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Trump et Netanyahu sur le pied de guerre et les Houthis pilonnent Riyad

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Par  Mike Whitney, le 20 septembre 2026

Samedi, les Houthis ont lancé des missiles balistiques sur des cibles en Arabie saoudite, incendiant un dépôt de carburant et provoquant la fermeture de l'aéroport international du roi Khalid à Riyad. L'agence saoudienne de défense civile a émis des alertes d'urgence concernant une "menace aérienne hostile" après que des habitants et des journalistes ont signalé avoir entendu des explosions dans la région. Selon la BBC :

"Des alertes aériennes ont retenti dans la capitale pour la première fois depuis que les Houthis ont intensifié leurs attaques contre l'Arabie saoudite en juillet, avec le soutien de l'Iran... une colonne de fumée noire a été aperçue s'élevant des réservoirs de carburant situés près de l'aéroport international de la capitale saoudienne, où les vols ont été temporairement perturbés samedi.

"Dans un communiqué publié en ligne, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya al-Sarea, a déclaré qu'un 'grand nombre de missiles balistiques et de croisière, ainsi que de drones' ont été utilisés pour attaquer des 'sites sensibles' à Riyad et les installations de la compagnie pétrolière et gazière d'État Aramco à Yanbu, sur la côte...

"Vendredi, le géant de la banque d'investissement JP Morgan a déclaré rencontrer des difficultés à prévoir l'impact de la guerre sur les cours du pétrole, indiquant aux investisseurs dans une note inhabituelle : 'Nous ne savons tout simplement pas comment anticiper l'issue de ce conflit'". -  BBC

Les dirigeants saoudiens ont exprimé leur inquiétude croissante quant au risque d'escalade de leur conflit de longue date avec le Yémen, maintenant que les Houthis ont renforcé leurs capacités en matière de missiles balistiques et de drones. L'incident actuel marque la première attaque des Houthis sur la capitale saoudienne, signe que la guerre est entrée dans une nouvelle phase dangereuse d'hostilités intensifiées.

Il ne fait aucun doute que les Houthis ont été enhardis par le succès de leur offensive le long de la côte de la mer Rouge, où ils ont mis en déroute les forces saoudiennes lors d'un blitz surprise qui leur a permis de s'emparer de la ville portuaire stratégique de Mocha, sur la mer Rouge, leur garantissant ainsi le contrôle de l'ensemble du littoral occidental du Yémen. L'opération a été couronnée par la prise de l'île de Perim, un avant-poste crucial situé près du détroit de Bab al-Mandab, porte stratégique de la mer Rouge. Depuis leur nouvelle position dominante, les Houthis seront mieux à même

"de menacer ou intercepter le trafic maritime et de mener des attaques transfrontalières contre l'Arabie saoudite avec plus d'efficacité... Cette victoire accroît encore leur rôle dans le conflit régional plus large impliquant l'Iran, leur conférant une plus grande valeur stratégique aux yeux de Téhéran et une marge de manœuvre supplémentaire pour intensifier la pression sur l'Arabie saoudite et le trafic maritime en mer Rouge".

En bref, l'impressionnante victoire des Houthis le long de la côte ouest a renforcé leur confiance et considérablement accru leur détermination à intensifier le conflit. Il faut donc s'attendre à davantage d'attaques contre Riyad et les infrastructures énergétiques vitales de l'Arabie saoudite dans les jours et les semaines à venir.

Vendredi, la chaîne iranienne Press TV a publié un excellent article soulignant l'extrême vulnérabilité des infrastructures saoudiennes et la façon dont les Houthis pourraient exploiter cette faiblesse. L'article, intitulé  "Dans les coulisses de la liste des cibles yéménites : pourquoi les infrastructures critiques de l'Arabie saoudite sont assises sur une poudrière", est signé Ivan Kesic. En voici un extrait assez long :

"Alors que l'Arabie saoudite persiste dans son agression militaire non provoquée contre les infrastructures civiles yéménites, les forces armées yéménites et le mouvement de résistance Ansarullah ont dressé une liste exhaustive de cibles parmi les infrastructures critiques saoudiennes, allant des installations de traitement du pétrole et des terminaux d'exportation aux usines de désalinisation et aux hubs aériens... La riposte yéménite a déjà débuté avec des frappes de missiles balistiques et de drones sur les installations de Saudi Aramco à Jizan et Yanbu, démontrant une fois de plus, par des impacts précis et directs, la portée et la précision des capacités militaires yéménites.

"Le blocus maritime déclaré contre la navigation saoudienne dans le détroit de Bab el-Mandeb, coordonné avec la fermeture actuelle du détroit d'Ormuz aux navires américains et alliés, représente une stratégie à double objectif capable de couper simultanément deux des artères énergétiques les plus cruciales au monde. Cette réalité stratégique impose un examen de la liste de cibles dont dispose le Yémen, un catalogue d'infrastructures saoudiennes dont la perturbation pourrait imposer des coûts inacceptables à Riyad.

"La Province orientale, cœur énergétique du pays

"Le fondement de la puissance économique et militaire de l'Arabie saoudite tient à la Province orientale, où le réseau d'infrastructures d'hydrocarbures le plus dense au monde s'est développé au fil des décennies. Le gisement pétrolier de Ghawar, qui s'étend sur environ 250 kilomètres du nord au sud, est le plus grand gisement de pétrole conventionnel jamais découvert et fournit une part substantielle de la production saoudienne de brut depuis son exploitation.

"Les gisements voisins, notamment ceux de Khurais, Shaybah, Safaniyah, Manifa, Zuluf, Marjan, Abu Safah et Berri, produisent quotidiennement des millions de barils de pétrole brut, constituant ainsi le poumon de l'économie saoudienne et la principale source de revenus finançant l'agression militaire contre le Yémen.

"Le complexe de traitement d'Abqaiq occupe une place exceptionnelle au sein de ce réseau, fonctionnant comme l'un des plus grands centres mondiaux de stabilisation et de traitement du pétrole brut, par lequel transite une grande partie du brut saoudien avant d'atteindre les terminaux d'exportation ou les raffineries.

"Cette installation élimine les gaz volatils, ajuste la pression et prépare le brut pour qu'il réponde aux spécifications commerciales, constituant ainsi un goulot d'étranglement stratégique au sein du système pétrolier mondial.

"L'attaque de 2019 contre Abqaiq et la ville voisine de Khurais a temporairement perturbé la production d'environ 5,7 millions de barils par jour, soit environ 5 % de l'approvisionnement mondial en pétrole, démontrant ainsi la vulnérabilité de cette infrastructure concentrée...

"Le complexe de traitement de Khurais constitue un autre élément majeur de ce réseau, capable de produire bien plus d'un million de barils de pétrole brut par jour grâce à des installations modernes comprenant des usines de séparation gaz-pétrole, des stations de pompage et des réservoirs de stockage. Ces centres de traitement, ainsi que les installations de traitement de gaz d'Hawiyah, Haradh, Uthmaniyah, Shedgum et Wasit - qui séparent les liquides de gaz naturel et distribuent le gaz traité aux centrales électriques et aux industries pétrochimiques -, constituent des maillons essentiels dont la destruction aurait des répercussions sur l'ensemble du système énergétique saoudien.

"La concentration de ces actifs dans la Province de l'Est est à la fois source d'efficacité et de vulnérabilité.

"La planification moderne des infrastructures a mis l'accent sur la redondance et la reprise rapide, mais la proximité géographique de ces installations signifie que des frappes coordonnées pourraient potentiellement perturber simultanément plusieurs nœuds, submergeant les capacités de réaction et provoquant des défaillances en cascade dans l'ensemble du réseau énergétique intégré...

"Terminaux d'exportation et infrastructures maritimes

"La capacité de l'Arabie saoudite à exporter ses richesses pétrolières dépend d'un réseau de terminaux maritimes qui constituent des cibles lucratives en cas de représailles.

"Le terminal de Ras Tanura, sur la côte du golfe Persique, figure toujours parmi les plus grandes installations d'exportation de pétrole au monde. Il dispose d'immenses complexes de stockage, de multiples postes d'embarquement offshore, de stations de pompage et de terminaux maritimes permettant aux superpétroliers de charger des millions de barils destinés à l'Asie, l'Europe et l'Amérique du Nord.

"Les terminaux voisins de Juaymah et de Ras al-Khair, ainsi que les ports industriels autour de Jubail, renforcent encore la capacité d'exportation, tandis que le port du roi Abdulaziz à Dammam relie la Province de l'Est aux marchés mondiaux grâce à des installations spécialisées destinées aux exportations de matières premières en vrac et de produits pétrochimiques.

"Afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du détroit d'Ormuz, l'Arabie saoudite a massivement investi dans les infrastructures d'exportation de l'ouest du pays, notamment l'oléoduc Est-Ouest qui transporte du pétrole brut sur environ 1 200 kilomètres à travers la péninsule arabique, de la Province de l'Est jusqu'au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Cet oléoduc stratégique offre une voie d'exportation alternative au cas où le trafic maritime passant par le détroit d'Ormuz serait perturbé.

"Cependant, l'oléoduc lui-même constitue une cible linéaire vulnérable dont la perturbation risque de paralyser la capacité d'exportation occidentale du royaume, tandis que le terminal de Yanbu et les raffineries, complexes pétrochimiques, ports industriels et usines de dessalement qui y sont associés constituent des cibles concentrées dont la destruction aurait des effets en cascade tant sur les exportations saoudiennes que sur l'approvisionnement national...

"Infrastructures côtières de la mer Rouge et du golfe Persique

"Le littoral étendu de l'Arabie saoudite, tant le long de la mer Rouge que du golfe Persique, abrite une concentration remarquable d'infrastructures critiques que les forces yéménites sont en mesure de menacer. La côte de la mer Rouge, qui s'étend de la frontière jordanienne au Yémen, comprend les grands ports de Djeddah, Yanbu et Jazan, ainsi que les villes industrielles de Yanbu et Rabigh.

"Ces installations soutiennent non seulement les exportations d'énergie, mais aussi l'importation de biens essentiels, la logistique militaire et l'infrastructure liée aux pèlerinages religieux qui attire chaque année des millions de visiteurs et génère des recettes considérables pour le royaume... La concentration côtière des infrastructures implique qu'un nombre relativement limité de frappes pourrait produire des effets disproportionnés en ciblant les points névralgiques par lesquels circule le courant vital de l'économie saoudienne...

"Les infrastructures aériennes comme cibles stratégiques

"Les principaux aéroports internationaux d'Arabie saoudite, notamment l'aéroport international du roi Abdulaziz à Djeddah, l'aéroport international du roi Khalid à Riyad, l'aéroport international du roi Fahd à Dammam et l'aéroport du prince Mohammad bin Abdulaziz à Médine, servent non seulement de plaques tournantes du transport civil, mais aussi de lieux stratégiques pour la logistique militaire, le transfert de troupes et le soutien à l'agression contre le Yémen.

"La paralysie de ces aéroports compliquerait les opérations militaires saoudiennes, retarderait le déploiement des forces et des équipements, et imposerait des coûts importants à la capacité de Riyad à poursuivre son agression... Cibler ces bases affaiblirait directement les capacités offensives saoudiennes tout en envoyant un message clair : le coût de l'agression sera supporté sur le territoire saoudien....

"Infrastructures hydriques et électriques

"La dépendance de l'Arabie saoudite vis-à-vis de la désalinisation de l'eau de mer pour son approvisionnement en eau à usage municipal, industriel et agricole constitue une vulnérabilité critique que les forces yéménites peuvent éventuellement exploiter.

"Des installations de désalinisation gigantesques situées le long des côtes du golfe Persique et de la mer Rouge, notamment à Jubail, Shuaibah, Shuqaiq, Ras al-Khair, Yanbu et Djeddah, produisent quotidiennement des millions de mètres cubes d'eau douce pour alimenter les grands centres urbains et soutenir le développement industriel.

"La destruction ou la perturbation d'une seule grande usine de désalinisation suffirait à provoquer une crise humanitaire touchant des millions de citoyens et de résidents saoudiens.

"Le réseau électrique national, exploité principalement par la Saudi Electricity Company, comprend des milliers de kilomètres de lignes de transport à haute tension, de grands postes de transformateurs, des centrales électriques au gaz et une part croissante de projets d'énergie renouvelable.

"La dépendance du réseau vis-à-vis du gaz naturel provenant d'installations de traitement elles-mêmes vulnérables aux attaques crée une chaîne de dépendances susceptible d'être exploitée par des frappes coordonnées. La perturbation de l'approvisionnement en électricité affecterait non seulement la vie civile, mais aussi le fonctionnement des installations de traitement du pétrole, des usines de désalinisation, des aéroports et des installations militaires, provoquant des défaillances en cascade dans l'ensemble de l'économie....

"Villes industrielles et projets de diversification économique

"La transformation économique prévue par la 'Vision 2030' de l'Arabie saoudite a donné naissance à de nouvelles infrastructures dont la perturbation aurait une portée à la fois économique et symbolique. La ville industrielle de Jubail, située sur la côte du golfe Persique, est désormais l'un des plus grands centres de production pétrochimique au monde, abritant des installations exploitées par Saudi Aramco, SABIC et de nombreux partenaires internationaux.

"Les produits qui y sont fabriqués comprennent plastiques, fertilisants, produits chimiques industriels, acier, polymères et matières premières pétrochimiques spécialisées destinées aux marchés du monde entier. La ville industrielle de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge, abrite d'importantes raffineries, des complexes pétrochimiques, des installations liées au GNL et des industries manufacturières... Prendre ces installations pour cible démontrerait que les plans de développement ambitieux du gouvernement saoudien ne peuvent être préservés des conséquences de son agression militaire...

"Oléoducs et réseau logistique interne

"L'oléoduc Est-Ouest, qui achemine le pétrole brut de la Province de l'Est vers Yanbu, constitue un atout particulièrement stratégique dont la destruction contraindrait à réacheminer les exportations via le détroit d'Ormuz, particulièrement vulnérable. Les oléoducs régionaux reliant l'Arabie saoudite à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et à d'autres États du golfe Persique offrent des voies supplémentaires pour les exportations d'énergie et l'approvisionnement national, représentant ainsi des cibles alternatives dont la perturbation affecterait la sécurité régionale dans son ensemble.

"Le réseau ferroviaire, comprenant la ligne Nord-Sud et la ligne à grande vitesse Haramain, assure le transport des marchandises, des passagers et du matériel militaire à travers le royaume. La perturbation du transport ferroviaire compliquerait le déploiement des forces et du matériel tout en imposant des coûts à l'économie civile.

"Le réseau routier, bien que vaste et redondant, comprend des ponts, des tunnels et d'autres points névralgiques dont la destruction pourrait perturber le mouvement des approvisionnements et du personnel militaires. Le réseau logistique interne qui soutient l'agression militaire de l'Arabie saoudite contre le Yémen comprend des entrepôts d'approvisionnement, des installations de stockage de munitions et des centres de maintenance répartis dans tout le royaume. Le ciblage de ces installations affaiblirait la capacité de l'Arabie saoudite à poursuivre ses opérations offensives tout en imposant des coûts directs à sa capacité de combat.

"Les forces armées yéménites ont déjà démontré leur capacité à identifier et à frapper de telles cibles lors de leurs attaques contre les installations d'Aramco et l'aéroport international d'Abha, suggérant l'existence d'une base de données complète de cibles qui ne cessera de s'étoffer tant que l'agression se poursuivra...

"Implications stratégiques de la base de données de cibles du Yémen

"La base de données exhaustive de cibles que le Yémen a constituée représente un moyen de dissuasion stratégique dont la crédibilité est renforcée par la capacité démontrée à frapper avec précision des cibles sensibles. Le blocus maritime imposé à la navigation saoudienne au détroit de Bab el-Mandeb, coordonné avec le contrôle iranien du détroit d'Ormuz, constitue une stratégie à deux niveaux qui pourrait efficacement couper simultanément les exportations énergétiques et les importations essentielles de l'Arabie saoudite...

"Le mouvement Ansarullah a proclamé une politique de 'blocus contre blocus', opposant aux restrictions et à la pression militaire imposées au Yémen des mesures équivalentes contre l'Arabie saoudite. Le ministère iranien des Affaires étrangères a exprimé son soutien à ce positionnement, appelant à la mise en œuvre intégrale de la feuille de route parrainée par l'ONU et à la fin du blocus et de l'agression qui ont causé tant de souffrances au peuple yéménite.

"Les conséquences économiques des représailles du Yémen seront dévastatrices pour l'Arabie saoudite et l'économie mondiale. La fermeture de Bab el-Mandeb fera grimper les prix du pétrole à 200 dollars le baril, déclenchant des poussées inflationnistes à l'échelle mondiale et poussant potentiellement les économies vulnérables vers la récession. La fermeture simultanée de Bab el-Mandeb et du détroit d'Ormuz coupera deux des artères énergétiques les plus cruciales au monde, provoquant une crise mondiale des transports aux proportions catastrophiques.

"Ce sont les Saoudiens qui porteront le gros du fardeau de ces répercussions, car leur économie, qui dépend des exportations, serait paralysée par leur incapacité à fournir du pétrole ou à importer des biens essentiels.....

"Selon les observateurs, Riyad semble croire que sa supériorité militaire peut venir à bout de la résistance yéménite, mais le bilan historique de la dernière décennie démontre bien la vanité de cette approche.

"Les forces armées yéménites ont fait preuve d'une résilience remarquable, adaptant leurs tactiques et développant leurs capacités pour faire face à une menace en constante évolution.

"La liste de cibles établie par les Houthis représente une réalité stratégique que les Saoudiens ignorent à leurs risques et périls.  "Dans les coulisses de la liste de cibles du Yémen : pourquoi les infrastructures critiques de l'Arabie saoudite se trouvent sur une poudrière", - Press TV

L'article de Kesic ressemble moins à un commentaire politique qu'à un plan stratégique visant l'anéantissement total de l'Arabie saoudite. Néanmoins, compte tenu des succès territoriaux d'Ansarullah ces dernières semaines (associés à ses attaques contre la capitale), on peut supposer que le plan directeur des Houthis correspond assez étroitement aux sites figurant dans la "liste de cibles" de Kesic. La question est la suivante : comment l'Arabie saoudite peut-elle espérer résister à cet assaut dévastateur et soutenu contre ses infrastructures critiques ? La milice mercenaire de Riyad s'est déjà montrée incapable de résister aux tirs, et Trump a déjà abandonné ses alliés saoudiens d'un simple revers de main. Comment vont-ils donc échapper à cette "mort à petit feu", ces attaques calculées et de précision contre leurs installations pétrolières et gazières, leurs oléoducs, leurs usines de dessalement, leurs villes industrielles, leurs centres de données et leurs pôles technologiques, leur réseau électrique et leurs hubs de transport ?

On voit mal comment l'Arabie saoudite pourrait sortir victorieuse de cette confrontation. On voit mal comment elle pourrait faire mieux que les États-Unis et Israël dans leur guerre malavisée contre un Iran pratiquement imprenable. Toute personne dotée d'un minimum d'intelligence comprend qu'il n'existe pas de "solution miracle", ni d'arme magique capable de surmonter le déséquilibre actuel des forces. Les Houthis prennent clairement les commandes, et seule une invasion terrestre massive pourrait changer la donne. Or, le fait est que Trump ne va pas se lancer dans une invasion terrestre. Alors, comment les choses vont-elles tourner ?

Mal, j'en ai bien peur, car début septembre, les États-Unis ont organisé une réunion secrète en Allemagne à laquelle ont participé des hauts responsables militaires américains ainsi que des ministres d'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, de Jordanie, d'Égypte et d'Israël. La réunion aurait porté sur la guerre en cours contre l'Iran et sur "le dispositif militaire américain au Moyen-Orient dans le détroit d'Ormuz". Apparemment, "le chef d'état-major de l'armée israélienne (IDF) a également présenté au groupe un compte rendu des opérations israéliennes".

Alors, pourquoi Trump organise-t-il des réunions secrètes, "à huis clos", avec des chefs militaires américains, des alliés du Golfe et le chef d'état-major de l'armée israélienne (IDF) ?

Si ce n'est pas un signal d'alarme, qu'est-ce que c'est ?

Et n'oubliez pas que cette réunion a été programmée pour entrer en conflit avec la conférence iranienne sur la sécurité régionale, qui a été reportée en raison d'une fausse demande de report de dernière minute de la part de l'Arabie saoudite. (Cette réunion était censée traiter des

"questions de sécurité régionale, en particulier les dispositions relatives aux voies maritimes et au trafic maritime dans le détroit d'Ormuz".

Comment se fait-il que les Saoudiens puissent envoyer des ministres à la réunion américaine, mais pas à la réunion iranienne ?

Serait-ce parce que l'équipe de Trump a délibérément voulu saboter la réunion iranienne pour que ses alliés ne s'engagent pas dans des accords de sécurité régionale avec leur rival de toujours, l'Iran ? Serait-ce parce que Trump veut faire capoter les accords de sécurité imminents jusqu'à ce que les États-Unis et Israël lancent une dernière grande offensive pour renverser le régime de Téhéran et reprendre le contrôle du détroit ?

Serait-ce la raison pour laquelle Trump a déclaré jeudi à Axios qu'il aborde un tournant décisif dans la guerre contre l'Iran, à savoir reprendre les attaques de grande envergure pour tenter de mettre fin au conflit ?

"Je dois prendre une décision importante. Dois-je intervenir et les anéantir, ou pas ? C'est une décision majeure. Tout peut arriver avec moi".

Serait-ce pour cette raison que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a récemment multiplié les déclarations publiques soulignant sa détermination à vaincre l'Iran et à renverser son gouvernement dans un avenir très proche ?

"Nous avons accompli l'essentiel du travail, mais il reste encore du chemin à parcourir, et nous irons jusqu'au bout". (17 septembre 2026)

Ou encore ceci : "Nous éliminerons le Hamas, et avant tout, nous vaincrons le régime iranien. Nous le renverserons. Il tombera".

Il a qualifié à plusieurs reprises le régime iranien de régime faible, "luttant pour sa survie", et a déclaré que "sa fin est proche", tout en qualifiant le renversement de ce régime de mission centrale restante d'Israël.

Ces déclarations vont au-delà de la simple dégradation des capacités militaires ou nucléaires de l'Iran. Renverser le gouvernement iranien est l'objectif premier d'Israël, et Netanyahu est plus déterminé que jamais à atteindre cet objectif. Naturellement, Trump fera tout ce qu'on lui dira de faire.

Alors, que va-t-il se passer maintenant ?

Les analystes prévoient que Trump et ses collaborateurs vont mettre au point les détails de leur nouveau plan avec les alliés du Golfe lors des réunions de cette semaine aux Nations unies (à partir de mardi). Ce qui est toutefois certain, c'est que Trump et Netanyahu ne vont pas s'en tenir à la même stratégie de bombardements aériens et de tirs de missiles utilisée ces sept derniers mois qui n'a pas produit les résultats escomptés. Si les armes conventionnelles ne suffisent pas, ils auront probablement recours à des alternatives plus meurtrières. Et c'est là matière à inquiétude pour nous tous.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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