
Par Davy Hoyau
Si on veut ruiner ce monde c'est facile, il suffit de dire exactement ce que les gens veulent entendre, et une fois qu'ils vous ont confié le pouvoir, de les écraser.
Le pouvoir c'est quoi ? Est-ce une berlue à laquelle on aspire pour se réaliser soi-même, et être enfin libre ? Est-ce la capacité à obtenir tout ce qu'on veut, sans limite ? Est-ce de provoquer des chamboulements majeurs en levant juste le petit doigt ? Là où le simple citoyen aura beau brasser la terre de toutes ses forces sans jamais arriver à quoi que ce soit ?
Si le pouvoir était un liquide, alors le confier entre les mains de quelques un en dépossèderait automatiquement les autres.
C'est compréhensible que des personnes qui se jugent elles-mêmes inaptes à exercer un pouvoir aient envie de le déléguer à quelqu'un qui s'en occupe pour elle. De même que les enfant et les vieux, les faibles, ont bien besoin qu'on s'occupe d'eux.
L'intérêt d'une société humaine est justement de se charger de s'occuper de ceux qui ne peuvent le faire pour eux-mêmes, et donc de leur prendre leur pouvoir et de leur octroyer des moyens de subsistance. Voilà pour l'idée générale de ce qu'est le pouvoir.
Mais le pouvoir c'est bien plus, c'est un démon qui sommeille.
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Trump est un malfrat dénué d'humanité.
Il n'agit que pour assouvir ses pulsions. S'il prétend agir pour le bien de sa nation, ce n'est qu'un prétexte pour blanchir ses crimes.
L'empire sioniste a trouvé en lui une bonne poire de l'histoire. Elle ne trouve de sens à son existence que dans la confrontation. Quand elle (la poire) en viendra à s'en retourner contre ses maîtres, ils n'auront qu'à tout lui mettre sur le dos.
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Le fait que le droit international soit bafoué ne doit pas être confondu avec le fait que les membres de l'Onu soient corrompus. Ils sont corrompus par ceux qui le bafouent, et ils bafouent le droit international au prétexte que les membres de l'Onu soient corrompus. Ceux qui refusent la corruption sont ouvertement attaqués. Ceux qui ne sont pas attaqués sont par déduction corrompus. Ils sont rendus complices de leur propre inanité.
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Le pouvoir est l'acte de donner des ordres à des sbires pour qu'ils exécutent les désirs du dictateur. Sans les sbires, point de pouvoir.
Les sbires ne doivent pas réfléchir. Ils doivent être dénués de tout pouvoir, contraints par la force. Ile ne sont pas en mesure d'analyser, ou de prendre un quelconque recul sur ce qu'ils font. Ils n'ont pas à donner leur avis. Ils abandonnent leur âme. Ils n'ont pas à chercher ce qui est illogique.
Ils doivent tuer leurs concitoyens, leurs frères, leurs parents et leurs enfants sur un simple ordre. Ils doivent tuer ce qui les maintient en vie et leur garantit leur subsistance. Ils doivent se sacrifier bien volontiers. En échange, ils obtiennent les honneurs du Pouvoir. C'est à dire rien du tout, un doigt d'honneur.
Quand ils tuent ils se retrouvent devant leur créateur, qui les envoie en enfer. Car on leur dit qu'ils avaient un cerveau et qu'ils n'avaient qu'à s'en servir. Cela aurait suffit à mettre fin à l'horreur.
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Pour qu'il y ait un pouvoir, il faut qu'il y ait une structure du pouvoir. Il faut que que les sbires aient des sbires, pour qu'ils ressentent l'ivresse du pouvoir, sans pourtant n'en avoir aucun. Le pouvoir n'est jamais suffisant et il agit comme une drogue, il en faut toujours plus. C'est pour cela qu'on grimpe les échelons. Quiconque n'aspire pas à grimper les échelons n'est pas un bon sbire. Il doit sentir le poids qui l'écrase plutôt que fuir, en se mettant à réfléchir.
En bas de l'échelle il faut confisquer la pensée, pour que le pouvoir puisse s'étendre encore plus. Ceux qui refusent d'être des sbires doivent au moins en avoir les inconvénients. Ce sont les esclaves.
Lorsque la pensée des esclaves est tournée vers le besoin de manger, ils ne peuvent plus penser. Penser à manger est l'ennemi de la pensée. C'est là qu'on est prêt à se soumettre, et devenir un sbire pour sortir de l'esclavage.
Le sbire est nourri, il ne pense pas à manger, mais sa pensée est déjà accaparée pour savoir comment dominer, afin d'acquérir plus de pouvoir. Et pour cela il n'a qu'une seule option, obéir.
Tout en haut de l'échelle celui qui invente des missions n'obéit qu'à ses pulsions. Ils se raconte des histoires, il vit dans une illusion. Il se fabrique des ennemis, et s'obstine à les écraser pour satisfaire sa soif de pouvoir.
Il n'y a pas d'objectif secondaire, seulement la réalisation de soi, de la seule manière qu'il connaisse. C'est le plus pauvre et le plus triste des humains. Il n'existe qu'en écrasant les autres. Et cela ne lui suffit jamais. Il ne connaît pas de paix. La paix est son ennemie. Il a une haine totale et viscérale pour les porteurs de paix. Il s'applique méticuleusement à détruire toutes les initiatives de paix, en leur tendant des pièges, en l'éreintant, en la confondant, en l'infiltrant pour la trahir, jusqu'à ce qu'elle baisse enfin les bras et s'avoue vaincue.
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La structure du pouvoir, ce sont les gens qui s'y soumettent.
Ils appliquent la loi, disent-ils, et cela leur donne des œillères mentales qui se referment sur eux. C'est une cécité mentale orchestrée.
Ils prétendent obéir à l'Ordre, et se figurent lutter contre le désordre. Ils sont bernés jusqu'au bout.
Il y a une part de vérité dans ce à quoi ils aspirent, mais les armes qu'on leur a données sont le pire moyen d'y arriver.
Du chaos naît la raison. La fonction du pouvoir est de propager et d'accroître le chaos. Et la raison qui en naîtra sera celle de leur rédemption.
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Dans la société, on utilise les gens contre eux.
Premièrement avec l'argent. On leur confisque le moyen de s'aider mutuellement. On interdit de nourrir ceux qui luttent contre la folie du pouvoir. On force les gens à les haïr.
Ensuite avec la parole, on utilise les gens contre eux. On leur fait peur de ce que les autres pensent. On les contraint à se taire au risque de se faire haïr par la plupart.
Le peuple est vécu comme une foule de PNJ, des personnages non-joueurs, qui n'ont rien à dire d'autre que ce qu'on leur met dans la bouche. Ce sont des zombies effrayants qui se précipitent sur ceux qui pensent. Ils le font au nom du Pouvoir, sans le savoir, parce qu'ils sont programmés comme cela.
Du moins c'est comme cela qu'on fait en sorte que les gens se les figurent. Cela les maintient dans la soumission. Ce sont leurs chaînes mentales.
Toute leur vie on leur a asséné que c'était la triste vérité et qu'il fallait s'y faire. Ils sont tous méchants. Jusqu'à ce que cela devienne palpable.
Certains maitres-zombies s'élèvent de la foule et incarnent l'idéal du zombie. Ils disent ce que Zombie pense, comme s'ils le pensaient eux-mêmes. Ils prétendent penser, mieux que ceux qui pensent. Ils jouent un rôle qui leur conviendrait tout-à-fait à celui qui est dénué de conscience, qu'ils pensent être. Ils se font bien voir par le Pouvoir.
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Le seul vrai pouvoir est celui de la créativité. La créativité est tout ce dont le pouvoir est démuni. Lui ne sait qu'utiliser ce qu'il trouve pour le pervertir et s'en servir, jusqu'à le détruire. Tout ce qui est créé peut être consumé par le Pouvoir.
Mais la créativité est sans limite. Alors que le Pouvoir est sacrificiel. Qui gagnera la partie dépend de la masse de créativité, et du temps. C'est pour cela que le pouvoir est toujours pressé.
Pour créer, il faut une qualité fondamentale qui est celle d'intégrer la connaissance pour la faire sienne. Il faut en être le maître. La conscience commence là où la connaissance est intégrée.
Reconnaître un Pattern, c'est de l'innovation dirigée par la connaissance intégrée. Pour innover il faut se déconnecter des attentes du monde et assembler les pièces du puzzle dans sa bulle. Sa bulle doit être à l'abri du bruit. Et pour identifier un Pattern il faut en avoir une expérience structurée. La structure de la connaissance est un Alias d'une grande somme de connaissances. Si la structure s'emboite, alors la vérité est trouvée.
C'est ainsi qu'on sait, grâce au fait d'avoir intégré une connaissance sous une forme de structure, reconnaître une violation quand on en voit une. Savoir nommer les situations. Avoir conscience de ce qui se produit. Être le premier à parler, et à dire ce que les autres vont répéter.
Car dès lors qu'on sait qualifier de façon lumineuse ce qui a lieu, on en devient le maître. Et la structure de pouvoir qui s'accroche à cette réalité confuse pour elle, s'effondre et s'évapore comme par un tour de magie.
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La lutte pour la paix est une lutte pour la vérité, pour la recherche du mot juste, qui transpercera toutes les défenses d'un pouvoir qui ne repose que sur l'ignorance, la confusion, et la cécité mentale qu'il provoque et dont il tire profit.
Ce pouvoir qui est le leur, est celui de ceux qui se taisent.
Et les mots qu'ils briment dénoncent ceux qu'ils ne veulent pas entendre.
C'est facile. Il suffit de prendre ces mots, autodétermination, réciprocité, équité, paix, et de les intégrer au point de les faire siens, d'en ressentir la structure, pour pouvoir en faire usage.
Et voilà le bon endroit où le mot « pouvoir » doit se trouver dans une phrase, pouvoir faire quelque chose. Cela n'a pas besoin d'être imposant, seulement d'avoir du sens.