{"180459":{"id":"180459","parent":"0","time":"1602837478","url":"http:\/\/mrmondialisation.org\/pourquoi-le-made-in-france-nest-pas-toujours-ecologique\/","category":"documentaires","title":"Pourquoi le Made in France n'est pas toujours \u00e9cologique","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_180459_8bccad.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"pourquoi-le-made-in-france-n-est-pas-toujours-ecologique","admin":"newsnet","views":"10","priority":"2","length":"11002","lang":"","content":"\u003Cp\u003EUne \u00e9tude r\u00e9cente indique que 87% des Fran\u00e7ais pensent faire un geste pour la plan\u00e8te lorsqu'ils ach\u00e8tent un produit \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E. S'appuyant sur cette vague de consommation locale, un grand nombre d'entreprises ont fait de cette appellation leur argument marketing phare. Devenue incontournable, elle permet aux marques de gonfler leur prix, mais peut aussi induire le consommateur en erreur. Dans l'industrie du textile, les fili\u00e8res de production et de distribution sont souvent opaques, d\u00e9centralis\u00e9es avec des r\u00e9glementations peu exigeantes. Ainsi, le \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E ne garantit pas toujours l'\u00e9coresponsabilit\u00e9 du produit et certains producteurs engag\u00e9s, comme \u003Ci\u003EHimalayan Made\u003C\/i\u003E, se r\u00e9v\u00e8lent parfois m\u00eame encore plus \u00e9cologique en centrant leur production dans un seul pays \u00e9tranger. Explications.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDeuxi\u00e8me secteur industriel le plus polluant au monde, l'industrie du textile \u00e9met plus d'1,2 milliard de tonnes de CO2 par an, et produit pr\u00e8s de 53 millions de tonnes de fibres chaque ann\u00e9e pour l'habillement. Entretenus par la surproduction, le gaspillage, des cha\u00eenes de production g\u00e9ographiquement \u00e9clat\u00e9es et une surexploitation des ressources naturelles, ces chiffres r\u00e9v\u00e8lent l'impact \u00e9norme d'un secteur embl\u00e9matique de la mondialisation et de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Outre le processus de fabrication, c'est aussi le cycle de vie des v\u00eatements et accessoires qui sont particuli\u00e8rement probl\u00e9matiques.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu fil des lavages, les produits synth\u00e9tiques comme le polyester, qui repr\u00e9sentent la majorit\u00e9 des fibres produites, d\u00e9versent en effet des tonnes de microplastiques dans les oc\u00e9ans. Apr\u00e8s une dur\u00e9e de vie parfois tr\u00e8s courte, plus de la moiti\u00e9 des produits de la \u003Ci\u003EFast Fashion\u003C\/i\u003E \u00e9tant \u00e9limin\u00e9e en moins d'un an, un nombre ridiculement faible de v\u00eatements sont recycl\u00e9s (les estimations les plus optimistes avancent le chiffre d'1%). L'industrie du textile exerce donc une pression consid\u00e9rable sur les ressources naturelles, d\u00e9grade les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, et creuse en outre les in\u00e9galit\u00e9s sociales \u00e0 l'\u00e9chelle locale, r\u00e9gionale et mondiale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne d\u00e9finition l\u00e9gale souple du \u00ab monde in France \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes impacts n\u00e9gatifs de cette industrie am\u00e8nent de plus en plus de consommateurs \u00e0 orienter leurs choix vers des achats consid\u00e9r\u00e9s comme plus \u00e9thiques, ou plus \u00e9co-responsables. C'est ainsi que le \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E conna\u00eet un net regain d'int\u00e9r\u00eat ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Et sur le fond, c'est une bonne nouvelle ! Trois quarts des fran\u00e7ais seraient ainsi pr\u00eats \u00e0 payer plus cher pour un produit qui porte cette \u00e9tiquette, \u00e9galement gage de qualit\u00e9 pour beaucoup d'entre eux. Mais si la fabrication fran\u00e7aise est essentielle pour pour soutenir l'\u00e9conomie locale et d\u00e9velopper de r\u00e9elles fili\u00e8res textiles dans l'hexagone, le \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E n'est pas toujours synonyme d'absence de transport a\u00e9rien ou maritime, loin de l\u00e0 !\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_180459_9a6cfa.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003ELe trajet typique d'un v\u00eatement issu de la Fast Fashion - Source : Himalayan Made\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003EL\u00e9galement, un produit peut en effet revendiquer l'appellation m\u00eame si la majorit\u00e9 de sa valeur ajout\u00e9e n'a pas \u00e9t\u00e9 produite sur le territoire national, ce seuil \u00e9tant fix\u00e9 \u00e0 45% \u00e0 l'heure actuelle. Lorsque que plusieurs pays sont impliqu\u00e9s dans la cha\u00eene de production, ce qui arrive dans l'immense majorit\u00e9 des cas pour l'industrie textile, il faut \u00e9galement que la derni\u00e8re transformation substantielle ait eu lieu en France. Si le simple ajout de boutons ne suffit donc pas \u00e0 revendiquer l'appellation, cette d\u00e9finition l\u00e9gale relativement souple ouvre tout de m\u00eame la voie \u00e0 de nombreuses d\u00e9rives. Plusieurs grandes marques l'ont bien compris, et jouent sur la confusion qu'elle permet. Ceci est encore plus vrai dans le cas de mentions volontairement ambigu\u00ebs, comme \u00ab Designed in France \u00bb, \u00ab Conditionn\u00e9 en France \u00bb ou encore \u00ab Cr\u00e9ation fran\u00e7aise \u00bb, qui ne garantissent en aucun cas une fabrication locale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/fr.tipeee.com\/mr-mondialisation\"\u003ESoutenez Mr Mondialisation sur Tipeee\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa derni\u00e8re \u00e9tape cruciale pour l'appellation\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab \u003Ci\u003EPour un v\u00eatement, ce sera la derni\u00e8re op\u00e9ration de transformation qui d\u00e9terminera l'origine du produit, c'est-\u00e0-dire la confection, et non le pays du tissu ou du fil\u003C\/i\u003E \u00bb indique Emmanuelle Butaud-Stubbs, D\u00e9l\u00e9gu\u00e9e G\u00e9n\u00e9ral de l'Union des Industries Textiles, \u003Ca href=\"https:\/\/lemag.bureauveritas.fr\/textile-plus-fort-que-le-made-in-france\"\u003E\u00e0 l'organisme de certification Bureau Veritas\u003C\/a\u003E. \u00ab \u003Ci\u003EUne chemise confectionn\u00e9e en France \u00e0 partir de tissu chinois peut l\u00e9gitimement revendiquer l'origine fran\u00e7aise\u003C\/i\u003E \u00bb. Ce cas de figure est particuli\u00e8rement fr\u00e9quent, en raison de la raret\u00e9 des fili\u00e8res compl\u00e8tes de transformation en France.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'attention port\u00e9e au \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E ne garantit donc pas \u00e0 elle seule la limitation de l'empreinte \u00e9cologique d'un produit textile. Pourtant, c'est bien l'origine du textile qui est probl\u00e9matique, pas son assemblage. D'autres facteurs importants sont \u00e0 prendre en consid\u00e9ration, \u00e0 commencer par l'origine et la fabrication de la fibre textile elle-m\u00eame (cultiv\u00e9e, synth\u00e9tique, recycl\u00e9e...). Cette production est en effet particuli\u00e8rement gourmande en ressources naturelles, avec 98 millions de tonnes de p\u00e9trole n\u00e9cessaire par an n\u00e9cessaire pour la culture de coton, les teintures, le traitement des textiles et la fabrication des fibres synth\u00e9tiques. La production textile mondiale requiert \u00e9galement 93 milliards de m\u00e8tres cubes d'eau par an, notamment pour les syst\u00e8mes d'irrigation des champs de coton.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDes dizaines de milliers de kilom\u00e8tres parcourus pendant la conception\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe parcours du v\u00eatement avant et pendant son assemblage est un autre facteur d\u00e9terminant, tout comme le lieu de production et de distribution. Si le transport est une des causes majeures d'\u00e9mission de CO2 lors du processus de production, ce n'est en r\u00e9alit\u00e9 pas le transport du produit fini qui est le plus probl\u00e9matique, mais bien les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de production, qui font voyager le textile \u00e0 travers le globe : culture du coton en Inde, filature au Pakistan, teinture en Chine, assemblage en Tunisie, etc. pour un seul et m\u00eame produit. Si une derni\u00e8re \u00e9tape de confection qui engage 45% de la valeur ajout\u00e9e du produit intervient en France apr\u00e8s ces nombreux voyages, le produit peut tout de m\u00eame afficher l'appellation \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E ! On peut pourtant logiquement estimer qu'un tel v\u00eatement n'a rien de Fran\u00e7ais ni d'\u00e9cologique.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_180459_bee5ca.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003ELes Fran\u00e7ais majoritairement pr\u00eats \u00e0 payer plus cher un produit Made in France.\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003EPar opposition, un v\u00eatement enti\u00e8rement con\u00e7u \u00e0 l'\u00e9tranger dans une fili\u00e8re durable et n'effectuant qu'un trajet vers la France pour y \u00eatre vendu peut poss\u00e9der une empreinte \u00e9cologique bien plus faible qu'un produit similaire estampill\u00e9 \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E. C'est le pari qu'a fait \u003Ci\u003EHimalayan Made\u003C\/i\u003E, une marque qui propose des v\u00eatements et accessoires en chanvre fabriqu\u00e9s au N\u00e9pal par des communaut\u00e9s locales de femmes, pratiquement en ligne directe. Consciente des enjeux de l'industrie du textile, l'entreprise a fait ce choix paradoxal pour limiter l'impact de sa production. C'est aussi pour cette raison qu'elle utilise la fibre naturelle la plus \u00e9cologique au monde : le chanvre, qui se cultive sans pesticide et sans syst\u00e8me d'irrigation de mani\u00e8re localis\u00e9e pr\u00e8s de la production. En plus d'\u00eatre sain pour le sol, il peut absorber 15 tonnes de CO2 pour un hectare plant\u00e9, soit 5 fois plus qu'un hectare de for\u00eat.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EHimalayan Made\u003C\/i\u003E, une marque engag\u00e9e qui assume produire au N\u00e9pal\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe choix du N\u00e9pal peut para\u00eetre paradoxal, \u00e9tant donn\u00e9 que le chanvre est aussi cultiv\u00e9 en France. Le secteur est m\u00eame en plein essor, faisant de l'Hexagone le premier producteur d'Europe. Mais la plante est cultiv\u00e9e en France pour d'autres applications (alimentation, b\u00e2timent, etc.) et en l'absence de filature sur le territoire, \u003Ci\u003EHimalayan Made\u003C\/i\u003E a d\u00e9cid\u00e9 de centrer la confection de ses produits dans un pays o\u00f9 le chanvre est \u00e0 la fois cultiv\u00e9 et transform\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9cologique, afin d'\u00e9viter le transport de mati\u00e8res inutiles. Au N\u00e9pal, la culture et la couture du chanvre sont des savoirs ancestraux, et toutes les \u00e9tapes se font manuellement, permettant une grande \u00e9conomie d'\u00e9nergie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'entreprise, qui fait preuve d'une r\u00e9elle transparence en mati\u00e8re de tra\u00e7abilit\u00e9, soutient \u00e9galement des associations locales qui œuvrent pour les personnes d\u00e9favoris\u00e9es dans la r\u00e9gion. Le transport du produit final reste n\u00e9anmoins une \u00e9tape qui entre en contradiction avec la volont\u00e9 d'\u003Ci\u003EHimalayan Made\u003C\/i\u003E de r\u00e9duire son impact sur l'environnement, \u00e0 l'heure o\u00f9 l'approvisionnement local est une priorit\u00e9. Pourtant, leur bilan \u00e9cologique reste inf\u00e9rieur \u00e0 une production d\u00e9centralis\u00e9e avec assemblage en France. En limitant drastiquement les trajets au cours de la cha\u00eene de production, \u003Ci\u003EHimalayan Made\u003C\/i\u003E d\u00e9montre qu'un v\u00eatement fabriqu\u00e9 au N\u00e9pal \u00ab proprement \u00bb peut dans certains cas \u00eatre plus \u00e9coresponsable qu'un produit industriel \u003Ci\u003EMade in France\u003C\/i\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_180459_8bccad.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003EL'entreprise Himalayan Made d\u00e9montre qu'une production concentr\u00e9e sur un seul pays permet de limiter l'impact environnemental du textile.\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003EUn imp\u00e9ratif de transparence dans tout le secteur\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESi cette appellation est trop souvent utilis\u00e9e comme argument marketing, pr\u00e9cisons toutefois que certaines des marques qui l'affichent sont r\u00e9ellement engag\u00e9es dans des processus de production plus \u00e9thiques et plus respectueux de l'environnement. La transparence dont elles peuvent faire preuve constitue souvent un indicateur important de cette bonne volont\u00e9, m\u00eame chez des entreprises aux proc\u00e9d\u00e9s encore imparfaits dans une industrie particuli\u00e8rement mondialis\u00e9e. Certains labels fiables existent aussi afin d'assurer une production faite en partie en France : Origine France Garantie, Entreprise du Patrimoine Vivant, Indication G\u00e9ographique, France Terre Textile.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ED'autres initiatives, comme l'application Clear Fashion, permettent de s'informer sur l'impact des marques de l'industrie de la mode en mati\u00e8re d'environnement, de sant\u00e9, de droits humains et de respect des animaux. Transparence et engagement des entreprises du textile sont donc essentiels pour soutenir une production locale et d\u00e9velopper des fili\u00e8res \u00e9coresponsables. Il est n\u00e9anmoins important de rappeler qu'une r\u00e9duction drastique de cette production et de la consommation qui en d\u00e9coule demeure la priorit\u00e9 absolue pour r\u00e9ellement pr\u00e9server l'environnement.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ERapha\u00ebl D.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/mrmondialisation.org\/pourquoi-le-made-in-france-nest-pas-toujours-ecologique\/\"\u003Emrmondialisation.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}