{"187951":{"id":"187951","parent":"0","time":"1617835539","url":"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/paroles-de-louise","category":"documentaires","title":"Paroles de Louise","image":"","hub":"newsnet","url-explicit":"paroles-de-louise","admin":"newsnet","views":"49","priority":"3","length":"9824","lang":"","content":"\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/blog\/journal-ddecrisis-de-philippe-grasset\"\u003EJournal dde.crisis de Philippe Grasset\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E7 avril 2021 - Je ne suis pas vraiment un partisan de Napol\u00e9on 1, dont on comm\u00e9more le d\u00e9c\u00e8s dans un mois moins deux jours. Je lui pr\u00e9f\u00e8re Talleyrand, m\u00eame si la comparaison peut para\u00eetre oiseuse et vaseuse, - mais c'est dit. Ce sera tout pour l'introduction.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors, les hordes wokeniennes, regroup\u00e9es en ordre \u00e9quitable selon la \u003Ci\u003ERacial Equity Theory\u003C\/i\u003E, d\u00e9cid\u00e8rent qu'il lui ferait sa f\u00eate, et commenc\u00e8rent les grandes manœuvres d'encerclement. Deux universitaires jugent qu'il faut \u003Ca href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2021\/04\/04\/profitons-du-bicentenaire-de-la-mort-de-napoleon-pour-repenser-les-invalides_6075524_3232.html\"\u003Eretirer ses restes\u003C\/a\u003Edes Invalides et les rendre \u00e0 sa famille sans doute \u00e9plor\u00e9e. C'est dans \u003Ci\u003ELe Monde\u003C\/i\u003E. Les lendemains chantent : \u00f4, combien votre bonheur du lendemain est plein d'une lasse tristesse. J'\u00e9prouve moi-m\u00eame une grande bassitude \u00e0 tenter d'exercer mon esprit de moquerie pol\u00e9miste, contre ce frontal ent\u00eatement de la triomphante b\u00eatise. M\u00eame leur triomphe est un peu blette, comme dirait une pomme du m\u00eame nom.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAussi ai-je pens\u00e9 qu'il serait bienvenu, apr\u00e8s tout, de publier ce texte du \u003Ca href=\"https:\/\/www.politiquemagazine.fr\/politique\/le-sens-de-lhistoire\"\u003E30 mars 2021\u003C\/a\u003Ede monsieur Philippe Mesnard, r\u00e9dacteur-en-chef de \u003Ci\u003EPolitique Magazine\u003C\/i\u003Eet d\u00e9j\u00e0 invit\u00e9 dans cette rubrique \u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/ave-caesar-ceux-qui-vont-se-suicider\"\u003Eil y a peu\u003C\/a\u003E, qui exerce sa verve avec bien plus d'entrain que moi. J'ai trouv\u00e9 \u00e0 ce texte une certaine vigueur roborative, avec la d\u00e9rision qu'il faut, l'humour \u00e0 peine d\u00e9daigneux que m\u00e9ritent bien ces gentils-furieux wokenistes, comme pour les encourager dans leur marathon poussi\u00e9reux et hurlant, et moi leur criant le titre de Montherlant : \u00ab \u003Ci\u003EVa jouer avec cette poussi\u00e8re\u003C\/i\u003E \u00bb. C'est ainsi, en plein dans le cœur du XXIe (21\u003Csup\u003E\u00e8me\u003C\/sup\u003E) si\u00e8cle, que s'exprime l'espoir du monde. Il para\u00eet que, bient\u00f4t, on choisira la priorit\u00e9 des malades \u003Ca href=\"https:\/\/www.wsws.org\/en\/articles\/2021\/04\/07\/race-a07.html\"\u003Eselon la couleur de la peau\u003C\/a\u003E, tout noir devant avec brun-clair type-\u003Ci\u003ELatino\u003C\/i\u003E juste derri\u00e8re, au \u003Ci\u003EBrigham and Women's Hospital\u003C\/i\u003E de Boston, cela pour r\u00e9paration des pr\u00e9judices de plusieurs si\u00e8cles.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECourage camarades dirais-je \u00e0 mes marathoniens-wokenistes, le Vieux-Monde est devant toi, premi\u00e8re porte \u00e0 gauche, tirer le chasse en entrant et les pieds devant en sortant.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais le texte de monsieur Mesnard, lui, est bien plus entra\u00eenant. Je l'ai lu pour la premi\u00e8re fois comme un remontant, \u00e0 une heure de fatigue d'un moment d'une rude journ\u00e9e de plus \u00e0 poursuivre la chronique de toutes les b\u00eatises du monde, - \u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/la-betise-comme-element-metahistorique\"\u003Ela b\u00eatise\u003C\/a\u003E, qui roule, qui roule, \u00ab \u003Ci\u003Elike a rolling stone\u003C\/i\u003E \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais je vais cafeter un peu, je ne peux pas me retenir. Monsieur Mesnard termine son texte par une magnifique citation. Il manie un peu le suspens, en nous d\u00e9voilant le nom de l'auteur.e qu'\u00e0 la toute avant-derni\u00e8re ligne (selon l'empattement de ma saisie de texte). Je respecte cet art du suspens et me contenterai de citer-la-citation, qui est d'une autre comm\u00e9moration (150\u003Csup\u003Ee\u003C\/sup\u003E, premi\u00e8re !) dont je m'\u00e9tonne tout de m\u00eame qu'on n'y ait pas trouv\u00e9 quelque chose \u00e0 redresser de fa\u00e7on significative et r\u00e9volutionnaire ; comm\u00e9moration qui est celle de la Commune, peut-\u00eatre en ferait-on bien le premier acte wokeniste \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer en faisant du Louvre, que les Communards faillirent br\u00fbler, le premier mus\u00e9e mondial de l'Art Contemporain ? Cela ne vaudrait-il pas une tribune dans \u003Ca href=\"https:\/\/www.dedefensa.org\/article\/lim-monde-a-davos\"\u003EL'im -Monde\u003C\/a\u003E, comme dit l'autre ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJ'arr\u00eate ici, avant la citation promise, ce texte de pr\u00e9sentation sans queue ni t\u00eate, qui n'a comme ambition, outre sa mission d'introduire un texte d'une belle ironie, que de vous montrer combien parfois la lassitude envahit l'esprit. (Et d'ailleurs, je m'interroge : comment font-ils, les deux universitaires signal\u00e9s plus haut, pour rester s\u00e9rieux tout dress\u00e9 en smoking d'une belle soierie de b\u00eatise, en lisant leur tribune dans un tel journal de r\u00e9f\u00e9rence ? Ils s'interrogent, eux : est-ce qu'on se moque du \u003Ci\u003EMonde\u003C\/i\u003E ?)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EVoici la citation avant de passer \u00e0 l'original, cela se passe alors qu'on fusille devant l'H\u00f4tel de Ville :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab \u003Ci\u003EJe ne pouvais d\u00e9tacher mes yeux de ces p\u00e2les faces de sauvages, qui\u003C\/i\u003E...\u003Ci\u003Etiraient sur nous comme ils eussent fait sur des bandes de loups et je songeais : Nous vous aurons un jour, brigands, car vous tuez, mais vous croyez ; on vous trompe, on ne vous ach\u00e8te pas, il nous faut ceux qui ne se vendent jamais ; et les r\u00e9cits du vieux grand-p\u00e8re pass\u00e8rent devant mes yeux, de ce temps o\u00f9 h\u00e9ros contre h\u00e9ros, implacablement combattaient les paysans de Charette, de Cathelineau, de La Rochejacquelein, contre l'arm\u00e9e de la R\u00e9publique\u003C\/i\u003E. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EPhG : \u003Ci\u003ESemper Phi\u003C\/i\u003E\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E_________________________\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003ELe sens de l'Histoire\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENapol\u00e9on n'a pas la cote. On lui reproche, \u00e0 juste titre, d'avoir r\u00e9tabli l'esclavage. Les gens de bon sens avaient l'habitude de lui reprocher mille autres choses, comme son go\u00fbt de l'invasion, sa folie imp\u00e9rialiste, sa pr\u00e9tention de r\u00e9formateur des mœurs et sa mise au pas des Fran\u00e7ais, enr\u00e9giment\u00e9s quand bien m\u00eame ils n'\u00e9taient pas soldats ; bref, son progressisme autoritaire (en est-il une autre sorte ?). Notre \u00e9poque le traite aujourd'hui de supr\u00e9maciste blanc, lui qui ne fit quasiment la guerre qu'aux nations europ\u00e9ennes, et de misogyne. C'est dommage, nous avons r\u00eav\u00e9 deux si\u00e8cles durant que l'usurpateur soit jug\u00e9 avec justesse, c'est-\u00e0-dire assimil\u00e9 \u00e0 un m\u00e9chant dictateur, et voil\u00e0 que la gauche indig\u00e9niste nous frustre d'un l\u00e9gitime examen des ann\u00e9es napol\u00e9oniennes. Tout juste si les nostalgiques d'une France forte ne se prennent pas \u00e0 r\u00eaver d'un bonapartisme un peu brutal qui remettrait d'aplomb la nation. Mais Napol\u00e9on est en passe d'\u00eatre d\u00e9boulonn\u00e9, lui aussi, et l'on passera par pertes et profits le bon (il y en eut) comme le mauvais (il en demeure beaucoup). La Soci\u00e9t\u00e9 Fran\u00e7aise des Monnaies nous console un peu : sous pr\u00e9texte d'hommage du bicentenaire de la mort du tyran, elle offre \u00e0 la souscription \u00ab \u003Ci\u003Eun sublime billet de 0 €, homologu\u00e9 par la Banque Centrale Europ\u00e9enne.\u003C\/i\u003E \u00bb C'est en effet dire assez la valeur du personnage.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPendant qu'on c\u00e9l\u00e8bre avec embarras Napol\u00e9on 1, certains mus\u00e9es ont d\u00e9cid\u00e9 d'\u00e9crire Henri 4, Louis 14 et 20e si\u00e8cle. Il para\u00eet que ceux qui ne d\u00e9chiffraient pas les chiffres romains en concevaient un vif d\u00e9pit. Chaque mention d'un si\u00e8cle et chaque rang d'un roi \u00e9taient une micro-agression que d'immenses foules supportaient en silence, leur plaisir d\u00e9finitivement g\u00e2ch\u00e9. On n'explique pas autrement la d\u00e9saffection des mus\u00e9es. Les gardiens de mus\u00e9e se racontent en fr\u00e9missant d'horribles histoires de marmots t\u00e9tanis\u00e9s devant l'affreux spectacle de parents bris\u00e9s, \u00e9croul\u00e9s au sol, atrocement convuls\u00e9s pour n'avoir pas su r\u00e9pondre \u00ab quatorze \u00bb \u00e0 la question fatidique. Il se murmure qu'un Haut Conseil au D\u00e9chiffrage des Cartels, compos\u00e9 de soixante-dix-huit citoyens, tir\u00e9s au hasard parmi les minorit\u00e9s officielles et encadr\u00e9s par des inspecteurs d'acad\u00e9mie de stricte ob\u00e9dience p\u00e9dagogiste, va d\u00e9sormais mener ce combat (le mot n'est pas trop fort), pour faire aboutir la r\u00e9volution de la simplification. On estime qu'\u00e0 terme on pourra remplacer quelques millions de notices inutilement complexes par deux cartels normalis\u00e9s sans ambigu\u00eft\u00e9 : \u00ab Chose d'avant maintenant \u00bb, pour les œuvres pr\u00e9c\u00e9dant le XXIe si\u00e8cle, et \u00ab Chose qui est bien \u00bb, pour les œuvres contemporaines valid\u00e9es par le Comit\u00e9 Consultatif Pour un Art Responsable et Inclusif. Il faut juste r\u00e9gler le d\u00e9licat probl\u00e8me de l'usage de l'\u00e9criture inclusive, difficile \u00e0 concilier avec les principes de la litt\u00e9racit\u00e9, qui d\u00e9fend une \u00e9criture facile \u00e0 lire et \u00e0 comprendre, surtout pour les textes publics et administratifs. Un Haut Conseil de R\u00e9gulation Consensuelle des Tendances Langagi\u00e8res va donc sans doute voir le jour.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour se consoler de Napol\u00e9on, la nation enti\u00e8re c\u00e9l\u00e8bre la Commune. Martyrs, r\u00e9formateurs, utopistes, h\u00e9ros, victimes, on ne compte plus leurs m\u00e9rites, si bien qu'il para\u00eet inutile de compter leurs crimes. L\u00e0 aussi, cette c\u00e9l\u00e9bration progressiste a ce caract\u00e8re monolithique exasp\u00e9rant qui consiste \u00e0 occulter et m\u00eame nier des pans entiers d'une histoire complexe (on dit peu qu'ils furent patriotes, que Thiers \u00e9tait un r\u00e9publicain de gauche) pour n'en retenir que ce qui sert, \u003Ci\u003Ehic et nunc\u003C\/i\u003E, \u00e0 l'agenda politique du moment, les uns puisant dans cet exemple la force de contester Macron, les Marcheurs y voyant la pr\u00e9figuration de leur propre volont\u00e9 r\u00e9formatrice. On se contentera de rappeler ces propos, qu'un communard nous a livr\u00e9s, pens\u00e9es qu'il formait en regardant les jeunes conscrits fusiller les insurg\u00e9s devant l'H\u00f4tel de ville de Paris : \u00ab \u003Ci\u003Eje ne pouvais d\u00e9tacher mes yeux de ces p\u00e2les faces de sauvages, qui... tiraient sur nous comme ils eussent fait sur des bandes de loups et je songeais : Nous vous aurons un jour, brigands, car vous tuez, mais vous croyez ; on vous trompe, on ne vous ach\u00e8te pas, il nous faut ceux qui ne se vendent jamais ; et les r\u00e9cits du vieux grand-p\u00e8re pass\u00e8rent devant mes yeux, de ce temps o\u00f9 h\u00e9ros contre h\u00e9ros, implacablement combattaient les paysans de Charette, de Cathelineau, de La Rochejacquelein, contre l'arm\u00e9e de la R\u00e9publique\u003C\/i\u003E. \u00bb C'est de Louise Michel. Voil\u00e0 une le\u00e7on inattendue de la Commune, et que nous pouvons m\u00e9diter.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cbig\u003EPhilippe Mesnard\u003C\/big\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article\/paroles-de-louise\"\u003Ededefensa.org\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}