Par Mikaël Faujour
Quand un gouvernement impose une réforme rejetée par une majorité de Français, les médias parlent de "réforme courageuse". Quand des millions de personnes descendent dans la rue pour s'y opposer, ils les ramènent à une "grogne", terme qui évoque le grognement de l'animal. Entre ces deux registres, un fossé sémantique révélateur : d'un côté, la politique institutionnelle traitée comme un jeu noble et subtil ; de l'autre, la contestation populaire réduite à une pulsion bruyante, dangereuse, et illégitime.