27/01/2024 reseauinternational.net  22 min #241665

Grèce : Les Evzones

par Panagiótis Grigoríou

Qui parmi les visiteurs d'Athènes n'a pas envoyé une carte postale illustrée d'un Evzone, littéralement «celui qui porte bien sa ceinture», ou n'a directement photographié cette légendaire Garde présidentielle hellène, traditionnellement vêtue de son court jupon évasé, la fustanelle et ses godillots à pompon. Figures emblématiques du folklore national grec et en même temps corps d'élite historique, les Evzones sont les épigones attitrés des klephtes, littéralement «les voleurs», ces bandits - partisans de la Guerre d'Indépendance Grecque de 1821 à 1830, libérant le pays du joug l'Empire Ottoman.

Evzones. Unité combattante des Guerres Balkaniques. Macédoine 1913

Il s'agit alors et comme nous le rappelle l'historiographie disponible de «ces éléments para-sociaux grecs qui, à l'époque de la domination ottomane, se réfugient dans la marginalité, se livrent à des activités de brigandages contre les Turcs ou les notables grecs qui leur sont liés. Mi-brigands, mi-combattants de l'indépendance, ils participent à toutes les insurrections contre les Turcs, jouent un rôle important lors de la Guerre d'Indépendance et sont célébrés par la chanson populaire». (1)

La première tentative d'organiser ses hommes en soldats... plus réguliers qui date de 1822, fut celle du chef de guerre Kolokotrónis. Dans un ordre écrit daté du 13 février, il préconise pour la première fois le rapport quotidien sur l'état et le nombre des troupes, établi par les chefs de bandes. Progressivement, le corps des Evzones s'est institutionnalisé et normalisé au sein de l'armée grecque aux côtés des troupes régulières, entraînées à l'occidentale tout au long des dernières décennies du XIXe siècle. (2)

Ainsi, un texte d'époque datant de la Guerre Gréco-turque de 1897, apporte déjà un témoignage sur ces combattants. «Les troupes les mieux entraînées et les mieux disciplinées de l'armée Grecque sont ses neuf bataillons d'Evzones. Ces derniers sont des montagnards ; ils portent encore la pittoresque fustanelle blanche, tandis qu'à la place du képi, ils portent aussi une sorte de fez rouge, orné d'un pompon noir, en soie».

Evzones... authentiques. Montagnards du Pinde. Aux Météores, années 1920

«Tous ces gars sont grands et imposants, leur allure libre et joyeuse lors des longues marches est admirable. Comme ils ignorent ce que la peur veut dire, ils sont toujours placés à la toute première ligne du combat, leur renommée, ils ne l'ont jamais démentie». (3)

L'endurance des Evzones est aussi relatée par leurs camarades des autres unités... qui ne la comprennent pas toujours. Progressivement et à partir des Guerres Balkaniques, au sein de l'Armée grecque, figureront au total cinq Régiments Evzone, créés, entrainés et équipés, alors repartis de manière équilibrée dans les plus grandes unités.

C'est ainsi que le 5/42 Régiment Evzone, était l'une des unités du corps expéditionnaire grec ayant participé aux opérations contre les Bolcheviks en Russie méridionale en 1919. Au cours de cette campagne, le commandant du régiment, Nikólaos Plastíras, a créé le détachement à cheval Evzone. Ses premiers chevaux étaient des cadeaux des alliés Cosaques. Quelques mois plus tard, cette section du 5/42ème Régiment allait s'imposer comme l'un des corps militaires d'élite de l'armée grecque, lors de la campagne d'Asie Mineure.

Evzones. Unité combattante des Guerres Balkaniques. Macédoine 1913

Justement, durant la guerre gréco-turque en Asie mineure, lors de l'éprouvante traversée du désert anatolien en juillet - août 1921, un fantassin exprime son étonnement en ces termes. «Evzones à pied et cavaliers, avancent ensemble. Nous nous demandons comment les Evzones y arrivent» (4). La sémantique des fantassins grecs d'alors, distingue clairement les deux termes, celui du «simple» fantassin, comparé à l'Evzone.

Évoqués souvent côte à côte à travers les écrits de soldats grecs, tous types d'unité confondus, le terme d'Evzone précède toujours celui du fantassin, du soldat de l'infanterie. Cette classification en somme «sacralisée», rappelle la supériorité avérée comme acceptée du combattant Evzone, au sein de l'armée grecque de la période.

Ces hommes, tous ruraux et pour leur grande majorité même montagnards, souvent originaires de la Grèce Centrale et de la Thessalie, se montrent de ce fait mieux aptes à marcher et à grimper plus longtemps et plus vite sur les terrains accidentés des combats, comparés aux hommes issus de la Grèce des plaines et surtout des villes.

Evzones. Unité combattante en Russie Méridionale, Odessa, avril 1919

Lors de la Guerre gréco-turque de 1897, les Evzones servent simultanément et pour la dernière fois au secours de véritables irréguliers, s'agissant de fait de nombreux klephtes issus des montagnes de Thessalie, lesquels organisent ou plutôt improvisent leur propres attaques, le plus souvent en liaison ou en collaboration avec un nombre alors restreint parmi les cadres de l'armée régulière.

De leur passé d'irréguliers, les Evzones ont conservé tout l'attachement à leur chef «paternel», le Kapetánios, leur esprit de corps extrêmement soudé, doublé d'un recrutement au sein de leurs unités à caractère local, voire micro-local, à l'échelle d'un bourg, bien plus marqué que chez les unités d'infanterie. Soulignons que la Grèce à la veille de la Grande Guerre est un pays largement composé de ruraux.

En 1920, 77% de la population grecque est rurale, les mobilisés de la décennie guerrière 1912-1922 sont donc les fils de la campagne. Certaines parmi les différentes divisions grecques qui se battent sur le Front d'Orient avant de débarquer à Smyrne en mai 1919, portent encore des noms géographiques, ce qui renvoi directement à l'origine des appelés. C'est le cas de la Division Crétoise par exemple, ou encore de la Division dite de l'Archipel Égéen. Cet enracinement local est avant tout le fait des grandes unités de la taille du régiment ou du bataillon.

Nikólaos Plastíras à la tête du 5/42ème Régiment Evzone. Asie Mineure, 1921

Les deux régiments d'Evzones les plus célèbres de la période 1912 - 1922, sont ainsi composés d'effectifs de la Grèce Centrale et de Thessalie et leur campement d'origine sont respectivement situés à Lamia, capitale régionale de la Grèce Centrale et à Tríkala, chef-lieu de la Thessalie occidentale sous le massif du Pinde. (5)

Ensuite, à l'échelle du bataillon, on retrouve un enracinement local plus précis, le 3e bataillon par exemple du 5/42 Régiment Evzone est composé essentiellement de combattants originaires des villages de Roúmeli ou Roumélie, de même que plusieurs montagnards du département de Tríkala et de Kardítsa servent également au 1/38 Régiment d'Evzones. (6)

Evzone. Devant la Tombe du Soldat inconnu. Athènes, années 2020

Les sources disponibles indiquent parfois, un enracinement local encore plus marqué au niveau des compagnies, c'est ainsi qu'on retrouve d'une manière sporadique ces soldats issus du même village servant dans les mêmes compagnies, un peu à l'image de l'engagement volontaire britannique lors de la Grande Guerre.

Au combat proprement dit, les Evzones sont portés à pratiquer le corps à corps, à faire un usage alors fréquent de la baïonnette. La brusque modernité matérielle des champs de bataille de ce début du XXe siècle d'ailleurs les déroute, ils ne la comprennent pas, ils ne l'admettent pas. Un texte datant des Guerres Balkaniques de 1913, antérieur donc à la Grande Guerre mais tout à fait contemporain quant aux mentalités des combattants grecs de l'époque, contient en substance tous ces ingrédients de la spécificité Evzone sur le champ de bataille.

«Après la prise de la côte 605 et la danse des Evzones qui l'a suivie immédiatement, le capitaine Velissários réuni son bataillon et à la surprise générale de ses Evzones il s'adresse à eux en ces termes : - Je ne vous aime pas. Vous ne vaudrez rien. Aucun de vous n'a fait quelque chose alors digne d'être mentionné».

Evzones. Unité combattante en Asie Mineure. 1919-22

«Seulement celui-là mérite le baiser et la médaille, et il montre un caporal des mitrailleuses. - Qu'a-t-il fait celui-là, chef, demandent-ils les Evzones, attristés. - Celui-là, lorsque je vous ai crié, - à la charge, il s'est traîné par le ventre jusqu'au mitrailleur Bulgare et il lui a planté la baïonnette dans les tripes. Il nous a ainsi délivrés de cette sale machine qui sème les balles et fauche les corps». (7)

Par ce même «refus» de la brusque modernité des champs de bataille d'il y a un peu plus d'un siècle, «les Evzones alors méprisent les armes à feu. Ils se battent avec les baïonnettes. Poitrine contre poitrine par des pierres. Par des pierres ! Qu'est-ce que cela veut dire une arme ? À la guerre ce n'est pas l'arme qui vainc, mais l'âme», écrit à l'occasion un journaliste reconnu de la période, histoire aussi d'aller un peu dans le même sens que les stéréotypes hérités des évidences du dix-neuvième siècle. (8)

Contrairement donc à la Première Guerre mondiale, où chez les soldats «on ne voyait jamais l'ennemi» (9) le contact entre infanteries adverses en Asie mineure est avant tout physique. Les combats singuliers abondent, les duels à la baïonnette constituent sinon la règle. Dans cette guerre ainsi «physique», infliger si possible la mort par d'autres moyens que les armes réglementaires en dépit des supposées normes, devient même chose courante. Une pratique visiblement, ayant traversé tant de siècles, avant, comme après Thucydide et «sa» Guerre du Péloponnèse, porteuse... alors d'Hybris. (10)

Héros de la Guerre d'Indépendance de 1821. Athènes, Musée de la Guerre, 2021

Le triste sort, fréquemment réservé aux prisonniers et aux blessés démontre fort bien à quel point les limites de la violence au combat disparaissent, ceci au profit d'une brutalité gratuite, pas tout à fait nouvelle en réalité.

Une «guerre de proximité», une bataille cruelle, livrée le plus souvent à l'arme blanche, une guerre donc marquée par le sang, comme le répètent à souhait les protagonistes, lesquels cent ans après la Guerre d'Indépendance grecque de mars 1821 s'inscrivent, du moins en partie, dans sa tradition guerrière.

De ce fait, cette manière de combattre ne manque pas à provoquer déjà un certain malaise chez les Philhellènes, venus d'Europe et d'ailleurs, pour ainsi soutenir les insurgés grecs sur le terrain.

Evzone. Devant la Tombe du Soldat inconnu. Athènes, années 2020

Cependant, ce qui pour certains observateurs de 1821 passe déjà pour de la brutalité et pour de l'atrocité gratuites, semble plutôt relever d'un système composé de pratiques de guerre, relativement cohérent. L'institutionnalisation ottomane de la torture par une multitude de mutilations possibles, avec ou sans mise à mort en temps de paix comme à la guerre d'une part, puis, la tradition d'un banditisme local insurrectionnel, autant politique qu'économique d'autre part, ne peuvent que suggérer ces règles de combat extrêmes, que l'on désigne à l'occasion comme étant irréguliers.

C'est ainsi que lors de la Guerre Gréco-turque de 1919-1922, tout comme effectivement aux yeux de l'historien, les limites entre guerre et guérilla semblent alors fort imprécises, à l'image concordante de la pratique Evzone de la bataille. Car, de la guerre «irrégulière» tout y est ou presque. L'embuscade, l'attaque surprise, les mutilations, la fuite rapide, la vengeance quant alors à l'attitude des soldats quant à l'engagement et de ce fait, de la mort subie ou infligée.

Ce paradigme des Evzones semble en outre avoir adopté sur le terrain, toute la réponse à leur image et leur légende, tant véhiculés à travers les stéréotypes, soit dit en passant, choses déjà vues à peu près à travers toutes les iconographies et littératures populaires à caractère patriotique durant cette époque en Europe, s'agissant de 1900 à 1918 et même bien au-delà.

Gazette du front «Le Pompon» du 5/42 R. Evzone. Asie Mineure, 1921

Et quant aux morts, ils ne sont jamais anonymes chez les Evzones. «Qu'ils se rassurent, ils ne resteront pas aux mains de l'ennemi et on fera tout pour qu'ils soient honorés».

C'est ainsi que trois textes contemporains de la bataille du 15 août 1921 toujours en Asie mineure, écrits par trois combattants du 5/42 Régiment Evzone, font à leur manière l'appel de ceux qui sont tombés dans ce combat, tout en dévoilant au passage la relation unique et légendaire de vrai culte des Evzones envers le chef de leur Régiment, à savoir le colonel Nikólaos Plastíras. (11)

Notons enfin, que cet esprit d'initiative et de camaraderie des unités Evzones déborde largement les seuls champs de bataille. Leurs chefs sont fiers d'incorporer des sportifs connus, jusqu'à former sur le front d'Asie mineure en 1921, une équipe de football partiellement composée des meilleurs joueurs du championnat athénien de l'époque.

Evzone. Garde Présidentielle hellène, Athènes, années 2020

Et bien entendu, dans la... meilleure lignée des pratiques culturelles combattantes de la période, globalement de 1913 à 1923 en Europe, en Asie mineure, les Evzones du 5/42 Régiment, écrivent à leurs «sœurs», à savoir, leurs «marraines de soldat» à l'instar de tant d'autres soldats (12) de la période, tout comme ils vont créer et éditer leur propre Journal, leur propre Gazette des tranchées dénommée [Φούντα - Foúnda] littéralement «le Pompon», qui fut avant tout un journal satirique, dont la... rédaction, ainsi que l'imprimerie, furent durant un moment, basées au nord de la ville d'Afyonkarahisar et ceci, jusqu'au milieu de l'année 1922.

Le «Pompon» paraissait tous les lundis sur huit pages, dans un petit format. Contrairement aux autres journaux de ce type, il est d'abord manuscrit, mais il devient dactylographié à partir de son numéro 10 et il était distribué gratuitement, sans abonnement.

Le contenu du journal comprenait des caricatures, des poèmes satiriques et des nouvelles. La nourriture fait souvent l'objet de satire. «Bonjour mes montagnes que l'on honore - Mes montagnes alors chantées - Vous me nourrissez d'herbes sauvages - Encore et encore chaque jour». Ou sinon pour dénoncer... le régime alimentaire presqu'unique, fait de pâtes, «Mes pâtes adorées - Vous, qui régnez en maitresses - Accordez-nous seulement une grande faveur - Alors, quittez-nous enfin... pour une fois».

Evzones. Unité combattante. Grèce, années 1920

Autre exemple remarquable, le Cinéma-Théâtre du 5/42 Régiment Evzone, où une vraie programmation alterne alors pièces de théâtre et projections. «Après le départ de la troupe d'Argyrópoulos, le cinéma a pris le relais quotidiennement à notre Régiment. Sur l'écran on projette régulièrement les films des meilleurs producteurs. Nous entreprenons le réaménagement de notre théâtre dans l'espoir de voir l'arrivée d'une opérette ou d'un théâtre bien professionnel. Nous aurons donc le bonheur d'assister cette année à du bon théâtre». (13)

De nos jours, les Evzones sont toujours ces soldats d'élite, sauf que leur nom désigne les membres de la Garde présidentielle, une unité d'élite cérémonielle qui garde la tombe du Soldat inconnu sur la place Sýntagma, ainsi que devant le Palais présidentiel à Athènes.

En tant qu'unités combattantes, elles ont pris part à la Guerre Gréco-italienne de 1940-41 et c'était pour la dernière fois. D'ailleurs, leur image a fait comme on dit la «Une» de la presse internationale, après avoir surtout repoussé l'armée de Mussolini en Albanie.

Evzone faisant la «Une» de la presse internationale.
LIFE, décembre 1940

Durant la Guerre Civile grecque des années 1944-49, au sein de l'Armée gouvernementale royaliste laquelle affrontait les forces de l'Armée communistes, une fois encore sur les massifs du pays, les unités Evzones sont déjà remplacées par les premiers bataillons de parachutistes, entrainés de la sorte par les... patrons britanniques.

Entre-temps et durant l'Occupation, les résistants de droite ainsi que ceux de la gauche communiste, ont créé leurs propres unités dites... «d'Evzones», réutilisant même la numérotation des célèbres Régiments d'avant-guerre, histoire de faire usage de leur symbolique venue de si loin dans les affaires grecques. Bien entendu il ne s'agissait que de l'allusif, étant donné que ces combattants étaient des Partisans comme tous les autres.

Encore plus hasardeuse, fut cette mise en place des «bataillons Evzones» que les gouvernements de la Collaboration ont armé depuis Athènes, dans le but de briser la Résistance communiste, laquelle il faut dire, durant les derniers mois de l'Occupation en 1944, organisait davantage la prise de contrôle du pays après le retrait prévisible des forces de la Wehrmacht, plutôt que la lutte armée contre les Allemands.

Evzones. Garde présidentielle hellène, Athènes, années 2020

Ces unités, armées par les Allemands avec... visiblement l'aval des Britanniques... suite aux accords présumés tenus naturellement discrets, voire secrets (14) à l'époque, elles furent surnommées par une bonne partie de Grecs unités de «germano-Tsoliádes» - synonyme populaire du néologisme d'alors... «germano-Evzones».

Evzones. Devant la Tombe du Soldat inconnu. Athènes, années 2020

Leurs hommes, au nombre de douze mille d'après les sources historiques, ont été par la suite incorporés au sein des unités de l'Armée régulière ou même parmi les milices anticommunistes, poursuivant leur... mission et d'ailleurs dans l'urgence, déjà durant la Bataille d'Athènes, au cours de la deuxième phase de la Guerre Civile, entre décembre 1944 et janvier 1945. Il y a eu tout de même près de trente mille morts... entre Grecs, rien que dans la capitale et vers ses faubourgs.

Après-guerre, les Evzones sont ces soldats de la Garde Royale et par la suite présidentielle, une unité d'élite cérémonielle qui garde la tombe du Soldat inconnu sur la place Sýntagma et le Palais présidentiel à Athènes, demeure des rois jusqu'en 1968.

Ils étaient d'ailleurs solennellement placés sur le tarmac de l'aéroport d'Athènes, lors de la visite du président Valéry Giscard d'Estaing en Grèce, du 17 au 21 septembre 1975. C'est en ces termes que la presse parisienne décrivait la scène... Evzones alors compris.

Evzones, visite du président Giscard. Athènes, 17 septembre 1975

«Quand on reçoit un vieil ami on ne cherche pas à l'éblouir par d'ostentatoires démonstrations d'allégresse : les Athéniens ont donc accueilli mercredi 17 septembre avec simplicité le président de la République française. On n'avait pas rassemblé les enfants des écoles armés de l'inévitable petit drapeau, on n'avait pas non plus choisi la meilleure heure, puisqu'à 6 heures du soir les Athéniens sont déjà rentrés chez eux, on n'avait même pas prévu un de ces bains de foule dont se régale M. Giscard d'Estaing. Et c'était mieux ainsi : plus sobre, le rituel y gagnait aussi en spontanéité».

«Lorsqu'arrive à l'heure dite le D.C.-8 présidentiel, il y a tout de même sur la piste de l'aéroport les traditionnels evzones, solides gaillards de 1,90 m - au moins, dont le vent gonfle les tuniques blanches. Mais dans les airs on voit passer pendant l'exécution de la Marseillaise six chasseurs - trois Mirage français, trois Phantom américains - dont le vrombissement couvre pendant un instant les notes de l'hymne national».

Toujours actuellement, les écoliers sont parfois habillés en Evzone lors des fêtes nationales, tandis que nos vieilles photographies d'il y a un siècle, nous rappellent... en différé, les Evzones authentiques, à savoir, les montagnards du Pinde, en habits ainsi traditionnels.

Montagnards du Pinde, en habits traditionnels. Années 1920

Notons que pour ce qui est de l'unité d'élite cérémonielle Evzone moderne, ses uniformes, tous inspirés des costumes traditionnels grecs, sont essentiellement ceux de la Grèce continentale, en plus de l'uniforme crétois, et enfin de celui porté par les Grecs du Pont-Euxin en mer Noire et qui fut adopté bien récemment.

Dans la symbolique par exemple de leur pas, quand ils frappent leurs godasses que l'on appelle les «tsaroúchia», leurs chaussures entièrement fabriquées à la main, c'est alors pour que leur camarades morts et pourtant toujours présents, puissent les entendre pour se rassurer de ce fait, que la tradition, voire la Patrie, demeurent bien vivantes. (15)

Les écoliers... Evzones. Tríkala en Thessalie, années 2020

En tout cas, les Evzones de la patrie actuelle sur la place Sýntagma, tant appréciés des touristes et si aimés des Grecs, ils sont autant surveillés par nos chats «adespotes» des lieux. (16)

Figures... sinon emblématiques du folklore national !

Figures... emblématiques du folklore national. Athènes, années 2020

source :  Greek City

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