Madame,
Votre proposions de loi visant à punir ce que vous appelez « les formes renouvelées de l'antisémitisme », m'inquiète non seulement parce qu'il est liberticide, mais parce qu'il est de nature à développer la judéophobie en France.
Ne vous rendez-vous pas compte que votre amalgame permanent entre juifs et Israël, État génocidaire et colonisateur, incite un part croissante de la population à en vouloir aux Juifs ?
Pourquoi tentez-vous de cacher le fait qu'il y a dans le monde, y compris en Israël, de nombreux juifs qui condamnent le régime israélien et sa volonté d'anéantir le peuple Palestinien ?
La pression constante que votre lobby exerce pour empêcher ces opposants juifs de s'exprimer en France, a des conséquences très graves.
Ces opposants israéliens, qu'il s'agisse de journalistes comme Gideon Levy, Jeff Halper, des membres des ONG israéliennes comme B'Tselem, le Comité israélien contre la torture, Médecins israéliens pour les Droits Humains, ou le Comité israélien contre la démolition des maisons palestiniennes, ne se gênent pas pour traiter de fascistes les dirigeants israéliens, pour lutter contre l'apartheid israélien, et faire des comparaisons, non seulement avec l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid, mais aussi avec les méthodes nazies.
L'ancienne ministre israélienne de l'Education, Shulamit Aloni, disait déjà « Il n'y a pas besoin de chambres à Gaz pour perpétrer un génocide ».
Et « génocide » est un mot qu'emploient tous ces opposants juif israéliens pour caractériser le nouveau pas franchi par Israël dans le nettoyage ethnique du peuple palestinien.
Êtes-vous plus royaliste que Netanyahou, Ben Gvir, et Smotrich, pour demander qu'on leur inflige des peines de prison ?
Vous voulez créer un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation de l'État d'Israël. (« Le fait de provoquer directement ou indirectement à la destruction ou à la négation d'un État, ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. »)
Nous serions nombreux -à commencer par moi-même qui suis juive, comme d'autres membres de notre association- à être criminalisés par votre projet de loi, puisque nous demandons, à la place de l'Etat d'Israël raciste et discriminatoire actuel, qui n'accorde des droits qu'à ses citoyens juifs, un seul Etat laïque et démocratique, avec les mêmes droits pour tous, quelle que soit leur religion au absence de religion.

C'est la solution adoptée par l'Afrique du Sud, après un siècle d'Apartheid, et vous ne réussirez pas à nous faire changer d'avis.
Enfin, je n'ai trouvé aucune proposition dans votre projet pour réprimer ceux qui pratiquent l'apologie de crimes de guerre, et de crimes contre l'humanité commis par Israël, et qui sont des fourriers de l'antisémitisme.
Traiter les Palestiniens d' « animaux humains », dire qu' « il n'y a pas de civils palestiniens innocents », et que « même les bébés palestiniens dans le ventre de leur mère doivent être anéantis » ne vous semble pas inciter à la haine des juifs ?
Et le négationnisme de ceux de vos amis qui nient la colonisation israélienne, et même l'existence de territoires palestiniens occupés, comment compte-vous le réprimer ?
Madame Yadan, il apparaît, à lire votre proposition de loi, que vous êtes plus soucieuse des intérêts du régime israélien que du sort des juifs.