• Lisez-la, relisez-la, relisez-la encore, et pardon d'insister avec tant d'entêtement sur cette citation cent fois répétée : « « Si la destruction devait un jour nous atteindre, nous devrions en être nous-mêmes les premiers et les ultimes artisans. En tant que nation d'hommes libres, nous devons éternellement survivre, ou mourir en nous suicidant. » • Nous sommes en bonne voie, via le Venezuela et éventuellement le Danemark (on varie les climats, suicide assisté par la variété des extrêmes du parcours touristique). • Trump homme idéal, il "fera le job".-------------------------
L'"attaque" contre le Venezuela, - ou plutôt l'arrestation d'une personne recherchée par la police US, - a donc eu lieu, nous sommes remis de nos émotions et nous commençons à absolument n'y rien comprendre. Maduro et sa femme ont été présentés devant le tribunal du District Sud de New York et, non sans une certaine dignité, l'accusé à répondu à la demande de son nom : « Nicolas Maduro..., président de la république bolivarienne du Venezuela. » Personne n'a trouvé à redire, même pas Trump qui, dans ses messages du soir dits 'Social Truth', parle bel et bien du "président Maduro", et ni de l'"ex-président", ni d'un Maduro quelconque. On lui reconnaît donc le titre et la fonction en cours et on fait donc de son arrestation un cas totalement illégitime et illégal.
Pour les accusations, c'est la même chose. La notion de "gang du narco-tradic" a été abandonnée parce qu'elle n'a aucune raison d'être si bien qu'il faut désormais fouillé dans un amas d'arguments aussi vague que l'horizon du Sahara. Sur quelles bases l'"arrestation" a-t-elle alors eu lieu ? Et si Maduro finissait par être acquitté, que se passerait-il ? On le raccompagnerait à Caracas avec les excuses officielles de l'United States Army et de la Central Intelligence Agency ? Et les morts causés par les Américains ? Les bâtiments détruits ? Le Congrès, sous la direction éclairée d'une motion déposée par Lindsay Graham voterait-il un budget spécial pour les indemnisations ? Non non, il faudra bel et bien condamner le couple, pour discrimination négative, ou bien 'discours de haine en espagnol', ou bien avoir fumé dans un endroit prohibé... "Et alors, conclut Mercouris qu'on va citer abondamment, il ne s'agira que d'un 'show-trial'", - expression rappelant fâcheusement les procès staliniens
Ce mépris des lois internationales, ces actions hors de toute légalité, constituent de graves atteintes au système juridique américaniste, le Pays de La Loi (« The Law of the Land", disait Reagan, parlant en 1985 d'une loi du Congrès limitant le déficit budgétaire, qui vécut ce que vivent les roses et les Russes jusqu'à la venue des neocon). On n'en continuera pas moins d'opérer à toute vitesse dans l'hémisphère occidental pour l'agrandir aux alentours nécessaires. Et bien sûr, nous rassure notre ami Mercouris, on ne manque pas d'idées, d'ores et déjà en chantier.
« Si je devais faire une supposition, je dirais que la politique américaine sera effectivement axée sur le Groenland dès les prochains mois. On pourrait presque dire que l'opération au Venezuela ressemble à une déclaration d'indépendance de la part de Donald Trump et de son administration, non seulement face aux contraintes, mais aussi face à l'alliance avec les Européens, avec l'OTAN, pour signifier enfin que les États-Unis feront désormais ce qu'ils veulent et que les Européens n'auront qu'à suivre le mouvement. Je pense donc qu'ils se concentreront sur le Groenland et je pense que l'autre affaire sur laquelle ils ont l'intention de se concentrer est l'Iran. »
Mais, dira-t-on, les Européens, qui ont avalé le suppositoire-Venezuela sans coup frémir, sont là et ils veillent. L'héroïque et habile Donald Tusk, le Polonais globaliste et européiste, et proaméricain malgré tout et jusqu'au bout, a dit qu'au premier flocon de neige enlevé au Danemark par le Trump, l'OTAN disparaîtrait corps et bien. Il accuse les Américains tout en continuant à brûler des cierges pour célébrer la sacralité de leur domination hyperlibérale.
Mercouris n'y croit pas, et nous pas davantage. Les Européens accepteront l'affaire du Groenland, quelque tournure qu'elle prendra, y compris avec les stations de sport d'hiver toute l'année que Trump installera. Une fois de plus, ils accepteront "de se faire mettre", - comme on dit sans en dire plus, - sans trop se plaindre malgré la fatigue et le manque de doigté des Yankees... "L'OTAN, je maintiendrai" nous dit « le dernier homme » (Nietzsche) qui est aujourd'hui le standard européen, avachi, mol et transparent, inexistant, décomposé, sorte de monstrueuse méduse séchée sur le sable envahi du mazout de la marée noire (dernière scène de 'La Dolce Vita'), ridicule par la désintégration de sa conscience et les narrative qu'il se conte à lui-même pour aller faire dodo... Cette ferme volonté (maintenir l'OTAN) est d'autant plus ferme que l'OTAN ne sert à rien, qu'elle est un simulacre d'alliance, et même plutôt une sorte de bobinard où le patron vient de temps en temps faire quelques passes avec les filles de service. Macron en frétille de thunes et Merz cherche à comprendre.
Les psychopathes psychopathologiquent
Bien, revenons à Mercouris qui, ce soir-là ( hier soir) était en bonne forme. On vous assure que c'est du vrai Mercouris-garanti, pas le Mercouris-X inventé par l'IA et qu'on voit muser de-ci de-là mais qui ne trahit nullement l'esprit du bonhomme... Quoi qu'il en soit, voici la tirade :
« Ils [les Ricains] sont tout à fait satisfaits que le gouvernement chavezien reste en place sous la présidence par intérim de Deli Rodriguez "tant qu'elle fait ce qu'ils [les Ricains] veulent" comme dit Trump, promettant de bombarder à nouveau le pays si elle ne le faisait pas. En d'autres termes, il n'y a absolument aucune prétention ici. La soumission à la volonté des États-Unis est la seule variable qui compte. Il s'agit de capture du régime et non de changement de régime, sans autre but que de faire ce que veulent les États-Unis. C'est de l'extraction impériale à l'état pur. Aucune prétention d'apporter quoi que ce soit au pays soumis. Il suffit de se soumettre ou d'être détruit et de nous donner votre richesse. Et jamais auparavant dans toute son histoire les États-Unis n'ont été aussi ouvertement mauvais.» Et d'ailleurs, nous avons eu d'autres commentaires, des commentaires encore plus brutaux sur toute cette opération de la part d'autres responsables de l'administration Trump. Donc il y a une citation fournie par CNN, donnée par Steven Miller, qui est euh... un responsable de l'administration Trump.
» "Vous pouvez parler autant que vous voulez de décence internationale et de tout le reste, mais nous vivons dans un monde, un monde réel, régi par la force et le pouvoir. Ce sont les lois d'airain du monde." Donc, c'est purement et simplement du pouvoir, de l'extraction pure. Pour citer les célèbres mots, "les forts font ce qu'ils veulent et les faibles font ce qu'ils doivent", et la loi et la morale et tout exercice de retenue sont pour les imbéciles et n'ont rien à voir avec ça.
» Comme je l'ai dit, beaucoup trouvent ce discours direct rafraîchissant. Mais je dirais simplement ceci, d'après mon expérience : les gens qui parlent ainsi, qui se comportent ainsi, qui se libèrent de toute contrainte, et qui s'avouent à eux-mêmes et admettent au monde entier qu'ils n'ont aucune contrainte et qu'ils n'ont aucune conscience ni aucun sens moral, eh bien il existe un mot pour les décrire : psychopathes. Et voilà un pays, les États-Unis, dont l'administration actuelle donne une explication psychopathe à ses actes. »
Indispensabilité de l'homme indispansable
Il faut croire que Donald Trump est un personnage sorti du royaume des dieux en mal de plaisanterie, pour accomplir sa mission ultime qui est la liquidation de l'Amérique, du Système et de la modernité, si possible dans un éclat de rire de tragédie-bouffe. Il s'y est employé sans compter depuis 2015. On peut se rappeler sa candidature-surprise pour sauver son émission de TV, - sauvetage raté mais élection gagnée. Entretemps, il avait pris en hargne Hillary, ce qui lui valut d'être recruté par les Russes et emporté dans le ' Russiagate'. Cet agent russe s'avéra également venu au pouvoir pour effectuer le Grand Nettoyage du marigot de 'D.C.-la-folle'. Il fut récupéré de justesse et solidement encadré par une Garde Prétorienne & neocon. Cela ne l'empêcha pas de devenir copain de Kim Il sung et d'être mis en accusation deux fois de suite par les démocrates, on ne sait plus très bien pourquoi sinon qu'il y avait déjà de l'Ukraine dans l'air. Il fut battu aux présidentielles parce qu'entre les deux, il y en avait un qui était meilleur tricheur sachant tricher sans tricher. Il attendit donc, de tribunal en tribunal, son retour de 2024.
Entretemps, - et c'est sans aucun doute là l'essentiel de sa 'Mission Accomplished', - il avait réussi à créer une extraordinaire division des États-Unis, au point où, arrivés au fond de cette calamité, il continuait à creuser. Il avait réussi à faire naître une haine extraordinaire contre lui, balancé par un emportement extatique à son égard de l'autre moitié, entretemps surnommée MAGA. Revenu au pouvoir, il s'est proclamé isolationniste, anti-interventionniste, ami de Poutine et méprisant Zelenski, en même temps qu'il entreprenait une campagne offensive et interventionniste du type 'America First' réduisant à néant toutes les règles, lois et principes des relations internationales qui ont jusqu'ici empêché un avenir meilleur et des lendemains qui chantonnent.
Sans aucun doute, il s'agit du plus grand perturbateur que l'histoire ait jamais connu, - au point qu'on le dirait déconstructurateur, nouveau Derrida, nouveau Deleuze & Compagnie, - au point qu'elle (l'histoire) s'est sacrifiée pour devenir métahistoire et chercher un autre destin hors des avatars terrestres et autres gâteries de la ' French Theory'. Il y a déjà longtemps que nous avons identifié ce phénomène extraordinaire de « La crise est en crise » où apparaît ce besoin de liquidation de l'histoire au profit de la métahistoire directement réalisée.
Nous-mêmes, au sol, attendons des nouvelles de cette quête métaphysique. Trump a parfaitement accompli les derniers préliminaires de la prophétie de Lincoln. Avec lui, le destin de l'Amérique est scellé, plié, cimenté, maçonné et muré, estampillé et entériné. L'Europe-UE peut désormais se préparer à commencer son deuil puisqu'elle est sur le point de perdre son ' daddy ', van der LaHyène de conserve avec le sémillant secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, fils de Izaäk Rutte, marchand florissant de religion réformée hollandaise.
Il faut toujours se rappeler qu'avec Trump vient toujours cette référence irrésistible dans ces temps d'aventures extraterrestres d'une 'America First' plus 'First' que jamais :
« La seconde concerne la situation créée, ou dans tous les cas telle que nous la voyons en train de se créer avec Trump 1.0 devenu Trump 2.0 ; c'est-à-dire, la puissance US, énorme, massive, érodée et usée, arrogante et stupide, lente et épuisée, prétendant à l'empire du monde avec des moyens de plus en plus illusoires, conduite par une sorte de "capitaine-fou", - fou du point de vue politique et stratégique mais tout à fait "normal" du point de vue du spectacle et de la communication... En un sens, on comprend que les USA se trouvent devant un risque considérable d'une aventure militaire risquée, comme celui que nous citons souvent de la possibilité également d'un conflit avec l'Iran, - comme nous le rappelions encore le 31 mars 2017 :» "La perspective apparaît alors, du point de vue de la communication, extrêmement importante et sérieuse, et elle rejoint une possibilité qu'avait évoquée un néo-sécessionniste du Maine, Thomas Naylor, en 2010, à propos de la crise iranienne : 'Il y a trois ou quatre scénarios possibles de l'effondrement de l'empire [les USA]. Une possibilité est une guerre avec l'Iran'..." Après tout, certes, ce serait une bonne manière de régler la "guerre civile" qui fait rage à Washington D.C. »
Mis en ligne le 7 janvier 2026 à 18H50