
par Serge van Cutsem
Je vous souhaite à tous une excellente année 2026, même s'il serait illusoire de prétendre que ce sera une année facile ; nous savons tous que ce serait une promesse creuse.
L'époque est rude, confuse et de plus en plus souvent décourageante.
Nous avons perdu les repères civilisationnels, les mots sont détournés ou disparaissent derrière la novlangue, le réel est maquillé, et ce déclin culturel, politique et spirituel ne se cache même plus.
Alors j'ai décidé de vous souhaiter autre chose.
Je vous souhaite la lucidité sans le cynisme, le réalisme sans la résignation et, toujours, la force tranquille mais irréductible de ceux qui voient clair et refusent de se coucher.
Car tout n'est pas perdu tant qu'il reste des femmes et des hommes capables de penser par eux-mêmes, de transmettre, de dire non quand il le faut, et de construire, même modestement selon vos possibilités, des îlots de cohérence et de sociabilité dans un monde qui en manque désormais cruellement.
Résister ne signifie ni hurler ni haïr. Résister, aujourd'hui, c'est rester debout, garder le sens du vrai, du juste, du beau, pérenniser nos cultures et continuer à agir là où c'est encore possible : dans ses choix, ses mots et ses engagements.
Alors, pour cette nouvelle année, je vous souhaite du courage discret, de la clarté intérieure, des alliances sincères et surtout cet optimisme lucide qui ne nie rien mais qui refuse de céder.
L'histoire n'est jamais écrite d'avance ; elle bifurque toujours là où on ne l'attend pas, et quand on ne l'attend plus. Et surtout, n'oubliez jamais que c'est toujours une minorité agissante qui déclenche les révolutions, jamais une majorité résignée.
Alors bonne année, debout, consciente et résolument libre.