📉 22/10/2026 french.presstv.ir  3min 6 #330788

Dette : le taux d'emprunt de la France à dix ans au plus haut depuis 2002

Les taux d'intérêt de la dette française franchissent un seuil inédit depuis 2002, sur fond de crise sociale et politique. Alors que l'agence Moody's doit rendre son verdict, les inquiétudes gagnent les marchés financiers et les épargnants.

Les taux d'intérêt de la dette française viennent de passer la barre des 5%, jeudi 22 octobre. Du jamais-vu depuis l'été 2002. Ils avaient déjà tendance à augmenter, mais le mouvement s'accélère. Une conséquence directe de la crise sociale et de l'affaiblissement du pouvoir. Les événements de ces derniers jours effraient les créanciers, qui ont de moins en moins confiance dans la capacité de la France à rétablir le calme et à trouver un budget.

Les prêteurs continuent donc de financer la France, mais à 5%, quand l'Allemagne emprunte à 3,41%. L'écart entre les deux pays a rarement été aussi important, ce qui constitue un mauvais signal. D'autant que personne ne voit la situation s'améliorer. Et le calendrier tombe mal : vendredi 23 octobre, l'agence Moody's, qui évalue la capacité de la France à rembourser ses emprunts, doit rendre son verdict. Difficile, dans ces conditions, d'imaginer que la note française ne sera pas dégradée. En d'autres termes, le pays risque de se retrouver avec une étiquette de mauvais payeur.

Une crise financière désormais redoutée

Une crise financière est-elle possible ? Plus personne ne l'exclut. Avant le 17 octobre, ce scénario était encore évoqué comme une hypothèse. Désormais, la plupart des économistes et des milieux d'affaires expliquent que la question n'est plus de savoir si une crise financière va éclater, mais quand elle arrivera.

Il y a quelque temps, Amélie de Montchalin, présidente de la Cour des comptes et ancienne ministre du Budget, expliquait que la dette étranglait la France. Jusqu'alors, elle l'étranglait doucement, lentement. Les marchés financiers pénalisaient les difficultés du pays à rétablir ses comptes. Mais un cap supplémentaire vient d'être franchi : le nœud se serre désormais plus vite. La crise sociale et politique a resserré l'étau d'un cran supplémentaire, et brutalement.

Les Français doivent-ils pour autant s'inquiéter pour leur épargne ? En tout cas, les plus fortunés placent déjà une partie de leur argent hors de France, notamment dans des contrats d'assurance-vie domiciliés au Luxembourg ou en Suisse.

Ces contrats ne sont pas soumis à la loi française Sapin 2, qui prévoit, en cas de crise financière grave, la possibilité de bloquer temporairement les retraits. Autrement dit, les épargnants concernés ne pourraient plus retirer leur argent comme bon leur semble.

D'autres préfèrent vendre leurs actions pour acheter des biens immobiliers, mais pas en France. Ils privilégient des destinations proches de la frontière. L'Italie, notamment Milan ou Turin, ainsi que la Suisse, ont particulièrement la cote en ce moment.

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