{"196684":{"id":"196684","parent":"0","time":"1634637651","url":"http:\/\/www.les-crises.fr\/?p=250504","category":"documentaires","title":"Powell et l'Irak : La d\u00e9mission qui aurait pu stopper l'invasion","image":"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196684_7aaa7f.png","hub":"newsnet","url-explicit":"powell-et-l-irak-la-demission-qui-aurait-pu-stopper-l-invasion","admin":"newsnet","views":"88","priority":"3","length":"28164","lang":"","content":"\u003Cp\u003ELe secr\u00e9taire d'\u00c9tat de Bush, Colin Powell, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 aujourd'hui \u00e0 quatre-vingt-quatre ans des suites des complications du COVID-19.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESource : \u003Ca href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2021\/10\/18\/joe-lauria-powell-iraq-how-one-resignation-may-have-stopped-the-disastrous-invasion\"\u003EConsortium News, Joe Lauria - 18-07-2020\u003C\/a\u003E\u003Cbr \/\u003E\nTraduit par les lecteurs du site Les-Crises\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EUn article du New York Times Magazine de dimanche nous explique comment la CIA a aid\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer les preuves pour l'invasion de l'Irak et pourquoi Colin Powell aurait d\u00fb d\u00e9missionner plut\u00f4t que de s'y rallier.\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe matin du 5 f\u00e9vrier 2003, j'\u00e9tais dans mon bureau, une vieille cabine de radio surplombant la salle du Conseil de tutelle au si\u00e8ge des Nations Unies \u00e0 New York, lorsque j'ai d\u00e9cid\u00e9 de passer par une salle pour rejoindre la salle du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. J'ai suivi dans un couloir sur la gauche, bien au-dessus de la salle du Conseil, et je suis entr\u00e9 dans une cabine d'interpr\u00e9tation vide. J'ai observ\u00e9 la sc\u00e8ne plus bas.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'espace \u00e9tait bond\u00e9, c'\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je voyais la galerie publique aussi pleine depuis 13 ans que je couvrais l'ONU. La tension palpable dans l'air \u00e9tait ce \u00e0 quoi on pouvait s'attendre avant une corrida.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe pouvais voir le secr\u00e9taire d'\u00c9tat am\u00e9ricain de l'\u00e9poque, Colin Powell, dans la foule pr\u00e8s de son si\u00e8ge \u00e0 la table en fer \u00e0 cheval du Conseil, en train de discuter avec d'autres diplomates. Je suis ensuite retourn\u00e9 \u00e0 mon bureau pour regarder les Nations Unies s'affairer alors que les d\u00e9bats d\u00e9butaient.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe secr\u00e9taire d'\u00c9tat a fait une pr\u00e9sentation symbolis\u00e9e par une photographie qui a fait le tour du monde et que j'ai imm\u00e9diatement surnomm\u00e9e \u00ab l'inf\u00e2me d\u00e9monstration \u00bb de Powell. Elle le montrait \u00e0 la table du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 brandissant ce qu'il disait \u00eatre un mod\u00e8le de fiole d'anthrax, une arme biologique mortelle dont Powell pr\u00e9tendait que le leader irakien Saddam Hussein en avait une grande quantit\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196684_fa7275.jpg\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL' \u00bbinfame d\u00e9monstration \u00bb de Powell au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 avec le directeur de la CIA George Tenet derri\u00e8re lui. (Gouvernement am\u00e9ricain)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Mon but aujourd'hui est de vous fournir des informations suppl\u00e9mentaires, de partager avec vous ce que les \u00c9tats-Unis savent sur les armes de destruction massive de l'Irak, ainsi que sur l'implication de l'Irak dans le terrorisme, qui fait \u00e9galement l'objet de la r\u00e9solution 1441 et d'autres r\u00e9solutions ant\u00e9rieures \u00bb, a commenc\u00e9 Powell. La r\u00e9solution 1441, adopt\u00e9e par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 trois mois plus t\u00f4t, avait donn\u00e9 \u00e0 l'Irak une derni\u00e8re chance de faire face aux inspecteurs des Nations Unies dans le domaine des armes de destruction massive, sous peine de \u00ab graves cons\u00e9quences \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Mes coll\u00e8gues, chaque d\u00e9claration que je fais aujourd'hui est \u00e9tay\u00e9e par des sources, des sources solides \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 M. Powell au Conseil. \u00ab Ce ne sont pas des affirmations. Ce que nous vous donnons, ce sont des faits et des conclusions bas\u00e9s sur des renseignements solides. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELes \u00ab faits \u00bb\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EParmi les \u00ab faits \u00bb et les \u00ab renseignements solides \u00bb que Powell a revendiqu\u00e9s figurait l'achat par l'Irak des d\u00e9sormais tristement c\u00e9l\u00e8bres tubes en aluminium qui, selon lui, devaient \u00eatre utilis\u00e9s dans des centrifugeuses dans le cadre des efforts de Saddam pour relancer un programme d'armes nucl\u00e9aires.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Ces achats illicites montrent que Saddam Hussein est tr\u00e8s concentr\u00e9 sur la mise en place de la pi\u00e8ce manquante cl\u00e9 de son programme d'armes nucl\u00e9aires, la capacit\u00e9 \u00e0 produire des mati\u00e8res fissiles \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Powell.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUn autre \u00ab fait \u00bb majeur \u00e9tait que l'Irak disposait de \u00ab laboratoires mobiles de recherche biologique \u00bb, selon un \u00ab major irakien qui a fait d\u00e9fection \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELes principaux m\u00e9dias am\u00e9ricains \u00e9taient pleinement convaincus. \u00ab Irr\u00e9futable \u00bb, lisait-on en titre d'un \u00e9ditorial du Washington Post, qui disait :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Apr\u00e8s la pr\u00e9sentation du secr\u00e9taire d'\u00c9tat Colin L. Powell au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies hier, il est difficile d'imaginer comment quelqu'un pourrait douter que l'Irak poss\u00e8de des armes de destruction massive. M. Powell n'a laiss\u00e9 aucune place pour affirmer s\u00e9rieusement que l'Irak a accept\u00e9 l'offre du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 d'une \u00ab derni\u00e8re chance \u00bb de se d\u00e9sarmer. Les preuves de M. Powell, y compris les photographies satellites, les enregistrements audio et les rapports des d\u00e9tenus et autres informateurs, \u00e9taient accablantes. Le s\u00e9nateur Joseph R. Biden Jr, le d\u00e9mocrate au rang le plus \u00e9lev\u00e9 de la Commission des relations \u00e9trang\u00e8res, les a qualifi\u00e9es de \u00ab puissantes et irr\u00e9futables \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESelon l'\u00e9ditorial du New York Times :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Le secr\u00e9taire d'\u00c9tat Colin Powell a pr\u00e9sent\u00e9 hier aux Nations Unies et aux t\u00e9l\u00e9spectateurs du monde entier la d\u00e9monstration la plus puissante \u00e0 ce jour selon laquelle Saddam Hussein d\u00e9fie les r\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et n'a aucune intention de r\u00e9v\u00e9ler ou de rendre les quelconques armes non conventionnelles qu'il pourrait poss\u00e9der. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe Times a mis en garde : \u00ab Parce que les cons\u00e9quences de la guerre sont si terribles, et que le co\u00fbt de la reconstruction de l'Irak est si \u00e9lev\u00e9, les \u00c9tats-Unis ne peuvent pas se permettre d'affronter l'Irak sans un large soutien international. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMalgr\u00e9 la pr\u00e9sentation de Powell et l'adh\u00e9sion des m\u00e9dias am\u00e9ricains, tous les autres pays du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 l'exception de la Grande-Bretagne et de l'Espagne, \u00e9taient tr\u00e8s sceptiques quant \u00e0 l'argument am\u00e9ricain en faveur de la guerre, y compris les alli\u00e9s que sont l'Allemagne et la France.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDes rumeurs circulaient d\u00e9j\u00e0 au si\u00e8ge des Nations Unies selon lesquelles Powell n'avait pas enti\u00e8rement adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 ce discours et avait pass\u00e9 la nuit pr\u00e9c\u00e9dente au si\u00e8ge de la CIA en Virginie \u00e0 demander de meilleures preuves pour justifier une invasion am\u00e9ricaine d'une nation souveraine.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EBlix et ElBaradei r\u00e9pondent\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EElBaradei (\u00e0 gauche) et Blix au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. 14 f\u00e9vrier 2003 (Photo ONU\/Sophia Paris)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ENeuf jours plus tard, Powell \u00e9tait de retour au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 le 14 f\u00e9vrier pour \u00e9couter un rapport de Hans Blix, pr\u00e9sident de l'UNMOVIC [Commission de contr\u00f4le, de v\u00e9rification et d'inspection des Nations Unies, NdT], des inspecteurs de l'ONU sp\u00e9cialistes des armes, et de Mohamed ElBaradei, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l'Agence internationale de l'\u00e9nergie atomique, charg\u00e9s de d\u00e9couvrir si l'Irak avait un programme d'armes nucl\u00e9aires.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne fois de plus, la salle \u00e9tait bond\u00e9e, y compris la galerie publique. Blix a d\u00e9clar\u00e9 au Conseil que les inspections se d\u00e9roulaient sans entrave de la part de l'Irak. Il a d\u00e9clar\u00e9 :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Depuis que nous sommes arriv\u00e9s en Irak, nous avons men\u00e9 plus de 400 inspections couvrant plus de 300 sites. Toutes les inspections ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es sans pr\u00e9avis, et l'acc\u00e8s a presque toujours \u00e9t\u00e9 fourni rapidement. En aucun cas, nous n'avons vu de preuves convaincantes que la partie irakienne savait \u00e0 l'avance que les inspecteurs allaient venir. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe n'\u00e9tait pas ce que Powell voulait entendre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Les inspections donnent des r\u00e9sultats. (..). L'option des inspections n'a pas \u00e9t\u00e9 conduite jusqu'\u00e0 son terme \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 le ministre fran\u00e7ais des affaires \u00e9trang\u00e8res, Dominique de Villepin. \u00ab L'usage de la force serait si lourd de cons\u00e9quences pour les hommes, pour la r\u00e9gion et pour la stabilit\u00e9 internationale qu'il ne saurait \u00eatre envisag\u00e9 qu'en derni\u00e8re extr\u00e9mit\u00e9 \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EM. de Villepin a poursuivi :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Personne ne peut donc affirmer aujourd'hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu'il pourrait d\u00e9boucher sur un monde plus s\u00fbr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d'un \u00e9chec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux d\u00e9fis actuels ? Donnons par cons\u00e9quent aux inspecteurs des Nations Unies le temps n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9ussite de leur mission \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors que Powell \u00e9tait assis en face de de Villepin, la galerie publique bond\u00e9e a soudain pouss\u00e9 un rugissement d'approbation des propos tenus par le ministre fran\u00e7ais des affaires \u00e9trang\u00e8res, les spectateurs se levant. Ce fut un moment qui d\u00e9finit les Nations Unies comme un ensemble de volont\u00e9s internationales visant \u00e0 s'opposer m\u00eame aux puissants \u00c9tats-Unis, alors qu'ils \u00e9taient engag\u00e9s dans une voie h\u00e9g\u00e9monique et meurtri\u00e8re, sans autre motif que celui de renforcer leur propre puissance.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESelon The Guardian, Powell \u00e9tait furieux :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Colin Powell, secr\u00e9taire d'\u00c9tat am\u00e9ricain et ancien pr\u00e9sident du Comit\u00e9 des chefs d'\u00e9tat-major interarm\u00e9es des \u00c9tats-Unis, a quitt\u00e9 la salle du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et a descendu les escaliers roulants jusqu'\u00e0 la salle de r\u00e9union du sous-sol. Il venait d'entendre Blix d\u00e9truire pratiquement tout espoir de voir la deuxi\u00e8me r\u00e9solution adopt\u00e9e par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Il \u00e9tait furieux.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPowell a ordonn\u00e9 aux fonctionnaires de r\u00e9unir les \u00ab E10″, les dix membres \u00e9lus du Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Il voulait que sa position soit claire. Avec Blair, il avait \u00e9t\u00e9 l'homme qui avait persuad\u00e9 Bush qu'une voie passant par l'ONU et la construction d'une coalition internationale \u00e9tait la trajectoire \u00e0 suivre pour d\u00e9sarmer Saddam. Le pr\u00e9sident, apr\u00e8s des r\u00e9ticences initiales, avait finalement accept\u00e9. Powell avait utilis\u00e9 beaucoup de capital politique. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDans la salle du conseil, Powell avait rejet\u00e9 le briefing de Blix en d\u00e9clarant qu'il s'agissait d'un simple \u00ab processus \u00bb et avait dit \u00ab ce ne sont l\u00e0 que des manoeuvres utilis\u00e9es contre nous \u00bb. Il a ajout\u00e9 : \u00ab Le fardeau est maintenant sur Saddam Hussein en ce qui concerne la question de savoir s'il y aura la guerre ou la paix. \u00bb La France et l'Allemagne se sont jointes \u00e0 la Chine, \u00e0 la Russie et \u00e0 d'autres membres du Conseil pour demander que les inspecteurs disposent de plus de temps.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EApr\u00e8s son discours, lors de la r\u00e9union de la presse \u00e0 l'ext\u00e9rieur de la salle du Conseil de s\u00e9curit\u00e9, j'ai demand\u00e9 \u00e0 de Villepin ce qui pouvait \u00eatre fait pour arr\u00eater la guerre. Il a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que la France et d'autres nations continueraient \u00e0 soutenir le travail des inspecteurs de l'ONU.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EQuelques jours plus tard, je me suis retrouv\u00e9 seul dans un couloir avec Sir Jeremy Greenstock, l'ambassadeur britannique aupr\u00e8s de l'ONU. La dynamique s'\u00e9tant maintenant retourn\u00e9e contre les \u00c9tats-Unis et le Royaume-Uni, je lui ai demand\u00e9 pourquoi, apr\u00e8s 12 ans d'avanc\u00e9es progressives des inspections de l'ONU, alors que les inspections se poursuivaient, que les inspecteurs d\u00e9claraient n'avoir d\u00e9couvert aucune ADM (arme de destruction massive) importante et que l'Irak ne mena\u00e7ait personne, y avait-il maintenant cette soudaine volont\u00e9 de faire la guerre ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Parce que Washington le demande \u00bb, m'a r\u00e9pondu Greenstock dans un extraordinaire moment de franchise. C'\u00e9tait aussi simple que cela. Washington a dit : \u00ab Foncez ! \u00bb et Londres a fonc\u00e9. Sauf que Berlin et Paris s'\u00e9taient exceptionnellement joints \u00e0 Moscou et P\u00e9kin en disant \u00ab Non \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/youtube.com\/watch?v=MJ_1hWqSz6I\" target=\"_blank\"\u003E\u003Cspan class=\"philum ic-chain\"\u003E\u003C\/span\u003E youtube\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPuis le 7 mars, Blix et ElBaradei ont de nouveau fait un rapport au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 et ont contest\u00e9 plus directement les \u00ab solides renseignements \u00bb de Powell. ElBaradei a plut\u00f4t r\u00e9fut\u00e9 solidement les \u00ab renseignements \u00bb de Powell sur les tubes en aluminium. Il a d\u00e9clar\u00e9 :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab En ce qui concerne les tubes en aluminium, l'AIEA [Agence internationale de l'\u00e9nergie atomique, NdT] a men\u00e9 une enqu\u00eate approfondie sur la tentative de l'Irak d'acheter de grandes quantit\u00e9s de tubes en aluminium \u00e0 haute r\u00e9sistance. Comme indiqu\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, l'Irak a maintenu que ces tubes en aluminium ont \u00e9t\u00e9 vendus pour la production de fus\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'enqu\u00eate approfondie sur le terrain et l'analyse de documents n'ont pas permis de d\u00e9couvrir des preuves que l'Irak avait l'intention d'utiliser ces tubes de 81 millim\u00e8tres pour un projet autre que la r\u00e9tro-ing\u00e9nierie des fus\u00e9es.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESur la base des preuves disponibles, l'\u00e9quipe de l'AIEA a conclu que les efforts de l'Irak pour importer ces tubes en aluminium n'\u00e9taient probablement pas li\u00e9s \u00e0 la fabrication de centrifugeuses, et qu'en outre il \u00e9tait tr\u00e8s peu probable que l'Irak ait pu r\u00e9aliser la reconfiguration consid\u00e9rable n\u00e9cessaire pour les utiliser dans un programme de centrifugeuses relanc\u00e9 \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EElBaradei a ensuite d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Les experts de l'AIEA qui savent comment utiliser ces aimants dans l'enrichissement par centrifugation ont v\u00e9rifi\u00e9 qu'aucun des aimants que l'Irak a d\u00e9clar\u00e9 ne pouvait \u00eatre utilis\u00e9 directement pour les paliers magn\u00e9tiques des centrifugeuses \u00bb. Et puis dans la r\u00e9futation la plus pointue du \u00ab renseignement \u00bb am\u00e9ricain, ElBaradei a d\u00e9clar\u00e9 que l'histoire de l'importation par l'Irak d'uranium yellowcake [partiellement enrichi, NdT] du Niger \u00e9tait fausse. Il a dit au Conseil :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab L'Irak a fourni \u00e0 l'AIEA une explication compl\u00e8te de ses relations avec le Niger et a d\u00e9crit une visite d'un fonctionnaire irakien dans un certain nombre de pays africains, dont le Niger en f\u00e9vrier 1999, qui, selon l'Irak, aurait pu donner lieu \u00e0 ces rapports.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'AIEA a pu examiner la correspondance provenant de divers organes du gouvernement du Niger et comparer la forme, le format, le contenu et la signature de cette correspondance avec ceux de la documentation pr\u00e9sum\u00e9e relative aux achats.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESur la base d'une analyse approfondie, l'AIEA a conclu, avec l'accord d'experts ext\u00e9rieurs, que ces documents qui ont servi de base au rapport sur la r\u00e9cente transaction d'uranium entre l'Irak et le Niger ne sont en fait pas authentiques. Nous avons donc conclu que ces all\u00e9gations sp\u00e9cifiques ne sont pas fond\u00e9es \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJe suis sorti de mon bureau dans le couloir qui m\u00e8ne \u00e0 une zone ouverte du b\u00e2timent des conf\u00e9rences pour trouver Richard Roth de CNN et Catherine MacKenzie, l'attach\u00e9e de presse de la mission britannique, en pleine conversation. J'ai annonc\u00e9 qu'ElBaradei venait de \u00ab d\u00e9monter \u00bb les histoires des tubes en aluminium et du \u00ab yellowcake \u00bb du Niger.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab J'ai peine \u00e0 croire que cela fera les gros titres \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Mme MacKenzie. Elle avait raison. La r\u00e9futation de la pr\u00e9sentation de Powell du 5 f\u00e9vrier n'a pas fait les m\u00eames gros titres. Au lieu de cela, les m\u00e9dias am\u00e9ricains et britanniques, en particulier \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision avec de nouveaux graphiques et de nouvelles musiques, ont commenc\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la course effr\u00e9n\u00e9e vers la guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELes m\u00e9dias en d\u00e9route\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00c0 cette \u00e9poque, je couvrais les Nations Unies pour trois principaux organes de presse : une cha\u00eene canadienne appel\u00e9e Southam News qui publiait la Montreal Gazette, l'Ottawa Citizen, le Vancouver Sun et une douzaine d'autres journaux ; Independent Newspapers of South Africa, \u00e9diteurs de The Star (Johannesburg), The Pretoria News, The Cape Times et 14 autres journaux. J'\u00e9tais \u00e9galement toujours en train de d\u00e9poser une demande pour le Boston Globe et le Sunday Times de Londres aupr\u00e8s du correspondant de Washington avec lequel j'ai engag\u00e9 des d\u00e9bats amicaux, mais vifs, sur le d\u00e9clenchement de la guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELorsqu'il est devenu \u00e9vident que les \u00c9tats-Unis et la Grande-Bretagne n'obtiendraient pas la deuxi\u00e8me r\u00e9solution autorisant une invasion, je rendais largement compte de la r\u00e9sistance internationale men\u00e9e par les alli\u00e9s des \u00c9tats-Unis, l'Allemagne et la France. Cela a \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 par mes r\u00e9dacteurs en chef en Afrique du Sud. Mais ensuite, j'ai re\u00e7u un appel du r\u00e9dacteur en chef \u00e9tranger de Southam \u00e0 Ottawa.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl m'a dit sans ambages que son fils \u00e9tait un Marine canadien et que je devais soutenir la guerre dans mes comptes rendus. Je lui ai dit que j'\u00e9tais s\u00fbr qu'il \u00e9tait fier de son fils, mais que mon travail consistait \u00e0 rendre compte de ce qui se passait au Conseil de s\u00e9curit\u00e9.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELe 19 mars, c'est Greenstock, qui deviendra l'adjoint du vizir am\u00e9ricain Paul Bremer en Irak, qui a annonc\u00e9 la fin de la diplomatie.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJ'ai quitt\u00e9 l'ONU, je suis rentr\u00e9 chez moi \u00e0 17 heures et je me suis tra\u00een\u00e9 jusqu'\u00e0 mon lit avec un sentiment de crainte que je n'avais jamais \u00e9prouv\u00e9. Plus tard, j'ai vu un correspondant de CNN \u00e0 bord d'un navire de guerre am\u00e9ricain se r\u00e9jouir en disant \u00ab Bienvenue dans le choc et l'effroi ! \u00bb pendant que des missiles de croisi\u00e8re \u00e9taient tir\u00e9s sur la capitale irakienne. Le lendemain, j'ai \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par Southam News que j'avais \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9. [NdT : La doctrine choc et effroi (de l'anglais \u003Ci\u003EShock and Awe\u003C\/i\u003E, ce qui peut aussi \u00eatre traduit par \u00ab Choc et stupeur \u00bb), ou de \u00ab domination rapide \u00bb, est une doctrine militaire bas\u00e9e sur l'\u00e9crasement de l'adversaire \u00e0 travers l'emploi d'une tr\u00e8s grande puissance de feu, la domination du champ de bataille et des manœuvres, et des d\u00e9monstrations de force spectaculaires pour paralyser la perception du champ de bataille par l'adversaire et annihiler sa volont\u00e9 de combattre (source : Wikip\u00e9dia].\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ELe New York Times s'excuse\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa couverture belliciste dans les m\u00e9dias occidentaux a \u00e9t\u00e9 si dure, et si peu de journalistes y ont r\u00e9sist\u00e9, qu'Ariana Huffington m'a inscrit dans son livre 'Right is Wrong' sur un \u00ab tableau d'honneur \u00bb des quelques journalistes qui n'ont pas gob\u00e9 les mensonges de l'administration Bush menant \u00e0 la guerre.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl a fallu plus d'un an apr\u00e8s l'invasion pour que le New York Times, le 26 mai 2004, fasse un aveu monumental \u00e0 ses lecteurs : il s'\u00e9tait tromp\u00e9 sur le sujet le plus important depuis une g\u00e9n\u00e9ration. En substance, le Times admettait qu'il avait du sang sur les mains, puisqu'il a succomb\u00e9 \u00e0 l'hyst\u00e9rie de guerre et a jou\u00e9 un r\u00f4le dans la facilitation de la catastrophe en \u00e9tant trop cr\u00e9dule envers les \u00ab sources de renseignement \u00bb et les transfuges irakiens opportunistes.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196684_7aaa7f.png\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt maintenant, 17 ans apr\u00e8s les faits, nous avons un compte rendu encore plus complet dans le New York Times Magazine expliquant comment le New York Times et le reste des grands m\u00e9dias enrag\u00e9s ont eu tort de croire des renseignements am\u00e9ricains mont\u00e9s de toutes pi\u00e8ces justifiant le massacre de centaines de milliers d'\u00e9trangers innocents \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres des c\u00f4tes am\u00e9ricaines.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'article du Times Magazine qui sera publi\u00e9 en version imprim\u00e9e dimanche par Robert Draper est intitul\u00e9 \u00ab Colin Powell souhaite toujours des r\u00e9ponses \u00bb. Draper nous dit que Powell \u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 l'invasion de l'Irak et pensait que l'id\u00e9e \u00e9tait si ridicule qu'elle dispara\u00eetrait d'elle-m\u00eame. Le temps que Powell r\u00e9alise que le vice-pr\u00e9sident Dick Cheney, le chef du Pentagone Donald Rumsfeld, la conseill\u00e8re \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale Condoleezza Rice et d'autres \u00e9taient s\u00e9rieux, il \u00e9tait trop tard.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDraper offre cette explication d'une source anonyme de la CIA pour expliquer pourquoi l'agence a accept\u00e9 les exigences de l'administration pour trouver les donn\u00e9es sur Saddam : \u00ab La premi\u00e8re chose qu'on vous apprend dans la CIA 101 [NdT : formation de base des nouveaux employ\u00e9s (source : Wikip\u00e9dia], c'est que vous ne les aidez pas \u00e0 monter un dossier \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 un responsable de l'agence qui a particip\u00e9 au projet. Mais nous avons tous \u00e9t\u00e9 infect\u00e9s par le dossier de la guerre \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EComme le rapporte Draper, et comme l'explique aujourd'hui Ray McGovern, analyste de la CIA \u00e0 la retraite, dans Consortium News, le directeur de la CIA George Tenet est venu au secours de Powell, lui conseillant de baser son discours \u00e0 l'ONU sur une estimation du renseignement national d'octobre 2002 qui, selon McGovern, \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 \u00ab justifier \u00bb une guerre pr\u00e9ventive contre l'Irak, o\u00f9 il n'y avait rien \u00e0 anticiper \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAujourd'hui, 17 ans plus tard, Powell n'a pas peur d'admettre qu'il a dit des choses dans ce discours au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 dont il ne savait pas si elles \u00e9taient vraies ou non. Draper \u00e9crit : \u00ab Il a paraphras\u00e9 une phrase sur les pr\u00e9tendues armes de destruction massive de l'Irak, tir\u00e9e de l'\u00e9valuation des services de renseignement qui avait servi de base \u00e0 son discours aux Nations Unies, dont les responsables des services de renseignement lui ont assur\u00e9 qu'elle \u00e9tait solide comme le roc : \u00ab Nous estimons qu'ils ont 100 \u00e0 500 tonnes d'armes chimiques, toutes produites au cours de l'ann\u00e9e derni\u00e8re. Comment pouvaient-ils savoir cela ? a-t-il dit avec une incr\u00e9dulit\u00e9 caustique. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDraper a retrouv\u00e9 les analystes qui ont \u00e9crit ce m\u00e9mo et il rapporte : \u00ab Il n'y avait absolument aucune preuve que Hussein avait un stock d'armes chimiques. Les analystes de la CIA savaient seulement qu'il en avait d\u00e9j\u00e0 eu un, avant la guerre du Golfe de 1991 \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais comme l'a affirm\u00e9 Scott Ritter dans Consortium News aujourd'hui, Powell savait ce qu'il faisait : il \u00e9tait favorable au changement de r\u00e9gime et avait besoin d'une meilleure justification.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPourquoi n'a-t-il pas d\u00e9missionn\u00e9 ?\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn avril 1980, un pr\u00e9d\u00e9cesseur de Powell au D\u00e9partement d'\u00c9tat, le secr\u00e9taire d'\u00c9tat Cyrus Vance, a d\u00e9missionn\u00e9 en opposition \u00e0 la mission militaire finalement rat\u00e9e du pr\u00e9sident Jimmy Carter pour sauver les otages am\u00e9ricains en Iran. Un seul autre secr\u00e9taire d'\u00c9tat am\u00e9ricain depuis la guerre civile avait d\u00e9missionn\u00e9 publiquement en raison de sa conscience : William Jennings Bryan a quitt\u00e9 le cabinet de Woodrow Wilson en 1915 \u00e0 cause de la politique agressive de Wilson envers l'Allemagne, a rapport\u00e9 le Times le jour du d\u00e9part de Vance.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn pensant \u00e0 Vance, je me suis longtemps demand\u00e9 pourquoi Powell, s'il \u00e9tait si peu convaincu par les preuves, n'avait pas d\u00e9missionn\u00e9 plut\u00f4t que de faire cette pr\u00e9sentation du 5 f\u00e9vrier 2003 au Conseil de s\u00e9curit\u00e9. Combien de vies aurait-il pu sauver dans une situation bien plus grave encore que celle qui a pouss\u00e9 Vance \u00e0 d\u00e9missionner ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPowell aurait pu se servir de la lettre de d\u00e9mission de Vance \u00e0 Carter comme guide : \u00ab Vous ne seriez pas bien servi dans les semaines et les mois \u00e0 venir par un secr\u00e9taire d'\u00c9tat qui ne pourrait pas vous offrir le soutien public dont vous avez besoin sur une question et une d\u00e9cision d'une importance aussi extraordinaire - quelle que soit la fermet\u00e9 de mon soutien qui demeure sur d'autres questions, comme c'est le cas, ou la loyaut\u00e9 que je vous t\u00e9moigne en tant que leader. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196684_1dadb3.jpg\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPowell rencontre Nixon en tant que compagnon de la Maison Blanche en 1973. (Wikimedia Common)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EJ'ai toujours pens\u00e9 que Powell \u00e9tait un militaire dans l'\u00e2me et qu'il n'a pas r\u00e9agi comme un civil au poste diplomatique le plus \u00e9lev\u00e9 de la nation, qui n'est pas un poste militaire. Il n'avait pas \u00e0 ob\u00e9ir au pr\u00e9sident de la m\u00eame fa\u00e7on qu'un militaire \u00e0 un poste militaire est subordonn\u00e9 au contr\u00f4le civil. Mais toute sa vie, Powell a \u00e9t\u00e9 subordonn\u00e9 aux pr\u00e9sidents dans des r\u00f4les vari\u00e9s.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EApr\u00e8s avoir servi le pr\u00e9sident Richard Nixon en 1973 en tant que compagnon de la Maison Blanche, Powell est devenu premier adjoint puis conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale du pr\u00e9sident Ronald Reagan de 1987 \u00e0 1989. Il a quitt\u00e9 ce poste pour devenir le 12\u00e8me pr\u00e9sident du Comit\u00e9 des chefs d'\u00e9tat-major interarm\u00e9es au service des deux pr\u00e9sidents George H.W. Bush (pendant la premi\u00e8re guerre du Golfe) et Bill Clinton, de 1989 \u00e0 1993.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196684_388361.jpg\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ER\u00e9union sur le Golfe Persique entre Reagan et le conseiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale Powell en avril 1988 (Wikimedia Commons)\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl est ensuite devenu secr\u00e9taire d'\u00c9tat du pr\u00e9sident George W. Bush en janvier 2001 jusqu'en janvier 2005, restant en poste pendant pr\u00e8s de deux ann\u00e9es compl\u00e8tes apr\u00e8s la d\u00e9molition de l'Irak.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPowell n'est pas connu pour agir selon sa conscience ou pour contester l'autorit\u00e9. En tant que jeune major de l'arm\u00e9e am\u00e9ricaine servant \u00e0 Saigon, pendant la guerre du Vietnam, Powell a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 enqu\u00eater sur une lettre \u00e9crite par un soldat de conscience qui faisait \u00e9tat d'un massacre perp\u00e9tr\u00e9 par des soldats am\u00e9ricains dans le village de My Lai. Powell a conclu par \u00e9crit que \u00ab Ce portrait est directement r\u00e9fut\u00e9 par le fait que les relations entre les soldats am\u00e9ricains et le peuple vietnamien sont excellentes \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELorsqu'il a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 \u00e0 ce sujet un an apr\u00e8s l'invasion de l'Irak, le 4 mai 2004, par l'interviewer Larry King, Powell a d\u00e9clar\u00e9 \u00ab Je veux dire que j'\u00e9tais dans une unit\u00e9 qui \u00e9tait responsable de My Lai. J'y suis arriv\u00e9 apr\u00e8s l'incident de My Lai. Donc, en temps de guerre, ce genre de choses horribles se produit de temps \u00e0 autre, mais elles sont toujours \u00e0 d\u00e9plorer \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EEt si ?\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EDraper pr\u00e9sente une hypoth\u00e8se tr\u00e8s utile sur ce qui aurait pu se passer si Powell avait d\u00e9missionn\u00e9 plut\u00f4t que d'aller au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab En raison de sa longue port\u00e9e, le discours de l'ONU invite \u00e0 l'une des hypoth\u00e8ses les plus poignantes de la pr\u00e9sidence Bush. Et si cette m\u00eame voix qui a publiquement proclam\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d'envahir l'Irak avait plut\u00f4t dit \u00e0 Bush en priv\u00e9 que ce n'\u00e9tait pas simplement une invitation \u00e0 des cons\u00e9quences involontaires mais une erreur, comme il le pensait personnellement ? Et s'il avait dit non \u00e0 Bush lorsqu'il lui a demand\u00e9 de s'exprimer devant l'ONU ? Powell aurait presque certainement \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de d\u00e9missionner, et beaucoup sinon tous les membres de son personnel de haut niveau impliqu\u00e9s dans la question irakienne auraient \u00e9galement d\u00e9missionn\u00e9 ; plusieurs avaient d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9 de le faire l'\u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dent.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESi les hauts responsables du D\u00e9partement d'\u00c9tat avaient quitt\u00e9 leurs bureaux, qu'aurait fait l'ami proche de Powell [le ministre britannique des affaires \u00e9trang\u00e8res Jack] Straw ? \u00ab Si Powell avait d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9missionner avant la guerre en Irak \u00bb, m'a dit Straw, \u00ab je l'aurais presque certainement fait aussi \u00bb. Le soutien de Blair au sein du parti travailliste se serait effondr\u00e9 - et si Blair avait retir\u00e9 son soutien \u00e0 la guerre sous la pression du Parlement ou s'il n'avait tout simplement pas r\u00e9ussi \u00e0 obtenir un vote d'autorisation, le r\u00e9cit de l'effondrement de l'\u00e9lan aurait domin\u00e9 la couverture m\u00e9diatique pendant des semaines. Les sceptiques dans les rangs sup\u00e9rieurs de l'arm\u00e9e am\u00e9ricaine - il y en avait plusieurs - auraient \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 s'exprimer ; les renseignements auraient \u00e9t\u00e9 r\u00e9examin\u00e9s ; les d\u00e9mocrates, maintenant lib\u00e9r\u00e9s des pressions politiques des \u00e9lections de mi-mandat, auraient tr\u00e8s probablement rejoint le chœur.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECet effet domino n\u00e9cessitait un premier geste du secr\u00e9taire d'\u00c9tat de Bush \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ES'il avait d\u00e9missionn\u00e9 et d\u00e9nonc\u00e9 l'information comme frauduleuse, les m\u00e9dias se seraient-ils retourn\u00e9s contre la guerre ? Cheney lui a dit qu'il \u00e9tait l'homme le plus populaire d'Am\u00e9rique.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa r\u00e9ponse de Powell \u00e0 ce sc\u00e9nario possible a \u00e9t\u00e9 la suivante :\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Mais je savais que je n'avais pas le choix \u00bb, m'a dit Powell. \u00ab Quel choix avais-je ? C'est le pr\u00e9sident. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Je ne suis pas du genre \u00e0 d\u00e9missionner \u00bb, a dit Straw. \u00ab Powell non plus. Et c'est bien l\u00e0 le probl\u00e8me. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab C'est le pr\u00e9sident \u00bb, et il voulait un changement de r\u00e9gime.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est le public en Irak et aux \u00c9tats-Unis qui a besoin de r\u00e9ponses, pas Colin Powell.\u003C\/p\u003E\u003Cblockquote\u003EJoe Lauria est r\u00e9dacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant aux Nations Unies pour le Wall Street Journal, le Boston Globe et de nombreux autres journaux. Il a \u00e9t\u00e9 journaliste d'investigation pour le Sunday Times de Londres et a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re professionnelle en tant que pigiste pour le New York Times. Il est joignable \u00e0 l'adresse joelauria@consortiumnews.com et peut \u00eatre suivi sur Twitter @unjoe.\u003C\/blockquote\u003E\u003Cp\u003ESource : \u003Ca href=\"https:\/\/consortiumnews.com\/2021\/10\/18\/joe-lauria-powell-iraq-how-one-resignation-may-have-stopped-the-disastrous-invasion\"\u003EConsortium News, Joe Lauria\u003C\/a\u003E\u003Cbr \/\u003E\nTraduit par les lecteurs du site Les-Crises\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cimg src=\"http:\/\/newsnet.fr\/img\/newsnet_196684_ee6429.jpg\" \/\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.les-crises.fr\/?p=250504\"\u003Eles-crises.fr\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}