{"178000":{"id":"178000","parent":"0","time":"1597395751","url":"http:\/\/www.wsws.org\/fr\/articles\/2020\/08\/14\/ruch-a14.html","category":"Banqueroute","title":"Le Royaume-Uni en r\u00e9cession record \u00e0 l'approche d'une catastrophe sociale","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_178000_b22b5c.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"le-royaume-uni-en-recession-record-a-l-approche-d-une-catastrophe-sociale","admin":"newsnet","views":"58","priority":"3","length":"8751","lang":"","content":"\u003Cp\u003EPar Thomas Scripps\u003Cbr \/\u003E\n14 ao\u00fbt 2020\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe Royaume-Uni est officiellement en proie \u00e0 la pire r\u00e9cession jamais enregistr\u00e9e. Apr\u00e8s avoir connu deux trimestres cons\u00e9cutifs de baisse du PIB, l'\u00e9conomie britannique est de la m\u00eame taille qu'en 2003, plus petite que le point le plus bas atteint lors de la crise financi\u00e8re de 2008-2009. La r\u00e9ponse du gouvernement Johnson et des employeurs sera une attaque brutale contre le niveau de vie de la classe ouvri\u00e8re.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu cours des trois premiers mois de cette ann\u00e9e l'\u00e9conomie britannique s'est contract\u00e9e de 2,2 pour cent. Mais, au cours des trois mois suivants, jusqu'\u00e0 la fin juin, l'\u00e9conomie a plong\u00e9 de plus d'un cinqui\u00e8me (20,4 pour cent). Il s'agit de la plus forte baisse trimestrielle depuis que des statistiques similaires ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre enregistr\u00e9es en 1955. C'est la pire exp\u00e9rience de tous les pays du G7, soit environ le double de celle de l'Allemagne et des \u00c9tats-Unis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa Grande-Bretagne a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement touch\u00e9e, en partie \u00e0 cause de la structure de son \u00e9conomie, fortement ax\u00e9e sur le secteur des services qui repr\u00e9sente 80 pour cent de la production. Largement orient\u00e9 vers les consommateurs, ce secteur a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement touch\u00e9 par les mesures de distanciation sociale et du confinement, et par la prudence dont a fait preuve la population face au virus COVID-19.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_178000_b22b5c.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003ELe premier ministre britannique Boris Johnson (Source: AP Photo\/Alberto Pezzali)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes d\u00e9penses de consommation ont diminu\u00e9 de 27,7 pour cent en mai et elles demeuraient toujours inf\u00e9rieures de 14,5 pour cent \u00e0 celles de juin de l'ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Les visites de magasins ont diminu\u00e9 de 39,4 pour cent le mois dernier au niveau national et de 69 pour cent dans le centre de Londres, qui d\u00e9pend plus fortement des touristes et des employ\u00e9s de bureau.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes services ont chut\u00e9 de 19,9 pour cent au cours du dernier trimestre - ce qui repr\u00e9sente les trois quarts de la baisse du PIB total - et ont enregistr\u00e9 une hausse relativement faible de 7,7 pour cent en juin par rapport au mois pr\u00e9c\u00e9dent. Le secteur manufacturier a chut\u00e9 de 16,9 pour cent, suivi d'une hausse de 11 pour cent. La construction s'est effondr\u00e9e de 35 pour cent, mais a depuis fait un bond de 23,5 pour cent.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn tenant compte de la croissance enregistr\u00e9e dans l'ensemble de l'\u00e9conomie en mai (2,4 pour cent) et en juin (8,7 pour cent) \u00e0 cause de la lev\u00e9e imprudente des mesures de sant\u00e9 publique, le PIB est d\u00e9sormais inf\u00e9rieur de 17,2 pour cent \u00e0 son niveau de f\u00e9vrier. La Banque d'Angleterre (BoE) pr\u00e9voit une chute annuelle de 9,5 pour cent pour 2020. Il s'agit de la plus forte chute depuis 1921 au lendemain de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, dans un contexte d'effondrement de la position dominante de l'imp\u00e9rialisme britannique dans le monde.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa BoE pr\u00e9voit un ralentissement significatif de la reprise du PIB apr\u00e8s le rebond initial, la production n'atteignant les niveaux pr\u00e9-pand\u00e9mie qu'\u00e0 la fin de 2021.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes choses pourraient \u00eatre encore pires. En mai, la BoE pr\u00e9voyait un effondrement du PIB de 14 pour cent, la pire r\u00e9cession depuis 300 ans. L'am\u00e9lioration des perspectives est due \u00e0 l'assouplissement plus pr\u00e9coce que pr\u00e9vu de la politique du confinement et par une reprise plus rapide dans certains domaines des d\u00e9penses de consommation. Toutefois, la BoE met en garde contre les \u00abrisques de baisse\u00bb, notamment une r\u00e9surgence de COVID-19 qui est garantie par la lev\u00e9e t\u00e9m\u00e9raire du confinement.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Office des statistiques nationales (ONS) a soulign\u00e9 les risques li\u00e9s \u00e0 un retard durable des investissements des entreprises, qui sont en baisse de 31,4 pour cent depuis le premier trimestre, du fait de la r\u00e9duction ou du report de d\u00e9penses non essentielles, surtout dans les secteurs orient\u00e9s vers les consommateurs. Tom Stevenson, directeur des investissements chez \u00abFidelity International\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 au \u003Ci\u003EGuardian\u003C\/i\u003E: \u00abPersonne ne sait exactement \u00e0 quoi ressemblera la reprise de la lutte contre le coronavirus. En particulier, avec la possibilit\u00e9 d'une deuxi\u00e8me vague d'infections et de nouveaux confinements locaux. Mais, il est probable qu'il s'agisse d'un retour extr\u00eamement lent aux niveaux d'avant la crise\u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa BoE s'inqui\u00e8te \u00e9galement du ch\u00f4mage et de l'impact de la pr\u00e9carit\u00e9 de l'emploi sur les d\u00e9penses. Selon l'ONS, le nombre de salari\u00e9s britanniques a chut\u00e9 de 730.000 emplois entre mars et juillet, et les postes \u00e0 pouvoir ont baiss\u00e9 de 45 pour cent par rapport \u00e0 ceux de l'ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Le nombre de demandeurs d'allocations de ch\u00f4mage a atteint 2,7 millions en juillet, soit le double du niveau d'avant la pand\u00e9mie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette situation va s'aggraver consid\u00e9rablement apr\u00e8s la fin du r\u00e9gime de cong\u00e9s pay\u00e9s du gouvernement en octobre. Selon l'ONS, environ cinq millions de personnes b\u00e9n\u00e9ficiaient encore de ce r\u00e9gime en juin. Le \u003Ci\u003EFinancial Times\u003C\/i\u003E cite Gerwyn Davies, de l'Institut agr\u00e9\u00e9 du personnel et du d\u00e9veloppement (Chartered Institute of Personnel and Development - CIPD), qui d\u00e9clare: \u00abUne r\u00e9elle inqui\u00e9tude est que ce n'est que la premi\u00e8re vague de mauvaises nouvelles pour le march\u00e9 de l'emploi\u00bb, et l'avertissement de Ruth Gregory, du cabinet de conseil \u00abCapital Economics\u00bb: \u00abC'est juste l'accalmie avant la temp\u00eate\u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne \u00e9tude men\u00e9e par le CIPD et le recruteur Adecco, publi\u00e9e lundi, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu'un tiers des employeurs avaient l'intention de proc\u00e9der \u00e0 des licenciements entre juillet et septembre. La BBC a obtenu des chiffres qui montrent que le nombre d'entreprises qui ont averti le gouvernement en juin de leur intention de supprimer 20 emplois ou plus \u00e9tait cinq fois plus \u00e9lev\u00e9 qu'au m\u00eame mois l'ann\u00e9e derni\u00e8re.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOn cite le Brexit et la perspective de tarifs d'exportations plus \u00e9lev\u00e9s en Europe comme un autre facteur de risque.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EM\u00eame prises ensemble, ces mises en garde et ces annonces ne sont qu'un aper\u00e7u d'une crise du capitalisme britannique qui s'intensifie. Et cette crise n'est qu'une manifestation sp\u00e9cifique d'un effondrement mondial centr\u00e9 sur l'\u00e9chec du syst\u00e8me capitaliste \u00e0 faire face \u00e0 la pand\u00e9mie de COVID-19. Le virus est hors de contr\u00f4le dans les Am\u00e9riques et conna\u00eet une r\u00e9surgence dans le monde entier. Le chancelier Rishi Sunak envisagerait de reporter son budget d'automne au printemps en cas de nouvelle s\u00e9rie de confinements locaux et d'une recrudescence des cas de coronavirus.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECependant, le contenu des plans \u00e9conomiques du gouvernement est d\u00e9j\u00e0 clair. Sunak a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la BBC apr\u00e8s l'annonce des chiffres officiels sur la r\u00e9cession: \u00abJ'ai d\u00e9j\u00e0 dit que des temps difficiles \u00e9taient \u00e0 venir, et les chiffres d'aujourd'hui confirment que les temps difficiles sont l\u00e0. Des centaines de milliers de personnes ont d\u00e9j\u00e0 perdu leur emploi et, malheureusement, dans les mois \u00e0 venir, beaucoup d'autres vont le perdre. Mais m\u00eame si des choix difficiles doivent se faire, nous allons nous en sortir et je peux assurer que personne ne sera laiss\u00e9 sans espoir ni opportunit\u00e9\u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes travailleurs ont d\u00e9j\u00e0 entendu tout cela. Apr\u00e8s, des appels \u00e0 \u00abse serrer la ceinture\u00bb et \u00e0 \u00abfaire des sacrifices\u00bb dans l'int\u00e9r\u00eat national vont suivre. On va utiliser le ch\u00f4mage de masse, d'une ampleur jamais vue depuis des d\u00e9cennies, pour imposer des r\u00e9ductions brutales des salaires et des conditions de travail. Comme lors du krach de 2008-2009, on va utiliser la dette publique \u00e9norme pour justifier le saccage des services sociaux essentiels.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa classe ouvri\u00e8re doit rejeter toutes ces demandes. Elle seule est appel\u00e9e \u00e0 faire des sacrifices. On a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 des milliers de milliards aux super-riches du monde entier, sous pr\u00e9texte de faire face \u00e0 une catastrophe sanitaire et \u00e9conomique - une crise cr\u00e9\u00e9e par le capitalisme lui-m\u00eame -, apr\u00e8s des ann\u00e9es d'aggravation des in\u00e9galit\u00e9s sociales, de parasitisme financier et d'assauts sur les conditions sociales de la classe ouvri\u00e8re. Aujourd'hui, la pand\u00e9mie fait rage et un nouvel effondrement historique du niveau de vie est en pr\u00e9paration.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'argent et les biens pill\u00e9s par les super-riches doivent \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par la classe ouvri\u00e8re, et les entreprises doivent devenir propri\u00e9t\u00e9 publique, orient\u00e9es vers une production socialement utile et plac\u00e9es sous contr\u00f4le d\u00e9mocratique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn ce qui concerne le Parti travailliste et les syndicats, les travailleurs font face \u00e0 une force hostile qui a travaill\u00e9 main dans la main avec le gouvernement conservateur tout au long de la pand\u00e9mie et qui continuera de le faire \u00e0 mesure que la crise \u00e9conomique s'aggravera. Pour les combattre, il faut former des comit\u00e9s de travailleurs de la base et construire le parti r\u00e9volutionnaire, le Parti de l'\u00e9galit\u00e9 socialiste, pour mener la lutte pour le socialisme.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E(Article paru en anglais le 13 ao\u00fbt 2020)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.wsws.org\/fr\/articles\/2020\/08\/14\/ruch-a14.html\"\u003Ewsws.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}