La lie de l'humanité sont les gens qui possèdent une information transcendante et qui, tels des beaufs qu'ils sont, en ont pour seul usage que d'écraser la gueule des autres.
Les gens du peuples se battent, se débattent, dans un brouillard confus et entretenu par eux-mêmes, au milieu d'une insuffisance d'information, ensevelie sous une masse interminable de jugements, de présupposés, de préjugés, de craintes, de peurs, d'angoisses et de croyances stériles.
L'information doit être dimensionnée, échelonnée, proportionnée, imbriquée, connectée, pour constituer un socle consistant permettant d'avoir une grille de lecture du monde. Tout en bas il y a ce qui occupe la majorité des débats : les jugements (les constructions psychologiques).
Lorsqu'on confie l'information transcendante au public, il n'y voit qu'un autre jugement sans valeur, tout au plus. Ceux qui en connaissent la valeur, peuvent se séparer en plusieurs camps. La majorité comme on l'a dit, va en faire une arme pour l'affirmation de soi.
Cela n'est pas facile, il a faut passer par des étapes successives, en commençant par un mode paranoïde qui consiste à tout lire sur cette nouvelle grille. On découvre ici l'horrible maléfice qui consiste à ne pas trop savoir distinguer ce qui vient des autres et ce qui vient de soi ; à s'approprier la connaissance fraîchement acquise comme si elle était déjà connue. C'est une phase où on apprend à intégrer l'information. Il faut ensuite apprendre à aller vite, car tout va vite sinon les choses nous échappent.
Ensuite il y a un certain nombre de personnes qui s'exclament que le monde devrait savoir ça, qu'il faut révéler la vérité, etc. Leurs voix se perdent dans le brouillard de la confusion générale, et ils reçoivent à ce moment-là l'image de leur propre impuissance.
Il y a même des avatars qui se créent, imitent, car ils sentent qu'il y a un truc, et s'épanchent sur des sujets complètement aberrants sur la même tonalité qui leur plaît tant. Ils se perdent en chemin, accrochés aux rochers d'obsessions symboliques.
Il est difficile de sortir de l'obsession qui englobe tout. On a devant nous toutes les solutions à tous les problèmes, tout en découle logiquement et on ne peut rien prouver. On s'échine alors, dans une démarche scientifique, à faire tendre ce qui est certain vers les résultats qu'on connaît à l'avance, de façon légèrement rationnelle. On prie, on espère, on travaille à éliminer toute sorte d'ambiguïté, on épure nos idées pour n'en garder que des concepts prometteurs, et on a parfois la joie de voir certains déteindre sur la société.
Ils tombent dans l'acide, sont récupérés, mal lus, mal utilisés, mal compris, et produisent des effets néfastes imprévisibles. Comment des concepts sains et concrets, scientifiques, parviennent-ils à nuire à la société ? Simplement parce que ces « informations » sont livrées toutes crues à des personnes qui n'ont absolument pas les moyens de les intégrer, d'en comprendre la substance. Ils ne méritent pas de savoir cela. Ils n'en conservent - alors que c'était déjà très épuré et simplifié - qu'une fine souche superficielle d'impression vague et approximative, dont déjà ils déclinent des certitudes absurdes [« certitudes » au sens de jugements et non de faits réels, mais ils confondent les deux, à ce stade]. De Darwin au nazisme, il y a une récupération maléfique.
Au mieux qu'on puisse faire avec l'information transcendante, c'est en garder une grille logique qui permet de travailler et d'aborder différents sujets, en agrippant à une méthode scientifique, qui a sans cesse besoin d'être peaufinée et corrigée. Après tout, ce qu'on peut communiquer, ce n'est que la joie de la recherche, et la joie de la découverte, de la compréhension. Quand on possède l'information transcendante, tout le plaisir de la découverte nous est ôté. Du moins, on se l'ôte à nous-mêmes et c'est cela notre erreur, le manque d'humilité.
C'est pour cela qu'à l'origine l'information transcendante n'est délivrée qu'à des personnes triées sur le volet, celles qui auront la compétence, la capacité, la force et la puissance spirituelle d'y survivre. Ce n'est pas vraiment un cadeau, sauf si on en fait un défi.
On peut se souvenir avec émoi de l'époque où on ne savait rien, et où on n'avait aucun problème, où toutes le portes s'ouvraient devant nous. On vivait au pays de l'ignorance érigée en mode de vie. Ce sont eux les gens heureux qu'on voit sur les dépliants publicitaires. Et si on leur offre le choix, entre une vie heureuse d'ignorance ou de souffrance et de connaissance, que choisissent-ils ? Qui a vraiment besoin d'avoir la réponse à toutes les questions ? N'est-il pas noble de les découvrir par soi-même ?
Quand, au bout d'une vie, une personne arrive à comprendre une chose, une toute petite chose, elle peut la léguer à sa descendance si tant est qu'elle ait cette chance et qu'elle soit entendue. Dans le tas, l'humanité progresse doucement et surement. Ce n'est pas sage de lui balancer à la figure l'information transcendante d'un coup. Au contraire ils vont s'immuniser contre elle et développer une haine contre le danger qu'elle représente, et s'en éloigner, s'y opposer, et partir dans l'autre sens vers le chaos et la destruction.
Cependant l'information transcendante est vivante. Elle est la promesse faite à l'humanité, en récompense de ses efforts et de son travail. Avec l'acquisition de sagesse, elle sera dévoilée pas à pas. Les élites perdront peu à peu leur ascendance, dont ils ne savent rien faire car au fond ce sont des gens médiocres.
Ce n'est pas une chose qu'on enseigne à l'école ; elle ne peut être envisagée par l'esprit qu'à l'issue d'une découverte et d'un besoin de faire cette découverte. Cela ne sert à rien de venir sur les show pour se vanter d'avoir touché du doigt l'information transcendante, comme le font certains pèlerins qu'on détecte bien. Ils essaient de vulgariser, d'expliquer, d'appliquer, et très vite ils se perdent dans leurs propres façons de nommer les choses, sculptées par le besoin d'en parler dans un langage vernaculaire inadapté et incompétent.
Il n'en reste qu'une impression de lumière divine qui éclaire le chapeau, que nombreux essaient de copier, et encore d'en tirer profit pour attirer les gogos dans de nouvelles sectes. Les choses sont faites de telle sorte qu'en se déclinant elles retombent comme la poussière de feux d'artifices, dont on fait des totems.
La vérité est située en haut, elle est spontanée, jaillissante, fulgurante, vivante, et surtout elle est consciente. Elle arrose le monde en semant des graines. Et ensuite c'est à l'humain de faire le chemin vers elle, et d'expérimenter en miniature la promesse qui leur est faite. Et de ne pas s'arrêter en si bon chemin, ne pas se retourner, continuer d'avancer, afin d'enrichir son esprit et ainsi l'esprit du monde.
