{"180259":{"id":"180259","parent":"0","time":"1602448626","url":"http:\/\/www.mondialisation.ca\/ernesto-che-guevara-1928-1967-combattant-internationaliste\/5650047","category":"Histoire","title":"Ernesto \u00ab Che \u00bb Guevara (1928-1967), combattant internationaliste","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_180259_405f1f.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"ernesto-che-guevara-1928-1967-combattant-internationaliste","admin":"newsnet","views":"63","priority":"4","length":"13705","lang":"","content":"\u003Cp\u003EPar \u003Ca href=\"https:\/\/www.mondialisation.ca\/author\/claude-morin\"\u003EClaude Morin\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cimg style=\" width:199px;\" src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_180259_4a3c80.png\" \/\u003E\u003Cp\u003EIl y a 53 ans, le 9 octobre 1967, mourait en Bolivie \u003Cb\u003EChe Guevara\u003C\/b\u003E, l\u00e2chement assassin\u00e9 sur ordre d'un pr\u00e9sident bolivien (Ren\u00e9 Barrientos) et d'un agent de la CIA (F\u00e9lix Rodr\u00edguez). Il avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 \u00e0 une jambe la veille et fait prisonnier \u00e0 la suite d'un combat dans la Quebrada del Yuro, un lieu inhospitalier et isol\u00e9 de la g\u00e9ographie bolivienne.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMort \u00e0 39 ans, \u00ab le Che \u00bb demeure un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s sa disparition une r\u00e9f\u00e9rence. Peu d'hommes auront suscit\u00e9 autant l'admiration et l'adh\u00e9sion des Cubains de tous les \u00e2ges. Sa vie, sa conduite et sa pens\u00e9e en auront fait un mod\u00e8le \u00e0 imiter pour des millions de personnes \u00e0 Cuba et dans le monde, une sorte d'ic\u00f4ne mondiale du r\u00e9volutionnaire cons\u00e9quent, engag\u00e9 dans la poursuite de ses id\u00e9aux jusqu'au sacrifice ultime.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_180259_b6ed6a.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EChe Guevara et l'agent de la CIA, Felix Rodriquez, quelques heures avant l'ex\u00e9cution du Che, le 9 octobre 1967\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EN\u00e9 \u00e0 Rosario, en Argentine, Ernesto Guevara de la Serna est le petit-fils d'un chercheur d'or en Californie et un descendant du dernier vice-roi du P\u00e9rou. Sujet \u00e0 des crises d'asthme, il va, pour conjurer le mal, pratiquer des sports intenses (football, rugby, natation, etc.). En 1951, il entreprend avec son ami Alberto Granado un long p\u00e9riple en Am\u00e9rique du Sud (10 000 km). Ce voyage aura valeur initiatique : Guevara y fit la d\u00e9couverte de l'injustice, de la discrimination, de la pauvret\u00e9, des grandes in\u00e9galit\u00e9s, de la maladie. Il y puisera sa foi en la r\u00e9volution n\u00e9cessaire. Apr\u00e8s avoir compl\u00e9t\u00e9 ses \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Buenos Aires, il reprendra la route vers le Nord. Au Guatemala, en 1954, il sera t\u00e9moin du renversement du gouvernement Arbenz au terme d'une op\u00e9ration mont\u00e9e par la CIA.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00c0 Mexico, il rencontre Fidel Castro - leur premier \u00e9change dura plus de huit heures - et se joint \u00e0 l'exp\u00e9dition du Granma. Ayant fait preuve de courage et de d\u00e9termination dans les combats dans l'Oriente, Che est fait commandant par Fidel. Charg\u00e9 d'une colonne (la 8 : avec 139 hommes), il s'occupe de former des grad\u00e9s et des soldats comp\u00e9tents; il cr\u00e9e un p\u00e9riodique, une radio et une \u00e9cole de recrutement en zone lib\u00e9r\u00e9e. \u00c0 la t\u00eate d'une colonne, il prend la direction de Las Villas, au centre de l'\u00eele, une terrible marche de 47 jours [554 km sur une carte] dans des conditions inhumaines (avan\u00e7ant \u00e0 travers des marais putrides, sous des tirs incessants de l'arm\u00e9e de l'air cubaine). Le 28 d\u00e9cembre 1958, \u00e0 Santa Clara, il prend d'assaut avec 400 hommes un train blind\u00e9 de 19 wagons r\u00e9put\u00e9 imprenable et symbole de l'offensive gouvernementale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EApr\u00e8s la chute de la dictature, Che, devenu citoyen cubain, est charg\u00e9 d'organiser les proc\u00e8s pour juger les criminels de l'ancien r\u00e9gime. Cette fonction lui vaudra la haine des familles des condamn\u00e9s qui avaient \u00e9t\u00e9 pourtant des assassins et des tortionnaires. D\u00e9sign\u00e9 ambassadeur itin\u00e9rant, il voyage en Afrique, en Asie et en Europe. Les voyages \u00e0 l'\u00e9tranger seront d\u00e9sormais une composante essentielle de la mission cubaine du Che. Il se voit aussi confi\u00e9 des responsabilit\u00e9s \u00e9conomiques \u00e0 titre de pr\u00e9sident de l'Institut national de la r\u00e9forme agraire, puis de directeur de la Banque centrale et de ministre de l'Industrie. \u00c0 partir de 1965, il renoue avec la lutte arm\u00e9e contre l'imp\u00e9rialisme, d'abord au Congo, puis en Bolivie. Il croit \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab cr\u00e9er deux, trois, de nombreux Vi\u00eat Nam \u00bb. Les paysans boliviens n'adh\u00e8rent pas \u00e0 la gu\u00e9rilla. Encercl\u00e9 par plus de 1 500 militaires encadr\u00e9s par des conseillers \u00e9tats-uniens, le Che est bless\u00e9 et captur\u00e9 dans le canyon du Churo, ex\u00e9cut\u00e9 le lendemain et son corps, amput\u00e9 de ses mains, est enterr\u00e9 clandestinement pr\u00e8s de la piste de l'a\u00e9roport de Vallegrande. Ses restes, retrouv\u00e9s 30 ans plus tard, reposent avec ceux de ses compagnons dans le m\u00e9morial qui lui est consacr\u00e9 \u00e0 Santa Clara.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELecteur boulimique, m\u00e9thodique, disciplin\u00e9 en tout, Guevara prenait d'abondantes notes et consignait ses r\u00e9flexions dans des carnets. Il a beaucoup \u00e9crit: des lettres, des discours, des essais. Il a tenu des journaux de ses voyages, de ses campagnes (\u00e0 Cuba, au Congo, en Bolivie). Il a \u00e9crit sur la guerre, l'\u00e9conomie, le socialisme, la g\u00e9opolitique. Ses discours dans les forums internationaux et ses entrevues sont d'une clart\u00e9 et d'une franchise remarquables. On a conserv\u00e9 431 manuscrits de sa main. Ils figurent au registre \u00ab M\u00e9moire du monde \u00bb de l'Unesco. Les \u00e9ditions Fran\u00e7ois Masp\u00e9ro, son principal \u00e9diteur en fran\u00e7ais, ont publi\u00e9 six tomes de ses œuvres.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EChe fut un acteur et un \u003Cb\u003Eth\u00e9oricien\u003C\/b\u003E r\u00e9volutionnaires. \u003Cb\u003EHomme d'action\u003C\/b\u003E, il \u00e9tait aussi un homme de r\u00e9flexions. Il appliqua aux r\u00e9alit\u00e9s sociales de son temps les outils du marxisme, telle l'analyse de classes, l'examen des rapports de forces, les alliances politiques, l'analyse sociale de l'imp\u00e9rialisme. Il avait un sens \u00e9thique \u00e9lev\u00e9, au service de l'action r\u00e9volutionnaire. La r\u00e9volution le forma. C'est dans la guerre et comme cadre r\u00e9volutionnaire qu'il d\u00e9veloppa sa stature de combattant, de dirigeant et de penseur. Alfredo Guevara qui a collabor\u00e9 avec lui d\u00e8s 1959 r\u00e9concilie les deux facettes de sa personnalit\u00e9 : \u00ab il fut toujours dispos\u00e9 \u00e0 convertir ce qu'il pensait en action, mais en action intelligente. L'homme, au-del\u00e0 de l'ic\u00f4ne, \u00e9tait un intellectuel rigoureux et antidogmatique. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'œuvre du Che (en mots et en actes) s'inscrit dans un temps, r\u00e9pond aux d\u00e9fis de son \u00e9poque. Elle est contextualis\u00e9e. On le voit bien quand on lit Le socialisme et l'homme \u00e0 Cuba (1965). Il y a des pr\u00e9misses dans cet \u00e9crit : l'identit\u00e9 entre les dirigeants et les dirig\u00e9s, entre l'avant-garde et la masse, entre la soci\u00e9t\u00e9 civile et la soci\u00e9t\u00e9 politique, entre les int\u00e9r\u00eats personnels et les int\u00e9r\u00eats collectifs, entre le peuple et la r\u00e9volution (isolant la r\u00e9action), l'accent sur les devoirs ou le conditionnement des droits par les devoirs; la primaut\u00e9 de la d\u00e9fense. Ce sont les d\u00e9fis qui se posent dans la Cuba des ann\u00e9es 60.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais en m\u00eame temps, l'œuvre du Che est impr\u00e9gn\u00e9e d'une pens\u00e9e dialectique qui lui permet de transcender son \u00e9poque. Elle est port\u00e9e par un souffle \u00e9mancipateur et moral qui lui donne une valeur universelle dans le temps comme dans l'espace. L'id\u00e9e d'\u00ab homme nouveau \u00bb est une utopie, mais une utopie mobilisatrice. Che croyait en l'homme dans toute sa pl\u00e9nitude, dans sa composante physique (travail manuel et sport), intellectuelle (\u00e9tude), sociale (camaraderie). La solidarit\u00e9 \u00e9tait pour lui une valeur supr\u00eame au sein d'une soci\u00e9t\u00e9 comme entre les peuples, ce qui explique que sa stature soit internationale, particuli\u00e8rement dans le tiers monde.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_180259_405f1f.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EUne jeune fille regarde de chez elle une image du h\u00e9ros r\u00e9volutionnaire cubain Ernesto \u00ab Che \u00bb Guevara dans la vieille Havane, Cuba, vendredi 10 juin 2011 (AP Photo\/Javier Galeano). Source : \u003Ca href=\"https:\/\/ndla.no\/article\/5958\"\u003Endla.no\u003C\/a\u003E\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe Che et la mondialisation\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour les partisans de la mondialisation, il s'agit d'un ph\u00e9nom\u00e8ne universel, irr\u00e9versible, n\u00e9cessaire, car fond\u00e9 sur les structures \u00e9conomiques. C'est un syst\u00e8me triomphant contre lequel on ne peut rien. Pour le Che, l'expansion du capitalisme \u00e0 l'\u00e9chelle plan\u00e9taire \u00e9tait un ph\u00e9nom\u00e8ne essentiellement social et politique. Il donnait \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne un nom tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude : l'imp\u00e9rialisme. Pour Che, l'imp\u00e9rialisme \u00e9tait un ph\u00e9nom\u00e8ne historique contradictoire dont l'expansion engendre des conflits nationaux et de classes qui le condamnent. Che a d\u00e9fi\u00e9 l'imp\u00e9rialisme \u00e0 Cuba, au Congo, en Bolivie. La perspective politique du Che est un appel \u00e0 l'action pour changer le monde. C'est l'antith\u00e8se de la passivit\u00e9 et du fatalisme. L'analyse des rapports sociaux doit partir des unit\u00e9s de travail et remonter aux entit\u00e9s nationales et aux institutions internationales.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_180259_3aeecd.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe Che et la conscience\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EChe a mis en valeur dans l'action r\u00e9volutionnaire la place centrale de la conscience, de l'organisation disciplin\u00e9e et de la coh\u00e9rence id\u00e9ologique. Il consid\u00e9rait que la subjectivit\u00e9 \u00e9tait un moteur de l'histoire, que la lib\u00e9ration des travailleurs d\u00e9pendait de leur action directe, d'o\u00f9 l'importance qu'il attachait \u00e0 l'\u00e9ducation, \u00e0 la formation id\u00e9ologique. Il institua \u00e0 cette fin le travail volontaire. Il d\u00e9fendit avec ardeur la primaut\u00e9 des stimulants moraux alors que d'autres pr\u00e9conisaient le recours aux stimulants mat\u00e9riels.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe Che et l'internationalisme\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe Che a toujours pens\u00e9 le changement en termes internationaux. Il eut une strat\u00e9gie internationaliste. Il \u00e9choua cependant au plan tactique, n'ayant pas trouv\u00e9 les conditions locales propices sur les deux th\u00e9\u00e2tres, le Congo et la Bolivie. Les mouvements actuels qui s'inspirent de Che ont en revanche une ma\u00eetrise du local. Ils inversent la relation local\/international du Che.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe Che et l'\u00e9thique politique\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est en mon sens la plus grande contribution du Che : enseigner par l'exemple. Il combattit la distance entre dirigeants et dirig\u00e9s. Il combattit la bureaucratie, d\u00e9montrant sa pr\u00e9occupation pour la d\u00e9mocratisation du pouvoir administratif dans le secteur productif (industriel). Il fut ennemi des privil\u00e8ges. Menant une vie aust\u00e8re, il partageait la vie mat\u00e9rielle de son entourage. Il \u00e9tait proche des gens, des travailleurs, du peuple. Il mettait l'\u00e9paule \u00e0 la roue, enseignant par l'exemple, payant de sa personne, en premi\u00e8re ligne au combat comme au travail, sans \u00e9gard aux dangers et \u00e0 l'asthme qui le tenaillait. Il voyait dans le travail productif volontaire une \u00e9cole pour d\u00e9passer la coupure entre travail mental et travail manuel. Il participait aux \u00ab dimanches rouges \u00bb. Les organisations r\u00e9volutionnaires doivent pr\u00e9figurer la future soci\u00e9t\u00e9, d'o\u00f9 sa pratique d'instituer des \u00e9coles, des ateliers, des dispensaires dans les zones de combat. On a assimil\u00e9 Oussama ben Laden \u00e0 Che : jamais Che ne pr\u00f4na l'assassinat ni l'action terroriste. Il avait un respect pour la vie, celle des ennemis comme celle de ses hommes. Plusieurs organisations reprennent cette vision \u00e9thique. Les intellectuels ne commandent plus. Les chefs doivent prendre avis des membres au sein d'assembl\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe Che comme militaire\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EGuevara a consign\u00e9 son exp\u00e9rience militaire et ses r\u00e9flexions dans La guerre de gu\u00e9rilla. C'est l'œuvre qui a le plus vieilli et celle qui aboutit \u00e0 des \u00e9checs au Congo et en Bolivie. Guevara ne fut jamais un militariste. Ce sont les circonstances qui en firent un soldat. L'option militaire \u00e9tait une option d\u00e9coulant d'une analyse politique : le caract\u00e8re non r\u00e9volutionnaire de la bourgeoisie, la nature illusoire de la voie \u00e9lectoraliste. Ses erreurs de terrain d\u00e9coulaient d'informations d\u00e9ficientes rassembl\u00e9es par d'autres et d'une transposition \u00e0 d'autres milieux de le\u00e7ons tir\u00e9es de la lutte arm\u00e9e \u00e0 Cuba. Le foquismo (la th\u00e9orie du foyer insurrectionnel) avait r\u00e9ussi \u00e0 Cuba : il \u00e9choua en Bolivie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPendant ce temps en Bolivie\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cimg style=\" width:194px;\" src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_180259_77f252.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003EIl faudra attendre une trentaine d'ann\u00e9es pour que des mouvements sociaux paysans, miniers et indig\u00e8nesentreprennent une marche victorieuse vers le pouvoir. La r\u00e9volution, cette fois, empruntera la voie \u00e9lectorale. En d\u00e9cembre 2005, Evo Morales, un syndicaliste d'ascendance aymara, est \u00e9lu pr\u00e9sident \u00e0 la t\u00eate du Mouvement vers le socialisme (MAS). Il sera r\u00e9\u00e9lu jusqu'\u00e0 ce qu'un coup d'\u00c9tat orchestr\u00e9 par la droite bolivienne et les \u00c9tats-Unis l'oblige \u00e0 d\u00e9missionner et \u00e0 s'exiler.Aujourd'hui nous sommes dans l'attente du retour du MAS au pouvoir et de la d\u00e9faite des putschistes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe souvenir du Che est toujours pr\u00e9sent en Bolivie. La pr\u00e9sidente usurpatrice a profit\u00e9 de l'anniversaire pour honorer la m\u00e9moire des militaires boliviens morts dans les combats contre la gu\u00e9rilla du Che. Elle y est all\u00e9e d'une mise en garde contre quelque \u00e9tranger \u00ab qu'il soit cubain, v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien, argentin \u00bb qui viendrait \u00ab cr\u00e9er des probl\u00e8mes, il trouvera la mort \u00bb. Ironie de l'histoire, le sergent Mario Ter\u00e1n Salazar,choisi par tirage au sort pour ex\u00e9cuter l'ordre d'assassiner le Che, non sans quelque h\u00e9sitation et seulement apr\u00e8s avoir absorb\u00e9 des rasades d'alcool, devait \u00eatre op\u00e9r\u00e9 pour des cataractes en 2006 par des m\u00e9decins cubains dans le cadre de l'Op\u00e9ration Miracle. Le quotidien cubain Granma devait \u00e9crire : \u00ab Quatre d\u00e9cennies apr\u00e8s que Mario Ter\u00e1n tenta de d\u00e9truire un r\u00eave et une id\u00e9e, le Che revient pour gagner une autre bataille. \u00bb En douze ans, plus de 700 000 Boliviens ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s gratuitement pour des maladies oculaires par des \u00e9quipes m\u00e9dicales cubaines. Comble d'ingratitude de la part du r\u00e9gime \u00ab transitoire \u00bb issu du coup d'\u00c9tat, ce sont plus de 600 coop\u00e9rants cubains qui ont \u00e9t\u00e9 menac\u00e9s, puisexpuls\u00e9s de Bolivie. La nouvelle chanceli\u00e8re se permit m\u00eame de d\u00e9nigrer le pays qui lui avait donn\u00e9 sa formation en politique internationale!\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EClaude Morin\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EClaude Morin\u003C\/b\u003E : \u003Ci\u003Eprofesseur (retrait\u00e9) d'histoire de l'Am\u00e9rique latine, Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, et chercheur associ\u00e9 au CRM.\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa source originale de cet article est Mondialisation.ca\u003Cbr \/\u003E\nCopyright \u00a9 \u003Ca href=\"https:\/\/www.mondialisation.ca\/author\/claude-morin\"\u003EClaude Morin\u003C\/a\u003E, Mondialisation.ca, 2020\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.mondialisation.ca\/ernesto-che-guevara-1928-1967-combattant-internationaliste\/5650047\"\u003Emondialisation.ca\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}