Komla YAWO
Le 66e anniversaire de l'indépendance du Mali est célébré ce mardi 22 septembre 2026 dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, la transition politique et la volonté affichée des autorités de renforcer la souveraineté nationale. Soixante-six ans après la proclamation de l'indépendance, le pays revisite son histoire tout en mettant en avant une nouvelle conception de son rapport aux partenaires extérieurs et à ses propres ressources.
Le 22 septembre 1960, après l'éclatement de la Fédération du Mali avec le Sénégal, la République soudanaise proclamait son indépendance sous le nom de République du Mali. Modibo Keïta et ses compagnons posaient alors les fondations du nouvel État.
De Modibo Keïta à Assimi Goïta, une histoire politique mouvementéeDepuis 1960, plusieurs dirigeants se sont succédé à la tête du Mali, au gré des changements politiques, des coups d'État et des périodes de transition. De Modibo Keïta à Assimi Goïta, cette histoire traduit les différentes trajectoires empruntées par le pays depuis son accession à la souveraineté internationale.
Cette mémoire historique occupe une place importante dans la célébration de cette année. Le président de la Transition, le général d'armée Assimi Goïta, a notamment rendu hommage à Modibo Keïta et à ses compagnons dans son adresse à la nation. Il a également présenté ce 66e anniversaire comme un moment de mémoire et de responsabilité collective.
Mais l'anniversaire ne se limite pas à une évocation du passé. Il sert également de cadre au pouvoir de transition pour présenter sa lecture des transformations engagées depuis 2020.
La souveraineté au cœur du message des autoritésDans son discours prononcé à la veille de la fête nationale, Assimi Goïta a placé la souveraineté, l'unité nationale et l'intégrité territoriale au centre de son message. Le chef de l'État malien a réaffirmé son ouverture au dialogue et à la réconciliation, tout en déclarant maintenir la détermination des autorités à lutter contre les groupes armés terroristes.
Cette orientation s'inscrit dans une période où Bamako revendique une plus grande autonomie dans ses choix sécuritaires, diplomatiques et économiques. Les autorités mettent également en avant la coopération avec les pays de la Confédération des États du Sahel ( AES) et d'autres partenaires stratégiques, ainsi que le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité.
Le discours présidentiel associe ainsi souveraineté politique et développement. Assimi Goïta a évoqué la mobilisation des ressources nationales, l'implication de la jeunesse et de la diaspora, ainsi que la nécessité de préserver la capacité du Mali à décider et agir par lui-même.
Une fête nationale sur fond de défis sécuritairesLe contraste reste toutefois important entre le caractère solennel de la célébration et les difficultés auxquelles le pays demeure confronté. La question sécuritaire continue de peser sur le quotidien de nombreuses populations, donnant au défilé militaire de Bamako une dimension qui dépasse la seule symbolique nationale.
Les autorités maliennes ont préparé plusieurs exercices militaires en amont de la cérémonie officielle, avec l'objectif affiché de garantir la préparation et la coordination des différents corps constitués.
Cette démonstration intervient donc à un moment où la capacité de l'État à assurer la sécurité du territoire constitue l'un des principaux enjeux de la période actuelle. Au-delà des discours et des cérémonies, le 66e anniversaire de l'indépendance du Mali pose ainsi une question centrale. Comment transformer la souveraineté revendiquée en résultats durables sur les plans sécuritaire, économique et social ? L'histoire rappelle que l'indépendance acquise en 1960 n'est pas seulement un événement fondateur. Pour les autorités actuelles, elle constitue également un projet à poursuivre.
Soixante-six ans après Modibo Keïta, le Mali célèbre donc son passé tout en affirmant vouloir écrire une nouvelle séquence de son histoire, avec la souveraineté et l'unité nationale comme principaux axes du discours officiel.
