{"196605":{"id":"196605","parent":"0","time":"1634495666","url":"https:\/\/www.legrandsoir.info\/massacre-en-indonesie-la-guerre-de-propagande-secrete-de-la-grande-bretagne-the-guardian.html","category":"Histoire","title":"Massacre en Indon\u00e9sie : la guerre de propagande secr\u00e8te de la Grande-Bretagne (The Guardian)","image":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196605_ba9234.png","hub":"newsnet","url-explicit":"massacre-en-indonesie-la-guerre-de-propagande-secrete-de-la-grande-bretagne-the-guardian","admin":"newsnet","views":"83","priority":"3","length":"25277","lang":"","content":"\u003Cp\u003E\u003Cimg style=\" width:350px;\" src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196605_0e4327.jpg\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDr Paul Lashmar, Nicholas Gilby, James Oliver\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDes \u00e9tudiants organisent une manifestation contre le pr\u00e9sident Sukarno \u00e0 Jakarta, en octobre 1966. Le g\u00e9n\u00e9ral Suharto \u00e9tait alors effectivement au pouvoir et devint pr\u00e9sident l'ann\u00e9e suivante. Photo : Gamma-Keystone via Getty Images\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDes documents d\u00e9classifi\u00e9s r\u00e9vèlent comment, en 1965, un service clandestin du Foreign Office [Ministère des Affaires Etrangères - NdT] a incit\u00e9 \u00e0 des massacres anticommunistes qui ont fait des centaines de milliers de morts [entre 5 cent mille et 3 millions selon les estimations - NdT].\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu d\u00e9but de l'ann\u00e9e 1965, Ed Wynne, un fonctionnaire du Foreign Office de Londres âg\u00e9 d'une quarantaine d'ann\u00e9es, se pr\u00e9sente \u00e0 la porte d'une villa de deux \u00e9tages situ\u00e9e dans le calme discret d'un lotissement chic du Singapour colonial.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais Wynne n'est pas un fonctionnaire ordinaire. Sp\u00e9cialiste de la propagande de guerre froide du Foreign Office, l'Information Research Department (IRD), il est charg\u00e9 de diriger une petite \u00e9quipe. Un fonctionnaire junior, quatre personnes locales et deux \"dames de l'IRD\", d\u00e9tach\u00e9es de Londres, se joignent \u00e0 lui.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'arriv\u00e9e de Wynne et de ses collègues dans le cul-de-sac de Winchester Road marque le d\u00e9but de ce qui sera plus tard consid\u00e9r\u00e9, par ceux qui l'ont men\u00e9, comme l'une des op\u00e9rations de propagande les plus r\u00e9ussies de l'histoire britannique d'après-guerre. Une op\u00e9ration top secrète qui a aid\u00e9 \u00e0 renverser le dirigeant du quatrième pays le plus peupl\u00e9 du monde et contribu\u00e9 au meurtre en masse de plus d'un demi-million de ses citoyens.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa preuve du rôle de la Grande-Bretagne dans l'incitation \u00e0 ce que la CIA a d\u00e9crit plus tard comme \"l'un des pires meurtres de masse du XXe siècle\" se trouve dans une autre banlieue verdoyante. Dans des documents d\u00e9classifi\u00e9s du Foreign Office - conserv\u00e9s bien au-del\u00e0 de la règle des 20 ans - \u00e0 Kew, \u00e0 Londres.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Archives nationales britanniques ont r\u00e9cemment publi\u00e9 des pamphlets cens\u00e9s être \u00e9crits par des patriotes indon\u00e9siens, mais en fait r\u00e9dig\u00e9s par des propagandistes britanniques, appelant les Indon\u00e9siens \u00e0 \u00e9liminer le PKI, qui \u00e9tait alors le plus grand parti communiste du monde non communiste.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe r\u00e9sultat de cette agitation a \u00e9t\u00e9 une dictature militaire brutale et corrompue de 32 ans dont l'h\u00e9ritage façonne l'Indon\u00e9sie jusqu'\u00e0 ce jour.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDeux ans auparavant, en r\u00e9ponse aux plans britanniques visant \u00e0 cr\u00e9er un État ind\u00e9pendant de Malaisie \u00e0 partir de ses possessions coloniales, le pr\u00e9sident indon\u00e9sien de gauche Sukarno a lanc\u00e9 la \"Konfrontasi\", ou Confrontation, une guerre non d\u00e9clar\u00e9e qui comprenait des incursions militaires au-del\u00e0 de la frontière de la Malaisie orientale. Sukarno, comme de nombreux Indon\u00e9siens, y compris le PKI, estimait que la cr\u00e9ation d'une f\u00e9d\u00e9ration malaise \u00e9tait une ing\u00e9rence r\u00e9gionale injustifi\u00e9e des Britanniques pour maintenir leur domination coloniale.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Britanniques ont \u00e9t\u00e9 contraints de consacrer d'\u00e9normes ressources militaires et de renseignement pour aider la Malaisie \u00e9mergente \u00e0 contrer ces intrusions de la Konfrontasi.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa politique britannique consistait \u00e0 mettre un terme au conflit. Mais les objectifs du Royaume-Uni ne s'arrêtent pas l\u00e0.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EComme ses alli\u00e9s am\u00e9ricains et australiens, la Grande-Bretagne craignait une Indon\u00e9sie communiste. Le PKI comptait trois millions de membres et \u00e9tait proche de la Chine de Mao. À Washington, la chute du \"domino\" Indon\u00e9sien dans le camp communiste \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une plus grande menace que la perte potentielle du Vietnam.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe nationalisme non align\u00e9 de Sukarno, son anticolonialisme et ses liens croissants avec la Chine \u00e9taient de plus en plus consid\u00e9r\u00e9s comme une menace, qui serait att\u00e9nu\u00e9e si le pr\u00e9sident et son ministre des affaires \u00e9trangères Subandrio \u00e9taient d\u00e9mis de leurs fonctions et si l'influence du PKI en Indon\u00e9sie diminuait - le plus vraisemblablement par les actions de l'arm\u00e9e indon\u00e9sienne largement anticommuniste.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu milieu de l'ann\u00e9e 1965, l'occasion se pr\u00e9senta. Un groupe secret de gauche, appel\u00e9 plus tard le \"mouvement du 30 septembre\", s'est coalis\u00e9 en Indon\u00e9sie, convaincu, \u00e0 juste titre, que l'arm\u00e9e pr\u00e9voyait de renverser Sukarno et d'\u00e9liminer le PKI.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans la nuit du 30 septembre, des officiers de gauche associ\u00e9s au mouvement, sous le commandement du lieutenant-colonel Untung de la garde pr\u00e9sidentielle, soutenus par une poign\u00e9e de bataillons, ont tent\u00e9 une attaque pr\u00e9ventive contre le haut commandement de l'arm\u00e9e.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIls tentèrent de s'emparer de sept des plus hauts g\u00e9n\u00e9raux de l'arm\u00e9e indon\u00e9sienne. Trois d'entre eux, dont le commandant de l'arm\u00e9e, furent tu\u00e9s. Trois autres ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s sur la base a\u00e9rienne indon\u00e9sienne où ils avaient \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s. Les corps des g\u00e9n\u00e9raux assassin\u00e9s furent jet\u00e9s dans un puits.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe ministre de la d\u00e9fense, le g\u00e9n\u00e9ral Nasution, a r\u00e9ussi \u00e0 s'\u00e9chapper. Sa fille de six ans et son assistant furent assassin\u00e9s.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais au soir du 1er octobre, le commandant de la principale unit\u00e9 de combat de l'arm\u00e9e, le g\u00e9n\u00e9ral Suharto, prit le commandement de l'arm\u00e9e et organisa une contre-attaque qui, en trois jours, neutralisa complètement la r\u00e9bellion mal organis\u00e9e.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESi l'on pense aujourd'hui que le pr\u00e9sident du PKI et ses agents furent impliqu\u00e9s dans la tentative de coup d'État, il n'existe aucune preuve cr\u00e9dible que Sukarno en avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 \u00e0 l'avance, ou que le PKI en tant qu'organisation ou ses membres en \u00e9taient responsables.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais l'effusion de sang ne s'est pas arrêt\u00e9e l\u00e0. Suharto, nomm\u00e9 commandant suprême de l'arm\u00e9e le 14 octobre, se servit de la r\u00e9bellion pour saper et finalement renverser Sukarno, et comme ce que l'historien John Roosa a appel\u00e9 un \"\u003Ca href=\"https:\/\/www.foreignaffairs.com\/reviews\/capsule-review\/2007-01-01\/pretext-mass-murder-september-30th-movement-and-suhartos-coup\"\u003Epr\u00e9texte pour un meurtre de masse\u003C\/a\u003E\" : l'\u00e9limination du PKI dans une s\u00e9rie de massacres \u00e0 travers l'Indon\u00e9sie qui firent des centaines de milliers de morts.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe Foreign Office a toujours ni\u00e9 que la Grande-Bretagne \u00e9tait impliqu\u00e9e dans la violence qui s'est ensuite d\u00e9chaîn\u00e9e sur les communistes pr\u00e9sum\u00e9s. Mais ces r\u00e9v\u00e9lations montrent que les agences de renseignement et les sp\u00e9cialistes de la propagande britanniques \u00e9taient complices, menant des op\u00e9rations secrètes pour saper le r\u00e9gime de Sukarno et \u00e9liminer le PKI en le rendant responsable du coup d'État d'Untung.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe \"stiletto\" de la propagande britannique \u00e9tait mani\u00e9 par Ed Wynne, le sp\u00e9cialiste envoy\u00e9 \u00e0 Singapour par l'IRD du Foreign Office. L'IRD avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le gouvernement travailliste de 1945 pour contrer les attaques de propagande sovi\u00e9tique contre la Grande-Bretagne et produire son propre mat\u00e9riel anticommuniste. Il \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9 au MI6 et ses activit\u00e9s refl\u00e9taient les op\u00e9rations de propagande de la guerre froide de la CIA.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Unit\u00e9 de surveillance de l'Asie du Sud-Est, ou Seamu, au nom insipide, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 la suggestion de l'ambassadeur britannique en Indon\u00e9sie, Sir Andrew Gilchrist, dont l'ambassade \u00e0 Jakarta avait \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9e par des manifestants du PKI en 1963.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EBien que des mesures tactiques limit\u00e9es de \"guerre psychologique\" contre les troupes indon\u00e9siennes aient \u00e9t\u00e9 mises en place, en 1964, des id\u00e9es furent \"\u00e9tudi\u00e9es\" pour saper \"le r\u00e9gime Sukarno\/Subandrio\" et mettre ainsi fin \u00e0 la confrontation - Subandrio \u00e9tait le ministre des affaires \u00e9trangères de Sukarno. Ce que Gilchrist voulait et ce qui est devenu la mission de l'unit\u00e9 \u00e9tait la production de propagande noire, apparemment produite par des \u00e9migr\u00e9s indon\u00e9siens patriotes \u00e0 l'\u00e9tranger, pour inciter les anticommunistes indon\u00e9siens \u00e0 agir.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes cibles influentes d'un bulletin de propagande, selon un rapport d\u00e9classifi\u00e9 de Wynne, incluraient finalement \"autant de personnalit\u00e9s dans la hi\u00e9rarchie du gouvernement, de l'arm\u00e9e et de la fonction publique que nous pouvons trouver\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour dissimuler l'origine britannique du bulletin, celui-ci \u00e9tait exp\u00e9di\u00e9 en Indon\u00e9sie via des villes asiatiques, dont Hong Kong, Tokyo et Manille.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196605_ba9234.png\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn l'espace d'un an, 28 000 exemplaires de la lettre d'information, r\u00e9dig\u00e9e en indon\u00e9sien et intitul\u00e9e \u003Ci\u003EKenjataan2\u003C\/i\u003E (Faits 2), furent envoy\u00e9s et, selon Wynne, parvinrent au ministre de la D\u00e9fense, \"\u00e0 d'autres g\u00e9n\u00e9raux, aux journaux de droite et même au pr\u00e9sident Sukarno lui-même\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EÀ la fin du mois de septembre 1965, l'op\u00e9ration de Wynne \"bat son plein\" et est prête \u00e0 \u003Ca href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/world\/2001\/aug\/01\/indonesia.comment\"\u003Etirer pleinement parti du coup d'État manqu\u00e9 d'Untung\u003C\/a\u003E.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'\u00e9tait le moment que les Britanniques attendaient. Comme l'a fait remarquer un fonctionnaire du Foreign Office : \"Un coup d'État pr\u00e9matur\u00e9 du PKI pourrait être la solution la plus utile pour l'Ouest - \u00e0 condition que qu'il \u00e9choue.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'unit\u00e9 s'est mise en action avec des \u00e9missions de radio et la production d'un num\u00e9ro sp\u00e9cial du bulletin d'information, finalement divulgu\u00e9 \u00e0 Kew plus de 66 ans après les \u00e9v\u00e9nements qu'il \u00e9tait cens\u00e9 influencer.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl commence par un rappel \u00e0 la mod\u00e9ration, mais c'est un virulent appel aux armes destin\u00e9 \u00e0 enflammer et \u00e0 encourager la destruction du PKI.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196605_e65555.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003EPortant des lances en bambou et des hachettes, un groupe de nationalistes indon\u00e9siens accompagne une patrouille de l'arm\u00e9e indon\u00e9sienne \u00e0 la recherche de sympathisants communistes. Photo : Archives Bettmann\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003E\"Non, nous n'appelons pas \u00e0 la violence\", \u00e9crivent les propagandistes de l'IRD, \"mais nous exigeons au nom de tous les patriotes que ce cancer communiste soit coup\u00e9 du corps de l'État.\" Le PKI \"est maintenant un serpent bless\u00e9 : Il est temps de le tuer avant qu'il n'ait une chance de se r\u00e9tablir.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt la lettre d'information incendiaire de l'IRD fut envoy\u00e9e au moment cl\u00e9 où le succès de la candidature de Suharto au pouvoir et les op\u00e9rations de l'arm\u00e9e contre le PKI \u00e9taient ind\u00e9cis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDes \u003Ca href=\"https:\/\/networks.h-net.org\/node\/3180\/reviews\/5352895\/leksana-melvin-army-and-indonesian-genocide-mechanics-mass-murder\"\u003Erecherches historiques d\u00e9taill\u00e9es\u003C\/a\u003E ont permis d'\u00e9tablir que les massacres de membres du PKI et de leurs partisans pr\u00e9sum\u00e9s semblent avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9s par des commandants locaux de l'arm\u00e9e ou par l'arriv\u00e9e des forces sp\u00e9ciales de l'arm\u00e9e, environ trois semaines après que Suharto eut mis fin au coup d'État rat\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPendant cette p\u00e9riode, les m\u00e9dias indon\u00e9siens ont diffus\u00e9 une propagande noire contre le PKI et ses atrocit\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9es, tandis que l'arm\u00e9e attisait la colère populaire contre les communistes et l\u00e9gitimait ce que Roosa a d\u00e9crit comme ses \"\u003Ca href=\"https:\/\/www.researchgate.net\/publication\/328202789_New_Zealand_and_the_30_September_coup_attempt\"\u003Eactions d\u00e9j\u00e0 planifi\u00e9es contre le PKI et le pr\u00e9sident Sukarno\u003C\/a\u003E\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe \"num\u00e9ro sp\u00e9cial\" et les autres bulletins incendiaires de la s\u00e9rie furent envoy\u00e9s \u00e0 environ 1 500 destinataires. Un rapport de la Seamu signala aux services de renseignements que les lecteurs \"ont \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s dans le sens voulu\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes lettres d'information \u00e9taient approuv\u00e9es par l'IRD \u00e0 Londres avant d'être envoy\u00e9es. Les exemplaires envoy\u00e9s aux hauts fonctionnaires du Foreign Office \u00e9taient d\u00e9truits après lecture, \u00e0 la demande de l'IRD.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EÀ l'\u00e9poque, Tari Lang vivait en Indon\u00e9sie avec son père et sa mère, la d\u00e9funte militante des droits de l'homme, \u003Ca href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/law\/2021\/aug\/23\/carmel-budiardjo-obituary\"\u003ECarmel Budiardjo\u003C\/a\u003E, qui travaillait alors comme traductrice et analyste \u00e9conomique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\"Tous ceux qui \u00e9taient de gauche \u00e9taient ramass\u00e9s. Ils \u00e9taient très m\u00e9thodiques. Ils visaient tous les groupes de gauche et pas seulement le PKI. Les gens restaient entre eux et ne parlaient qu'en chuchotant.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes parents de Tari furent emprisonn\u00e9s, sa mère lib\u00e9r\u00e9e trois ans plus tard avec l'aide du Foreign Office.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors que les massacres progressaient \u00e0 l'automne 1965, l'unit\u00e9 de l'IRD \u00e0 Singapour rassura ses lecteurs quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 du massacre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans le \u003Ci\u003ENewsletter 21\u003C\/i\u003E, ils \u00e9crivent : \"Si nous ne maintenons pas une campagne vigoureuse pour \u00e9radiquer le communisme... la menace rouge nous enveloppera \u00e0 nouveau.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'\u00e9tait une question de vie ou de mort. \"Nous nous battons pour nos vies et l'existence même de l'Indon\u00e9sie et nous ne devons jamais l'oublier. LES CHATS ATTENDENT DE BONDIR !\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans \u003Ci\u003ENewsletter 23\u003C\/i\u003E, les propagandistes de Winchester Road f\u00e9licitent \"les services de combat et la police\" pour avoir \"fait un excellent travail\". Sukarno, qui tentait alors de contenir les g\u00e9n\u00e9raux, avait tort : \"Le communisme doit être aboli sous toutes ses formes. Le travail commenc\u00e9 par l'arm\u00e9e doit être poursuivi et intensifi\u00e9.\" Les auteurs terminent en assimilant le PKI \u00e0 Hitler et \u00e0 Gengis Khan.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa tentative de coup d'État et ses cons\u00e9quences coïncidèrent avec l'arriv\u00e9e \u00e0 Singapour de l'un des principaux propagandistes du Foreign Office. Gilchrist pensait que l'effort de propagande croissant de la Grande-Bretagne n'\u00e9tait pas suffisant. Il demanda l'envoi de \u003Ca href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/news\/1999\/oct\/25\/guardianobituaries1\"\u003ENorman Reddaway\u003C\/a\u003E en tant que \"coordinateur de la guerre politique\" contre l'Indon\u00e9sie, avec le soutien du chef d'\u00e9tat-major de la d\u00e9fense, Lord Louis Mountbatten.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EReddaway avait servi dans l'arm\u00e9e pendant la Seconde Guerre mondiale avant de rejoindre le Foreign Office et de jouer un rôle cl\u00e9 dans la cr\u00e9ation de l'IRD. Après le coup d'État manqu\u00e9 de l'Untung, il arriva pour prendre en charge l'op\u00e9ration britannique. Son mandat \u00e9tait simple. Dans une interview accord\u00e9e en 1996 \u00e0 deux des auteurs, il d\u00e9clara que le Foreign Office lui avait accord\u00e9 un budget de 100 000 £ et qu'on lui avait dit \"de faire tout ce que je pouvais pour me d\u00e9barrasser de Sukarno\". Ce n'est que maintenant que nous savons ce que \"tout\" voulait dire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne \u00e9valuation secrète des op\u00e9rations de l'IRD par Reddaway, \u00e9crite au chef de l'IRD en juillet 1966, après que Sukarno ait \u00e9t\u00e9 effectivement \u00e9cart\u00e9 du pouvoir, se trouve aux Archives nationales. Reddaway affirmait que ses briefings anonymes \u00e0 la presse \u00e9taient efficaces pour faire bouger l'opinion mondiale et que l'op\u00e9ration de propagande avait \u00e9t\u00e9 un grand succès.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\"La machine \u00e0 informations \u00e9tait notre matraque : le bulletin d'information et nos op\u00e9rations peu orthodoxes notre stiletto\", a-t-il d\u00e9clar\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans un autre document publi\u00e9, il indique que l'IRD et les g\u00e9n\u00e9raux \"chantaient en chœur\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'ancien fonctionnaire du Foreign Office, Derek Tonkin, qui \u00e9tait le responsable de l'Indon\u00e9sie \u00e0 Londres de 1963 \u00e0 1966, a d\u00e9clar\u00e9 le mois dernier qu'il n'avait pas vu les bulletins de propagande car il \u00e9tait trop jeune, mais que dans les premiers jours qui ont suivi la tentative de coup d'État du 30 septembre, personne n'aurait pu pr\u00e9voir le bain de sang qui allait s'ensuivre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais, admet-il, \"il ne sera peut-être pas facile d'\u00e9chapper \u00e0 l'accusation selon laquelle la Grande-Bretagne a initialement contribu\u00e9, dans une certaine mesure, \u00e0 la disparition du PKI d'une manière qui allait se r\u00e9v\u00e9ler \u00e9pouvantable\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EQuant \u00e0 Reddaway, selon Tonkin, \"il \u00e9tait un peu un \u00e9lectron libre et, comme beaucoup de propagandistes, il \u00e9tait peut-être trop engag\u00e9 dans son mandat\". Reddaway et son \u00e9quipe \u00e9taient \"feraient leur propre loi, chose que le FO savait lorsqu'il fut nomm\u00e9\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans les interviews de 1996, Reddaway se vante d'avoir manipul\u00e9 les m\u00e9dias britanniques et internationaux pour qu'ils adoptent une ligne anti-Sukarno et anti-PKI, mais il insiste sur le fait que l'IRD ne transmettait que des faits r\u00e9els et n'utilisait pas de propagande noire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EComme toujours avec l'IRD, Reddaway ne livre qu'une v\u00e9rit\u00e9 partielle. Selon un m\u00e9mo qu'il avait \u00e9crit : \"Le matraquage a \u00e9t\u00e9 \u00e9tonnamment efficace car nous avons pu... fournir aux publicistes des informations qu'ils ne pouvaient pas trouver auprès d'autres sources en raison de la censure de Sukarno.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EReddaway avait identifi\u00e9 les destinataires les plus utiles de sa production comme \u00e9tant les agences de presse, \"moins pointilleuses sur leur tarif et plus anonymes\", et les hommes de radio : le World Service et le Service indon\u00e9sien de la BBC en particulier. L'une des principales sources de Reddaway \u00e9tait, naturellement, l'ambassadeur britannique \u00e0 Jakarta, Gilchrist, avec qui il faisait des points hebdomadaires pendant toute cette p\u00e9riode.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn juillet 1966, dans une lettre \u00e0 Gilchrist, Reddaway se r\u00e9jouit que ce soit \"la première fois dans l'histoire qu'un ambassadeur ait pu s'adresser \u00e0 la population de son pays de travail presque \u00e0 volont\u00e9 et pratiquement instantan\u00e9ment\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPour alimenter l'op\u00e9ration, Reddaway eut recours \u00e9galement au renseignement \u00e9lectromagn\u00e9tique, ou Sigint.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl \u00e9tait en excellente position pour le faire. Singapour \u00e9tait l'emplacement d'un site de surveillance du GCHQ.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESelon le Dr Duncan Campbell, journaliste d'investigation et expert du GCHQ, le site de surveillance de l'organisation \u00e0 Singapour, RAF Chia Keng, \u00e9tait cach\u00e9 derrière et \u00e0 l'int\u00e9rieur d'une plus grande station de communication de la RAF sur Yio Chu Kang Road, dans l'est de Singapour, aujourd'hui un lotissement. Les \"bungalows\" d'\u00e9coute de haute s\u00e9curit\u00e9 du GCHQ \u00e9taient dot\u00e9s de fenêtres opaques en briques de verre qui cachaient une cinquantaine d'employ\u00e9s civils \u00e0 chaque poste. La base \u00e9tait parfaitement situ\u00e9e pour obtenir rapidement des rapports complets et directs sur les d\u00e9veloppements en Indon\u00e9sie. Selon Campbell, \"le GCHQ pouvait casser et lire les codes indon\u00e9siens sans difficult\u00e9. Le gouvernement faisait partie des nombreux pays du tiers monde qui utilisaient des \u00e9quipements fournis par la soci\u00e9t\u00e9 Crypto AG, bas\u00e9e en Suisse. Pendant plus de 50 ans, \u003Ca href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/us-news\/2020\/feb\/11\/crypto-ag-cia-bnd-germany-intelligence-report\"\u003ECrypto AG a fourni des machines \u00e0 chiffrer secrètement sabot\u00e9es\u003C\/a\u003E, avec des portes d\u00e9rob\u00e9es int\u00e9gr\u00e9es dont la CIA et le GCHQ avaient les cl\u00e9s.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUn m\u00e9morandum r\u00e9v\u00e9lateur, dat\u00e9 du 30 octobre 1965, adress\u00e9 par Reddaway \u00e0 Brian Tovey, futur directeur du GCHQ, alors en poste \u00e0 Singapour, met en \u00e9vidence la contribution que pouvait apporter Sigint. Reddaway d\u00e9clare \u00e0 son collègue que les documents du GCHQ peuvent \"aider les g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 pers\u00e9cuter plus efficacement le PKI\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes bulletins d'informaation constituaient l'essentiel du travail d'Ed Wynne et de ses collègues de Winchester Road. L'un des thèmes principaux \u00e9tait d'encourager leurs lecteurs influents \u00e0 soutenir la campagne de l'arm\u00e9e contre les communistes. Ils exhortaient les patriotes indon\u00e9siens : \"Le PKI et tout ce qu'il repr\u00e9sente doit être \u00e9limin\u00e9 \u00e0 jamais.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENous savons maintenant que pour ce faire, ils ont inclus des mensonges sensationnels. Le 5 novembre, le \u003Ci\u003EJakarta Daily Mail\u003C\/i\u003E, un journal pro-militaire, a affirm\u00e9 que le jour du coup d'État d'Untung, 100 femmes de l'organisation f\u00e9minine Gerwani du PKI avaient tortur\u00e9 l'un des g\u00e9n\u00e9raux en utilisant des lames de rasoir et des couteaux pour lui entailler les parties g\u00e9nitales avant de l'abattre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'histoire de la torture et de la mutilation des g\u00e9n\u00e9raux par les femmes Gerwani est devenue un \u00e9l\u00e9ment du mythe fondateur du r\u00e9gime de Suharto, utilis\u00e9 pour justifier la destruction du PKI. Il s'agissait \u00e9galement, selon Roosa, d'un pr\u00e9texte au meurtre. Un mensonge propag\u00e9 par l'arm\u00e9e indon\u00e9sienne, r\u00e9gurgit\u00e9 et reconverti pour inciter les lecteurs influents de l'IRD.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'histoire de la propagande de l'arm\u00e9e a \u00e9t\u00e9 recycl\u00e9e en Indon\u00e9sie en janvier 1966 dans \u003Ci\u003ENewsletter 23\u003C\/i\u003E avec un rapport sur les all\u00e9gations de deux membres du PKI interrog\u00e9s par l'arm\u00e9e. L'une d'elles liait Subandrio, le ministre des Affaires \u00e9trangères de Sukarno, \u00e0 la construction d'une \"salle de torture\" destin\u00e9e aux prisonniers du PKI, l'autre, se r\u00e9f\u00e9rant au \u003Ci\u003EJakarta Daily Mail\u003C\/i\u003E, \u00e0 une membre de l'organisation f\u00e9minine du PKI, la Gerwani, \"l'une de celles qui ont \u00e9t\u00e9\"honor\u00e9es\"de la tâche de mutiler les g\u00e9n\u00e9raux\".\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196605_e34060.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003ELa police arm\u00e9e de Jakarta surveille les membres d'un groupe de jeunes communistes arrêt\u00e9s dans le cadre du coup d'État avort\u00e9 contre le pr\u00e9sident Sukarno, octobre 1965. Photo : Bettmann\/Bettmann Archive\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003ELa jeune fille de 15 ans aurait d\u00e9clar\u00e9 : \"Notre chef de peloton nous a ordonn\u00e9 de battre le prisonnier, puis de lui couper les parties intimes avec les petits couteaux.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ETari Lang, la fille de Carmel Budiardjo, avait \u00e9galement 15 ans \u00e0 l'\u00e9poque.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\"Ces bulletins d'information sont horribles. Si vous ne m'aviez pas dit qui les avait \u00e9crites, j'aurais pens\u00e9 que c'\u00e9tait des Indon\u00e9siens. C'est tout \u00e0 fait incroyable qu'ils aient fait ça.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\"Il y avait des femmes Gerwani dans le cercle social de ma mère et elles \u00e9taient comme des membres de l'Institut des femmes. Très douces.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'IRD a d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment gard\u00e9 le silence sur les massacres. Un document de d\u00e9cembre 1965 dit qu'ils ne doivent\"rien faire pour embarrasser les g\u00e9n\u00e9raux\"et le bulletin d'information d\u00e9taille soigneusement les comptes rendus d'incidents isol\u00e9s de brutalit\u00e9 du PKI, mais ne mentionne pas explicitement les tueries de l'arm\u00e9e.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn fait, la politique allait plus loin. Dans le rapport de la Seamu pour 1965, Wynne \u00e9crit qu'ils ont utilis\u00e9 le bulletin pour\"poursuivre les attaques contre les coupables... et soutenir indirectement le nettoyage et le contrôle par les g\u00e9n\u00e9raux\". Les g\u00e9n\u00e9raux, note Wynne,\"nous les traitons gentiment\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAu d\u00e9but de 1966, les meurtres de masse en Indon\u00e9sie, sinon leur ampleur, \u00e9taient bien connus.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn janvier, \u003Ca href=\"https:\/\/www.washingtonpost.com\/news\/monkey-cage\/wp\/2015\/12\/02\/50-years-ago-today-the-u-s-embassy-endorsed-mass-killings-in-indonesia-heres-what-that-means-for-today\"\u003ERobert F. Kennedy compara les massacres\u003C\/a\u003E aux\"massacres inhumains perp\u00e9tr\u00e9s par les nazis et les communistes\"et se demanda quand les gens allaient\"s'exprimer... contre le massacre inhumain en Indon\u00e9sie, où plus de 100 000 pr\u00e9tendus communistes ne sont pas des auteurs, mais des victimes\". [ignorez la r\u00e9f\u00e9rence... NdT]\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn f\u00e9vrier, rejetant l'id\u00e9e de\"faire de la publicit\u00e9 pour le bain de sang\"car cela r\u00e9duirait les chances\"d'obtenir une nouvelle direction en Indon\u00e9sie\", Reddaway observa :\"Je suis ravi qu'un bon nombre de communistes aient \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s, mais leurs tueurs sont principalement des militaires et des musulmans.\"\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn mars 1966, la campagne meurtrière contre le PKI, qui a fait plus d'un demi-million de morts, est pratiquement termin\u00e9e. Le 11 mars, le pr\u00e9sident Sukarno est contraint de c\u00e9der le pouvoir au g\u00e9n\u00e9ral Suharto, et la fin de la Confrontation est en vue.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe 14 mars, Reddaway \u00e9crit \u00e0 Gilchrist :\"Je ne vois pas comment, \u00e0 court terme, les choses auraient pu mieux se passer au cours des dix derniers jours.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\"Je sais que les Indon\u00e9siens, sous leur nouvelle direction, ne seront pas faciles \u00e0 vivre, mais je ne peux \u00e9viter un petit Te Deum (non attribuable) sur l'\u00e9volution de la situation entre le 29 septembre et le 12 mars\", \u00e9crit-il.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EWynne considère l'op\u00e9ration comme un succès. Dans son rapport annuel de 1966, il d\u00e9clare fièrement que son op\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 \"assez r\u00e9ussie\" car tous ses ennemis (Konfrontasi, Sukarno, Subandrio et le PKI) ont \u00e9t\u00e9 \"d\u00e9truits\". Le souvenir qu'il garde de ces \u00e9v\u00e9nements tragiques est celui d'une \"excitation\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESelon le professeur Scott Lucas de l'universit\u00e9 de Birmingham, les documents d\u00e9classifi\u00e9s montrent que : \"La Grande-Bretagne \u00e9tait prête \u00e0 s'engager dans des actions sales qui allaient \u00e0 l'encontre de ses pr\u00e9tendues valeurs\". Ils r\u00e9vèlent, dit-il, \"l'importance de la propagande noire pour donner l'illusion que la Grande-Bretagne pouvait exercer un pouvoir mondial - même si de nombreuses personnes pouvaient être tu\u00e9es pour cette illusion\".\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cul\u003E\u003Cli\u003ELe Dr Paul Lashmar est journaliste d'investigation et lecteur en journalisme \u00e0 la City, Universit\u00e9 de Londres.\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003ENicholas Gilby est un enquêteur et l'auteur d'une histoire de la corruption et du commerce des armes en Grande-Bretagne.\u003C\/li\u003E\u003Cli\u003EJames Oliver est un producteur et r\u00e9alisateur de la BBC, laur\u00e9at d'un Emmy, et a dirig\u00e9 la r\u00e9cente enquête sur les Pandora Papers pour BBC Panorama.\u003C\/li\u003E\u003C\/ul\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003ETraduction \"un peu d'histoire ne fait jamais de mal, surtout celle occult\u00e9e\" par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E»» \u003Ca href=\"http:\/\/www.theguardian.com\/world\/2021\/oct\/17\/slaughter-in-indonesia-britains-secret-propaganda-war\"\u003Etheguardian.com\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.legrandsoir.info\/massacre-en-indonesie-la-guerre-de-propagande-secrete-de-la-grande-bretagne-the-guardian.html\"\u003Elegrandsoir.info\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}