociations tr\u00e8s lentement et que le gouvernement du Royaume-Uni n'\u00e9tait pas pr\u00eat \u00e0 assumer des obligations d\u00e9taill\u00e9es et limitant sa libert\u00e9 d'action en toutes circonstances. Je noterai \u00e9galement que, contrairement aux d\u00e9l\u00e9gations britannique et fran\u00e7aise, la d\u00e9l\u00e9gation sovi\u00e9tique \u00e9tait dirig\u00e9e par des hauts commandants de l'Arm\u00e9e rouge, qui avaient l'autorit\u00e9 n\u00e9cessaire pour \"signer une convention militaire sur l'organisation de la d\u00e9fense militaire de l'Angleterre, de la France et de l'URSS contre l'agression en Europe\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Pologne a jou\u00e9 son r\u00f4le dans l'\u00e9chec de ces n\u00e9gociations car elle ne voulait avoir aucune obligation envers la partie sovi\u00e9tique. M\u00eame sous la pression de leurs alli\u00e9s occidentaux, les dirigeants polonais ont rejet\u00e9 l'id\u00e9e d'une action conjointe avec l'Arm\u00e9e rouge pour lutter contre la Wehrmacht. Ce n'est que lorsqu'ils apprirent l'arriv\u00e9e de Ribbentrop \u00e0 Moscou que J. Beck, \u00e0 contrecœur et non directement, par l'interm\u00e9diaire de diplomates fran\u00e7ais, informa la partie sovi\u00e9tique\u00a0: \"... en cas d'action commune contre l'agression allemande, la coop\u00e9ration entre la Pologne et l'Union sovi\u00e9tique n'est pas exclue, dans des circonstances techniques qui restent \u00e0 convenir\". En m\u00eame temps, il a expliqu\u00e9 \u00e0 ses coll\u00e8gues\u00a0: \"... je n'ai accept\u00e9 cette formulation que pour des raisons tactiques, et notre position fondamentale par rapport \u00e0 l'Union sovi\u00e9tique est d\u00e9finitive et reste inchang\u00e9e.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans ces circonstances, l'Union sovi\u00e9tique a sign\u00e9 le pacte de non-agression avec l'Allemagne. Elle a \u00e9t\u00e9 pratiquement la derni\u00e8re parmi les pays europ\u00e9ens \u00e0 le faire. En outre, elle l'a fait face \u00e0 une r\u00e9elle menace de guerre sur deux fronts - avec l'Allemagne \u00e0 l'ouest et avec le Japon \u00e0 l'est, o\u00f9 d'intenses combats sur la rivi\u00e8re Khalkhin Gol \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en cours.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EStaline et son entourage, en effet, m\u00e9ritent de nombreuses accusations l\u00e9gitimes. Nous nous souvenons des crimes commis par le r\u00e9gime contre son propre peuple et de l'horreur des r\u00e9pressions de masse. En d'autres termes, on peut reprocher beaucoup de choses aux dirigeants sovi\u00e9tiques, mais la mauvaise compr\u00e9hension de la nature des menaces ext\u00e9rieures n'en fait pas partie. Ils ont vu comment des tentatives ont \u00e9t\u00e9 faites pour laisser l'Union sovi\u00e9tique seule face \u00e0 l'Allemagne et \u00e0 ses alli\u00e9s. Gardant \u00e0 l'esprit cette menace r\u00e9elle, ils ont cherch\u00e9 \u00e0 gagner un temps pr\u00e9cieux n\u00e9cessaire au renforcement des d\u00e9fenses du pays.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAujourd'hui, nous entendons beaucoup de sp\u00e9culations et d'accusations contre la Russie moderne en rapport avec le pacte de non-agression sign\u00e9 \u00e0 l'\u00e9poque. Oui, la Russie est l'\u00c9tat successeur l\u00e9gal de l'URSS, et la p\u00e9riode sovi\u00e9tique - avec tous ses triomphes et ses trag\u00e9dies - est une partie inali\u00e9nable de notre histoire mill\u00e9naire. Toutefois, rappelons que l'Union sovi\u00e9tique a donn\u00e9 une \u00e9valuation juridique et morale du soi-disant pacte Molotov-Ribbentrop. Le Soviet supr\u00eame, dans sa r\u00e9solution du 24 d\u00e9cembre 1989, a officiellement d\u00e9nonc\u00e9 les protocoles secrets comme \"un acte de pouvoir personnel\" qui ne reflected en aucun cas \"la volont\u00e9 du peuple sovi\u00e9tique qui n'est pas responsable de cette collusion\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ED'autres \u00c9tats encore ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 oublier les accords portant la signature des nazis et des hommes politiques occidentaux, sans parler des \u00e9valuations juridiques ou politiques de cette coop\u00e9ration, y compris l'acquiescement silencieux - voire la complicit\u00e9 directe - de certains hommes politiques europ\u00e9ens dans les plans barbares des nazis. Il suffira de se souvenir de la phrase cynique prononc\u00e9e par l'ambassadeur de Pologne en Allemagne, J. Lipski, lors de sa conversation avec Hitler le 20 septembre 1938\u00a0: \"...pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me juif, nous [les Polonais] construirons en son honneur... un splendide monument \u00e0 Varsovie.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn outre, nous ne savons pas s'il existait des \"protocoles\" secrets ou des annexes aux accords conclus par un certain nombre de pays avec les nazis. La seule chose qui reste \u00e0 faire est de les croire sur parole. En particulier, les documents relatifs aux discussions secr\u00e8tes anglo-allemandes n'ont toujours pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9classifi\u00e9s. C'est pourquoi nous demandons \u00e0 tous les \u00c9tats d'acc\u00e9l\u00e9rer le processus de publication de leurs archives et de publier des documents jusqu'alors inconnus sur la guerre et l'avant-guerre - comme l'a fait la Russie ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans ce contexte, nous sommes pr\u00eats \u00e0 une large coop\u00e9ration et \u00e0 des projets de recherche conjoints avec des historiens.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais revenons aux \u00e9v\u00e9nements qui ont imm\u00e9diatement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la Seconde Guerre mondiale. Il \u00e9tait na\u00eff de croire que Hitler, une fois la Tch\u00e9coslovaquie termin\u00e9e, ne formulerait pas de nouvelles revendications territoriales. Cette fois, les revendications concernaient son r\u00e9cent complice dans la partition de la Tch\u00e9coslovaquie - la Pologne. Ici, l'h\u00e9ritage de Versailles, en particulier le sort du \"corridor de Dantzig\", a une fois de plus servi de pr\u00e9texte. La responsabilit\u00e9 de la trag\u00e9die que la Pologne a alors subie incombe enti\u00e8rement aux dirigeants polonais, qui avaient emp\u00each\u00e9 la formation d'une alliance militaire entre la Grande-Bretagne, la France et l'Union sovi\u00e9tique et comptaient sur l'aide de leurs partenaires occidentaux, jetant leur propre peuple sous le rouleau compresseur de la machine de destruction d'Hitler.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'offensive allemande fut mont\u00e9e en parfaite conformit\u00e9 avec la doctrine de la blitzkrieg. Malgr\u00e9 la r\u00e9sistance f\u00e9roce et h\u00e9ro\u00efque de l'arm\u00e9e polonaise, le 8 septembre 1939 - une semaine seulement apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre - les troupes allemandes se trouvaient aux abords de Varsovie. Le 17 septembre, les dirigeants militaires et politiques de la Pologne s'\u00e9taient enfuis en Roumanie, abandonnant son peuple qui continuait \u00e0 lutter contre les envahisseurs.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'espoir de la Pologne d'obtenir l'aide de ses alli\u00e9s occidentaux \u00e9tait vain. Apr\u00e8s la d\u00e9claration de la guerre contre l'Allemagne, les troupes fran\u00e7aises n'ont avanc\u00e9 que de quelques dizaines de kilom\u00e8tres sur le territoire allemand. Tout cela ressemblait \u00e0 une simple d\u00e9monstration d'action vigoureuse. De plus, le Conseil supr\u00eame de guerre anglo-fran\u00e7ais, qui tenait sa premi\u00e8re r\u00e9union le 12 septembre 1939 dans la ville fran\u00e7aise d'Abbeville, d\u00e9cida d'annuler compl\u00e8tement l'offensive en raison de l'\u00e9volution rapide de la situation en Pologne. C'est alors que commen\u00e7a la tristement c\u00e9l\u00e8bre \"Phony War\". Ce que la Grande-Bretagne et la France ont fait \u00e9tait une trahison flagrante de leurs obligations envers la Pologne.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPlus tard, lors des proc\u00e8s de Nuremberg, les g\u00e9n\u00e9raux allemands ont expliqu\u00e9 leur rapide succ\u00e8s \u00e0 l'Est. L'ancien chef d'\u00e9tat-major des op\u00e9rations du haut commandement des forces arm\u00e9es allemandes, le g\u00e9n\u00e9ral Alfred Jodl, a admis\u00a0: \"... nous n'avons pas subi de d\u00e9faite d\u00e8s 1939 uniquement parce qu'environ 110 divisions fran\u00e7aises et britanniques stationn\u00e9es \u00e0 l'Ouest contre 23 divisions allemandes pendant notre guerre avec la Pologne sont rest\u00e9es absolument inactives\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJ'ai demand\u00e9 que l'on r\u00e9cup\u00e8re dans les archives l'ensemble des documents relatifs aux contacts entre l'URSS et l'Allemagne pendant les jours dramatiques d'ao\u00fbt et de septembre 1939. Selon ces documents, le paragraphe 2 du protocole secret au pacte de non-agression germano-sovi\u00e9tique du 23 ao\u00fbt 1939 stipulait qu'en cas de r\u00e9organisation politico-territoriale des districts composant l'\u00c9tat polonais, la fronti\u00e8re des sph\u00e8res d'int\u00e9r\u00eat des deux pays se situerait \"approximativement le long des rivi\u00e8res Narew, Vistule et San\". En d'autres termes, la sph\u00e8re d'influence sovi\u00e9tique comprenait non seulement les territoires qui abritaient principalement la population ukrainienne et bi\u00e9lorusse, mais aussi les terres historiquement polonaises de la Vistule et de l'interfluve de Bug. Ce fait est connu de tr\u00e8s peu de personnes de nos jours.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDe m\u00eame, tr\u00e8s peu savent que, imm\u00e9diatement apr\u00e8s l'attaque contre la Pologne, dans les premiers jours de septembre 1939, Berlin a appel\u00e9 avec force et de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e Moscou \u00e0 se joindre \u00e0 l'action militaire. Cependant, les dirigeants sovi\u00e9tiques ont ignor\u00e9 ces appels et ont pr\u00e9vu d'\u00e9viter de s'engager dans cette \u00e9volution dramatique aussi longtemps que possible.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe n'est que lorsqu'il est devenu absolument clair que la Grande-Bretagne et la France n'allaient pas aider leur alli\u00e9 et que la Wehrmacht pourrait rapidement occuper toute la Pologne et ainsi appara\u00eetre aux abords de Minsk que l'Union sovi\u00e9tique a d\u00e9cid\u00e9 d'envoyer, le matin du 17 septembre, des unit\u00e9s de l'Arm\u00e9e rouge dans les \"Eastern Borderlines\", qui font aujourd'hui partie des territoires de la Bi\u00e9lorussie, de l'Ukraine et de la Lituanie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDe toute \u00e9vidence, il n'y avait pas d'alternative. Sinon, l'URSS serait confront\u00e9e \u00e0 des risques s\u00e9rieusement accrus car - je le r\u00e9p\u00e8te - l'ancienne fronti\u00e8re sovi\u00e9to-polonaise ne se trouvait qu'\u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de Minsk. Le pays devrait entrer dans l'in\u00e9vitable guerre avec les nazis depuis des positions strat\u00e9giques tr\u00e8s d\u00e9savantageuses, tandis que des millions de personnes de diff\u00e9rentes nationalit\u00e9s, y compris les Juifs vivant pr\u00e8s de Brest et Grodno, Przemyśl, Lvov et Wilno, seraient laiss\u00e9es pour mort aux mains des nazis et de leurs complices locaux - antis\u00e9mites et nationalistes radicaux.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe fait que l'Union sovi\u00e9tique cherchait \u00e0 \u00e9viter de s'engager dans le conflit croissant aussi longtemps que possible et qu'elle n'\u00e9tait pas dispos\u00e9e \u00e0 se battre aux c\u00f4t\u00e9s de l'Allemagne est la raison pour laquelle le v\u00e9ritable contact entre les troupes sovi\u00e9tiques et allemandes s'est produit beaucoup plus \u00e0 l'est que les fronti\u00e8res convenues dans le protocole secret. Ce n'\u00e9tait pas sur la Vistule, mais plus pr\u00e8s de la ligne dite de Curzon, qui, en 1919, avait \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9e par la Triple Entente comme fronti\u00e8re orientale de la Pologne.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EComme on le sait, il n'est gu\u00e8re utile d'utiliser le subjonctif lorsque l'on parle des \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s. Je dirai seulement qu'en septembre 1939, les dirigeants sovi\u00e9tiques ont eu l'occasion de d\u00e9placer les fronti\u00e8res occidentales de l'URSS encore plus \u00e0 l'ouest, jusqu'\u00e0 Varsovie, mais qu'ils ont d\u00e9cid\u00e9 de ne pas le faire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Allemands ont sugg\u00e9r\u00e9 d'officialiser le nouveau statu quo. Le 28 septembre 1939, Joachim von Ribbentrop et V.Molotov sign\u00e8rent \u00e0 Moscou le Trait\u00e9 de fronti\u00e8re et d'amiti\u00e9 entre l'Allemagne et l'Union sovi\u00e9tique, ainsi que le protocole secret sur la modification de la fronti\u00e8re de l'\u00c9tat, selon lequel la fronti\u00e8re \u00e9tait reconnue \u00e0 la ligne de d\u00e9marcation o\u00f9 se trouvaient de facto les deux arm\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00c0 l'automne 1939, l'Union sovi\u00e9tique, poursuivant ses objectifs strat\u00e9giques militaires et d\u00e9fensifs, a entam\u00e9 le processus d'incorporation de la Lettonie, de la Lituanie et de l'Estonie. Leur adh\u00e9sion \u00e0 l'URSS s'est faite sur une base contractuelle, avec le consentement des autorit\u00e9s \u00e9lues. Ceci \u00e9tait conforme au droit international et au droit des \u00c9tats de l'\u00e9poque. En outre, en octobre 1939, la ville de Vilna et ses environs, qui faisaient auparavant partie de la Pologne, ont \u00e9t\u00e9 rendus \u00e0 la Lituanie. Les r\u00e9publiques baltes au sein de l'URSS ont conserv\u00e9 leurs organes gouvernementaux, leur langue, et ont \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9es dans les structures \u00e9tatiques sup\u00e9rieures de l'Union sovi\u00e9tique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPendant tous ces mois, il y eut une lutte diplomatique et politico-militaire invisible et un travail de renseignement. Moscou a compris qu'elle \u00e9tait confront\u00e9e \u00e0 un ennemi f\u00e9roce et cruel, et qu'une guerre secr\u00e8te contre le nazisme \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en cours. Et il n'y a aucune raison de prendre des d\u00e9clarations officielles et des notes protocolaires officielles de cette \u00e9poque comme preuve de \"l'amiti\u00e9\" entre l'URSS et l'Allemagne. L'Union sovi\u00e9tique avait des contacts commerciaux et techniques actifs non seulement avec l'Allemagne, mais aussi avec d'autres pays. Alors qu'Hitler a essay\u00e9 \u00e0 maintes reprises d'entra\u00eener l'Union sovi\u00e9tique dans la confrontation de l'Allemagne avec le Royaume-Uni. Mais le gouvernement sovi\u00e9tique a tenu bon.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa derni\u00e8re tentative pour persuader l'URSS d'agir ensemble fut faite par Hitler lors de la visite de Molotov \u00e0 Berlin en novembre 1940. Mais Molotov a suivi avec pr\u00e9cision les instructions de Staline et s'est limit\u00e9 \u00e0 une discussion g\u00e9n\u00e9rale sur l'id\u00e9e allemande d'une adh\u00e9sion de l'Union sovi\u00e9tique au Pacte tripartite sign\u00e9 par l'Allemagne, l'Italie et le Japon en septembre 1940 et dirig\u00e9 contre le Royaume-Uni et les \u00c9tats-Unis. Il n'est pas \u00e9tonnant que, d\u00e8s le 17 novembre, Molotov ait donn\u00e9 les instructions suivantes au repr\u00e9sentant pl\u00e9nipotentiaire sovi\u00e9tique \u00e0 Londres, Ivan Maisky\u00a0: \"Pour votre information... Aucun accord n'a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 ou n'\u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 Berlin. Nous avons juste \u00e9chang\u00e9 nos points de vue \u00e0 Berlin... et c'est tout... Apparemment, les Allemands et les Japonais semblent d\u00e9sireux de nous pousser vers le Golfe et l'Inde. Nous avons refus\u00e9 de discuter de cette question car nous consid\u00e9rons qu'un tel conseil de la part de l'Allemagne est inappropri\u00e9\". Et le 25 novembre, les dirigeants sovi\u00e9tiques ont mis un terme \u00e0 tout cela en proposant officiellement \u00e0 Berlin les conditions qui \u00e9taient inacceptables pour les nazis, notamment le retrait des troupes allemandes de Finlande, le trait\u00e9 d'assistance mutuelle entre la Bulgarie et l'URSS, et un certain nombre d'autres. Elle a ainsi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment exclu toute possibilit\u00e9 d'adh\u00e9rer au pacte. Cette position a d\u00e9finitivement fa\u00e7onn\u00e9 l'intention du F\u00fchrer de d\u00e9clencher une guerre contre l'URSS. Et d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9cembre, mettant de c\u00f4t\u00e9 les avertissements de ses strat\u00e8ges sur le danger d\u00e9sastreux d'une guerre sur deux fronts, Hitler a approuv\u00e9 le plan Barbarossa. Il le fit en sachant que l'Union sovi\u00e9tique \u00e9tait la principale force qui s'opposait \u00e0 lui en Europe et que la prochaine bataille \u00e0 l'Est d\u00e9ciderait de l'issue de la guerre mondiale. Et il n'avait aucun doute quant \u00e0 la rapidit\u00e9 et au succ\u00e8s de la campagne de Moscou.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt je voudrais ici souligner les points suivants\u00a0: Les pays occidentaux, en fait, \u00e9taient alors d'accord avec les actions sovi\u00e9tiques et ont reconnu l'intention de l'Union sovi\u00e9tique d'assurer sa s\u00e9curit\u00e9 nationale. En effet, le 1er octobre 1939, Winston Churchill, le premier Lord de l'Amiraut\u00e9 de l'\u00e9poque, a d\u00e9clar\u00e9 dans son discours \u00e0 la radio\u00a0: \"La Russie a poursuivi une politique froide d'int\u00e9r\u00eat personnel... Mais que les arm\u00e9es russes se tiennent sur cette ligne [c'est-\u00e0-dire la nouvelle fronti\u00e8re occidentale] \u00e9tait clairement n\u00e9cessaire pour la s\u00e9curit\u00e9 de la Russie contre la menace nazie\". Le 4 octobre 1939, le ministre britannique des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Halifax, a d\u00e9clar\u00e9 devant la Chambre des Lords\u00a0: \"... il faut rappeler que les actions du gouvernement sovi\u00e9tique ont consist\u00e9 \u00e0 d\u00e9placer la fronti\u00e8re essentiellement sur la ligne recommand\u00e9e par Lord Curzon \u00e0 la Conf\u00e9rence de Versailles... Je ne fais que citer des faits historiques et je pense qu'ils sont incontestables\". L'\u00e9minent homme politique et homme d'\u00c9tat britannique D. Lloyd George a soulign\u00e9 que \"les arm\u00e9es russes ont occup\u00e9 les territoires qui ne sont pas polonais et qui ont \u00e9t\u00e9 saisis de force par la Pologne apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale... Ce serait un acte de folie criminelle que de mettre l'avanc\u00e9e russe au m\u00eame niveau que l'avanc\u00e9e allemande\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELors de communications informelles avec le repr\u00e9sentant pl\u00e9nipotentiaire sovi\u00e9tique Maisky, les diplomates et les politiciens de haut niveau britanniques se sont exprim\u00e9s encore plus ouvertement. Le 17 octobre 1939, le sous-secr\u00e9taire d'\u00c9tat aux Affaires \u00e9trang\u00e8res, R. A. Butler, lui confie que les milieux gouvernementaux britanniques estiment qu'il ne saurait \u00eatre question de restituer l'Ukraine occidentale et la Bi\u00e9lorussie \u00e0 la Pologne. Selon lui, s'il avait \u00e9t\u00e9 possible de cr\u00e9er une Pologne ethnographique de taille modeste avec une garantie non seulement de l'URSS et de l'Allemagne, mais aussi de la Grande-Bretagne et de la France, le gouvernement britannique se serait consid\u00e9r\u00e9 comme tout \u00e0 fait satisfait. Le 27 octobre 1939, le conseiller principal de Chamberlain, H.Wilson, d\u00e9clara que la Pologne devait \u00eatre restaur\u00e9e en tant qu'\u00c9tat ind\u00e9pendant sur sa base ethnographique, mais sans l'Ukraine occidentale et la Bi\u00e9lorussie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl convient de noter qu'au cours de ces conversations, les possibilit\u00e9s d'am\u00e9liorer les relations entre la Grande-Bretagne et l'Union sovi\u00e9tique ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 explor\u00e9es. Ces contacts ont, dans une large mesure, jet\u00e9 les bases d'une future alliance et d'une coalition anti-hitl\u00e9rienne. Churchill se distinguait des autres hommes politiques responsables et clairvoyants et, malgr\u00e9 son aversion tristement c\u00e9l\u00e8bre pour l'URSS, il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 favorable \u00e0 une coop\u00e9ration avec les Sovi\u00e9tiques. En mai 1939, il d\u00e9clara \u00e0 la Chambre des Communes\u00a0: \"Nous serons en danger de mort si nous ne parvenons pas \u00e0 cr\u00e9er une grande alliance contre l'agression. La pire des folies serait d'\u00e9carter toute coop\u00e9ration naturelle avec la Russie sovi\u00e9tique\". Et apr\u00e8s le d\u00e9but des hostilit\u00e9s en Europe, lors de sa rencontre avec Maisky le 6 octobre 1939, il confia qu'il n'y avait pas de contradictions s\u00e9rieuses entre le Royaume-Uni et l'URSS et que, par cons\u00e9quent, il n'y avait aucune raison d'avoir des relations tendues ou insatisfaisantes. Il a \u00e9galement mentionn\u00e9 que le gouvernement britannique \u00e9tait d\u00e9sireux de d\u00e9velopper les relations commerciales et dispos\u00e9 \u00e0 discuter de toute autre mesure susceptible d'am\u00e9liorer les relations.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Seconde Guerre mondiale ne s'est pas produite du jour au lendemain, ni n'a commenc\u00e9 de mani\u00e8re inattendue ou soudaine. Et l'agression allemande contre la Pologne n'est pas venue de nulle part. Elle \u00e9tait le r\u00e9sultat d'un certain nombre de tendances et de facteurs de la politique mondiale de l'\u00e9poque. Tous les \u00e9v\u00e9nements d'avant-guerre se sont mis en place pour former une cha\u00eene fatale. Mais, sans aucun doute, les principaux facteurs qui ont pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 la plus grande trag\u00e9die de l'histoire de l'humanit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 l'\u00e9go\u00efsme de l'\u00c9tat, la l\u00e2chet\u00e9, l'apaisement de l'agresseur qui gagnait en force, et la r\u00e9ticence des \u00e9lites politiques \u00e0 rechercher un compromis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPar cons\u00e9quent, il est injuste de pr\u00e9tendre que la visite de deux jours \u00e0 Moscou du ministre nazi des affaires \u00e9trang\u00e8res Ribbentrop a \u00e9t\u00e9 la principale raison du d\u00e9but de la Seconde Guerre mondiale. Tous les principaux pays sont, dans une certaine mesure, responsables de son d\u00e9clenchement. Chacun d'entre eux a commis des erreurs fatales, croyant avec arrogance qu'il pouvait \u00eatre plus malin que les autres, s'assurer des avantages unilat\u00e9raux ou rester \u00e0 l'\u00e9cart de la catastrophe mondiale imminente. Et cette myopie, le refus de cr\u00e9er un syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 collective a co\u00fbt\u00e9 des millions de vies et des pertes \u00e9normes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn disant cela, je n'ai nullement l'intention d'assumer le r\u00f4le d'un juge, d'accuser ou d'acquitter qui que ce soit, et encore moins de lancer un nouveau cycle de confrontation internationale de l'information dans le domaine historique qui pourrait mettre les pays et les peuples \u00e0 couteaux tir\u00e9s. Je pense que ce sont les universitaires, avec une large repr\u00e9sentation de scientifiques respect\u00e9s de diff\u00e9rents pays du monde, qui devraient chercher \u00e0 \u00e9valuer de mani\u00e8re \u00e9quilibr\u00e9e ce qui s'est pass\u00e9. Nous avons tous besoin de la v\u00e9rit\u00e9 et de l'objectivit\u00e9. Pour ma part, j'ai toujours encourag\u00e9 mes coll\u00e8gues \u00e0 \u00e9tablir un dialogue calme, ouvert et bas\u00e9 sur la confiance, \u00e0 regarder le pass\u00e9 commun d'une mani\u00e8re autocritique et impartiale. Une telle approche permettra de ne pas r\u00e9p\u00e9ter les erreurs commises \u00e0 l'\u00e9poque et d'assurer un d\u00e9veloppement pacifique et r\u00e9ussi pour les ann\u00e9es \u00e0 venir.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EToutefois, nombre de nos partenaires ne sont pas encore pr\u00eats \u00e0 travailler ensemble. Au contraire, poursuivant leurs objectifs, ils augmentent le nombre et l'ampleur des attaques d'information contre notre pays, essayant de nous faire trouver des excuses et de nous faire sentir coupables, et adoptant des d\u00e9clarations tout \u00e0 fait hypocrites et politiquement motiv\u00e9es. Ainsi, par exemple, la r\u00e9solution sur l'importance de la m\u00e9moire europ\u00e9enne pour l'avenir de l'Europe, approuv\u00e9e par le Parlement europ\u00e9en le 19 septembre 2019, accuse directement l'URSS ainsi que l'Allemagne nazie d'avoir d\u00e9clench\u00e9 la Seconde Guerre mondiale. Il va sans dire qu'il n'y est nullement fait mention de Munich.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe pense que cette \"paperasserie\" - car je ne peux pas appeler cette r\u00e9solution un document - qui vise clairement \u00e0 provoquer un scandale, est charg\u00e9e de menaces r\u00e9elles et dangereuses. En effet, elle a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par une institution tr\u00e8s respectable. Et qu'est-ce que cela montre\u00a0? Malheureusement, cela r\u00e9v\u00e8le une politique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e visant \u00e0 d\u00e9truire l'ordre mondial de l'apr\u00e8s-guerre dont la cr\u00e9ation \u00e9tait une question d'honneur et de responsabilit\u00e9 pour les \u00c9tats dont un certain nombre de repr\u00e9sentants ont vot\u00e9 aujourd'hui en faveur de cette r\u00e9solution trompeuse. Ainsi, ils ont remis en cause les conclusions du Tribunal de Nuremberg et les efforts de la communaut\u00e9 internationale pour cr\u00e9er apr\u00e8s la victoire de 1945 des institutions internationales universelles. Permettez-moi de vous rappeler \u00e0 cet \u00e9gard que le processus d'int\u00e9gration europ\u00e9enne lui-m\u00eame, qui a conduit \u00e0 la mise en place des structures pertinentes, y compris le Parlement europ\u00e9en, n'a \u00e9t\u00e9 possible que gr\u00e2ce aux enseignements tir\u00e9s du pass\u00e9 et \u00e0 son \u00e9valuation juridique et politique pr\u00e9cise. Et ceux qui remettent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment en cause ce consensus sapent les fondements de toute l'Europe de l'apr\u00e8s-guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOutre la menace qu'elle fait peser sur les principes fondamentaux de l'ordre mondial, cette situation soul\u00e8ve \u00e9galement certaines questions morales et \u00e9thiques. Profaner et insulter la m\u00e9moire est m\u00e9chant. La mesquinerie peut \u00eatre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, hypocrite et \u00e0 peu pr\u00e8s intentionnelle comme dans la situation o\u00f9 les d\u00e9clarations comm\u00e9morant le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale mentionnent tous les participants \u00e0 la coalition anti-hitl\u00e9rienne \u00e0 l'exception de l'Union sovi\u00e9tique. La signification peut \u00eatre l\u00e2che comme dans la situation o\u00f9 des monuments \u00e9rig\u00e9s en l'honneur de ceux qui ont lutt\u00e9 contre le nazisme sont d\u00e9molis et o\u00f9 ces actes honteux sont justifi\u00e9s par les faux slogans de la lutte contre une id\u00e9ologie malvenue et une pr\u00e9tendue occupation. La mesquinerie peut \u00e9galement \u00eatre sanglante comme dans la situation o\u00f9 ceux qui s'\u00e9l\u00e8vent contre les n\u00e9o-nazis et les successeurs de Bandera sont tu\u00e9s et br\u00fbl\u00e9s. Une fois de plus, la mesquinerie peut avoir diff\u00e9rentes manifestations, mais cela ne la rend pas moins d\u00e9go\u00fbtante.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EN\u00e9gliger les le\u00e7ons de l'histoire conduit in\u00e9vitablement \u00e0 une dure vengeance. Nous d\u00e9fendrons fermement la v\u00e9rit\u00e9, fond\u00e9e sur des faits historiques document\u00e9s. Nous continuerons \u00e0 \u00eatre honn\u00eates et impartiaux sur les \u00e9v\u00e9nements de la Seconde Guerre mondiale. Cela inclut un projet \u00e0 grande \u00e9chelle visant \u00e0 constituer la plus grande collection de documents d'archives, de films et de photos de Russie sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la p\u00e9riode d'avant-guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe travail est d\u00e9j\u00e0 en cours. De nombreux documents nouveaux, r\u00e9cemment d\u00e9couverts ou d\u00e9classifi\u00e9s ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s dans la pr\u00e9paration de cet article. \u00c0 cet \u00e9gard, je peux affirmer en toute responsabilit\u00e9 qu'il n'existe aucun document d'archives qui confirmerait l'hypoth\u00e8se selon laquelle l'URSS avait l'intention de d\u00e9clencher une guerre pr\u00e9ventive contre l'Allemagne. La direction militaire sovi\u00e9tique a en effet suivi une doctrine selon laquelle, en cas d'agression, l'Arm\u00e9e rouge devait rapidement affronter l'ennemi, passer \u00e0 l'offensive et faire la guerre en territoire ennemi. Cependant, ces plans strat\u00e9giques n'impliquaient aucune intention d'attaquer l'Allemagne en premier lieu.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EBien entendu, les documents de planification militaire, les lettres d'instruction des quartiers g\u00e9n\u00e9raux sovi\u00e9tiques et allemands sont d\u00e9sormais \u00e0 la disposition des historiens. Enfin, nous connaissons le v\u00e9ritable d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements. Du point de vue de cette connaissance, beaucoup discutent des actions, des erreurs et des mauvais jugements des dirigeants militaires et politiques du pays. \u00c0 cet \u00e9gard, je dirai une chose\u00a0: parall\u00e8lement \u00e0 un \u00e9norme flux de d\u00e9sinformation de toutes sortes, les dirigeants sovi\u00e9tiques ont \u00e9galement re\u00e7u des informations v\u00e9ridiques sur l'agression nazie \u00e0 venir. Et dans les mois d'avant-guerre, ils ont pris des mesures pour am\u00e9liorer l'\u00e9tat de pr\u00e9paration au combat du pays, notamment le recrutement secret d'une partie des personnes astreintes au service militaire pour l'entra\u00eenement militaire et le red\u00e9ploiement d'unit\u00e9s et de r\u00e9serves des districts militaires internes vers les fronti\u00e8res occidentales.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa guerre n'a pas \u00e9t\u00e9 une surprise, les gens l'attendaient, ils s'y pr\u00e9paraient. Mais l'attaque nazie \u00e9tait vraiment sans pr\u00e9c\u00e9dent par sa puissance destructrice. Le 22 juin 1941, l'Union sovi\u00e9tique faisait face \u00e0 l'arm\u00e9e la plus forte, la plus mobilis\u00e9e et la plus comp\u00e9tente du monde, avec le potentiel industriel, \u00e9conomique et militaire de presque toute l'Europe \u00e0 son service. Non seulement la Wehrmacht, mais aussi les satellites allemands, les contingents militaires de nombreux autres \u00c9tats du continent europ\u00e9en, ont pris part \u00e0 cette invasion meurtri\u00e8re.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes d\u00e9faites militaires les plus graves, en 1941, ont amen\u00e9 le pays au bord de la catastrophe. La puissance de combat et le contr\u00f4le devaient \u00eatre r\u00e9tablis par des moyens extr\u00eames, une mobilisation nationale et l'intensification de tous les efforts de l'\u00c9tat et du peuple. En \u00e9t\u00e9 1941, des millions de citoyens, des centaines d'usines et d'industries ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre \u00e9vacu\u00e9s sous le feu ennemi \u00e0 l'est du pays. La fabrication d'armes et de munitions, qui avait commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre fournie au front d\u00e8s le premier hiver militaire, fut lanc\u00e9e dans les plus brefs d\u00e9lais, et en 1943, les taux de production militaire de l'Allemagne et de ses alli\u00e9s \u00e9taient d\u00e9pass\u00e9s. En l'espace de six mois, le peuple sovi\u00e9tique a fait quelque chose qui semblait impossible. Tant sur le front que sur le front int\u00e9rieur. Il est encore difficile de r\u00e9aliser, de comprendre et d'imaginer quels efforts incroyables, quel courage, quel d\u00e9vouement valaient ces plus grandes r\u00e9alisations.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'immense puissance de la soci\u00e9t\u00e9 sovi\u00e9tique, unie par le d\u00e9sir de prot\u00e9ger sa terre natale, s'est \u00e9lev\u00e9e contre la puissante machine d'invasion nazie, arm\u00e9e jusqu'aux dents et au sang froid. Elle s'est dress\u00e9e pour se venger de l'ennemi, qui avait bris\u00e9, pi\u00e9tin\u00e9 la vie pacifique, les plans et les espoirs du peuple.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EBien s\u00fbr, la peur, la confusion et le d\u00e9sespoir s'emparaient de certaines personnes pendant cette guerre terrible et sanglante. Il y a eu des trahisons et des d\u00e9sertions. La dure rupture caus\u00e9e par la r\u00e9volution et la guerre civile, le nihilisme, les moqueries sur l'histoire nationale, les traditions et la foi que les bolcheviks ont essay\u00e9 d'imposer, surtout dans les premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s leur arriv\u00e9e au pouvoir - tout cela a eu son impact. Mais l'attitude g\u00e9n\u00e9rale de la majorit\u00e9 absolue des citoyens sovi\u00e9tiques et de nos compatriotes qui se sont retrouv\u00e9s \u00e0 l'\u00e9tranger \u00e9tait diff\u00e9rente\u00a0: sauver et prot\u00e9ger la m\u00e8re patrie. C'\u00e9tait une impulsion r\u00e9elle et irr\u00e9pressible. Les gens cherchaient un soutien dans les vraies valeurs patriotiques.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes \"strat\u00e8ges\" nazis \u00e9taient convaincus qu'un \u00e9norme \u00c9tat multinational pouvait facilement \u00eatre mis au pas. Ils pensaient que le d\u00e9clenchement soudain de la guerre, son caract\u00e8re impitoyable et ses difficult\u00e9s insupportables allaient in\u00e9vitablement exacerber les relations interethniques. Et que le pays pourrait \u00eatre divis\u00e9 en morceaux. Hitler l'a clairement affirm\u00e9\u00a0: \"Notre politique envers les peuples vivant dans l'immensit\u00e9 de la Russie devrait \u00eatre de promouvoir toute forme de d\u00e9saccord et de division\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais d\u00e8s les premiers jours, il \u00e9tait clair que le plan nazi avait \u00e9chou\u00e9. La forteresse de Brest a \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e jusqu'\u00e0 la derni\u00e8re goutte de sang par ses d\u00e9fenseurs de plus de 30 ethnies. Tout au long de la guerre, l'exploit du peuple sovi\u00e9tique n'a connu aucune fronti\u00e8re nationale, que ce soit dans les grandes batailles d\u00e9cisives ou dans la protection de chaque pied, de chaque m\u00e8tre de terre natale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa r\u00e9gion de la Volga et de l'Oural, la Sib\u00e9rie et l'Extr\u00eame-Orient, les r\u00e9publiques d'Asie centrale et de Transcaucasie ont accueilli des millions de sinistr\u00e9s. Leurs habitants ont partag\u00e9 tout ce qu'ils avaient et apport\u00e9 tout le soutien possible. L'amiti\u00e9 des peuples et l'entraide sont devenues une v\u00e9ritable forteresse indestructible pour l'ennemi.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Union sovi\u00e9tique et l'Arm\u00e9e rouge, quoi qu'on essaie de prouver aujourd'hui, ont apport\u00e9 la contribution principale et cruciale \u00e0 la d\u00e9faite du nazisme. Ce sont des h\u00e9ros qui ont combattu jusqu'au bout, entour\u00e9s par l'ennemi, \u00e0 Bialystok et Mogilev, Ouman et Kiev, Vyazma et Kharkov. Ils ont lanc\u00e9 des attaques pr\u00e8s de Moscou et Stalingrad, S\u00e9bastopol et Odessa, Koursk et Smolensk. Ils ont lib\u00e9r\u00e9 Varsovie, Belgrade, Vienne et Prague. Ils ont pris d'assaut Koenigsberg et Berlin.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENous luttons pour une v\u00e9rit\u00e9 authentique, non vernie ou blanchie sur la guerre. Cette v\u00e9rit\u00e9 nationale, humaine, qui est dure, am\u00e8re et impitoyable, nous a \u00e9t\u00e9 transmise par des \u00e9crivains et des po\u00e8tes qui ont travers\u00e9 le feu et l'enfer des proc\u00e8s de front. Pour ma g\u00e9n\u00e9ration, ainsi que pour d'autres, leurs histoires honn\u00eates et profondes, leurs romans, leur prose de tranch\u00e9es per\u00e7antes et leurs po\u00e8mes ont laiss\u00e9 leur empreinte dans mon \u00e2me pour toujours. Honorer les v\u00e9t\u00e9rans qui ont fait tout leur possible pour la Victoire et se souvenir de ceux qui sont morts sur le champ de bataille est devenu notre devoir moral.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt aujourd'hui, les vers simples et grands dans leur essence du po\u00e8me d'Alexandre Tvardovsky \"J'ai \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 pr\u00e8s de Rzhev...\" d\u00e9di\u00e9 aux participants de la bataille sanglante et brutale de la Grande guerre patriotique au centre de la ligne de front sovi\u00e9to-allemande sont \u00e9tonnants. Rien que dans les batailles pour Rzhev et le saillant de Rzhevsky d'octobre 1941 \u00e0 mars 1943, l'Arm\u00e9e Rouge a perdu 1 154 698 personnes, dont des bless\u00e9s et des disparus. Pour la premi\u00e8re fois, je cite ces chiffres terribles, tragiques et loin d'\u00eatre complets, tir\u00e9s de sources d'archives. Je le fais pour honorer la m\u00e9moire de l'exploit de h\u00e9ros connus et anonymes qui, pour diverses raisons, ont \u00e9t\u00e9 ind\u00fbment, et injustement peu ou pas du tout \u00e9voqu\u00e9s dans les ann\u00e9es d'apr\u00e8s-guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELaissez-moi vous citer un autre document. Il s'agit d'un rapport de f\u00e9vrier 1954 sur les r\u00e9parations accord\u00e9es par l'Allemagne par la Commission alli\u00e9e sur les r\u00e9parations dirig\u00e9e par Ivan Maisky. La Commission avait pour t\u00e2che de d\u00e9finir une formule selon laquelle l'Allemagne vaincue devrait payer les dommages subis par les puissances victorieuses. La Commission a conclu que \"le nombre de jours-soldats pass\u00e9s par l'Allemagne sur le front sovi\u00e9tique est au moins dix fois plus \u00e9lev\u00e9 que sur tous les autres fronts alli\u00e9s. Le front sovi\u00e9tique devait \u00e9galement accueillir quatre cinqui\u00e8mes des chars allemands et environ deux tiers des avions allemands\". Dans l'ensemble, l'URSS repr\u00e9sentait environ 75 % de tous les efforts militaires entrepris par la coalition anti-hitl\u00e9rienne. Pendant la p\u00e9riode de guerre, l'Arm\u00e9e rouge a \"clou\u00e9 au sol\" 626 divisions des \u00c9tats de l'Axe, dont 508 \u00e9taient allemandes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe 28 avril 1942, Franklin D. Roosevelt a d\u00e9clar\u00e9 dans son discours \u00e0 la nation am\u00e9ricaine \"Ces forces russes ont d\u00e9truit et d\u00e9truisent plus de puissance arm\u00e9e de nos ennemis - troupes, avions, chars et canons - que toutes les autres Nations Unies r\u00e9unies\". Winston Churchill, dans son message \u00e0 Joseph Staline du 27 septembre 1944, a \u00e9crit \"que c'est l'arm\u00e9e russe qui a arrach\u00e9 les tripes de la machine militaire allemande...\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne telle appr\u00e9ciation a trouv\u00e9 un \u00e9cho dans le monde entier. Car ces mots sont la grande v\u00e9rit\u00e9, dont personne ne doutait alors. Pr\u00e8s de 27 millions de citoyens sovi\u00e9tiques ont perdu la vie sur les fronts, dans les prisons allemandes, sont morts de faim et ont \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9s, sont morts dans les ghettos et les fours des camps de la mort nazis. L'URSS a perdu un citoyen sur sept, le Royaume-Uni un sur 127, et les \u00c9tats-Unis un sur 320. Malheureusement, ce chiffre des pertes les plus dures et les plus graves de l'Union sovi\u00e9tique n'est pas exhaustif. Le travail laborieux doit \u00eatre poursuivi pour r\u00e9tablir les noms et les destins de tous ceux qui ont p\u00e9ri - soldats de l'Arm\u00e9e rouge, partisans, combattants clandestins, prisonniers de guerre et des camps de concentration, et civils tu\u00e9s par les escadrons de la mort. C'est notre devoir. Et ici, les membres du mouvement de recherche, les associations militaro-patriotiques et b\u00e9n\u00e9voles, des projets tels que la base de donn\u00e9es \u00e9lectronique \"Pamyat Naroda\", qui contient des documents d'archives, jouent un r\u00f4le particulier. Et il est certain qu'une coop\u00e9ration internationale \u00e9troite est n\u00e9cessaire dans le cadre d'une t\u00e2che humanitaire aussi commune.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes efforts de tous les pays et peuples qui ont lutt\u00e9 contre un ennemi commun ont abouti \u00e0 une victoire. L'arm\u00e9e britannique a prot\u00e9g\u00e9 sa patrie de l'invasion, a combattu les nazis et leurs satellites en M\u00e9diterran\u00e9e et en Afrique du Nord. Les troupes am\u00e9ricaines et britanniques ont lib\u00e9r\u00e9 l'Italie et ont ouvert le deuxi\u00e8me front. Les \u00c9tats-Unis ont men\u00e9 des attaques puissantes et \u00e9crasantes contre l'agresseur dans l'oc\u00e9an Pacifique. Nous nous souvenons des \u00e9normes sacrifices consentis par le peuple chinois et de son grand r\u00f4le dans la d\u00e9faite des militaristes japonais. N'oublions pas les combattants de la France combattante, qui ne sont pas tomb\u00e9s dans le pi\u00e8ge de la honteuse capitulation et qui ont continu\u00e9 \u00e0 lutter contre les nazis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENous serons \u00e9galement toujours reconnaissants aux Alli\u00e9s pour l'aide qu'ils ont apport\u00e9e en fournissant \u00e0 l'Arm\u00e9e rouge des munitions, des mati\u00e8res premi\u00e8res, de la nourriture et du mat\u00e9riel. Et cette aide a \u00e9t\u00e9 significative - environ 7 % de la production militaire totale de l'Union sovi\u00e9tique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe noyau de la coalition anti-hitl\u00e9rienne a commenc\u00e9 \u00e0 prendre forme imm\u00e9diatement apr\u00e8s l'attaque contre l'Union sovi\u00e9tique, o\u00f9 les \u00c9tats-Unis et la Grande-Bretagne l'ont soutenu sans condition dans la lutte contre l'Allemagne hitl\u00e9rienne. Lors de la conf\u00e9rence de T\u00e9h\u00e9ran en 1943, Staline, Roosevelt et Churchill ont form\u00e9 une alliance de grandes puissances, ont convenu d'\u00e9laborer une diplomatie de coalition et une strat\u00e9gie commune dans la lutte contre une menace mortelle commune. Les dirigeants des trois grands avaient clairement compris que l'unification des capacit\u00e9s industrielles, des ressources et des capacit\u00e9s militaires de l'URSS, des \u00c9tats-Unis et du Royaume-Uni donnerait une supr\u00e9matie incontest\u00e9e sur l'ennemi.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Union sovi\u00e9tique a pleinement rempli ses obligations envers ses alli\u00e9s et leur a toujours offert un coup de main. Ainsi, l'Arm\u00e9e rouge a soutenu le d\u00e9barquement des troupes anglo-am\u00e9ricaines en Normandie en menant une op\u00e9ration de grande envergure, l'op\u00e9ration Bagration, en Bi\u00e9lorussie. En janvier 1945, apr\u00e8s avoir perc\u00e9 l'Oder, elle met fin \u00e0 la derni\u00e8re puissante offensive de la Wehrmacht sur le front occidental dans les Ardennes. Trois mois apr\u00e8s la victoire sur l'Allemagne, l'URSS, en pleine conformit\u00e9 avec les accords de Yalta, d\u00e9clare la guerre au Japon et d\u00e9fait l'arm\u00e9e Kwantung, forte d'un million de soldats.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn juillet 1941, les dirigeants sovi\u00e9tiques ont d\u00e9clar\u00e9 que le but de la guerre contre les oppresseurs fascistes \u00e9tait non seulement d'\u00e9liminer la menace qui pesait sur notre pays, mais aussi d'aider tous les peuples d'Europe qui souffraient sous le joug du fascisme allemand. Au milieu de l'ann\u00e9e 1944, l'ennemi a \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 de la quasi-totalit\u00e9 du territoire sovi\u00e9tique. Il fallait cependant achever l'ennemi dans son repaire. C'est ainsi que l'Arm\u00e9e rouge a commenc\u00e9 sa mission de lib\u00e9ration en Europe. Elle a sauv\u00e9 des nations enti\u00e8res de la destruction et de l'esclavage, ainsi que de l'horreur de l'Holocauste. Elles ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9es au prix de centaines de milliers de vies de soldats sovi\u00e9tiques.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl est \u00e9galement important de ne pas oublier l'\u00e9norme aide mat\u00e9rielle que l'URSS a fournie aux pays lib\u00e9r\u00e9s pour \u00e9liminer la menace de la faim et reconstruire leurs \u00e9conomies et leurs infrastructures. Cela se faisait \u00e0 l'\u00e9poque o\u00f9 les cendres s'\u00e9tendaient sur des milliers de kilom\u00e8tres, de Brest \u00e0 Moscou et \u00e0 la Volga. Par exemple, en mai 1945, le gouvernement autrichien a demand\u00e9 \u00e0 l'URSS de lui fournir une aide alimentaire, car il \"n'avait aucune id\u00e9e de la mani\u00e8re de nourrir sa population au cours des sept semaines pr\u00e9c\u00e9dant la nouvelle r\u00e9colte\". Le chancelier d'\u00c9tat du gouvernement provisoire de la R\u00e9publique autrichienne, Karl Renner, a d\u00e9crit le consentement des dirigeants sovi\u00e9tiques \u00e0 envoyer de la nourriture comme un acte de sauvetage que les Autrichiens n'oublieraient jamais.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Alli\u00e9s ont cr\u00e9\u00e9 conjointement le Tribunal militaire international pour punir les criminels politiques et de guerre nazis. Ses d\u00e9cisions contenaient une qualification juridique claire des crimes contre l'humanit\u00e9, tels que le g\u00e9nocide, le nettoyage ethnique et religieux, l'antis\u00e9mitisme et la x\u00e9nophobie. Directement et sans ambigu\u00eft\u00e9, le Tribunal de Nuremberg a \u00e9galement condamn\u00e9 les complices des nazis, collaborateurs de toutes sortes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe ph\u00e9nom\u00e8ne honteux s'est manifest\u00e9 dans tous les pays europ\u00e9ens. Des personnages tels que P\u00e9tain, Quisling, Vlasov, Bandera, leurs sbires et leurs partisans - bien qu'ils aient \u00e9t\u00e9 d\u00e9guis\u00e9s en combattants pour l'ind\u00e9pendance nationale ou la lib\u00e9ration du communisme - sont des tra\u00eetres et des massacreurs. Dans l'inhumanit\u00e9, ils ont souvent d\u00e9pass\u00e9 leurs ma\u00eetres. Dans leur d\u00e9sir de servir, en tant que membres de groupes punitifs sp\u00e9ciaux, ils ont volontairement ex\u00e9cut\u00e9 les ordres les plus inhumains. Ils ont \u00e9t\u00e9 responsables d'\u00e9v\u00e9nements sanglants tels que la fusillade de Babi Yar, le massacre de Volhynia, l'incendie de Khatyn, les actes de destruction des Juifs en Lituanie et en Lettonie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAujourd'hui aussi, notre position reste inchang\u00e9e - les actes criminels des collaborateurs nazis sont inexcusables, il n'y a pas de prescription pour eux. Il est donc d\u00e9concertant que, dans certains pays, ceux qui sont souriants de la coop\u00e9ration avec les nazis soient soudainement assimil\u00e9s aux v\u00e9t\u00e9rans de la Seconde Guerre mondiale. Je pense qu'il est inacceptable d'assimiler les lib\u00e9rateurs aux occupants. Et je ne peux que consid\u00e9rer la glorification des collaborateurs nazis comme une trahison de la m\u00e9moire de nos p\u00e8res et de nos grands-p\u00e8res. Une trahison des id\u00e9aux qui ont uni les peuples dans la lutte contre le nazisme.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00c0 cette \u00e9poque, les dirigeants de l'URSS, des \u00c9tats-Unis et du Royaume-Uni \u00e9taient confront\u00e9s, sans exag\u00e9ration, \u00e0 une t\u00e2che historique. Staline, Roosevelt et Churchill repr\u00e9sentaient des pays aux id\u00e9ologies, aux aspirations \u00e9tatiques, aux int\u00e9r\u00eats et aux cultures diff\u00e9rentes, mais ils ont fait preuve d'une grande volont\u00e9 politique, se sont \u00e9lev\u00e9s au-dessus des contradictions et des pr\u00e9f\u00e9rences et ont mis les v\u00e9ritables int\u00e9r\u00eats de la paix au premier plan. Ils ont ainsi pu parvenir \u00e0 un accord et \u00e0 une solution dont toute l'humanit\u00e9 a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes puissances victorieuses nous ont laiss\u00e9 un syst\u00e8me qui est devenu la quintessence de la qu\u00eate intellectuelle et politique de plusieurs si\u00e8cles. Une s\u00e9rie de conf\u00e9rences - T\u00e9h\u00e9ran, Yalta, San Francisco et Potsdam - ont jet\u00e9 les bases d'un monde qui, pendant 75 ans, n'a connu aucune guerre globale, malgr\u00e9 les contradictions les plus aigu\u00ebs.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe r\u00e9visionnisme historique, dont nous observons aujourd'hui les manifestations en Occident, et principalement en ce qui concerne le sujet de la Seconde Guerre mondiale et son issue, est dangereux car il d\u00e9forme grossi\u00e8rement et cyniquement la compr\u00e9hension des principes de d\u00e9veloppement pacifique, \u00e9nonc\u00e9s lors des conf\u00e9rences de Yalta et de San Francisco en 1945. La principale r\u00e9alisation historique de Yalta et d'autres d\u00e9cisions de cette \u00e9poque est l'accord visant \u00e0 cr\u00e9er un m\u00e9canisme qui permettrait aux principales puissances de rester dans le cadre de la diplomatie pour r\u00e9soudre leurs diff\u00e9rends.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe XXe si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par des conflits mondiaux de grande ampleur et de grande envergure, et en 1945, les armes nucl\u00e9aires capables de d\u00e9truire physiquement la Terre sont \u00e9galement entr\u00e9es en sc\u00e8ne. En d'autres termes, le r\u00e8glement des diff\u00e9rends par la force est devenu prohibitif et dangereux. Et les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale l'ont compris. Ils comprenaient et \u00e9taient conscients de leur propre responsabilit\u00e9 envers l'humanit\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe r\u00e9cit \u00e9difiant de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations a \u00e9t\u00e9 pris en compte en 1945. La structure du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 rendre les garanties de paix aussi concr\u00e8tes et efficaces que possible. C'est ainsi qu'est n\u00e9e l'institution des membres permanents du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et du droit de veto en tant que privil\u00e8ge et responsabilit\u00e9 de ces derniers.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EQu'est-ce que le droit de veto au sein du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies\u00a0? Pour dire les choses cr\u00fbment, c'est la seule alternative raisonnable \u00e0 une confrontation directe entre les grands pays. Il s'agit d'une d\u00e9claration de l'une des cinq puissances selon laquelle une d\u00e9cision est inacceptable pour elle et est contraire \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats et \u00e0 ses id\u00e9es sur la bonne approche. Et les autres pays, m\u00eame s'ils ne sont pas d'accord, consid\u00e8rent cette position comme allant de soi, abandonnant toute tentative de r\u00e9aliser leurs efforts unilat\u00e9raux. Il est donc n\u00e9cessaire, d'une mani\u00e8re ou d'une autre, de rechercher des compromis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne nouvelle confrontation mondiale a commenc\u00e9 presque imm\u00e9diatement apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre mondiale et a \u00e9t\u00e9 parfois tr\u00e8s f\u00e9roce. Et le fait que la guerre froide ne se soit pas transform\u00e9e en troisi\u00e8me guerre mondiale est devenu un t\u00e9moignage clair de l'efficacit\u00e9 des accords conclus par les trois grands. Les r\u00e8gles de conduite convenues lors de la cr\u00e9ation des Nations unies ont permis de r\u00e9duire encore les risques et de ma\u00eetriser les affrontements.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EBien s\u00fbr, nous pouvons constater que le syst\u00e8me des Nations unies conna\u00eet actuellement une certaine tension dans son travail et n'est pas aussi efficace qu'il pourrait l'\u00eatre. Mais l'ONU continue \u00e0 remplir sa fonction premi\u00e8re. Les principes du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies constituent un m\u00e9canisme unique pour pr\u00e9venir une guerre majeure ou un conflit mondial.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes appels qui ont \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9s assez souvent ces derni\u00e8res ann\u00e9es pour abolir le droit de veto, pour refuser des opportunit\u00e9s sp\u00e9ciales aux membres permanents du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 sont en fait irresponsables. Apr\u00e8s tout, si cela se produisait, les Nations unies deviendraient essentiellement la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations - une r\u00e9union pour des paroles creuses sans aucun moyen de pression sur les processus mondiaux. La fa\u00e7on dont elle s'est termin\u00e9e est bien connue. C'est pourquoi les puissances victorieuses ont abord\u00e9 la formation du nouveau syst\u00e8me de l'ordre mondial avec le plus grand s\u00e9rieux en cherchant \u00e0 \u00e9viter la r\u00e9p\u00e9tition des erreurs de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa cr\u00e9ation du syst\u00e8me moderne de relations internationales est l'un des principaux r\u00e9sultats de la Seconde Guerre mondiale. M\u00eame les contradictions les plus insurmontables - g\u00e9opolitiques, id\u00e9ologiques, \u00e9conomiques - ne nous emp\u00eachent pas de trouver des formes de coexistence et d'interaction pacifiques, si le d\u00e9sir et la volont\u00e9 de le faire existent. Aujourd'hui, le monde traverse une p\u00e9riode assez mouvement\u00e9e. Tout est en train de changer, depuis les rapports de force et d'influence au niveau mondial jusqu'aux fondements sociaux, \u00e9conomiques et technologiques des soci\u00e9t\u00e9s, des nations et m\u00eame des continents. Dans les \u00e9poques pass\u00e9es, des changements d'une telle ampleur ne se sont presque jamais produits sans conflits militaires majeurs. Sans une lutte de pouvoir pour construire une nouvelle hi\u00e9rarchie mondiale. Gr\u00e2ce \u00e0 la sagesse et \u00e0 la clairvoyance des personnalit\u00e9s politiques des puissances alli\u00e9es, il a \u00e9t\u00e9 possible de cr\u00e9er un syst\u00e8me qui a permis de limiter les manifestations extr\u00eames d'une telle concurrence objective, historiquement inh\u00e9rente au d\u00e9veloppement mondial.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl est de notre devoir - \u00e0 tous ceux qui assument une responsabilit\u00e9 politique et principalement aux repr\u00e9sentants des puissances victorieuses de la Seconde Guerre mondiale - de garantir le maintien et l'am\u00e9lioration de ce syst\u00e8me. Aujourd'hui, comme en 1945, il est important de faire preuve de volont\u00e9 politique et de discuter ensemble de l'avenir. Nos coll\u00e8gues - M. Xi Jinping, M. Macron, M. Trump et M. Johnson - ont soutenu l'initiative russe de tenir une r\u00e9union des dirigeants des cinq \u00c9tats dot\u00e9s d'armes nucl\u00e9aires, membres permanents du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Nous les en remercions et esp\u00e9rons qu'une telle r\u00e9union en face \u00e0 face pourra avoir lieu le plus rapidement possible.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EQuelle est notre vision de l'ordre du jour du prochain sommet\u00a0? Tout d'abord, \u00e0 notre avis, il serait utile de discuter des mesures \u00e0 prendre pour d\u00e9velopper des principes collectifs dans les affaires mondiales. Pour parler franchement des questions de pr\u00e9servation de la paix, de renforcement de la s\u00e9curit\u00e9 mondiale et r\u00e9gionale, de contr\u00f4le des armes strat\u00e9giques, ainsi que des efforts conjoints de lutte contre le terrorisme, l'extr\u00e9misme et d'autres d\u00e9fis et menaces majeurs.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUn point sp\u00e9cial de l'ordre du jour de la r\u00e9union est la situation dans l'\u00e9conomie mondiale. Et surtout, surmonter la crise \u00e9conomique caus\u00e9e par la pand\u00e9mie de coronavirus. Nos pays prennent des mesures sans pr\u00e9c\u00e9dent pour prot\u00e9ger la sant\u00e9 et la vie des gens et pour soutenir les citoyens qui se sont trouv\u00e9s dans des situations de vie difficiles. Notre capacit\u00e9 \u00e0 travailler ensemble et de concert, en tant que v\u00e9ritables partenaires, montrera la gravit\u00e9 de l'impact de la pand\u00e9mie et la rapidit\u00e9 avec laquelle l'\u00e9conomie mondiale sortira de la r\u00e9cession. En outre, il est inacceptable de transformer l'\u00e9conomie en un instrument de pression et de confrontation. Les questions les plus populaires sont la protection de l'environnement et la lutte contre le changement climatique, ainsi que la garantie de la s\u00e9curit\u00e9 de l'espace mondial de l'information.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'ordre du jour propos\u00e9 par la Russie pour le prochain sommet des cinq est extr\u00eamement important et pertinent tant pour nos pays que pour le monde entier. Et nous avons des id\u00e9es et des initiatives sp\u00e9cifiques sur tous les points.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl ne fait aucun doute que le sommet de la Russie, de la Chine, de la France, des \u00c9tats-Unis et du Royaume-Uni peut jouer un r\u00f4le important dans la recherche de r\u00e9ponses communes aux d\u00e9fis et menaces modernes, et qu'il d\u00e9montrera un engagement commun envers l'esprit d'alliance, envers ces id\u00e9aux et valeurs humanistes \u00e9lev\u00e9s pour lesquels nos p\u00e8res et nos grands-p\u00e8res se battaient c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn nous appuyant sur une m\u00e9moire historique commune, nous pouvons et devons nous faire confiance. Cela constituera une base solide pour des n\u00e9gociations fructueuses et une action concert\u00e9e en vue de renforcer la stabilit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 sur la plan\u00e8te et pour la prosp\u00e9rit\u00e9 et le bien-\u00eatre de tous les \u00c9tats. Sans exag\u00e9ration, c'est notre devoir et notre responsabilit\u00e9 communs envers le monde entier, envers les g\u00e9n\u00e9rations actuelles et futures.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EVladimir Poutine\u003C\/b\u003E\u003Cbr \/\u003E\nPr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00bb\u00bb \u003Ca href=\"https:\/\/nationalinterest.org\/feature\/vladimir-putin-real-lessons-75th-anniversary-world-war-ii-162982\"\u003Enationalinterest.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.legrandsoir.info\/les-vraies-lecons-du-75e-anniversaire-de-la-seconde-guerre-mondiale-the-national-interest.html\"\u003Elegrandsoir.info\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}