{"176761":{"id":"176761","parent":"173848","time":"1594720179","url":"http:\/\/www.ism-france.org\/\/analyses\/Pourquoi-les-allies-d-Israel-sont-ils-subitement-preoccupes-par-sa-derniere-annexion--article-21194","category":"Murs","title":"Pourquoi les alli\u00e9s d'Isra\u00ebl sont-ils subitement pr\u00e9occup\u00e9s par sa derni\u00e8re annexion ?","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_176761_106962.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"pourquoi-les-allies-d-israel-sont-ils-subitement-preoccupes-par-sa-derniere-annexion","admin":"newsnet","views":"77","priority":"3","length":"15007","lang":"","content":"\u003Cp\u003EPar Joseph Massad\u003Cbr \/\u003E\n13.10.2020 - L'annonce par Isra\u00ebl de son projet d'annexer 30 % de la Cisjordanie occup\u00e9e a suscit\u00e9 beaucoup d'inqui\u00e9tudes chez ses amis des gouvernements occidentaux, des organisations juives et des experts quant aux r\u00e9percussions n\u00e9gatives potentielles sur le peuple palestinien, mais aussi sur Isra\u00ebl. Ils s'inqui\u00e8tent de la perte du pr\u00e9tendu caract\u00e8re \"juif et d\u00e9mocratique\" d'Isra\u00ebl et craignent qu'il doive sacrifier l'un pour l'autre.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_176761_106962.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003EDes Palestiniens manifestent contre le vol de leurs terres \u00e0 Bidya, pr\u00e8s de Salfit\u003Cbr \/\u003E\n(photo Shehab Agency)\u003Cbr \/\u003E\nQuant aux amis arabes d'Isra\u00ebl, dont l'Autorit\u00e9 palestinienne, la Jordanie et plusieurs \u00c9tats du Golfe, ils s'inqui\u00e8tent de la mort de la \"solution \u00e0 deux \u00c9tats\". Le roi Abdallah II de Jordanie a d\u00e9clar\u00e9 aux membres du Congr\u00e8s am\u00e9ricain qu'il craignait que l'annexion \"radicalise les Palestiniens et donne du pouvoir aux extr\u00e9mistes violents\". Le Hamas b\u00e9n\u00e9ficierait de l'annexion\". Il a \u00e9galement craint que l'annexion ait un impact n\u00e9gatif sur les efforts actuels d'Isra\u00ebl \"pour construire des relations dans la r\u00e9gion\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EAucune r\u00e9percussion n\u00e9gative\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette r\u00e9action contraste avec les arrangements que tous les amis occidentaux et arabes d'Isra\u00ebl, et m\u00eame les Nations unies, ont offerts \u00e0 l'\"\u00c9tat juif\" pendant des d\u00e9cennies, malgr\u00e9 son annexion ill\u00e9gale de territoires apr\u00e8s sa cr\u00e9ation en mai 1948.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette ann\u00e9e-l\u00e0, Isra\u00ebl a annex\u00e9 la moiti\u00e9 des territoires allou\u00e9s aux Palestiniens par la r\u00e9solution 181 de l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies de 1947. Isra\u00ebl a ensuite annex\u00e9 J\u00e9rusalem en 1967 et plus formellement en 1980, et le plateau du Golan en Syrie en 1981. Il est vrai que l'ONU et de nombreux pays ont condamn\u00e9 tout ou partie de ces annexions, mais il n'y a jamais eu de r\u00e9percussions n\u00e9gatives pour Isra\u00ebl.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ES'inspirant de la r\u00e9solution 181, qui reste \u00e0 ce jour la seule base juridique pour l'\u00e9tablissement d'un \u00c9tat juif en Palestine, les milices sionistes se sont lanc\u00e9es le 30 novembre 1947 - au lendemain de l'adoption de la r\u00e9solution - \u00e0 la conqu\u00eate d'une grande partie de la Palestine et l'expulsion du plus grand nombre possible de Palestiniens. \u00c0 la fin de leur invasion, les sionistes avaient occup\u00e9 tout le territoire qui leur avait \u00e9t\u00e9 allou\u00e9 par la r\u00e9solution 181 et la moiti\u00e9 du territoire allou\u00e9 aux Palestiniens. Ils ont \u00e9galement occup\u00e9 J\u00e9rusalem-Ouest, que la r\u00e9solution 181 a plac\u00e9 sous la juridiction de l'ONU.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu total, plut\u00f4t que de prendre 55 % de la Palestine, les sionistes en ont pris plus de 78 %. Cela a pos\u00e9 un probl\u00e8me lorsqu'Isra\u00ebl a pr\u00e9sent\u00e9 une demande d'adh\u00e9sion \u00e0 l'ONU au premier anniversaire de la r\u00e9solution 181, alors qu'il occupait encore des territoires palestiniens et de l'ONU.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe Conseil de s\u00e9curit\u00e9 a examin\u00e9 la demande et a adopt\u00e9 la r\u00e9solution 69 en mars 1949, recommandant \u00e0 l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d'admettre Isra\u00ebl en tant qu'\u00c9tat \"\u00e9pris de paix\". Le vote a \u00e9t\u00e9 favorable \u00e0 9 contre 1, l'\u00c9gypte s'y opposant. Le Royaume-Uni s'est abstenu, comme il l'avait fait pour la r\u00e9solution 181 en 1947.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ERefus d'indemniser les r\u00e9fugi\u00e9s\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tait r\u00e9ticente \u00e0 admettre Isra\u00ebl tant qu'il ne r\u00e9pondait pas aux questions des \u00c9tats membres sur ses violations de deux r\u00e9solutions de l'ONU. Il s'agissait du refus d'Isra\u00ebl de d\u00e9clarer des fronti\u00e8res officielles, de son occupation de la moiti\u00e9 du territoire allou\u00e9 \u00e0 l'\u00c9tat palestinien, de son occupation de J\u00e9rusalem-Ouest et de son refus de permettre aux r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens de retourner dans leurs foyers \u00e0 l'int\u00e9rieur du territoire sur lequel Isra\u00ebl s'est \u00e9tabli, ainsi que de son refus d'indemniser ces r\u00e9fugi\u00e9s pour les biens perdus, comme le stipule la r\u00e9solution 194, adopt\u00e9e le 11 d\u00e9cembre 1948.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa r\u00e9solution 194 a \u00e9galement \u00e9tabli la Commission de conciliation des Nations unies pour la Palestine, qui n\u00e9gociait \u00e0 cette \u00e9poque avec Isra\u00ebl sur la d\u00e9limitation de ses fronti\u00e8res.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'ambassadeur d'Isra\u00ebl, Abba Eban, n\u00e9 en Afrique du Sud, a r\u00e9pondu \u00e0 ces questions le 5 mai 1949. Il a assur\u00e9 \u00e0 l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale que la question des fronti\u00e8res pouvait \u00eatre r\u00e9solue par \"un processus d'ajustement pacifique des dispositions territoriales pr\u00e9vues\" dans la r\u00e9solution 181, et que \"l'ajustement devrait \u00eatre effectu\u00e9 non par des modifications arbitraires impos\u00e9es de l'ext\u00e9rieur, mais par des accords librement n\u00e9goci\u00e9s par les gouvernements concern\u00e9s\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn outre, Eban a insist\u00e9 sur le fait que le \"probl\u00e8me des r\u00e9fugi\u00e9s\" ne pouvait pas \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 avant que la question des fronti\u00e8res ne soit r\u00e9gl\u00e9e par des n\u00e9gociations s\u00e9par\u00e9es avec chaque \u00c9tat arabe, et qu'Isra\u00ebl ne pourrait pas n\u00e9gocier efficacement sans devenir d'abord membre de l'ONU.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESur la question de J\u00e9rusalem, Eban a d\u00e9clar\u00e9 qu'Isra\u00ebl aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la juridiction de l'ONU si les \u00c9tats arabes n'avaient pas fait preuve de \"r\u00e9sistance arm\u00e9e\" et si l'ONU n'avait pas refus\u00e9 de prendre le contr\u00f4le de la zone. Il a pr\u00e9cis\u00e9 qu'Isra\u00ebl coop\u00e9rerait toutefois avec l'ONU pour \u00e9tablir le contr\u00f4le de tous les lieux saints de la ville, dont la plus grande majorit\u00e9 se trouve \u00e0 J\u00e9rusalem-Est occup\u00e9e par la Jordanie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESur la base de ces assurances, l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies a admis Isra\u00ebl en tant que membre le 11 mai 1949 par un vote 37-12 en adoptant la r\u00e9solution 273. Mais la r\u00e9solution stipulait qu'Isra\u00ebl devait se conformer aux r\u00e9solutions 181 et 194. Neuf pays, dont le Royaume-Uni, se sont abstenus.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EAjustements territoriaux\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe lendemain, la Commission de conciliation a tenu \u00e0 Lausanne une conf\u00e9rence \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 Isra\u00ebl, l'\u00c9gypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Au cours de cette conf\u00e9rence, Isra\u00ebl a refus\u00e9 de rapatrier ou d'indemniser les r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens et a propos\u00e9 d'annexer tous les territoires qu'il occupait ill\u00e9galement, en guise d'\"ajustement\" territorial bilat\u00e9ral. Les \u00c9tats arabes ont rejet\u00e9 cette proposition, estimant que la proposition isra\u00e9lienne \"impliquait des annexions plut\u00f4t que des ajustements territoriaux\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn effet, Isra\u00ebl a consid\u00e9r\u00e9 les territoires conquis de l'\u00c9tat palestinien pr\u00e9vu et le territoire de l'ONU de J\u00e9rusalem comme faisant partie d'Isra\u00ebl, m\u00eame si le seul document international qui accordait \u00e0 Isra\u00ebl une forme de l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e9tait les fronti\u00e8res stipul\u00e9es par la r\u00e9solution non contraignante 181.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est pourquoi, malgr\u00e9 les pressions croissantes des \u00c9tats-Unis, la Grande-Bretagne a \u00e9t\u00e9 cat\u00e9gorique dans sa volont\u00e9 de ne pas reconna\u00eetre Isra\u00ebl, arguant qu'elle ne le ferait qu'apr\u00e8s que \"les fronti\u00e8res de l'\u00c9tat soient clairement d\u00e9finies\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECela a conduit le repr\u00e9sentant am\u00e9ricain \u00e0 l'ONU \u00e0 faire valoir que lorsque son pays a obtenu son ind\u00e9pendance en 1776, \"le territoire n'avait m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement explor\u00e9 et que personne ne savait o\u00f9 s'arr\u00eataient les revendications am\u00e9ricaines et o\u00f9 commen\u00e7aient celles des \u00c9tats europ\u00e9ens\". Il semblerait que les colonies de colons europ\u00e9ens blancs soient les m\u00eames, qu'elles aient \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies au XVIIIe ou au XXe si\u00e8cle.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa reconnaissance britannique \u003Ci\u003Ede facto\u003C\/i\u003E d'Isra\u00ebl n'interviendra que le 30 janvier 1949, mais elle est le r\u00e9sultat d'\u00e2pres n\u00e9gociations avec les \u00c9tats-Unis. Les \u00c9tats-Unis, sous la pression des sionistes, avaient refus\u00e9 de reconna\u00eetre l'ind\u00e9pendance de la Jordanie par rapport \u00e0 la Grande-Bretagne en mai 1946, probablement parce que les sionistes n'avaient pas encore d\u00e9cid\u00e9 quelle partie de la Jordanie ils voulaient conqu\u00e9rir.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Britanniques, cependant, devaient prot\u00e9ger leur \u00c9tat client et son chef, le roi Abdallah Ier, qui avait conclu un accord avec les Isra\u00e9liens pour conserver les parties orientale et centrale de la Palestine que son arm\u00e9e dirig\u00e9e par les Britanniques avait captur\u00e9es \u00e0 la fin de la guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ESauver la Jordanie\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe Haut comit\u00e9 arabe palestinien avait d\u00e9j\u00e0 mis en place le gouvernement de toute la Palestine (All-Palestine Government, APG) \u00e0 Gaza en septembre 1948 ; il \u00e9tait reconnu par les \u00c9tats de la Ligue arabe, dont l'\u00c9gypte, la Syrie, le Liban et l'Arabie saoudite, mais pas la Jordanie. L'APG revendiquait la juridiction sur l'ensemble de la Palestine Mandataire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe roi Abdallah Ier, ennemi traditionnel de l'autonomie palestinienne, a orchestr\u00e9 deux conf\u00e9rences, l'une \u00e0 Amman en octobre, l'autre \u00e0 J\u00e9richo le 1er d\u00e9cembre 1948, dans le centre de la Palestine, avec la participation volontaire et\/ou forc\u00e9e de personnalit\u00e9s palestiniennes. Les participants \u00e0 ces conf\u00e9rences l'ont d\u00e9clar\u00e9 \"roi de toute la Palestine\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn janvier 1949, les Britanniques voulaient assurer le contr\u00f4le permanent du roi Abdallah sur la Jordanie et la Palestine centrale (plus tard la \"Cisjordanie\"), et avaient donc besoin de la reconnaissance de la Jordanie par les \u00c9tats-Unis comme prix de leur reconnaissance d'Isra\u00ebl - un accord qui sacrifierait les Palestiniens \u00e0 Isra\u00ebl et sauverait la Jordanie des sionistes. Et ce fut le cas : les Britanniques ont reconnu Isra\u00ebl le 30 janvier 1949 et les \u00c9tats-Unis ont reconnu la Jordanie d\u00e8s le lendemain.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPlus tard cette ann\u00e9e-l\u00e0, le 5 d\u00e9cembre 1949, le Premier ministre isra\u00e9lien David Ben-Gourion a unilat\u00e9ralement annex\u00e9 J\u00e9rusalem-Ouest et a d\u00e9clar\u00e9 qu'Isra\u00ebl n'\u00e9tait plus li\u00e9 par la r\u00e9solution 181, non seulement en ce qui concerne les territoires palestiniens qu'il avait conquis, mais aussi le contr\u00f4le de J\u00e9rusalem-Ouest par les Nations unies. Quatre jours plus tard, l'Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies a publi\u00e9 la r\u00e9solution 303, d\u00e9clarant que J\u00e9rusalem serait plac\u00e9e sous un r\u00e9gime international permanent.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIsra\u00ebl a rejet\u00e9 la r\u00e9solution et, le 14 d\u00e9cembre, a transf\u00e9r\u00e9 les bureaux de Ben Gourion et de la Knesset \u00e0 J\u00e9rusalem-Ouest. Ben-Gourion d\u00e9clara : \"J\u00e9rusalem a toujours \u00e9t\u00e9 et sera toujours la capitale d'Isra\u00ebl\". La Grande-Bretagne n'a reconnu Isra\u00ebl \u003Ci\u003Ede jure\u003C\/i\u003E que le 27 avril 1950, tout en exprimant encore ses r\u00e9serves sur la question des fronti\u00e8res, y compris J\u00e9rusalem.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EAnnexion de J\u00e9rusalem\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu moment o\u00f9 Isra\u00ebl a conquis le reste de la Palestine en 1967, le contexte international \u00e9tait encore plus favorable \u00e0 ses annexions en cours.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa r\u00e9solution 242 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies de novembre 1967, que les \u00c9tats arabes ont accept\u00e9e, a l\u00e9gitim\u00e9 l'annexion ill\u00e9gale par Isra\u00ebl de la moiti\u00e9 de l'\u00c9tat palestinien comme un fait accompli, tout comme l'ONU, qui a exig\u00e9 le \"retrait des forces arm\u00e9es isra\u00e9liennes des territoires occup\u00e9s lors du r\u00e9cent conflit\". La r\u00e9solution ne fait aucune mention de l'occupation par Isra\u00ebl des territoires palestiniens et des territoires de l'ONU lors des \"conflits\" pr\u00e9c\u00e9dents.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EApr\u00e8s la guerre de 1967, Isra\u00ebl a d\u00e9clar\u00e9 \u00ab unifi\u00e9es \u00bb les deux parties de la ville divis\u00e9e de J\u00e9rusalem, a \u00e9tendu les fronti\u00e8res municipales de J\u00e9rusalem-Ouest pour englober J\u00e9rusalem-Est et a plac\u00e9 la ville enti\u00e8re sous la souverainet\u00e9 et le droit civil isra\u00e9liens. En 1980, la Knesset a officiellement annex\u00e9 la ville, d\u00e9clarant l'ensemble de J\u00e9rusalem \"capitale\" d'Isra\u00ebl.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn ao\u00fbt 1980, la r\u00e9solution 478 de l'ONU a condamn\u00e9 l'annexion, la jugeant \"nulle et non avenue\". Pourtant, cette m\u00eame J\u00e9rusalem annex\u00e9e s'est \u00e9tendue depuis lors, aux d\u00e9pens de la Cisjordanie, passant de six kilom\u00e8tres\u00b2, dont la taille \u00e9tait sous contr\u00f4le jordanien, \u00e0 300 kilom\u00e8tres\u00b2, et peut-\u00eatre m\u00eame jusqu'\u00e0 un quart - certains disent 40 % - de la Cisjordanie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn 1981, Isra\u00ebl a annex\u00e9 le plateau du Golan \u00e0 la Syrie, et d'autres r\u00e9solutions de l'ONU l'ont condamn\u00e9. Enfin, en 2002, Isra\u00ebl a construit son mur d'apartheid sur les terres de la Cisjordanie, s'emparant de 10 % suppl\u00e9mentaires de la Cisjordanie, qui se trouve maintenant du c\u00f4t\u00e9 isra\u00e9lien du mur.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAucune de ces annexions n'a eu de r\u00e9percussions sur les relations d'Isra\u00ebl avec ses amis occidentaux. M\u00eame ses nouveaux amis arabes, dont l'\u00c9gypte, la Jordanie et l'Organisation de lib\u00e9ration de la Palestine, ont fait la paix avec lui, sans exiger que l'une ou l'autre des annexions soit annul\u00e9e - pas celles de 1949, 1967, 1980 ou 1981. En effet, la Grande-Bretagne allait r\u00e9tablir son amiti\u00e9 \u00e9troite avec Isra\u00ebl, au point de lancer une invasion conjointe de l'\u00c9gypte en 1956. Les Britanniques ne soul\u00e8veront plus jamais la question des fronti\u00e8res ou de l'annexion.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EExpulsion et occupation\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors pourquoi les gouvernements occidentaux et arabes et les organisations juives pro-isra\u00e9liennes s'inqui\u00e8tent-ils soudainement de l'annexion par Netanyahou de 30 % de la Cisjordanie occup\u00e9e par Isra\u00ebl depuis cinq d\u00e9cennies, conform\u00e9ment \u00e0 \"l'accord du si\u00e8cle\" du pr\u00e9sident am\u00e9ricain Donald Trump ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECeux qui s'opposent \u00e0 l'annexion en raison de leur soutien \u00e0 ce qu'ils appellent la \"d\u00e9mocratie\" isra\u00e9lienne semblent oublier que cette pr\u00e9tendue d\u00e9mocratie, avec ses douzaines de lois discriminatoires \u00e0 l'\u00e9gard des non-juifs, est devenue possible pr\u00e9cis\u00e9ment gr\u00e2ce \u00e0 l'annexion et \u00e0 l'expulsion en 1948. Cette \"d\u00e9mocratie\" a \u00e9t\u00e9 maintenue par de nouvelles expulsions, annexions et occupations depuis 1967. Pourquoi, alors, seraient-ils soudain dans les affres \u00e0 l'id\u00e9e d'une nouvelle annexion ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESi l'on craint que les Juifs isra\u00e9liens ne deviennent une minorit\u00e9, ils le sont d\u00e9j\u00e0 depuis des ann\u00e9es, sans que leur nombre d\u00e9croissant n'affecte l'image \"d\u00e9mocratique\" ou \"juive\" d'Isra\u00ebl. Si le probl\u00e8me est le d\u00e9ni continu des droits des Palestiniens en Cisjordanie et \u00e0 J\u00e9rusalem, le d\u00e9ni de l'\u00e9galit\u00e9 des droits des citoyens palestiniens d'Isra\u00ebl n'a jamais sap\u00e9 l'image \"d\u00e9mocratique\" d'Isra\u00ebl en ce qui concerne ses amis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESe pourrait-il que la simple formalisation de cette structure ill\u00e9gale de racisme et d'apartheid isra\u00e9liens, sans la couverture cosm\u00e9tique habituelle, soit ce qui inqui\u00e8te les alli\u00e9s d'Isra\u00ebl ? Se sentiraient-ils mieux si Isra\u00ebl accompagnait son annexion d'une expulsion plus massive des Palestiniens, ce qui r\u00e9tablirait la supr\u00e9matie d\u00e9mographique juive et r\u00e9assurerait son caract\u00e8re juif et \"d\u00e9mocratique\" ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESi tel est le cas, c'est bien ce qui inqui\u00e8te les autorit\u00e9s et les experts jordaniens, dont beaucoup, \u00e0 de notables exceptions pr\u00e8s, ont exprim\u00e9 nombre d'inqui\u00e9tudes sur ce qui arriverait \u00e0 la Jordanie, et non aux Palestiniens, en cons\u00e9quence d'une plus grande annexion - \u00e0 savoir, plus de r\u00e9fugi\u00e9s palestiniens - se retrouvant en Jordanie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIsra\u00ebl est fond\u00e9 sur le vol de territoire (officiellement appel\u00e9 \"annexion\") et l'expulsion de populations. Mais rien de tout cela n'a assur\u00e9 la p\u00e9rennit\u00e9 d'Isra\u00ebl. Tout comme les opposants occidentaux et arabes qui craignent qu'Isra\u00ebl ne survive pas \u00e0 la prochaine annexion, Netanyahou est convaincu que l'annexion permettra \u00e0 Isra\u00ebl d'atteindre son 100e anniversaire. Personne ne semble se rendre compte que l'\u00e9tablissement m\u00eame d'Isra\u00ebl en tant que colonie de peuplement sur des terres vol\u00e9es en 1948 et apr\u00e8s a scell\u00e9 son avenir d\u00e8s le d\u00e9but.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESource : \u003Ca href=\"https:\/\/www.middleeasteye.net\/opinion\/israel-annexation-plan-allies-palestine\"\u003EMiddle East Eye\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETraduction : MR pour ISM\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.ism-france.org\/\/analyses\/Pourquoi-les-allies-d-Israel-sont-ils-subitement-preoccupes-par-sa-derniere-annexion--article-21194\"\u003Eism-france.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}