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Une carte représentant le Groenland, l'Islande, les îles Féroé et le Danemark visible à l'intérieur du bureau du représentant du Groenland à Copenhague, au Danemark.
Dans le cas où le président américain procéderait à une telle opération, cela pourrait conduire à «la destruction de l'OTAN de l'intérieur», rapporte le Daily Mail, alors que la France appelle les Américains à cesser «le chantage» et que le Danemark durcit le ton face au silence de l'OTAN.
Le président américain Donald Trump a ordonné à ses plus hauts commandants d'élaborer un plan en vue d'une éventuelle invasion du Groenland - une mesure qui mènerait potentiellement à un effondrement total de l'OTAN, a rapporté le Daily Mail le 10 janvier, citant des sources diplomatiques.
Le président des États-Unis tente depuis longtemps de prendre le contrôle du Groenland, territoire autonome sous souveraineté danoise, invoquant des raisons de sécurité et la nécessité de dissuader la Russie et la Chine, sans toutefois exclure une intervention militaire pour s'emparer de l'île. Une posture qui l'a opposé aux membres européens de l'OTAN, qui se sont ralliés au Danemark.
Une action illégale qui n'aura pas le soutien du Congrès
D'après le Daily Mail, Trump aurait donc demandé au Commandement des opérations spéciales interarmées de préparer des plans d'invasion, mais l'état-major interarmées s'y oppose, arguant que cette action serait illégale et ne bénéficierait pas du soutien du Congrès. Une source a confié au journal que de hauts gradés « ont tenté de détourner l'attention de Trump en évoquant des mesures moins controversées », comme une « frappe contre l'Iran ».
Le rapport indique que la tentative de s'emparer du Groenland était menée par plusieurs conseillers de Trump, à l'instar de son conseiller politique Stephen Miller, qui ont été enhardis par la récente attaque américaine contre le Venezuela et souhaitent désormais agir rapidement pour sécuriser l'île.
Le chef de la diplomatie française exhorte les États-Unis à « cesser le chantage »
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé dans un entretien diffusé par plusieurs médias européens le 10 janvier « ne pas croire » à une intervention militaire américaine au Groenland, expliquant que « rien ne saurait le justifier ». Rappelant que le Groenland est « un territoire européen, placé sous la protection de l'OTAN », le chef de la diplomatie française a prévenu que « les Européens disposent de moyens très puissants pour défendre leurs intérêts. Ce chantage doit cesser ».
Silence de l'OTAN
Les menaces de Trump d'annexion du Groenland et le silence de l'OTAN ont soulevé des inquiétudes au sein des gouvernements européens quant à une possible défection de l'alliance dans la défense des droits du Danemark, rapporte le Financial Times ce 11 janvier. Pour l'heure, l'OTAN n'a encore fait aucune déclaration officielle affirmant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Danemark et du Groenland, et encore moins répondu à l'ambition affichée du président américain.
Le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, supposé être proche de Trump, ne s'est pas exprimé sur cette question sécuritaire, alors que les propositions des capitales européennes, dont celle de Paris, pour renforcer l'activité de l'OTAN au Groenland n'ont reçu aucune réponse. Dans ce contexte, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré : « Puisqu'il s'agit clairement de nations toutes alliées de l'OTAN, l'OTAN devrait engager un débat sérieux sur ce sujet [...] afin de réduire, voire d'apaiser, les tensions », ajoutant que « ce débat doit impérativement impliquer l'OTAN », rapporte le Financial Times.
Le Danemark change d'approche
Si Copenhague avait opté pour une approche discrète en 2025 sur la question du Groenland, évitant toute réaction aux déclarations de Trump et de son administration, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, citée par le Financial Times, a déclaré cette semaine que Trump était « sérieux » concernant l'annexion du Groenland et que « si les États-Unis choisissent d'attaquer militairement un autre pays de l'OTAN, tout s'arrête. Y compris notre OTAN », a-t-elle prévenu. Des propos qui seraient influencés par l'irritation croissante de Copenhague face au silence de l'OTAN et qui refléteraient une volonté de s'assurer que l'alliance prenne conscience des enjeux, expliquent des responsables européens impliqués dans les négociations à Bruxelles.