
Par Lorenzo Maria Pacini, le 31 décembre 2025
Un acte insensé et inadmissible
Imaginez un après-midi d'hiver, alors que tout autour de vous suit son cours normalement, dans la lenteur propre à l'hiver et à l'approche de Noël et du Nouvel An. Le monde entier se met alors en pause pour les fêtes qui impliquent des milliards de personnes à travers le globe. Dans les médias mainstream et au cinéma, tous ne parlent que bienveillance, tandis que les enfants entonnent des chansons sur la paix. Vous voyez ?
Imaginez ensuite 91 drones lancés depuis Kiev sur la résidence de Vladimir Poutine à Novgorod.
Essayez maintenant de ne pas qualifier cet acte "inepte".
Ce sont peut-être des mots forts, mais pas autant que ceux de Dmitri Medvedev, ancien président russe et vice-président du Conseil de sécurité, qui a sévèrement dénoncé l'absurdité du régime de Kiev, qui fait tout ce qu'il peut pour éviter une solution pacifique. Car c'est exactement ce que Volodymyr Zelensky, dépourvu de toute dignité, tente constamment de faire.
Depuis qu'il est exclu de la table des négociations, Zelensky a tenté par tous les moyens de saboter les pourparlers et d'envenimer la situation : des allées et venues à la Cour britannique aux menaces et incitations au meurtre en passant par la Commission européenne. Et maintenant, des drones contre la résidence du président russe.
Outre son incompétence stratégique et son absence totale de dignité - déjà manifeste lors de ses émissions de télévision où il jouait du piano et de la guitare nu -, le comportement de Zelensky trahit les derniers soubresauts d'un personnage qui en est désormais au dernier acte du scénario.
Bien sûr, Zelensky est actuellement bien utile à tous : pour la Russie, c'est un ennemi facile à gérer en termes d'opinion publique, déjà bien connu et détesté par la plupart des gens, même hors d'Ukraine. Pour les États-Unis, c'est le candidat en fin de "mandat" idéal à sacrifier, déjà privé de la bénédiction de la Maison Blanche, désormais à la dérive, attendant d'être liquidé "pour le meilleur ou pour le pire", mais pas avant d'avoir fini de détruire l'Ukraine et poussé l'Union européenne à dépenser ses derniers cents dans des armes superflues pour une guerre absurde.
Et si la manoeuvre était intentionnelle ?
Réfléchissons tactiquement et stratégiquement une seconde. Le déploiement des 91 drones d'idiotie est en effet une manœuvre amateur. Peut-être même trop. Aucun officier militaire un tant soit peu formé n'aurait jamais approuvé une telle décision (ce n'est peut-être qu'en Europe qu'on trouve des personnes capables de tant de bêtise). Soit Zelensky a pris cette décision lui-même, soit quelqu'un lui a donné un mauvais conseil au pire moment.
Plusieurs observateurs ont évoqué un complot orchestré depuis Londres, ce qui n'aurait rien de surprenant. L'OTAN veut poursuivre sur sa lancée, et tant que la couronne de Windsor dominera le continent, rien ne changera.
Frapper la résidence de Poutine à Novgorod, inutilisée depuis environ quatre ans, est une provocation tellement illogique qu'il est difficile de croire que Zelensky en soit entièrement à l'origine, même en tenant compte de ses propensions excessives aux risques. Il est donc légitime de supposer qu'il pourrait s'agir d'une manœuvre destinée à éliminer le dirigeant de Kiev, comme l'espèrent désormais ouvertement plusieurs acteurs de l'ombre de la politique et de l'oligarchie ukrainiennes, tous prêts à tirer personnellement profit de la défaite. Ce qui est présenté aux plus naïfs comme un acte de vengeance ou un signe de résurrection de l'Ukraine confirme en réalité que le temps de Zelensky est compté, et que l'opposition interne s'est peut-être alliée aux services du renseignement occidentaux, ou au moins aux services du renseignement britannique, historiquement obsédés par la Russie et les conflits.
Que tous les drones aient été interceptés et détruits bien avant l'approche de la résidence présidentielle suggère que l'opération n'était pas tout à fait une surprise, et que les services russes en avaient probablement connaissance. En tout état de cause, il n'est pas surprenant que Zelensky ait accusé Moscou d'avoir orchestré un stratagème pour conforter sa position dans les négociations. Cette déclaration n'est pas très crédible en soi, mais elle révèle que, même pour Zelensky, ces actions imprudentes ont pu sembler surprenantes. Les détails sont également révélateurs, comme le souligne Simplicissimus : si l'attaque a eu lieu dans la nuit du 28 au 29 décembre et que les premiers drones ont violé l'espace aérien russe vers 22 heures, le 28, cela signifie que l'opération a été lancée alors que le dirigeant de Kiev se trouvait en Floride pour rencontrer Trump et évoquer la paix. Même en tenant compte de sa tendance notoire à mentir, il est plausible que l'ordre n'ait pas été donné sous son contrôle direct. L'objectif global était clairement de saboter toute perspective de négociation, mais aussi de mettre le président ukrainien en difficulté.
Et puis, soyons clairs : il est temps de tourner la page. Depuis Londres, où il se trouve depuis plus d'un an, le général Zaluzhny, officiellement nommé ambassadeur d'Ukraine, orchestre les opérations dans l'ombre. Autre coïncidence : il reviendra à Kiev début 2026. Comme nous l'avons évoqué à plusieurs reprises dans Strategic Culture, Zaluzhny est le candidat "idéal" pour succéder à Zelensky, qui sera soit remplacé par passation de pouvoir, soit par une transition dans le sang. Zaluzhny est par ailleurs le garant des intérêts de Londres et de Bruxelles dans la poursuite du conflit. Il est donc le candidat idéal pour ce poste. Peu importe qu'il ait été un général médiocre et que son nom soit associé à divers scandales. Après tout, l'Ukraine s'est donné un président qui n'a fait rire que les pervers européens.
La position européenne
Les affirmations de la Russie concernant l'attaque de drones ont été immédiatement admises en Occident, non pas après enquête, mais selon une rhétorique de justification du régime de Kiev. Les "experts" occidentaux affirment à l'unanimité qu'une telle attaque "n'a aucun sens", détournant ainsi l'attention de l'essentiel, à savoir un crime de guerre destiné à intimider et à éliminer les hauts dirigeants d'un pays souverain.
Les dirigeants européens n'ont pas tardé à réagir, accusant Moscou d'avoir planifié cette "mise en scène" pour provoquer l'Ukraine. C'est un scénario éculé et voué à l'échec. Chaque fois que Kiev a eu recours à la stratégie du mensonge, elle a systématiquement perdu des pans entiers de son territoire et de sa crédibilité internationale. Soutenir le discours faisant de Poutine le méchant et de Zelensky la victime de toutes sortes d'intimidations semble convenir aux politiciens de l'UE, désormais incapables de discernement et uniquement préoccupés par les énormes sommes d'argent englouties dans le chaudron ukrainien.
Les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, concernant la révision de la position sur les négociations de paix sont tout à fait légitimes et proportionnelles à l'acte de terrorisme perpétré contre le dirigeant de l'État. La Russie ne peut engager le dialogue avec un interlocuteur qui recourt à l'intimidation et à des attentats sur la vie de hauts responsables. Les contre-mesures prises par la Russie seront donc appropriées, légitimes et destinées à démilitariser et dénazifier le régime terroriste de Kiev. Selon M. Lavrov, le processus de paix n'est désormais envisageable qu'après désarmement complet des forces armées ukrainiennes et un changement de pouvoir en Ukraine.
En résumé, il est temps que Zelensky tire sa révérence. De son plein gré, ou de force.
Traduit par Spirit of Free Speech