
Diffusé sur Arte (2012), ce documentaire de 55 minutes, réalisé par Thierry Delestrade et Sylvie Gilman, explore une voie thérapeutique longtemps marginalisée en Occident: le jeûne.
Ce documentaire apparaît aujourd'hui d'autant plus actuel que les maladies chroniques continuent de progresser, malgré l'explosion de traitements médicamenteux. « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? » n'y est pas présenté comme une solution miracle, mais comme un champ de recherche scientifique sérieux, longtemps marginalisé en Occident. Il invite surtout à rouvrir un débat essentiel: celui de notre rapport au corps, à la maladie, et à la sobriété thérapeutique.
Alors que l'espérance de vie s'accroît dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d'hypertension, d'obésité, de cancers se multiplient; la consommation de médicaments explose. Sommes-nous condamnés à avaler toujours plus de pilules pour vivre vieux?
Et s'il existait une autre voie thérapeutique?
Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne ou aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste: le jeûne. Les résultats sont étonnants.
Les chercheurs soviétiques ont constitué une somme d'études cliniques d'une exceptionnelle richesse seulement publiées en russe, donc inconnues en Occident. De jeunes biologistes de l'université de Los Angeles renversent les idées reçues et démontrent par la biologie moléculaire les puissants effets du jeûne. Ils ouvrent de nombreuses perspectives, y compris dans le traitement du cancer. Si ces scientifiques ont raison, c'est peut-être notre approche de la maladie et du soin qu'il faudra repenser.
Sans céder au sensationnalisme, Le jeûne, une nouvelle thérapie ? pose une question de fond: et si certaines pathologies chroniques relevaient aussi d'un excès d'alimentation, de stimulation, de médication, plutôt que d'un simple déficit à combler?
Le film a le mérite de s'appuyer sur des travaux cliniques et biologiques solides, tout en montrant le retard culturel et institutionnel de l'Occident sur ces pratiques pourtant anciennes. Il invite à repenser le soin non comme une accumulation d'interventions, mais parfois comme un retrait temporaire, un repos métabolique.
Un documentaire précieux pour celles et ceux qui s'interrogent sur les limites du « tout médicament » et sur la possibilité d'une médecine plus sobre, plus préventive, et plus respectueuse des capacités d'autorégulation du corps.