{"176155":{"id":"176155","parent":"0","time":"1593509810","url":"http:\/\/www.bastamag.net\/Manif-soignants-hopital-Olivier-Veran-salaire-segur-de-la-sante-fermeture-de-lits","category":"Alternatives","title":"Comment transformer l'hôpital en bien commun, g\u00e9r\u00e9 par les soignants et les usagers, non par les financiers","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_176155_2b0727.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"comment-transformer-l-hocircpital-en-bien-commun-gere-par-les-soignants-et-les-usagers-non-par-les-financiers","admin":"newsnet","views":"35","priority":"3","length":"13700","lang":"","content":"\u003Cp\u003Epar \u003Ca href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/Rachel-Knaebel\"\u003ERachel Knaebel\u003C\/a\u003E 30 juin 2020\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_176155_70a6a4.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003ELes collectifs de soignants et de patients ont des id\u00e9es tr\u00e8s concr\u00e8tes pour sauver l'h\u00f4pital. Alors que le gouvernement poursuit les discussions avec le secteur de la sant\u00e9, ils se mobilisent \u00e0 nouveau ce 30 juin puis le 14 juillet.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003E\u00ab Au S\u00e9gur, il y a des professionnels du lobbying tr\u00e8s efficaces, la F\u00e9d\u00e9ration de l'hospitalisation priv\u00e9e surtout. \u00bb\u003C\/i\u003E Anne Gervais est m\u00e9decin en h\u00e9pato-gastro-ent\u00e9rologie et en maladies infectieuses dans deux h\u00f4pitaux parisiens. Elle n'est pas tout \u00e0 fait convaincue par le \u00ab S\u00e9gur de la sant\u00e9 \u00bb. Cette consultation, lanc\u00e9e par le gouvernement fin mai, doit dessiner des mesures \u00e0 prendre pour l'h\u00f4pital. Apr\u00e8s le long mouvement de gr\u00e8ve des urgences, puis la mobilisation des m\u00e9decins hospitaliers, et enfin la d\u00e9mission collective d'un millier de chefs de service, la crise sanitaire du Covid a finalement oblig\u00e9 le gouvernement \u00e0 ouvrir, au moins, une discussion. Celle-ci est pilot\u00e9e par Nicole Notat, ancienne secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la CFDT. Les d\u00e9bats doivent se conclure le 10 juillet.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour l'instant, la seule promesse concr\u00e8te concerne les revalorisations des salaires : une enveloppe globale de 6 milliards pour les personnels param\u00e9dicaux (infirmiers, aides-soignants, administratifs, techniciens) des h\u00f4pitaux et Ehpad. Les cliniques priv\u00e9es pourraient \u00e9galement recevoir un coup de pouce de l'\u00c9tat pour augmenter leur personnel. Qu'en est-il des autres sujets, comme la fermeture de lits ou la gestion des h\u00f4pitaux, sur laquelle les soignants aspirent \u00e0 reprendre la main, aux d\u00e9pens des \u003Ci\u003Ecost-killers\u003C\/i\u003E ? \u003Ci\u003E\u00ab Il ne s'agit pas vraiment de discussions. Chacun est dans son couloir de piscine, et nous ne savons pas du tout si, au final, ce qu'on dit va \u00eatre pris en compte \u00bb\u003C\/i\u003E, relate Anne Gervais.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EArr\u00eater de fermer des lits\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa m\u00e9decin est membre du collectif Inter-h\u00f4pitaux, invit\u00e9 au S\u00e9gur. L'autre collectif n\u00e9 des longs mois de mobilisations, le collectif Inter-urgences qui regroupe infirmi\u00e8res, aides-soignant.es, et autres param\u00e9dicaux, est exclu de la discussion. Les deux collectifs demandent tous deux 300 euros d'augmentation imm\u00e9diate pour les param\u00e9dicaux et la fin des fermetures de lits. Plus de 60 000 lits d'h\u00f4pitaux ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s entre 2003 et 2017, un choix comptable qui a men\u00e9 \u00e0 la saturation que l'on sait pendant l'\u00e9pid\u00e9mie de Covid. Malgr\u00e9 la menace d'une seconde vague, les suppressions de lits d\u00e9cid\u00e9es en haut lieu - au niveau du \u00ab Comit\u00e9 interminist\u00e9riel de performance et de la modernisation de l'offre de soins \u00bb (Copermo) sont pour l'instant maintenues. C'est le cas par exemple \u003Ca href=\"https:\/\/www.bastamag.net\/ARS-CHU-Nancy-Covid-Grand-Est-deces-a-l-hopital-suppression-de-postes-management-soignants\"\u003E\u00e0 Nancy\u003C\/a\u003E et \u003Ca href=\"https:\/\/www.politis.fr\/articles\/2020\/06\/le-chu-de-reims-defend-ses-lits-42034\"\u003E\u00e0 Reims\u003C\/a\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_176155_2b0727.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003E\u00a9 Anne Paq\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003EAucun signe d'un changement de cap, donc. \u003Ci\u003E\u00ab Nous avions mis sur la table des pr\u00e9alables, ce que les coll\u00e8gues revendiquent depuis plus d'un an : la revalorisation imm\u00e9diate des salaires, l'arr\u00eat des restructurations, la r\u00e9ouverture de lits, l'embauche de l'ensemble des contractuels et un plan de formation pour recruter\u003C\/i\u003E, d\u00e9taille Jean-Marc Devauchelle, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de Sud Sant\u00e9-Sociaux. \u003Ci\u003ENous avons rencontr\u00e9 Nicole Notat qui \u00e9tait dans l'incapacit\u00e9 de nous dire quoi que ce soit. Il semblerait que pendant un an, on ne nous a pas entendu, et ce n'est pas plus le cas aujourd'hui. \u00bb\u003C\/i\u003E. Pour ces raisons, le syndicat a quitt\u00e9 le S\u00e9gur. Pourquoi a-t-on besoin \u003Ci\u003E\u00ab de faire ce S\u00e9gur alors que, depuis deux ans, les choses sont d\u00e9j\u00e0 dites par les professionnels soignants \u00bb,\u003C\/i\u003E s'interroge aussi Alain Bruneel, d\u00e9put\u00e9 communiste et auteur d'une proposition de loi sur le financement de l'h\u00f4pital. Car, dans le cadre de leur mouvement, les soignants portent d\u00e9j\u00e0 nombre de propositions concr\u00e8tes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EUne cogestion avec les soignants et les usagers\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003E\u00ab Nous devons revenir vers la sant\u00e9 comme bien commun. Pour cela, il faut une cogestion \u00bb\u003C\/i\u003E, estime Anne Gervais. C'est une demande centrale du collectif Inter-h\u00f4pitaux : ouvrir la gouvernance des h\u00f4pitaux aux soignants, m\u00e9decins comme param\u00e9dicaux. En 2009, une loi a d\u00e9mis les m\u00e9decins d'une grande partie de leur pouvoir au sein des h\u00f4pitaux [\u003Ca href=\"#nb1\" name=\"nh1\"\u003E1\u003C\/a\u003E]. La commission m\u00e9dicale d'\u00e9tablissement, compos\u00e9e de m\u00e9decins, s'est retrouv\u00e9e subordonn\u00e9e au chef d'\u00e9tablissement, un manager.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour l'h\u00e9patologue, revenir \u00e0 l'avant 2009 n'est pas la question. \u003Ci\u003E\u00ab Ce n'est pas seulement le probl\u00e8me des m\u00e9decins, sinon on aurait un mandarin pr\u00e9sident qui va cosigner avec un directeur. Ce n'est pas vraiment de la cogestion\u003C\/i\u003E, dit-elle. \u003Ci\u003ENotre id\u00e9e est de rendre le fonctionnement de l'h\u00f4pital et du syst\u00e8me de sant\u00e9 plus largement participatif. Il faut se tourner vers les \u00e9quipes de terrain, leur demander comment elles con\u00e7oivent leur exercice, regarder ce qu'elles proposent pour r\u00e9pondre aux besoins et s'organiser pour les soutenir. C'est ce qu'on a fait dans nos services au moment du Covid. On s'est adapt\u00e9 au coup par coup. L'administration, l'agence r\u00e9gionale de sant\u00e9, nous ont suivis. C'\u00e9tait incroyable. En temps normal, nous ne recevons pas de r\u00e9ponses \u00e0 nos demandes. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESud Sant\u00e9-Sociaux souhaite aussi que les syndicats soient membres des instances de gouvernance. Les repr\u00e9sentants des usagers pourraient de m\u00eame y \u00eatre pr\u00e9sents. \u003Ci\u003E\u00ab Leurs voix au sein du directoire pourraient \u00eatre consultatives sur des sujets comme le nombre de personnels soignants ou le budget. Mais nous voulons qu'elles soient d\u00e9cisionnaires sur le parcours de sant\u00e9, la gestion des besoins hospitaliers service par service\u003C\/i\u003E, explique Marie Citrini, repr\u00e9sentante des usagers au sein de la \u00ab commission des usagers \u00bb de l'APHP - cette commission existe dans chaque h\u00f4pital. \u003Ci\u003ENous avons port\u00e9 ces revendications au S\u00e9gur. Solliciter les professionnels de sant\u00e9 et les usagers va peut-\u00eatre permettre au gestionnaire d'avoir un regard plus pr\u00e9cis sur ce qui se passe au sein des \u00e9tablissements. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAujourd'hui, les commissions des usagers peuvent seulement faire remonter les r\u00e9clamations des patients. \u003Ci\u003E\u00ab La grande majorit\u00e9 de ces r\u00e9clamations concernent des probl\u00e8mes de communication entre les personnels et les patients. C'est de fa\u00e7on \u00e9vidente li\u00e9 au manque d'effectifs et \u00e0 une organisation gestionnaire qui met en p\u00e9ril ces temps de communication \u00bb,\u003C\/i\u003E souligne Marie Citrini.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003E\u00ab Revenir \u00e0 des budgets qui correspondent aux missions de l'h\u00f4pital public \u00bb\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAussi bizarre que cela puisse para\u00eetre, ce ne sont pas les besoins en sant\u00e9 qui d\u00e9terminent le budget accord\u00e9 \u00e0 l'h\u00f4pital public. C'est un plafond de d\u00e9penses, rapport\u00e9 au PIB, d\u00e9cid\u00e9 chaque ann\u00e9e par le gouvernement et le parlement. Cet \u00ab Objectif national des d\u00e9penses d'assurance maladie \u00bb (Ondam) a \u00e9t\u00e9 mis en place en 1996 pour ma\u00eetriser les d\u00e9penses d'assurance maladie. Dont celles de l'h\u00f4pital. R\u00e9sultat, le budget hospitalier augmente moins vite que son activit\u00e9. Ce manque de moyens est l'un des facteurs de la crise actuelle, symbolis\u00e9e par le slogan des soignants \u00ab du fric pour l'h\u00f4pital public \u00bb. \u00c0 cela, Macron avait r\u00e9pondu en 2018 qu'il n'y avait \u003Ci\u003E\u00ab pas d'argent magique \u00bb\u003C\/i\u003E. L'arriv\u00e9e du coronavirus a tout chang\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003E\u00ab Dans cette crise sanitaire, de l'argent public a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 pour l'industrie a\u00e9ronautique, pour l'industrie automobile, pour les cafetiers. Ce sont des choix politiques. Parfois, ce gouvernement trouve de l'argent tout de suite, parfois il n'en trouve pas\u003C\/i\u003E, rel\u00e8ve l'\u00e9conomiste Nathalie Coutinet, sp\u00e9cialiste des politiques de sant\u00e9 en Europe (ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l'Universit\u00e9 Paris-13 et membre des \u00c9conomistes atterr\u00e9s). \u003Ci\u003EIl faut revenir \u00e0 des budgets qui correspondent au co\u00fbt et aux missions de l'h\u00f4pital public. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe d\u00e9put\u00e9 Alain Bruneel pointe aussi les contradictions du gouvernement. \u003Ci\u003E\u00ab Face \u00e0 la pand\u00e9mie, l'\u00c9tat a mis 500 milliards sur la table pour l'\u00e9conomie. On peut aussi trouver l'argent pour la sant\u00e9, par exemple via la taxation des b\u00e9n\u00e9fices des grosses entreprises qui distribuent des dividendes. Il faut aussi que l'\u00c9tat compense les d\u00e9cisions qu'il prend sur la S\u00e9curit\u00e9 sociale. Un exemple : dans la loi de financement de la S\u00e9curit\u00e9 sociale de 2019, l'\u00c9tat a d\u00e9cid\u00e9 l'exon\u00e9ration des cotisations sociales sur les heures suppl\u00e9mentaires. C'est trois milliards en moins pour la S\u00e9cu, non compens\u00e9s \u00bb\u003C\/i\u003E, souligne-t-il. Le 18 juin, l'\u00e9lu du Nord a d\u00e9fendu une proposition de loi de programmation pour l'h\u00f4pital public et les Ehpad [\u003Ca href=\"#nb2\" name=\"nh2\"\u003E2\u003C\/a\u003E]. Le texte a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par la majorit\u00e9. Pourtant, il ne faisait que demander de financer l'h\u00f4pital \u00e0 hauteur des besoins de la population. \u003Ci\u003E\u00ab L'id\u00e9e est de programmer sur cinq ans le financement de l'h\u00f4pital, et de mettre \u00e0 disposition une enveloppe selon ce qui est n\u00e9cessaire. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ELes cliniques priv\u00e9es ont voix au chapitre, pas les param\u00e9dicaux\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003E\u00ab Le probl\u00e8me du financement est que le business mod\u00e8le des cliniques priv\u00e9es est aussi appliqu\u00e9 \u00e0 l'h\u00f4pital, alors que les cliniques font le tri des patients \u00bb\u003C\/i\u003E, note Hugo Huon, infirmier hospitalier et porte-parole du collectif Inter-urgences. Le syst\u00e8me de financement de l'h\u00f4pital via la \u00ab tarification \u00e0 l'activit\u00e9 \u00bb (T2A), mise en place en 2004, profite en fait aux cliniques priv\u00e9es, au d\u00e9triment des h\u00f4pitaux. Ce mod\u00e8le r\u00e9mun\u00e8re mieux les activit\u00e9s tr\u00e8s techniques, comme la chirurgie, et moins le suivi des patients qui ont, par exemple, des pathologies multiples.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003E\u00ab La r\u00e9mun\u00e9ration de l'h\u00f4pital est aujourd'hui inf\u00e9rieure \u00e0 ses co\u00fbts de production car, depuis qu'elle a \u00e9t\u00e9 mise en œuvre, la valeur des actes, \u00e9tablie par le minist\u00e8re, a baiss\u00e9 \u00bb,\u003C\/i\u003E pointe l'\u00e9conomiste Nathalie Couitnet. Selon elle, les taux de T2A devraient correspondre au co\u00fbt effectif des soins, plus \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l'h\u00f4pital public \u003Ci\u003E\u00ab \u00e0 cause des missions de service public \u00bb\u003C\/i\u003E. \u003Ci\u003E\u00ab Les cliniques priv\u00e9es lucratives n'ont pas de mission de service public \u00e0 remplir, des services qui co\u00fbtent et ne rapportent rien. Elles accueillent plut\u00f4t des CSP+, des gens plut\u00f4t en bonne sant\u00e9. En \u00e9tant sp\u00e9cialis\u00e9es sur les pathologies qui rapportent, elles repr\u00e9sentent une concurrence totalement d\u00e9loyale aux h\u00f4pitaux publics, ce qui cr\u00e9e aussi des probl\u00e8mes de recrutement \u00bb\u003C\/i\u003E, explique-t-elle.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes gros groupes de cliniques priv\u00e9es lucratives ont gagn\u00e9 en importance ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Les groupes Elsan et Ramsey Sant\u00e9 d\u00e9tiennent ainsi chacun plus d'une centaine \u00e9tablissements, Vivalto plusieurs dizaines. Ces entreprises ont pour actionnaires des fonds d'investissements, fran\u00e7ais - comme celui de la famille Bettencourt-, \u00e9trangers, ou des banques. Ces actionnaires n'ont pas vocation \u00e0 œuvrer pour la sant\u00e9 publique. Ils cherchent avant tout un placement rentable et s\u00fbr [\u003Ca href=\"#nb3\" name=\"nh3\"\u003E3\u003C\/a\u003E]. Ces m\u00eame groupes ont voix au chapitre au S\u00e9gur, via la F\u00e9d\u00e9ration de l'hospitalisation priv\u00e9e, quand les infirmiers du collectif Inter-urgences n'y sont pas !\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003E\u00ab Il faut une impulsion qui emporte tout le monde \u00bb\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003E\u00ab La sant\u00e9 est un bien commun. Dans cette perspective, le priv\u00e9 lucratif n'a pas sa place \u00bb\u003C\/i\u003E, fait valoir Anne Gervais. Aujourd'hui, si l'\u00c9tat ne consent \u00e0 aucun effort cons\u00e9quent, la m\u00e9decin craint que nombre de travailleurs hospitaliers jettent d\u00e9finitivement l'\u00e9ponge. \u003Ci\u003E\u00ab C'est fondamental d'avoir assez d'effectifs pour travailler d\u00e9cemment. Pendant la phase Covid, nous pouvions travailler et on nous \u00e9coutait. En maladies infectieuses, nous avions le double d'effectif, une infirmi\u00e8re pour six patients au lieu de douze d'habitude. On nous annonce d\u00e9j\u00e0 qu'on va revenir \u00e0 douze en septembre ! Les infirmi\u00e8res ne veulent pas revenir en arri\u00e8re. Certaines pensent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 partir. Si on n'y prend pas garde, on est peut-\u00eatre en train de planter le dernier clou dans le cercueil. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour l'infirmier Hugo Huon, pour vraiment changer les choses, il faut une vision plus large du soin. \u003Ci\u003E\u00ab Les urgences sont au carrefour de l'h\u00f4pital, du social, du m\u00e9dical. On ne peut pas s'am\u00e9liorer sans le reste. C'est ce \u00e0 quoi l'ancienne ministre de la Sant\u00e9 Agn\u00e8s Buzyn n'a pas r\u00e9pondu. L'objectif de son plan pour les urgences [en 2019, d\u00e9cid\u00e9 suite aux mobilisations des hospitaliers] \u00e9tait de \u00ab r\u00e9guler \u00bb, de faire en sorte que les patients n'aillent pas aux urgences. Dire cela, c'est nier la question sociale. Pour un changement syst\u00e9mique, il faut une impulsion qui emporte tout le monde, un mouvement neuf. \u00bb\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ERachel Knaebel\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPhotos : Lors de la manifestation des soignants \u00e0 Paris le 16 juin. \u00a9 Anne Paq\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ENotes\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nh1\" name=\"nb1\"\u003E1\u003C\/a\u003E] La loi \u00ab H\u00f4pital, patients, sant\u00e9 et territoire \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nh2\" name=\"nb2\"\u003E2\u003C\/a\u003E] Voir la \u003Ca href=\"http:\/\/www.assemblee-nationale.fr\/dyn\/15\/textes\/l15b3004_proposition-loi#\"\u003Eproposition\u003C\/a\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E[\u003Ca href=\"#nh3\" name=\"nb3\"\u003E3\u003C\/a\u003E] Les principaux propri\u00e9taires du groupe Elsan sont la famille Bettencourt, via son fonds T\u00e9thys Invest, ainsi qu'un important fonds d'investissement international, CVC Partners, bas\u00e9 au Luxembourg. Ramsay Sant\u00e9 est une filiale de l'australien Ramsay Health Care, alli\u00e9e \u00e0 Predica, une filiale du Cr\u00e9dit agricole. Les actionnaires majoritaires du groupe Vivalto sont des banques ainsi qu'un fonds d'investissement des \u00c9mirats Arabes Unis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/Manif-soignants-hopital-Olivier-Veran-salaire-segur-de-la-sante-fermeture-de-lits\"\u003Ebastamag.net\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}