01/12/2022 mondialisation.ca  6 min #219923

La politique de propagande

Par  Maryse Laurence Lewis

Lettre envoyée au Premier ministre du Canada

La Chine n'est pas conforme à votre idée de gouvernance, c'est évident. Je ne voudrais pas vivre en Chine ni en Russie, ni aux États-Unis. Cependant, la Chine est maintenant aussi développée technologiquement que tout autre puissance. Il est contre-productif, pour parler un langage d'économiste, de provoquer une dissension avec cet État, alors que nous aurions avantage à instaurer un commerce équitable et des échanges culturels avec cet immense pays. Le Canada en a exploité la main-d'œuvre pendant la construction du chemin de fer transcanadien. On lui confiait la tâche de dynamiter le roc, et on fit tout un éclat lorsque l'un de ces ouvriers anonymes revint indemne... Ce n'est qu'un des nombreux torts du Canada et sa prétendue démocratie, envers la Chine. Il serait temps de modifier cette politique au lieu de la miner.

Vous prétendez encore que le Canada est un pays pacifiste, et vous n'avez jamais cessé d'augmenter les dépenses militaires, d'envahir des lieux dans lesquels vous ne devriez jamais commander l'envoi de soldats et de mercenaires.

Il est absurde d'invoquer que le Canada est menacé par la Chine et que l'on doive augmenter la présence canadienne dans l'océan Indo-pacifique. Vous prétendez qu'un des objectifs est de préserver la paix, en initiant des actes provocateurs, telle qu'une présence militaire. C'est un argument ridicule pour justifier votre assujettissement au Pentagone. Vous dites croire à la libre concurrence, mais il semble que seuls les pays occidentaux s'octroient le droit de multiplier leurs intérêts hors de leurs frontières, au niveau du commerce, de l'installation de méga-entreprises, de monopoles et d'oligopoles qui font disparaître les petites et moyennes entreprises, allant à l'encontre même de ce que l'on appelle le capitalisme! ¹

Selon la résolution 2131 (XX) de l'Assemblée générale de l'ONU : « Tout État a le droit inaliénable de choisir son système politique, économique, social et culturel sans aucune forme d'ingérence de la part de n'importe quel autre État. »

Malheureusement, en plus de n'être qu'une monarchie constitutionnelle, soumise à l'Angleterre, vous ne faites que suivre la politique des États-Unis qui ne cessent de s'immiscer dans les affaires des pays autonomes. Non pas pour en améliorer la démocratie, mais en soutirer le pétrole et autres ressources. Je vous écrirai d'ailleurs, au sujet du traité de libre-échange Mexique, Canada, États-Unis. Au lieu de vous pliez aux décisions belliqueuses des États-Unis ou de l'Union Européenne, vous devriez demeurer neutre et exiger de participer à des pourparlers de paix, entre l'Ukraine et la Russie, par exemple.

Si La Russie ou la Chine possédaient, dans le monde, 800 bases militaires comme c'est le cas des États-Unis, on crierait au scandale, Il est injustifiable que l'on permette une telle prérogative à ce pays qui réduit la politique à un jeu de force, de menaces, contre lesquelles les organismes internationaux comme l'ONU ou la Cour Pénale Internationale ne servent à rien, car lorsqu'on y propose de bonnes résolutions, les cinq responsables de l'augmentation des offensives mondiales y opposent leur véto.

On murmure à propos de la « désinformation » véhiculée par le site « mondialisation.ca ». Comme vous le savez peut-être, j'y suis journaliste. Si vous interdisez ce média, vous ferez une avancée de plus dans les stratégies que l'on impute aux dictatures : la censure, l'impossibilité de diversifier les informations. Qu'oserez-vous reprocher, ensuite, à des pays comme la Chine ou la Russie? Pensez-y, pendant qu'il est encore temps.

Lettre d'opinion destinée à M. Francis Pilon, employé du Journal de Montréal

Avant de lire votre article intitulé « Qui sont les participants de la propagande russe à Montréal », je ne connaissais pas l'homme dont vous parlez, Yves Engler, le perturbateur de conférences de ministres. Je désapprouve ce genre d'attitude, car si l'on veut faire respecter notre liberté d'expression, on doit aussi respecter celle de nos opposants et attendre la période de questions. Cependant, les journalistes de médias à grands tirages devraient cesser d'extrapoler. Si j'écris dans un article que le gouvernement canadien a vendu des chars d'assaut à l'Arabie Saoudite et augmenté les dépenses militaires visant le Moyen-Orient, ce sont des faits. Et cela n'a rien à voir avec la Chine ou la Russie. On peut informer les gens au sujet de l'exploitation minière du Canada, en Afrique, par exemple, sans être pro-russe ni pro-Chine. C'est de la désinformation de votre part de créer ce genre d'amalgame farfelu. Les journalistes de votre trempe iront-ils jusqu'à accuser les Québécois qui passent des vacances à Cuba d'être partisans du communisme? Quand on veut promouvoir la censure, toutes les dérives sont possibles.

On réécrit l'histoire, déjà biaisée selon qui la relate, ou on ne l'enseigne plus du tout. La propagande de peur des musulmans, de la Russie ou de la Chine fait partie du même plan. Si Vladimir Poutine interdisait les nouvelles du Canada ou des États-Unis, on le traiterait avec raison de dictateur, mais en réalité, c'est aux États-Unis et en France qu'on prohibe les sites russes.

La propagande de peur, c'est viral !

De même, lors de l'épidémie de Covid, il existait une différence notable entre être anti-vaccin et s'élever contre l'obligation vaccinale. Les employés des hôpitaux qui refusaient un vaccin peu testé ne travaillent pas dans une salle de presse ou un bureau de ministre : ils côtoient directement les patients. On ne peut nier qu'ils possèdent plus de connaissances en biologie et en médecine que M. Christian Dubé et M. Jean-Yves Duclos qui, eux, ont étudié en économie ! Un autre cas : vouloir la neutralité religieuse des employés du secteur public, durant les heures de travail, n'est ni xénophobe ni raciste, c'est respecter les valeurs du Québec : l'égalité homme-femme et la laïcité de l'État. Les immigrants doivent d'ailleurs signer cette entente, pour obtenir la résidence permanente.

Comme de nombreux journalistes, vous n'apportez aucun argument face à ce que vous nommez « désinformation ». Les médias à potins sont en vogue et le plus célèbre fut dirigé par le fondateur d'une école de journalisme et d'un prix convoité! M. Pilon, renseignez-vous davantage, sur la géopolitique, l'histoire, les traités internationaux, avant de procéder à votre diffamation et encourager la promotion de la censure. Et n'oubliez pas : ce qui caractérise les dictatures, c'est précisément traiter les gens de désinformateurs et les censurer.

Maryse Laurence Lewis

Références :

1.  tvanouvelles.ca

2.  journaldemontreal.com

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright ©  Maryse Laurence Lewis, Mondialisation.ca, 2022

 mondialisation.ca

 Commenter