
Par Rami Abou Reida
Depuis près de deux semaines, avec l'arrêt de l'entrée des marchandises commerciales par les points de passage, les fruits et les légumes ont commencé à disparaître des marchés de Gaza. D'autres produits alimentaires ont ensuite suivi, tandis que les prix ont atteint des niveaux exorbitants. Les besoins les plus élémentaires des familles sont désormais hors de portée pour beaucoup de personnes.
À Gaza, la question n'est plus : "Qu'allons-nous cuisiner aujourd'hui ?" Elle est devenue : "Pourrons-nous acheter de quoi nourrir nos enfants demain ?"
On entre au marché et l'on découvre que certains produits ont disparu, tandis que d'autres sont vendus à des prix insupportables. Le regard passe d'un étal à l'autre, à la recherche de quelque chose que l'on puisse acheter. Puis on comprend que le problème n'est plus de vouloir acheter, mais de ne plus avoir assez d'argent pour répondre aux besoins les plus élémentaires de sa famille. On retourne à sa tente, accablé par l'impuissance, tandis que les enfants attendent un repas sans comprendre pourquoi il est devenu si difficile de le leur offrir.
Après de longs mois de faim, de blocus et de déplacements forcés, les habitants de Gaza font face à de nouvelles inquiétudes. La crise ne se limite pas à la disparition de certains produits. Elle concerne aussi la difficulté croissante à accéder à une alimentation variée, alors que de vastes terres agricoles ont été détruites et que le pouvoir d'achat des familles s'est effondré.
𝗣𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗲𝘀𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀é𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝘁𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗽𝗿é𝗰𝗮𝗿𝗶𝘁é, 𝗮𝘂 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗾𝘂𝗲𝗹𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱'𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗿𝘂𝗽𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗮𝗻𝗱𝗶𝘀𝗲𝘀 𝘀𝘂𝗳𝗳𝗶𝘀𝗲𝗻𝘁 à 𝗽𝗲𝗿𝘁𝘂𝗿𝗯𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘁 à 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗴𝗿𝗶𝗺𝗽𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝘁𝘀 𝗶𝗻𝗱𝗶𝘀𝗽𝗲𝗻𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 à 𝗹𝗲𝘂𝗿 𝘀𝘂𝗿𝘃𝗶𝗲 ?
La peur de voir la faim revenir n'est pas exagérée. Elle est le reflet d'un souvenir douloureux dont les habitants de Gaza ne se sont pas encore remis. Plus inquiétante encore est la crainte que l'occupation profite des circonstances sécuritaires et politiques pour renforcer les restrictions à l'entrée des marchandises ou prolonger leur blocage.
Il ne faut pas attendre que la famine soit déclarée pour agir. Lorsque la pénurie alimentaire se conjugue à la hausse des prix et à l'incapacité des habitants à acheter, la nourriture peut encore être présente sur les marchés, tout en restant absente des tables des plus pauvres.

𝗜𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗼𝘂𝘃𝗿𝗶𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗶𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗮𝘀𝘀𝗮𝗴𝗲 à 𝗹'𝗮𝗽𝗽𝗿𝗼𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲, 𝗴𝗮𝗿𝗮𝗻𝘁𝗶𝗿 𝘂𝗻 𝗳𝗹𝘂𝘅 𝗿é𝗴𝘂𝗹𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗮𝗻𝗱𝗶𝘀𝗲𝘀, 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿ô𝗹𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗲𝘁 𝗲𝗺𝗽ê𝗰𝗵𝗲𝗿 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗮 𝗱é𝘁𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝗲𝘅𝗽𝗹𝗼𝗶𝘁é𝗲. La nourriture n'est pas un luxe, mais un droit fondamental qui ne doit être soumis ni aux pressions politiques ni aux considérations sécuritaires.
La guerre nous a épuisés, les déplacements forcés nous ont vidés de nos forces, et nous avons perdu nos maisons et nos moyens de subsistance. Nous n'avons plus la force d'affronter une nouvelle bataille pour obtenir de quoi manger.
Derrière chaque tente, une famille tente de survivre, une mère compte l'argent qui lui reste et un père craint de rentrer les mains vides auprès de ses enfants.
𝗡𝗲 𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝘇 𝗽𝗮𝘀 𝗚𝗮𝘇𝗮 𝗮𝗳𝗳𝗿𝗼𝗻𝘁𝗲𝗿 à 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗹𝗮 𝗳𝗮𝗶𝗺. 𝗟𝗮 𝘃𝗶𝗲 𝗻'𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱 𝗽𝗮𝘀, 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝘀 𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲.
𝗥𝗮𝗺𝗶 𝗔𝗯𝗼𝘂 𝗥𝗲𝗶𝗱𝗮
21 october 2026
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