{"177478":{"id":"177478","parent":"0","time":"1596223990","url":"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=29442","category":"Justice","title":"Mario Paciolla : justice pour un po\u00e8te Hommage et d\u00e9nonciation","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_177478_e313df.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"mario-paciolla-justice-pour-un-poete-hommage-et-denonciation","admin":"newsnet","views":"13","priority":"2","length":"8529","lang":"","content":"\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/biographie.asp?ref_aut=6250&lg_pp=fr\"\u003EClaudia Julieta Duque\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Je ne crois pas \u00e0 la th\u00e8se du suicide d\u00fb \u00e0 la solitude et \u00e0 la d\u00e9pression \u00bb, \u00e9crit la journaliste Claudia Julieta Duque, une amie du volontaire italien de l'ONU retrouv\u00e9 mort \u00e0 San Vicente del Cagu\u00e1n.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_177478_1caf41.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003ELe maire de Naples, Italie, Luigi de Magistris, demande la v\u00e9rit\u00e9 et la justice pour la mort de Mario Paciolla \u00e0 San Vicente del Cagu\u00e1n, Colombie \/ Extrait du compte Twitter du maire de Naples [(@demagistris)]\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECela ne faisait pas 24 heures que le dernier rapport de la mission de v\u00e9rification des Nations unies en Colombie avait \u00e9t\u00e9 livr\u00e9 \u00e0 New York quand une de tes coll\u00e8gues t'a trouv\u00e9 mort, mon ami po\u00e8te et journaliste, dans ta maison de San Vicente del Cagu\u00e1n. Ce rapport \u00e9tait cens\u00e9 refl\u00e9ter tes conclusions en tant que volontaire de cette organisation dans le d\u00e9partement du Caquet\u00e1, mais, comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas pour ta mort, l'ONU est rest\u00e9e silencieuse.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt c'est ce silence, indigne de toi et de notre r\u00e9alit\u00e9, qui m'oblige \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 essayer de rompre avec les mots le nœud serre ma gorge depuis que j'ai appris qu'une corde a \u00e9touff\u00e9 la tienne jusqu'\u00e0 te laisser sans vie aux premi\u00e8res heures du mercredi 15 juillet.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'hypoth\u00e8se du suicide est peu plausible pour ceux d'entre nous qui ont connu ta vitalit\u00e9, ton sourire et aussi ta critique de la Mission lorsqu'un camarade, atteint de la dengue, a du attendre longtemps pour \u00eatre \u00e9vacu\u00e9 vers une autre ville pour recevoir des soins m\u00e9dicaux appropri\u00e9s. Tu te demandais ce qui se passerait si \u00e9tais mordu par un serpent, si tu tombais gravement malade \u00e0 San Vicente. Tu avais d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu \u00e0 qui t'adresser si quelque chose tel t'arrivait : ce ne serait personne \u00e0 l'int\u00e9rieur de l'ONU, car tu craignais que la pachydermie bureaucratique ne te laisse encore plus expos\u00e9 qu'une maladie ou un accident.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette estime de soi est en contradiction avec l'id\u00e9e que tu serais capable de t'\u00f4ter la vie dans un lieu si lointain de tes amis, de ta famille et de tes amours, et de la Naples de ton cœur, o\u00f9 tu devais partir le 20 juillet pour te nettoyer dans les eaux de la mer Tyrrh\u00e9nienne de toute la salet\u00e9 qui avait assombri tes derni\u00e8res semaines.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EQuelques semaines plus t\u00f4t, vous aviez d\u00e9verrouill\u00e9 le cadenas qui fermait la grille du toit qui donnait sur la terrasse du petit b\u00e2timent o\u00f9 tu vivais, \u00ab au cas o\u00f9 quelqu'un \u00bb viendrait te chercher. C'est l\u00e0 qu'ils t' ont trouv\u00e9 ? Je ne le saurai pas, du moins pour l'instant, car je ne t' ai jamais rendu visite, ni \u00e0 San Vicente ni \u00e0 Naples, comme nous l'avions convenu.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Vedi Napoli e poi muori \u00bb (voir Naples et mourir). Tu m'as toujours r\u00e9p\u00e9t\u00e9 cette phrase m\u00e9lancolique pour souligner la promesse que nous nous \u00e9tions faite en 2018, lorsque tu as quitt\u00e9 les Brigades internationales de paix et que je me suis rendue aux Pays-Bas pour pour souffler un peu face \u00e0 une nouvelle vague de menaces : \u00e0 ton retour en Italie, je viendrais te rendre visite.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors que ton contrat \u00e0 la Mission expirait le 20 ao\u00fbt, quelque chose s'est produit le 10 juillet. Ce jour-l\u00e0, tu as eu une forte dispute avec tes patrons, comme tu l'as dit dit \u00e0 Anna Motta, ta m\u00e8re, le lendemain, en annon\u00e7ant que tu avais avanc\u00e9 la date de ton retour. Tu te disais d\u00e9go\u00fbt\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPendant ces derniers jours, tu avais beaucoup insist\u00e9 sur le fait que tu n'\u00e9tais plus en s\u00e9curit\u00e9 en Colombie ou \u00e0 la Mission. C'est pourquoi avais d\u00e9verrouill\u00e9 ce cadenas et commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer ton d\u00e9part. Le mercredi 15, tu aurais d\u00fb te rendre \u00e0 Bogota pour commencer ton retour. Vous devais obtenir l'autorisation de voyager sur le vol humanitaire du 20, une proc\u00e9dure facile pour un fonctionnaire international.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETon Whatsapp personnel a \u00e9t\u00e9 connect\u00e9 jusqu'au 14 juillet \u00e0 22h45. Ce qui s'est pass\u00e9 depuis lors jusqu'\u00e0 ce que ton corps soit retrouv\u00e9 le lendemain matin par un autre ex-brigadiste et volontaire de la Mission est une \u00e9nigme. Je l'ai appel\u00e9e d\u00e8s que j'ai appris la nouvelle, le 16, pour lui pr\u00e9senter mes condol\u00e9ances, mais je me noyais moi-m\u00eame dans les larmes. \u00ab Mario t' aimait beaucoup, il parlait toujours de toi. Je savais que vous \u00e9tiez toujours en contact \u00bb, a-t-elle dit, et j'ai seulement r\u00e9ussi \u00e0 lui demander d'essayer de r\u00e9cup\u00e9rer de ton ordinateur les po\u00e8mes que tu avais compil\u00e9s et que tu voulais publier en Italie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa troisi\u00e8me semaine de juin, lors d'une r\u00e9union informelle \u00e0 Florencia, la capitale du Caquet\u00e1, o\u00f9 se trouve le bureau r\u00e9gional (BR) de la Mission dont d\u00e9pend la sous-direction de Cagu\u00e1n, un coll\u00e8gue t' a accus\u00e9 d'\u00eatre un espion.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETu l'as dit en riant, parce que tu t'es toujours moqu\u00e9 de l'absurde. Aujourd'hui, avec ton sourire \u00e9teint par ton d\u00e9part violent et soudain, je me demande si ce n'\u00e9tait pas un premier signe du danger qui te guettait. Que s'est-il pass\u00e9 ce jour-l\u00e0, qui t'a expos\u00e9 de mani\u00e8re si grave, quelles mesures ont \u00e9t\u00e9 prises par Sergio Pirabal, chef du BR, un ancien coll\u00e8gue \u00e0 moi dans la Commission de la v\u00e9rit\u00e9 du Guatemala.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETu avais \u00e9galement comment\u00e9 en riant la r\u00e9cente note sur ton CV indiquant que tu avais \u00e9t\u00e9 en d\u00e9saccord avec la fa\u00e7on, selon toi, discriminatoire, dont la Mission g\u00e9rait la pand\u00e9mie. Alors que les autres employ\u00e9s ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de mesures de d\u00e9placement et de t\u00e9l\u00e9travail, pour les volontaires, la norme \u00e9tait la solitude et l'isolement.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETu \u00e9tais de ceux qui rient des choses s\u00e9rieuses, comme lorsque tu m'avais avou\u00e9 que tu publiais sous pseudonyme des reportages sur la Colombie pour un magazine italien. Ces jours-ci, \u00e0 la recherche d'indices, j'ai relu tes articles, mais le dernier date de juin 2018. Il est clair que tu n'as jamais viol\u00e9 les principes de la Mission : d\u00e8s ton entr\u00e9e en fonction, tu as, cess\u00e9 d'\u00e9crire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENon. Je ne crois pas \u00e0 la th\u00e8se du suicide d\u00fb \u00e0 la solitude et \u00e0 la d\u00e9pression que plusieurs de tes amis veulent accr\u00e9diter pour faire face \u00e0 leur propre douleur. Je ne crois pas non plus qu'une autopsie prenne 10 ou 20 jours. Peut-\u00eatre l'examen toxicologique, mais l'examen m\u00e9dico-l\u00e9gal devrait \u00eatre fait maintenant et il devrait \u00eatre publi\u00e9 par l'Institut national de m\u00e9decine l\u00e9gale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe connais ton d\u00e9go\u00fbt intime \u00e0 l'\u00e9gard d'une organisation qui, dans son rapport de 2019, ne mentionne que dans un paragraphe de six lignes le bombardement militaire qui a tu\u00e9 18 enfants recrut\u00e9s par les dissidents des Farc, dont plusieurs ont \u00e9t\u00e9 achev\u00e9s sur le terrain, un fait qui a d\u00e9termin\u00e9 le d\u00e9part du ministre de la D\u00e9fense de l'\u00e9poque, Guillermo Botero.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe sais que tu avais document\u00e9 d'autres cas de ce genre, ainsi que le d\u00e9placement forc\u00e9 des familles des enfants victimes et le meurtre de plusieurs autres. Je sais que tu avais \u00e9t\u00e9 d\u00e9range par la mollesse du ton des rapports de l'ONU, par les relations complexes de certains membres de la Mission avec la force publique, par l'embauche de civils qui venaient de travailler pour les forces militaires, par la passivit\u00e9 de cette organisation face aux bombardements contre les civils dans le sud du Meta, et par l'augmentation des assassinats s\u00e9lectifs d'anciens combattants des Farc.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETu attendais depuis des mois l'activation d'une troisi\u00e8me alerte pr\u00e9coce du bureau du D\u00e9fenseur du peuple pour e San Vicente del Cagu\u00e1n. Cette semaine, Mateo G\u00f3mez V\u00e1squez, coordinateur national du SAT (Syst\u00e8me des alertes pr\u00e9coces), m'a confirm\u00e9 que l'alerte sera donn\u00e9e dans un mois environ, et qu'elle portera sur la mont\u00e9e des dissidents des FARC sous le commandement de \u00ab Gentil Duarte \u00bb et sur la nouvelle dynamique du conflit dans cette r\u00e9gion du pays.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais cette fois, l'alerte sera tardive. D'apr\u00e8s la derni\u00e8re conversation que tu as eue avec votre m\u00e8re, le 10 juillet, tu t'\u00e9tais mis dans \u00ab le p\u00e9trin \u00bb avec tes patrons, ce qui, je n'h\u00e9site pas \u00e0 le dire, a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur de ton suicide simul\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDepuis une semaine, ton nom tourne dans ma t\u00eate avec les expressions \u00ab enqu\u00eate approfondie \u00bb, \u00ab immunit\u00e9 diplomatique \u00bb et \u00ab circonstances \u00e9tranges \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJ'ai mal \u00e0 l'\u00e2me, Mario Paciolla. En tant que brigadiste, tu m'as sauv\u00e9 la vie. Aujourd'hui, il n'y a qu'une seule mani\u00e8re de payer cette dette : chercher la v\u00e9rit\u00e9 sur ta mort.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_177478_e313df.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003ECourtesy of \u003Ca href=\"http:\/\/tlaxcala-int.org\"\u003ETlaxcala\u003C\/a\u003E\u003Cbr \/\u003E\nSource: \u003Ca href=\"https:\/\/www.elespectador.com\/noticias\/nacional\/mario-paciolla-fue-un-suicidio\"\u003Eelespectador.com\u003C\/a\u003E\u003Cbr \/\u003E\nPublication date of original article: 22\/07\/2020\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.tlaxcala-int.org\/article.asp?reference=29442\"\u003Etlaxcala-int.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}