{"196628":{"id":"196628","parent":"0","time":"1634546099","url":"https:\/\/reseauinternational.net\/quand-loccident-voulait-aller-en-chine\/","category":"documentaires","title":"Quand l'Occident voulait aller en Chine","image":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196628_e00196.jpg","hub":"newsnet","url-explicit":"quand-l-occident-voulait-aller-en-chine","admin":"newsnet","views":"133","priority":"3","length":"8567","lang":"","content":"\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196628_209e6a.jpg\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003Epar \u003Cb\u003EPepe Escobar.\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELes anciennes Routes de la Soie ont jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la connexion du monde par le commerce, et la nouvelle version le peut aussi.\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOubliez le tambourinage incessant de la Guerre froide 2.0 contre la Chine. Oubliez les simples d'esprit des groupes de r\u00e9flexion qui \u003Ca href=\"https:\/\/www.foreignaffairs.com\/articles\/china\/2021-10-01\/end-chinas-rise\"\u003Eprojettent\u003C\/a\u003E leurs vœux pieux sur la perp\u00e9tuelle \u00ab fin de la mont\u00e9e en puissance de la Chine \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EOubliez m\u00eame les quelques esprits sains \u00e0 Bruxelles - oui, ils existent - qui affirment que l'Europe ne veut pas contenir la Chine, mais s'engager, ce qui signifie faire des affaires.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EVoyageons dans le temps jusqu'\u00e0 il y a pr\u00e8s de deux mill\u00e9naires, lorsque l'Empire romain \u00e9tait fascin\u00e9 par les opportunit\u00e9s commerciales offertes par ces terres \u00ab myst\u00e9rieuses \u00bb de l'Est.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EApr\u00e8s la chute de Rome et de la moiti\u00e9 occidentale de l'Empire au Ve si\u00e8cle, Constantinople - la seconde Rome - qui \u00e9tait en fait grecque, est devenue l'incarnation maximale des seuls vrais \u00ab Romains \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPourtant, contrairement aux Grecs hell\u00e9nistiques qui suivaient Alexandre le Grand et qui \u00e9taient si attir\u00e9s par l'Asie, les Romains, de la fin de la R\u00e9publique \u00e0 l'\u00e9tablissement de l'Empire, ont \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9s d'aller plus loin sur la route, car ils \u00e9taient toujours bloqu\u00e9s par les Parthes : n'oubliez jamais la spectaculaire d\u00e9faite romaine \u00e0 Carrhae en 53 av.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPendant plus de quatre si\u00e8cles, en fait, le limes oriental de l'Empire a \u00e9t\u00e9 remarquablement stable, allant des montagnes de l'Arm\u00e9nie orientale au cours de l'Euphrate et aux d\u00e9serts de Syrie et de M\u00e9sopotamie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENous avions donc en fait trois limes naturels : montagneux, fluvial et d\u00e9sertique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa strat\u00e9gie globale de Rome consistait \u00e0 ne pas laisser les Parthes - puis les Perses - dominer totalement l'Arm\u00e9nie, atteindre la mer Noire et d\u00e9passer le Caucase pour atteindre les plaines russo-ukrainiennes et progresser vers l'Europe.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Perses, quant \u00e0 eux, se sont limit\u00e9s \u00e0 renforcer les fronti\u00e8res de l'Euphrate, qui n'ont \u00e9t\u00e9 bris\u00e9es que plusieurs si\u00e8cles plus tard, par les Turcs seldjoukides \u00e0 la fin du XIIe si\u00e8cle et les Mongols au d\u00e9but du XIIIe si\u00e8cle.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl s'agit d'une fracture absolument cruciale dans l'histoire de l'Eurasie - car cette fronti\u00e8re, perp\u00e9tu\u00e9e plus tard entre les empires ottoman et perse, est toujours vivante aujourd'hui, entre la Turquie et l'Iran.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EElle explique, par exemple, la forte tension actuelle entre l'Iran et l'Azerba\u00efdjan, et elle continuera d'\u00eatre exploit\u00e9e sans rel\u00e2che par les acteurs du \u00ab diviser pour r\u00e9gner \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ESuivre les traces des caravanes\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUn \u00e9v\u00e9nement extraordinaire s'est produit en l'an 166 : Des marchands romains sont arriv\u00e9s \u00e0 la cour de l'empereur chinois Huan-ti, le 27\u00e8me empereur de la dynastie Han. L'Histoire des Han nous apprend qu'un \u00ab envoy\u00e9 romain \u00bb - probablement envoy\u00e9 par nul autre que l'empereur Marc-Aur\u00e8le - a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par Huan-ti \u00e0 Luoyang.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIls ont voyag\u00e9 via ce que les Chinois du XXIe si\u00e8cle rebaptiseront la Route maritime de la Soie - de l'oc\u00e9an Indien \u00e0 la mer de Chine m\u00e9ridionale jusqu'au nord du Vietnam, puis par voie terrestre jusqu'\u00e0 Chang'an - l'actuelle Xian.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes Romains achetaient de la soie en Asie depuis la fin du Ier si\u00e8cle avant J.-C., depuis le pays de \u00ab Seres \u00bb sur lequel de nombreux sp\u00e9cialistes ne sont pas d'accord : certains affirment qu'il s'agissait de la Chine, d'autres du Cachemire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe commerce le long de la Route de la Soie s'effectuait en fait par toute une s\u00e9rie d'interm\u00e9diaires : personne ne faisait tout le chemin dos \u00e0 dos.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes produits de l'industrie du luxe - soie, perles, pierres pr\u00e9cieuses, poivre - en provenance de Chine, d'Inde et d'Arabie n'entraient en contact avec les marchands romains que dans l'une des l\u00e9gendaires plaques tournantes des \u00ab couloirs de communication \u00bb entre l'Orient et l'Occident : Alexandrie, Petra ou Palmyre. La cargaison \u00e9tait ensuite charg\u00e9e dans les ports de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale jusqu'\u00e0 Rome.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe commerce caravanier \u00e9tait contr\u00f4l\u00e9 par les Nabat\u00e9ens, les \u00c9gyptiens et les Syriens. Les commer\u00e7ants \u00ab romains \u00bb les plus efficaces \u00e9taient en fait des Grecs de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale. Le chercheur JN Robert a montr\u00e9 comment, depuis Alexandre, le grec \u00e9tait une sorte de langue universelle - comme l'anglais aujourd'hui - de Rome aux montagnes du Pamir, de l'\u00c9gypte aux royaumes issus de l'Empire perse.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt cela nous am\u00e8ne \u00e0 un personnage litt\u00e9ralement r\u00e9volutionnaire : Maes Titianus, un commer\u00e7ant gr\u00e9co-mac\u00e9donien qui vivait \u00e0 Antioche, dans la Syrie romaine, au Ier si\u00e8cle.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAvant m\u00eame l'envoi de l'\u00e9missaire de Marc Aur\u00e8le \u00e0 la cour des Han, Maes Titianus avait r\u00e9ussi \u00e0 envoyer une importante caravane au-del\u00e0 de l'Asie centrale, jusqu'au pays de Seres.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe voyage fut \u00e9pique - et dura plus d'un an. Ils sont partis de Syrie, ont travers\u00e9 l'Euphrate, ont continu\u00e9 jusqu'en Bactriane (avec la l\u00e9gendaire Balkh comme capitale) via le Khorassan, ont travers\u00e9 les montagnes du Tian Shan, ont atteint le Turkestan chinois, puis ont travers\u00e9 le corridor du Gansu et le d\u00e9sert de Gobi jusqu'\u00e0 Chang'an.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDepuis le l\u00e9gendaire Guide g\u00e9ographique de \u003Ca href=\"http:\/\/www.silkroadfoundation.org\/newsletter\/vol13\/Piankov_SR13_2015_pp60_74+PlateIV.pdf\" target=\"_blank\"\u003EClaudius Ptolemy\u003C\/a\u003E, la caravane Maes Titianus est reconnue comme la seule source de l'Antiquit\u00e9 classique d\u00e9crivant compl\u00e8tement le principal corridor terrestre de l'ancienne Route de la Soie, de la Syrie romaine \u00e0 la capitale chinoise.\u003C\/p\u003E\u003Cfigure\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196628_e00196.jpg\" \/\u003E\u003Cfigcaption\u003EMaes Titianus est all\u00e9 jusqu'\u00e0 Tashkurgan dans le Pamir. Carte : Wikipedia\u003C\/figcaption\u003E\u003C\/figure\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EUne super-autoroute Rome-Xian ?\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl est crucial de noter que la Bactriane, dans le nord de l'Afghanistan actuel, \u00e9tait \u00e0 l'\u00e9poque le limes oriental connu du monde, selon les Romains. Mais la Bactriane \u00e9tait bien plus que cela : un carrefour commercial cl\u00e9 entre la Chine, l'Inde, les Parthes et la Perse, et l'empire romain.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes montagnes du Pamir - le \u00ab toit du monde \u00bb - et le d\u00e9sert du Taklamakan (\u00ab vous pouvez y entrer mais vous ne pourrez pas en sortir \u00bb, dit le proverbe ou\u00efghour) ont \u00e9t\u00e9 pendant des si\u00e8cles les principales barri\u00e8res naturelles qui emp\u00eachaient l'Occident d'atteindre la Chine.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est donc la g\u00e9ologie qui a maintenu la Chine dans un splendide isolement par rapport \u00e0 l'empire romain et \u00e0 l'Occident. En termes militaires, les Romains puis les Byzantins n'ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 franchir cette fronti\u00e8re orientale qui les s\u00e9parait des Perses. Ils n'ont donc jamais r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tendre leurs conqu\u00eates jusqu'en Asie centrale et en Chine, comme Alexandre l'avait tent\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn revanche, les Arabes, lors de l'expansion fulgurante de l'Islam, y sont parvenus. Mais c'est une autre - longue - histoire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'aventure de la caravane de Maes Titianus s'est d\u00e9roul\u00e9e pas moins d'un mill\u00e9naire avant les voyages de Marco Polo. Cependant, Polo disposait de relations publiques beaucoup plus sophistiqu\u00e9es - et c'est ce r\u00e9cit qui est grav\u00e9 dans les livres d'histoire occidentaux.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'\u00e9voquer aujourd'hui, c'est rappeler les premiers pas des anciennes Routes de la Soie et la fa\u00e7on dont leur interconnexion reste grav\u00e9e dans l'inconscient collectif d'une grande partie de l'Eurasie. Les peuples situ\u00e9s le long de ces routes comprennent instinctivement pourquoi un corridor commercial \u00e9volutif unissant la Chine, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iran et la M\u00e9diterran\u00e9e orientale est tout \u00e0 fait logique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe premier ministre parachut\u00e9 Mario \u00ab Goldman Sachs \u00bb Draghi peut insister sur le fait que l'Italie est atlantiste, et peut constamment tourner en d\u00e9rision la BRI. Mais les h\u00e9ritiers avis\u00e9s de l'Empire romain voient que les partenariats commerciaux le long des couloirs de la nouvelle Route de la Soie sont tout aussi judicieux qu'\u00e0 l'\u00e9poque de Maes Titianus.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/reseauinternational.net\/author\/pepeescobar\"\u003EPepe Escobar\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003Eillustration : La vieille ville de Khiva en Ouzb\u00e9kistan. Certaines sections peuvent \u00eatre du Ve si\u00e8cle, mais les sections les plus solides ont \u00e9t\u00e9 construites en 1686-88 et constituent la ville la plus intacte de la Route de la Soie.\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003Esource : \u003Ca href=\"https:\/\/asiatimes.com\/2021\/10\/when-the-west-was-itchin-to-go-to-china\"\u003Easiatimes.com\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003Etraduit par \u003Ca href=\"https:\/\/reseauinternational.net\"\u003ER\u00e9seau International\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/reseauinternational.net\/quand-loccident-voulait-aller-en-chine\/\"\u003Ereseauinternational.net\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}