publié le 04/01/2026 Par Mikaël Faujour
« Valeurs de la République », « valeur travail », « valeurs de l'Occident » : le discours obsessionnel de la bourgeoisie sur les « valeurs » bute sur la réalité du monde qu'elle élabore. Cornelius Castoriadis l'avait vu : le capitalisme parasite les significations produites par les sociétés antérieures, mais n'en crée aucune. Sous l'obsession des « valeurs », le nihilisme est en marche.
Les « valeurs » sont un des joujoux favoris de la valetaille médiatico-politique : « valeurs de la République », ânonnent les uns, « valeurs de la civilisation européenne », caquètent les autres. Et puis, il y a la « valeur-travail », bien sûr. Nicolas Sarkozy, grand serviteur pourtant d'une classe d'improductifs, de rentiers et d'assistés d'État, ne déclarait-il pas que « le travail, c'est une valeur essentielle (...), c'est une émancipation » ?
L'obsession est telle que l'un des médias-phares de la droite se nomme d'ailleurs Valeurs actuelles. À l'examen, celles-ci ne sont que des ballons gonflés de néant.
Idiote (1 ne sortent pas de cette langue, y restent à l'intérieur, l'idiot ne sort pas de lui-même. Il reste à l'intérieur de lui-même. Ainsi, l'idiot est dans l'incapacité de sortir de sa propre vision des choses. Il ne peut, ainsi, appréhender le monde extérieur et reste enfermé dans sa propre spécificité. Dès lors, la relation nécessaire entre l'acte de penser, l'adaptation, le changement, ne peuvent se faire. L'idiot est alors immobile, inerte, incapable de s'adapter aux évènements, de les penser et d'agir. Ou il agit en étant déconnecté de ces évènements », « Qu'est-ce que l'idiotie ? », Denis Faïck, philosophe, sur le site Philotude.")), la bourgeoisie - soi-disant « républicaine » ou pseudo-conservatrice - ne réalise pas que les « valeurs » qu'elle agite sont incompatibles avec une économie de marché qui les détruit, et qui cependant lui parait aussi inquestionnable qu'une loi physique fondamentale. Le refrain sur « nos valeurs » n'est qu'un mantra usé, une prière d'idéologues amoureux d'abstractions et indifférents à la réalité. « Liberté », « travail », « démocratie », « courage », « transparence », « socialisme », « réforme » (ad libitum) : il semble que la fonction des médias de masse et de la politique, si homogènes dans leur saumure de lieux communs et leur misère lexicale, soit de vider les mots de leur substance. Et les mots ne manifestent alors rien de plus que le retour du refoulé, tant leurs utilisateurs font le contraire de ce qu'ils prétendent défendre.