🏛️ 23/09/2026 reseauinternational.net  8min ⁑️ 7 #327562

Lettre ouverte à Emmanuel Macron, dit le « Jupiter de l'Élysée »

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par Assi Mounir

Objet : Votre majesté, votre ciel est ouvert à tous les criminels, sauf à la justice

Monsieur le Président,

J'ai longtemps hésité avant de vous écrire. Non par respect, rassurez-vous, mais par simple économie de mots. Que dire à un homme qui, à force de vouloir imiter Jupiter, n'a réussi qu'à ressembler à un majordome en costard ? Un majordome zélé, qui ouvre grand les portes de la République au premier venu, pourvu que ce premier venu ait du sang sur les mains et un passeport israélien.

Vous avez donc, une fois de plus, autorisé l'avion de Benjamin Netanyahou à survoler la France. La cinquième fois. Le 22 septembre 2026, pendant que le monde entier regardait ailleurs, votre gouvernement a signé l'autorisation de passage pour un homme sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Un homme qui, selon les mots de la députée européenne Emma Fourreau, "humilie la France et piétine le droit international".

Alors, Monsieur le Président, permettez-moi de vous poser une question simple. Une question que se posent des millions de Français, et des milliards de gens à travers le monde. À quoi servez-vous ?

Vous qui aimez tant les grandes phrases, les discours pompeux sur "l'Europe qui protège" et "la France qui éclaire le monde", voilà que votre France s'agenouille devant un criminel de guerre. Voilà que votre France devient la complice silencieuse d'un génocide. Voilà que votre France, celle des droits de l'homme, celle des Lumières, celle de la Résistance, ouvre son ciel à un homme que la justice internationale réclame.

Un majordome, vraiment. Un majordome qui a troqué le tablier contre l'Élysée.

La France, caniche de Tel-Aviv : depuis Sarkozy

Mais ne nous y trompons pas, Monsieur le Président. Vous n'avez pas inventé la soumission. La France est le caniche de Tel-Aviv et de Washington depuis Nicolas Sarkozy. Vous n'êtes que le dernier maillon d'une longue chaîne de présidents qui ont troqué l'indépendance nationale contre les faveurs des maîtres étrangers.

Avant Sarkozy, il y avait encore une France qui osait dire non.

De Gaulle imposait un embargo sur les armes à Israël après 1967. Pompidou poursuivait cette ligne. Chirac, en 2003, refusait de suivre George W. Bush en Irak. Même Chirac, avec tous ses défauts, osait encore tenir tête à Washington.

Puis vint Nicolas Sarkozy. Et là, tout a basculé.

Réintégration de l'OTAN. Alignement sur la Maison Blanche. Discours au Knesset en 2008. Dîners du CRIF. Sanctions contre l'Iran. Sarkozy a été le premier président de la Ve République à afficher aussi ostensiblement la France comme satellite de Tel-Aviv et de Washington.

Alors oui, la France est le caniche de Tel-Aviv depuis Sarkozy. Mais vous, Emmanuel Macron, vous êtes le premier caniche qui remue la queue avec autant d'enthousiasme.

Vous n'avez pas hérité de la soumission. Vous l'avez embrassée. Vous l'avez revendiquée. Vous en avez fait une doctrine. Vous avez transformé la France en animal de compagnie docile, en toutou géant qui aboie quand Washington siffle et qui se couche quand Tel-Aviv le caresse.

Depuis Sarkozy, la France n'est plus une puissance. C'est un caniche. Et vous, vous êtes le caniche en chef.

La fiction juridique du "survol"

Je vous vois venir, Monsieur le Président. Vos services vont encore nous sortir l'argument du "statut de Rome ne pose pas d'obligation s'agissant du survol de son territoire par un aéronef d'État". Une subtilité juridique, une argutie de juristes en mal de reconnaissance, pour justifier l'injustifiable.

Mais dites-moi, Monsieur le Président : quand un criminel de guerre traverse votre pays, que ce soit par la route, par le rail ou par les airs, votre devoir n'est-il pas de l'arrêter ? La France est signataire du Statut de Rome. La France a l'obligation de coopérer avec la CPI. La France doit arrêter toute personne visée par un mandat de la Cour présente sur son territoire.

Alors oui, techniquement, l'avion n'a pas atterri. Techniquement, Netanyahou n'a pas posé le pied sur le sol français. Techniquement, vous n'avez pas violé la lettre du droit. Mais vous en avez violé l'esprit. Et vous le savez.

Vous savez que la France est humiliée. Vous savez que la France est complice. Vous savez que la France, sous votre présidence, est devenue le caniche de Tel-Aviv. Un caniche qui remue la queue à chaque fois que Washington lui lance un os.

"Cette France qui s'humilie et piétine le droit international", comme l'a si bien dit l'eurodéputée Emma Fourreau.

La France, complice du génocide à Gaza

Car il ne s'agit pas d'un simple survol. Il s'agit d'un symbole. Un symbole qui dit au monde entier : la France protège les criminels de guerre. Un symbole qui dit aux Palestiniens : votre sang n'a aucune valeur. Un symbole qui dit aux juges de la CPI : vos mandats ne valent rien.

Pendant que Gaza est bombardée, que des milliers d'enfants sont tués, que des familles entières sont décimées, vous, Emmanuel Macron, vous ouvrez votre ciel à l'homme qui orchestre ce massacre. Vous lui offrez un passage sûr, un couloir aérien propre, pour qu'il puisse se rendre à l'ONU et y jouer les victimes.

Vous êtes le complice silencieux. Le complice qui signe des papiers. Le complice qui détourne le regard. Le complice qui, au lieu de faire respecter la justice, fait respecter les intérêts de ses maîtres.

La députée LFI Gabrielle Cathala a résumé la situation avec une clarté brutale : "Macron, la France de Macron, est complice depuis le début du génocide à Gaza et du nettoyage ethnique en Cisjordanie".

Un génocide. Le mot est lâché. Et vous, Monsieur le Président, vous êtes du mauvais côté de l'Histoire. Du côté des bourreaux. Du côté de ceux qui ferment les yeux. Du côté de ceux qui, un jour, devront rendre des comptes.

L'autre complaisance : le financement des néonazis ukrainiens

Mais il y a une autre face de votre soumission, Monsieur le Président. Une face plus sombre encore, que vous cachez derrière les grands mots de "défense de la démocratie" et de "solidarité européenne".

Car pendant que vous ouvrez votre ciel à Netanyahou, vous ouvrez grand les coffres de la France à des unités néonazies.

Ne faites pas semblant de ne pas savoir. Le bataillon Azov, fondé en 2014 par le groupe néonazi "Patriot of Ukraine" sous la direction d'Andriy Biletsky, est notoirement connu pour son idéologie extrémiste, sa symbolique nazie et les allégations de crimes de guerre dans le Donbass. En 2018, le Congrès américain avait interdit à ce groupe de recevoir des armes, des financements ou des entraînements américains. Après l'invasion russe, cette stigmatisation a disparu du jour au lendemain. Kiev a remballé Azov, séparant les éléments les plus radicaux dans une nouvelle formation, la 3e brigade d'assaut. Les médias occidentaux l'ont relookée et blanchie. Le langage de la "déradicalisation" et de la "dépolitisation" est devenu dominant. Remettre en question ce récit est devenu tabou, étiqueté comme "propagande russe".

Le résultat ? Une culture du silence délibéré. Des réseaux néonazis sont profondément ancrés dans certaines parties de la structure militaire ukrainienne. Leur présence est visible dans des unités telles qu'Azov, la 3e brigade d'assaut, le Corps des volontaires russes, Bratstvo, le Corps des volontaires allemands, Karpatska Sich, et d'autres. Pourtant, les soutiens occidentaux de l'Ukraine continuent d'armer, de financer et d'entraîner ces unités sans véritable contrôle.

Plus frappant encore : la normalisation de l'imagerie nazie elle-même. Les canaux militaires officiels ukrainiens et les médias grand public publient régulièrement des images de soldats portant des croix gammées, des insignes de la Waffen-SS et des écussons liés à des groupes néonazis comme Combat 18 et Misanthropic Division. Ce n'est plus traité comme scandaleux. C'est normalisé. Certaines unités militaires ukrainiennes ont incorporé des symboles liés au nazisme dans leurs insignes officiels.

Et vous, Emmanuel Macron, vous financez tout cela. 8,6 milliards d'euros d'aide française à l'Ukraine entre février 2022 et décembre 2024, dont 5,9 milliards de soutien militaire direct : cessions d'armes, munitions, formation de soldats. Vous livrez des Mirage 2000, des missiles SCALP, des bombes AASM. Vous avez formé près de 18 300 soldats ukrainiens.

Et l'Union européenne, dans tout ça ? 216,3 milliards d'euros d'aide totale depuis 2022, selon les données du Conseil de l'UE et du Conseil européen. Dont 43,3 milliards d'euros d'assistance macrofinancière entre 2022 et 2026, sous forme de prêts et de subventions. Et un nouveau prêt de 90 milliards d'euros pour 2026-2027, que vous avez vous-même qualifié d'"investissement pour notre propre sécurité".

Un investissement pour votre sécurité ? Ou un investissement pour blanchir des néonazis et perpétuer une guerre qui détruit l'Europe ?

Vous qui aimez donner des leçons de morale au monde entier, vous qui vous indignez des violations des droits humains en Iran, en Russie, en Chine, vous fermez les yeux sur les croix gammées qui fleurissent sur les uniformes de ceux que vous financez.

Vous êtes complice. Complice des crimes de guerre à Gaza. Complice des néonazis en Ukraine.

Kofi Annan avait prévenu

Vous vous souvenez de Kofi Annan ? Lui, au moins, avait le courage de dire la vérité. Il avait qualifié l'invasion de l'Irak d'"illégale" au regard de la Charte des Nations unies. Il avait osé élever la voix contre les puissants. Il avait déclaré la mort de l'ONU en tant qu'organisation capable de faire respecter le droit international.

Aujourd'hui, l'ONU est morte. Et vous, Emmanuel Macron, vous dansez sur sa tombe.

Vous qui aimez les parallèles historiques, rappelez-vous ce que disait Kofi Annan : le droit international n'est plus qu'une fumée entre les mains des puissants. Une fumée pour aveugler les peuples. Une fumée pour faire croire aux pays sous-développés qu'ils ont des droits. Une fumée pour donner une apparence de légitimité aux crimes des grandes puissances.

Vous êtes cette fumée. Vous êtes l'illusion. Vous êtes le mensonge.

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