{"184057":{"id":"184057","parent":"0","time":"1610360573","url":"http:\/\/mrmondialisation.org\/la-fabrique-du-consommateur-une-histoire-de-la-societe-marchande\/","category":"documentaires","title":"La Fabrique du Consommateur, une histoire de la soci\u00e9t\u00e9 marchande","lead_image_url":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_184057_ff1128.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"la-fabrique-du-consommateur-une-histoire-de-la-societe-marchande","admin":"newsnet","views":"42","priority":"3","length":"13741","lang":"","content":"\u003Cp\u003EDans son dernier livre \u003Ci\u003ELa Fabrique du consommateur\u003C\/i\u003E, le sociologue Anthony Galuzzo nous offre une analyse au scalpel de l'\u00e9volution de notre soci\u00e9t\u00e9 entre le XIXe si\u00e8cle et aujourd'hui. Un voyage dans le temps qui retrace les soubresauts de la soci\u00e9t\u00e9 marchande, des premiers \u00e9changes d'hier \u00e0 l'hyperconsommation d'aujourd'hui. Analyse.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003EPhoto : Publicit\u00e9 Gucci (1977)\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn 1800, la plupart des fran\u00e7ais \u00e9taient des paysans qui cultivaient leur nourriture, assuraient localement leur existence et fabriquaient leurs propres objets. Leur survie d\u00e9pendait uniquement du fruit de leur travail. Aujourd'hui, dans nos soci\u00e9t\u00e9s industrielles, nous vivons tous entour\u00e9s d'objets fabriqu\u00e9s par d'autres, compos\u00e9s d'\u00e9l\u00e9ments venant majoritairement du bout du monde, dont nous peinons \u00e0 nous repr\u00e9senter concr\u00e8tement toutes les \u00e9tapes de production.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EComment est-on pass\u00e9 d'une soci\u00e9t\u00e9 autonome \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 de consommation ? Comment cela a-t-il modifi\u00e9 notre rapport aux objets ? Comment ce glissement a-t-il influenc\u00e9 jusqu'\u00e0 notre organisation sociale ? C'est \u00e0 l'ensemble de ces questions que le sociologue Anthony Galuzzo entend r\u00e9pondre dans son dernier essai \u003Ci\u003ELa Fabrique du consommateur\u003C\/i\u003E publi\u00e9 aux \u00e9ditions Zones. Une analyse captivante de la mutation progressive de nos soci\u00e9t\u00e9s occidentales entre le XIXe et le XXIe si\u00e8cle.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_184057_664247.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003ED'une soci\u00e9t\u00e9 autonome et morcel\u00e9e \u00e0 l'interd\u00e9pendance marchande.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl faut donc se repr\u00e9senter la France du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle comme un territoire compos\u00e9 de quelques grandes villes et de nombreux villages isol\u00e9s les uns des autres. Les moyens de locomotion sont lents et l'\u00e9tat des routes rend le transport de marchandises et la communication difficiles \u003Ci\u003E\u00ab le monde du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, s'il faut le comparer \u00e0 celui qui va na\u00eetre, est immobile et morcel\u00e9 \u00ab\u003C\/i\u003E. De cet isolement d\u00e9coule l'obligation pour les fran\u00e7ais de subvenir \u00e0 leurs propres besoins. Leur horizon ne d\u00e9passe g\u00e9n\u00e9ralement pas le cadre de leur communaut\u00e9. Le village d'\u00e0 c\u00f4t\u00e9, c'est d\u00e9j\u00e0 l'\u00e9trange et le lointain.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est donc \u00e0 l'\u00e9chelle de la communaut\u00e9 que la survie s'organise. On cultive sa propre terre, on fabrique ses propres outils, le plus clair du temps est consacr\u00e9 \u00e0 cette entreprise de survie. Chaque foyer est un rouage essentiel de la communaut\u00e9 et l'individu se trouve pris dans un grand tout qui le d\u00e9passe. L'emprise de la communaut\u00e9 sur l'individu est totale. Les habitants participent de pr\u00e8s ou de loin \u00e0 la production de tous les objets qui les entourent, de tous les produits qu'ils consomment. C'est pourquoi les objets n'existent pas seulement comme objet mais sont pris dans un continuum coh\u00e9rent allant de la production \u00e0 la consommation.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa g\u00e9n\u00e9ralisation de la machine \u00e0 vapeur va renverser la donne. Progressivement, les marchandises circuleront plus rapidement et la communication devient plus ais\u00e9e. L'homme se rend ma\u00eetre de l'espace et du temps. Il devient d\u00e9sormais rentable de produire \u00e0 grande \u00e9chelle, de mettre en place un large r\u00e9seau commercial pour distribuer sa marchandise sur tout le territoire. Cette nouvelle appr\u00e9ciation de l'espace consacre la domination du march\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 son extension exponentielle et irr\u00e9versible. L'accumulation du capital s'enclenche.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/fr.tipeee.com\/mr-mondialisation\"\u003ESoutenez Mr Mondialisation sur Tipeee\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETr\u00e8s vite, le pays tout entier se trouve pourvu en objets manufactur\u00e9s. On ne cherche plus \u00e0 produire son moyen de subsistance, mais \u00e0 devenir soi-m\u00eame un acteur du march\u00e9 en vendant sa production. Les villages se sp\u00e9cialisent dans des savoir-faire sp\u00e9cifiques. Une division du travail se met en place \u00e0 l'\u00e9chelle hexagonale. Un nouveau rapport s'installe entre les individus et les objets : tant\u00f4t producteur, l'individu ne consomme plus ce qu'il produit ; tant\u00f4t consommateur il ne participe plus \u00e0 la production de ce qu'il consomme. Un lien se rompt peu \u00e0 peu entre les Hommes et les objets qui les entourent. Ce sont les premiers balbutiements de la soci\u00e9t\u00e9 marchande.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne f\u00e9tichisation des marchandises.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est l'un des concepts puissants du texte : ayant perdu de vue l'acte concret de production des marchandises, l'individu ne les per\u00e7oit d\u00e9sormais plus que comme simple objet de consommation : l'utilit\u00e9 finale. Auparavant, une table \u00e9veillait dans l'esprit de son propri\u00e9taire toutes les \u00e9tapes de fabrication, le ma\u00eetrise du bois, le travail collectif qu'elle n\u00e9cessitait \u00e9ventuellement et donc les externalit\u00e9s sociales et \u00e9cologiques des productions. Toute une mystique \u00e9manait des objets. La soci\u00e9t\u00e9 marchande a d\u00e9truit ce lien \u003Ci\u003E\u00bb le produit n'\u00e9tait plus intrins\u00e8quement li\u00e9 \u00e0 une origine, \u00e0 une production il devenait un tr\u00e9sor \u00e0 l'existence magique et spontan\u00e9e \u00bb\u003C\/i\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECette d\u00e9mystification de l'objet permet \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 marchande de redonner un sens \u00e0 la marchandise, de mani\u00e8re arbitraire et dans une logique purement commerciale : \u003Ci\u003E\u00ab Les marchands ont, d\u00e8s lors, le pouvoir d'insuffler artificiellement une existence symbolique \u00e0 leur produit.\u003C\/i\u003E \u00bb En invisibilisant le processus de production, les entreprises ont tout le loisir de resignifier les objets \u00e0 leur guise, en jouant sur des repr\u00e9sentations positives, quand bien m\u00eame celles-ci entrent en contradiction avec la fabrication de l'objet m\u00eame. Par ce processus de signification symbolique, la marchandise s'affranchit totalement de sa r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/anjan58\/460219374\"\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_184057_36956b.jpg\" \/\u003E\u003C\/a\u003E \u003Cfigcaption\u003ECampagne publicitaire pour un t\u00e9l\u00e9phone. Amsterdam. 1994. \u003Ca href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/anjan58\/460219374\"\u003ESource\u003C\/a\u003E.\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003ECette nouvelle existence symbolique, qui va prendre le pas sur l'existence r\u00e9elle de l'objet, Anthony Galuzzo l'appelle, \u00e0 l'instar de Karl Marx, la \u003Ci\u003Ef\u00e9tichisation\u003C\/i\u003E. Un ph\u00e9nom\u00e8ne s'apparentant \u00e0 l'aura qui recouvre les reliques religieuses : objets mat\u00e9riels certes, mais qui se retrouvent n\u00e9anmoins augment\u00e9s par des consid\u00e9rations religieuses. Par ce processus de f\u00e9tichisation, la valeur symbolique des objets va prendre le pas sur les valeurs d'usage et d'\u00e9change, devenant un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant dans la fixation du prix.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa ville et le centre commercial, les temples de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans le d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, la ville tient une place primordiale. La simplification des d\u00e9placements a entra\u00een\u00e9 une augmentation de la mobilit\u00e9 des individus. L'exode rurale s'intensifie et la population urbaine s'accro\u00eet jusqu'\u00e0 d\u00e9passer derni\u00e8rement la quantit\u00e9 de personnes sur terre vivant \u00e0 la campagne.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est l\u00e0 que les premiers centres commerciaux voient le jour, \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. Temple de la consommation, tout y est fait pour faciliter la d\u00e9ambulation d\u00e9tach\u00e9e et la fl\u00e2nerie. V\u00e9ritable lieu de sociabilisation, les consommateurs potentiels s'y perdent et se familiarisent avec les marchandises mondialis\u00e9es, \u003Ci\u003E\u00ab d\u00e9ambuler entre les marchandises devenait une activit\u00e9 de loisir en soi, un divertissement \u00bb.\u003C\/i\u003E Cette contemplation des objets pour le plaisir de la contemplation stimule le caract\u00e8re mystique de la marchandise dans le regard de l'individu. L'objet n'est plus seulement abord\u00e9 sous sa valeur d'usage, ou sa valeur d'\u00e9change, mais comme une œuvre d'art \u00e0 appr\u00e9cier pour elle-m\u00eame.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans ces temples de la consommation, l'abondance est mise en sc\u00e8ne \u00e0 travers une accumulation d'articles vari\u00e9s. Le mode de production est pass\u00e9 sous silence au profit d'une imagerie de l'opulence et du luxe mise en sc\u00e8ne dans les d\u00e9corations de ces grands magasins o\u00f9 les beaux tapis rouges c\u00f4toient des ornements en or.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans un mouvement contraire, l'acte d'achat est d\u00e9dramatis\u00e9. On peut se balader librement sans acheter, \u00eatre satisfait ou rembours\u00e9. Pour Anthony Galuzzo, c'est dans ces grands magasins que, pour la premi\u00e8re fois, la mystification et la mise en sc\u00e8ne de la marchandise se conjuguent \u00e0 une d\u00e9mystification du processus d'achat.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/musicsthename\/6450738631\/in\/photolist-aQ2HRz-763mBh-4REkLk-bFT6DT-4NTrWn-7xwp-9Ju5vs-4NTqsv-74KPNz-bgaWr-74KU6F-76cdJk-md5tVU-aBp1Uw-2dgaV7A-mqDTo-rjayuf-7VhHWM-2iVgL6j-7kptFA-cxCfg3-2j8gfQi-7kpu95-22zVmay-fBawP-RhM5C6-4CJEMo-64UPaz-64UPoD-5VuSY9-9z2waR-cLEQJL-6ozHeg-hTAUX-J1ERS2-dtGDNA-MCh4da-qdLbrW-ajBsbc-2fshTP-cUGK51-64UPfH-yuFSJ-n1qR-4CJEDJ-7nyQA-52w1xJ-7VkZMY-4KG8YF-of3kQ\"\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_184057_56a977.jpg\" \/\u003E\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa marchandise, un outil pour exister socialement\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAvec le d\u00e9veloppement de la presse et de la publicit\u00e9, les grandes entreprises vont parvenir \u00e0 accentuer, encore un peu plus, le capital symbolique de leurs marchandises \u00e0 travers la diffusion d'images. Pour le sociologue, cette valeur symbolique conf\u00e9r\u00e9e aux objets explique pourquoi la possession devient un moyen d'affirmer son identit\u00e9. Poss\u00e9der un objet, c'est poss\u00e9der les caract\u00e9ristiques qui l'entourent.\u003C\/p\u003E\u003Cblockquote\u003E\u003Ci\u003E\u00ab On peut consid\u00e9rer le bourgeois comme la premi\u00e8re figure du consommateur\u003C\/i\u003E\u00ab\u003C\/blockquote\u003E\u003Cp\u003EAu d\u00e9but de la soci\u00e9t\u00e9 marchande, la premi\u00e8re classe \u00e0 avoir surinvesti les objets d'une valeur symbolique est la bourgeoisie. \u003Ci\u003E\u00ab On peut consid\u00e9rer le bourgeois comme la premi\u00e8re figure du consommateur et la culture mat\u00e9rielle bourgeoise comme \u00e9tant \u00e0 l'origine d'une culture de consommation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00bb\u003C\/i\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_184057_ff1128.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003E\u00ab Je poss\u00e8de donc je suis \u00bb\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003EAvec la fin de la soci\u00e9t\u00e9 d'ordres, la place qu'on occupe dans la soci\u00e9t\u00e9 ne d\u00e9pend plus d'une filiation s\u00e9culaire. N\u00e9anmoins, l'aristocratie de l'\u00e9poque reste m\u00e9prisante \u00e0 l'\u00e9gard de cette classe bourgeoise, enrichie depuis peu et nourrissant, \u00e0 cet \u00e9gard, une sorte de complexe d'inf\u00e9riorit\u00e9. C'est par la consommation que le bourgeois fera valoir son rang et sa place dans la soci\u00e9t\u00e9 : \u003Ci\u003E\u00ab La bourgeoisie ainsi m\u00e9pris\u00e9e telle une sous-aristocratie, ill\u00e9gitime et vulgaire, doit conqu\u00e9rir sa noblesse par son mode de vie \u00bb.\u003C\/i\u003E L'accumulation d'objets devient un moyen de se distinguer de la pl\u00e8be, une mani\u00e8re d'exister socialement \u00e0 travers les objets qui l'entourent. Pour l'auteur, la bourgeoisie cherche \u00e0 combler un d\u00e9ficit symbolique par un style de vie d\u00e9montrant sa respectabilit\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa consommation comme affirmation de soi.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa naissance d'une \u003Ci\u003Eculture jeune\u003C\/i\u003E entre 1960 et 1970 r\u00e9pond \u00e0 une logique similaire d'affirmation de soi. Une p\u00e9riode aux perspectives fructueuses pour le monde marchand qui per\u00e7oit l\u00e0 un nouveau territoire commercial \u00e0 conqu\u00e9rir.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn effet, durant les sixties, la jeunesse se rebelle contre l'ordre \u00e9tabli et la rigueur parentale. Le mode de vie rang\u00e9 de la classe moyenne appara\u00eet repoussant tout en permettant \u00e0 la jeunesse de jouir d'un pouvoir d'achat nouveau. Ainsi, c'est par la possession d'objets et des habitudes de consommation renouvel\u00e9es que la jeunesse va se distinguer : musique, v\u00eatement et loisir forment un nouvel archipel de consommation dans lequel la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration va puiser les outils pour affirmer une identit\u00e9 singuli\u00e8re.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe d\u00e9sir de singularit\u00e9 et d'affirmation de soi ne se cantonnent pas \u00e0 une fracture g\u00e9n\u00e9rationnelle, au sein m\u00eame de la jeunesse, on assiste \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne de segmentation gr\u00e2ce \u00e0 la vari\u00e9t\u00e9 des modes. La jeunesse de l'\u00e9poque ne forme pas une entit\u00e9 homog\u00e8ne, elle est travers\u00e9e par des courants vari\u00e9s, allant des mouvements hippies aux mods en passant par les rockeurs. Cette complexit\u00e9 est d'autant plus grande aujourd'hui. A chaque courant sa musique, ses codes vestimentaires et ses sp\u00e9cificit\u00e9s. Appartenir \u00e0 un courant, c'est adopter les habitudes de consommation qui lui correspondent.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOn constate le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne dans les mouvements de la contre-culture. En d\u00e9pit de ses caract\u00e9ristiques contestataires et ses appels \u00e0 la marginalisation, la contre-culture sera investie par la soci\u00e9t\u00e9 marchande qui utilisera cette fibre r\u00e9volutionnaire comme argument de vente. C'est par des achats sp\u00e9cifiques que l'on prouvera son esprit de r\u00e9volte. La g\u00e9n\u00e9ralisation de la t\u00eate de Che Guevara sur toute une g\u00e9n\u00e9ration de t-shirts industriels en est l'exemple le plus connu au point o\u00f9 sa symbolique en fut vid\u00e9e de sa substance.\u003C\/p\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/\/img\/newsnet_184057_02dd05.jpg\" \/\u003E\u003Cp\u003EPour Anthony Galuzzo, il n'y a pas eu de v\u00e9ritable rupture entre cette \u00e9poque et la n\u00f4tre. En r\u00e9alit\u00e9, il s'agit davantage d'un processus \u00e9volutif que d'une v\u00e9ritable transformation. Le smartphone n'est que l'aboutissement logique d'un d\u00e9sir de baigner le consommateur dans un oc\u00e9an d'images valorisantes, de faciliter l'achat via le paiement en ligne, d'affermir la valeur symbolique des marchandises par les placements de produits sur les r\u00e9seaux sociaux. Un processus dont l'auteur nous explique la naissance mais dont il se garde bien d'imaginer l'avenir.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe ne sont l\u00e0 que quelques unes des th\u00e8ses d\u00e9velopp\u00e9es dans cet essai d'une richesse exceptionnelle. Loin des discours moralisateurs habituels sur la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, Anthony Galuzzo nous offre avec son essai une histoire claire et coh\u00e9rente de la soci\u00e9t\u00e9 marchande. Un ouvrage utile pour que chacun repense son rapport aux objets \u00e0 l'heure o\u00f9 la crise \u00e9cologique nous invite \u00e0 plus de mesure.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E-T.B.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EInfos livre : La Fabrique du consommateur. Anthony Galuzzo aux Editions Zones.\u003Cbr \/\u003E\nISBN 9782355221422\u003Cbr \/\u003E\nISBN num\u00e9rique 9782355221699.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/mrmondialisation.org\/la-fabrique-du-consommateur-une-histoire-de-la-societe-marchande\/\"\u003Emrmondialisation.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}