Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a accusé les États-Unis d'avoir délibérément préparé le terrain pour se retirer du mémorandum d'entente d'Islamabad conclu entre Téhéran et Washington en juin.
S'exprimant lors d'une interview télévisée, samedi 19 septembre, au sujet de l'accord conclu pour mettre fin au cycle de tensions déclenché par l'agression américano-israélienne contre la République islamique d'Iran le 28 février, Esmaïl Baghaï a déclaré que les États-Unis ont rompu cet accord après avoir accusé les forces armées iraniennes d'avoir "pris pour cible trois navires".
Il a toutefois rejeté les allégations selon lesquelles les forces armées iraniennes auraient violé le mémorandum, soutenant qu'il n'existait, en substance, aucun détail vérifié ni aucune preuve concrète allant dans ce sens.
"De sérieux doutes ont été soulevés quant à la véracité des faits allégués et quant à la manière dont ils se seraient déroulés."
Selon le diplomate iranien, ce sont donc en réalité les États-Unis qui, "dans un premier temps, ont déclaré caduc l'accord, rétabli leur blocus maritime [illégal contre l'Iran] et violé tous leurs engagements" au titre du mémorandum.
"Washington avait préparé le terrain à l'avance pour fabriquer un prétexte afin de se retirer d'un accord qui ne servait pas ses intérêts."
M. Baghaï a par ailleurs souligné que même en cas de violation, l'accord prévoyait des mécanismes de consultation et de révision.
Concernant les mesures coercitives des États-Unis, M. Baghaï a déclaré : "Malgré le retrait américain, l'Iran continue d'exiger la levée des sanctions illégales et du blocus imposé par Washington à la République islamique d'Iran".
"L'exigence de l'Iran en faveur de la levée totale des sanctions et de la fin du blocus maritime reste inchangée", a-t-il affirmé.
Le maintien par les États-Unis de ces instruments de pression s'apparente à une agression continue ; "tant que ces conditions ne seront pas remplies, il sera impossible de parler d'une fin de la confrontation ou d'une normalisation de la situation dans la région", a-t-il soutenu.
Visite du ministre pakistanais et accord entre l'Iran et Oman
Plus loin dans ses propos, M. Baghaï a rejeté les spéculations selon lesquelles le ministre pakistanais de l'Intérieur, attendu à Téhéran, serait porteur d'un message ou d'une proposition spécifique de la part des États-Unis, précisant que cette visite s'inscrivait dans le cadre de discussions bilatérales en cours et faisait suite à des consultations antérieures entre Téhéran et Islamabad.
Il a ensuite évoqué l'accord conclu entre l'Iran et Oman concernant la circulation maritime dans le détroit stratégique d'Ormuz.
Les deux pays ont consacré plusieurs semaines à définir les coordonnées d'une voie de navigation commerciale sûre, a-t-il indiqué.
"L'accord conclu entre l'Iran et Oman, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, doit être considéré et respecté par tous les acteurs régionaux et extra-régionaux comme une véritable occasion."
M. Baghaï a ajouté que cet arrangement pourrait servir de base à des mesures plus larges de renforcement de la confiance dans la région.
Les autorités iraniennes ont toutefois conditionné la mise en œuvre de l'accord à la cessation des violations commises par les États-Unis contre le pays.
