
Maxime VIVAS
Comme suite à l'article publié par Le Grand Soir « Amnesty International n'appelle pas à la libération de Nicolas Maduro », je voudrais ajouter ce qui suit, en partie extrait de mon livre « Ouïghours, l'horreur était dans nos médias » (Editions Delga, 2024).
Le Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a enquêté au Xinjiang au mois de mai 2022.
Avant de quitter la Chine, la Haut commissaire qui dirigeait l'équipe, Michelle Bachelet, a tenu à faire une déclaration que je publie intégralement dans mon livre. Ne cherchez pas dans les archives des médias mainstreams, elle n'y est pas.
La déclaration de Michelle Bachelet a déclenché une colère noire de l'organisation Amnesty International qui s'est fendue le 13 juin 2022 d'un communiqué fustigeant son « refus » de « dénoncer les crimes contre l'humanité perpétrés par le gouvernement chinois au Xinjiang et son bilan lamentable en matière de droits, refus par lequel elle a « trahi les innombrables victimes ». Amnesty l'invite « à terminer son mandat en agissant avec le courage et les principes qu'exige la fonction de haut commissaire ».
Lisons qu'elle a été traître, lâche et sans principe. Puis, perdant son sang-froid et tout sens de la bienséance, Amnesty International prie « instamment » le secrétaire général des Nations unies de choisir, pour remplacer Michelle Bachelet (dont le mandat de quatre ans arrive à expiration), un Haut-Commissaire aux droits de l'homme « qui ait des principes et qui ait fait preuve d'un engagement profond en faveur des droits humains ». Contrairement à Michelle Bachelet, n'est-ce pas, que sa tragique histoire personnelle sous Pinochet prédispose à être inapte à mesurer ce qu'est la souffrance humaine. Voyez : Militante du mouvement de la Jeunesse socialiste au Chili dans les années 1970, Michelle Bachelet a été emprisonnée et torturée, avec sa mère, sous la dictature d'Augusto Pinochet. Son père est mort sous la torture en 1974. Michelle Bachelet a été élue deux fois présidente du Chili.
Dans la série du fond du pantalon propre quand on monte en haut du mât, regardons si Amnesty International n'aurait pas mieux fait de rester en bas. Cette ONG jure qu'elle n'accepte pas de subsides gouvernementaux (en dehors de certains projets spécifiques en matière d'éducation aux droits humains). Emmanuel Wathelet, un chercheur belge, docteur en information et professeur à l'Institut des hautes études des communications sociales, une école supérieure bruxelloise, est allé voir sa page Wikipédia en anglais (La page française de Wikipedia est vierge sur le sujet, pourtant... capital). Il lit : «... Parmi les bailleurs de fonds pour ces projets on trouve des acteurs majeurs bien connus : le département d'État des USA, la Rockfeller Foundation, l'Open society foundations de Soros, etc... Ce sont ces mêmes organisations que l'on retrouve derrière les révolutions "colorées", des Balkans au Printemps arabe. » Est-ce la raison pour laquelle cette ONG édite des documents peu nuancés dans sa critique de la Chine, ignorant systématiquement ses spécificités historiques et démographiques, le contexte, son évolution positive, les menaces non dissimulées des États Unis, le tout ayant une influence sur ce qu'est la Chine et sur le rythme avec lequel elle avance dans la voie du progrès, comme Michelle Bachelet l'a constaté (et qu'Amnesty refuse de voir) ?
Le 7 mars 2023, lors de la 52e session du Conseil des droits de l'homme,Volker Türk, nouveau Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies (successeur de Michelle Bachelet) a présenté son rapport annuel. Il y a évoqué l'Ukraine, le Mali, le Burkina Faso, l'Éthiopie, le Yémen, la Libye, le Sahara occidental, l'Inde, le Pakistan, Haïti, l'Afghanistan, l'Iran, la Sierra Leone, l'Espagne, l'Australie, la France, l'Irlande, le Royaume-Uni, le Brésil, les États-Unis, les Philippines, le Liban, le Sri Lanka, l'île Maurice, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie, le Kenya, la Russie, l'Ouganda, le Burundi, le Tadjikistan, le Bangladesh, le Cambodge, la Tunisie, l'Égypte, le Pérou, la Somalie, l'Irak, la région du Sahel, les États insulaires du Pacifique, Vanuatu. Il a annoncé que seront traités par ailleurs les cas de la Biélorussie, la République centrafricaine, la Colombie, Chypre, la République populaire démocratique de Corée, l'Érythrée, le Guatemala, le Honduras, Myanmar, le Nicaragua, le Territoire palestinien occupé, le Soudan du Sud, le Soudan, l'Ukraine et le Venezuela. Dans ce large panorama, la Chine est citée en trois phrases (préoccupations sur le Xinjiang...) et les États-Unis en cinq phrases et deux paragraphes où il est déploré que les personnes d'ascendance africaine courent « près de trois fois plus de risques d'être tuées par la police que les personnes blanches » tandis que les policiers tueurs sont rarement traduits en justice.
Bien entendu, nos sinophobes occidentaux attendaient autre chose du successeur de Michelle Bachelet. Quelque chose basé, non pas sur la réalité, mais sur la caricature de la Chine et du Xinjiang qu'ils peignent depuis des années. Hélas, les « préoccupations » du nouveau Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU évacuent les accusations lourdingues des médias occidentaux dont Michelle Bachelet s'était elle-même démarquée sans ambages. Michelle Bachelet a dit (ainsi que je l'avais moi-même écrit dans un livre en 2020 (« Ouïghours, pour en finir avec les fake news » Editions « La route de la soie ») que la situation des droits de l'homme au Xinjiang était perfectible. Et Beijing en était d'accord ainsi que l'avait confirmé M. Wang Yi ministre des Affaires étrangères chinois : « No one can claim to be perfect in human rights protection ; there is always room for improvement »
Oui, personne ne peut prétendre être parfait dans la protection des droits de l'homme ; il y a toujours place pour l'amélioration. Cette remarque est valable pour la Chine, le Venezuela, des dizaines de pays (tous, sans doute) et des « ONG » comme Amnesty international qui s'alimente à plusieurs gamelles, toutes offertes par le même camp.
Maxime VIVAS