🦅 21/09/2026 reseauinternational.net  6min ⁑️ 10 #327369

Cuba : Trump peut-il utiliser une attaque militaire de Cuba pour faire diversion s'il perd les élections de mi-mandat ?

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par Jorge Luis Sierra

L'exercice de la présidence, pour Donald Trump, inclut des manœuvres politiques et militaires pour détourner l'attention du public des conflits internes qui sapent sa popularité. Ceci crée un gros risque pour l'Amérique latine et en particulier pour Cuba et pourtant le Mexique, au cas où les forces politiques que Trump dirige perdraient les élections de mi-mandat et où les électeurs étasuniens partageraient le contrôle du congrès entre démocrates et républicains.

Si le président décide de ne pas reconnaître le résultat des élections, ceci peut provoquer une grave crise interne combinée avec un conflit intense concernant les règles électorales et aggravé par le facteur inflationniste créé par la guerre avec l'Iran. Dans ce scénario, Trump peut attaquer Cuba pour faire diversion (le rideau de fumée ou Wag the Dog).

Plusieurs spécialistes ont signalé que certaines des actions militaires les plus spectaculaires de ce gouvernement comme l'opération militaire destinée à arrêter Nicolas Maduro à Caracas ou le bombardement de petits bateaux qui circulent en mer des Caraïbes avec de soi-disant chargements de drogue destinée au marché étasunien ont coïncidé avec les grandes opérations de la patrouille frontalière, l'ICE, et de la garde nationale, pour exécuter des vagues d'arrestations massives d'émigrés sans papier dans les états démocrates.

La diffusion des courriers électroniques de Jeffrey Epstein, le chef d'entreprise qui s'est soi-disant suicidé en prison pendant son procès pour pédophilie et qui contenaient des informations sur la participation de Trump ont également été suivis d'actions du gouvernement comme la désignation d'Antifa comme une organisation terroriste, la déclaration de guerre culturelle contre le communisme aux États-Unis ou l'annulation des visas aux gouverneurs mexicains soi-disant associés au trafic de drogues.

Depuis le début de 2026, le discours du gouvernement Trump concernant Cuba s'est radicalisé à mesure qu'il affronte des crises intérieures difficiles à résoudre.

Une partie de ces crises a été provoquée, en février 2026, par la surprenante réponse iranienne aux bombardements de son territoire qui s'est traduite par des attaques contre des installations militaires étasuniennes dans diverses régions d'Asie occidentale et par des entraves à la circulation des pétroliers dans le détroit d'Ormuz.

En mai 2026, l'opinion publique étasunienne était profondément divisée après les attaques dans le détroit d'Ormuz, la dénonciation du bombardement d'une école de filles pleine d'enfants et de la destruction d'un drone étasunien.

La tension provoquée par la négociation contre la montre d'un cessez-le-feu de 60 jours pour rouvrir le passage des cargaisons commerciales a créé une nervosité sur les marches du combustible. Dans ce contexte, la dénonciation disant que Cuba, soutenue par la Chine et la Russie, se préparait à attaquer avec des drones la base étasunienne de Guantánamo, a surgi de rien.

La rumeur a été diffusée par plusieurs médias étasuniens et provoqué immédiatement un démenti du gouvernement de La Havane.

De plus, le ministère de la Justice a réuni et déclassifié l'accusation officielle d'un grand jury de Miami contre Raúl Castro, accusé d'avoir conspiré pour assassiner des citoyens étasuniens, de 4 charges d'assassinat et de la destruction d'un avion de l'organisation d'exilés cubains Frères à la Rescousse qui avait envahi l'espace aérien cubain et a été abattu en 1996.

Les déclarations de divers fonctionnaires du gouvernement Trump sur la nécessité d'un changement de régime à La Havane ont eu lieu dans le contexte de la proximité des élections de mi-mandat et de la perte visible de sa popularité.

Ce durcissement du discours de Trump envers l'île obéissant plus à la nécessité interne de maintenir la force du gouvernement devant sa base électorale de Floride qu'à la soi-disant menace que représenterait Cuba pour la sécurité nationale des États-Unis.

La popularité de Trump a commencé à baisser rapidement. À la mi-juillet, les sondages de Gallup situaient l'approbation de Donald Trump à son plus bas niveau pour son second mandat (36%), à cause de la préoccupation des électeurs concernant une inflation persistante, le coût de la vie et l'emploi.

Simultanément, le Congrès a imposé l'adoption d'une loi historique bipartisane sur le logement, qui est entrée en vigueur sans la signature du président, lequel a refusé de l'approuver en signe de protestation afin de faire pression en faveur de sa propre réforme électorale (Save America Act).

Les révélations militaires sur la soi-disant préparation de la Dicision 101, une force spécialisée dans les attaques terrestres rapides et les attaques aériennes à grande échelle pour envahir Cuba ont pris les gros titres par surprise, en en déplaçant la défaite législative de la Maison Blanche.

Ces développements qui indiquent une coïncidence entre les crises domestiques qu'affronte le gouvernement de Trump et les actions militaires des États-Unis à l'étranger constituent aussi un facteur à prendre en compte au cas où les élections législatives donneraient une majorité au parti démocrate à la Chambre des Députés et une augmentation des sénateurs démocrates à la chambre haute.

L'éventuelle crise de gouvernement qui peut se produire à partir du 3 novembre 2026 augmente les possibilités que Cuba soit l'objet d'une manœuvre militaire de diversion politique.

La seule certitude dans ce scénario, c'est que les Forces armées révolutionnaires de Cuba pourraient répondre de façon beaucoup plus agressive que celles du Venezuela quand les forces spéciales des États-Unis sont entrées pour arrêter le président Maduro.

Étant donné la force accumulée par l'armée des États-Unis et la faiblesse technologique de l'armée cubaine, il est possible qu'une action militaire des États-Unis soit un succès mais son coût sera beaucoup plus élevé que celui de son opération au Venezuela.

Il y a quelques jours, la rumeur a couru sur les réseaux sociaux que Raúl Castro était mort.

Bien que cette rumeur ait été immédiatement démentie et considéré comme une action de désinformation, le simple fait qu'elle ait été diffusée pourrait être considéré comme un indice du fiât que la nouvelle aventure militaire des États-Unis pourrait avoir pour objectif d'emplir les premières pages avec l'arrestation de l'un des dirigeants de la Révolution cubaine à un moment où les États-Unis vivent l'une des plus grosses crises politiques de leur histoire.

L'électeur étasunien puisse-t-il aller aux urnes et que son vote soit respecté. Rien ne pourrait être aussi nuisible que la non-reconnaissance de ce vote et l'aggravation de la cris intérieure suivie d'une autre crise au niveau international.

source :  Resumen Latinoamericano via  Bolivar Infos

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