21/05/2017 lesmoutonsenrages.fr  7min #129088

 Emmanuel Macron rendra visite aux troupes françaises en Afrique le 18 mai

Macron au Mali : « L'opération Barkhane ne s'arrêtera que le jour où il n'y aura plus de terroristes islamistes dans la région » + une analyse....

Nous n'en avons pas fini avec les interventions « contre » le terrorisme, puisqu'en coupant une tête, il en pousse deux..

Emmanuel Macron a expliqué devant la presse à Gao, au Mali, que « l'opération Barkhane ne s'arrêtera que le jour où il n'y aura plus de terroristes islamistes dans la région ». Le président de la République, qui est aussi chef des armées, a tenu une conférence de presse vendredi 19 mai dans le sable du camp de l'ONU à Gao, au nord du pays, le camp de base de  l'opération militaire française contre les terroristes jihadistes du Sahel.

« Je veux que tout ce qui est inscrit dans les accords d'Alger soit appliqué »

Emmanuel Macron insiste sur le respect de la feuille de route politique par les partenaires africains dans ce conflit. « Moi, ce que je veux, c'est une exigence sans doute renforcée à l'égard des Etats du Sahel et de l'Algérie, pour que tout ce qui est inscrit dans les accords d'Alger soit appliqué et pour que la responsabilité de tous et toutes soit prise. »

L'opération française Barkhane, lancée en août 2014 après l'opération Serval de 2013, est menée dans cinq pays (Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso) de la bande sahélo-saharienne, une zone vaste comme l'Europe. C'est actuellement la plus importante opération extérieure des troupes françaises.

La France a déployé près de 4 000 militaires, dont la majorité au Mali, essentiellement à Gao (1 700 militaires), avec des détachements à Kidal et Tessalit (nord-est).

Source et vidéo  FranceTvInfo

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Analyse de  Nicolas Beau concernant l'Afrique:

La France a perdu la guerre au Mali

Emmanuel Macron, qu se rend au Mali en fin de semaine, va-t-il se livrer à une révision déchirante de la politique française au Sahel? Beaucoup de voix autorisées en France le souhaitent désormais.

C'est une véritable poudrière que devrait découvrir vendredi à Bamako le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, lors du voyage express qu'il a prévu d'effectuer au Mali. Enfin cette situation totalement détériorée, commence à être dénoncée au Quai d'Orsay et même dans les rangs de l'armée française. Disons que tant que François Hollande était encore en fonctions personne n'osait remettre en cause le bilan d'une intervention qui, selon Laurent Fabius, alors ministre des Affaires Étrangères, avait rétabli la paix dans ce pays ami et... rétabli la démocratie. Forcément!

Une voix aussi autorisée que celle de l'ancien patron de la DGSE (services français), Jean Claude Cousseran, dont on dit qu'il a aujourd'hui ses entrées à l'Élysée, explique dans « le Canard Enchainé » de cette semaine que « le Mali sera l'Afghanistan de la France ». A droite, le monsieur sécurité de Nicolas Sarkozy, Bernard Squarcini, a toujours estimé, lui aussi, que les Français s'enliseraient rapidement au Mali après une intervention armée qui ne s'est jamais accompagné d'une solution politique. » On a laissé les clés de l'appartement témoin d'un immeuble qui est encore en construction, résume-t-il avec un art consommé de la formule, puis on s'en va le plus rapidement possible, avant que le bâtiment entier ne s'effondre ».

Du coté des ONG, l'option strictement guerrière choisie par la France face au terrorisme perd visiblement du terrain.« Les opérations militaires seules ne suffiront pas à tirer le Sahel de ce bourbier », note Corinne Dufka de Human Rights Watch. La politique française au Mali est trop « purement militaire », et doit prendre en compte le besoin de changement démocratique qui s'exprime sur le continent, estime quant à lui Florent Geel, de la FIDH.La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a publié un rapport alarmant sur le Mali, qui connaît « un niveau d'insécurité sans précédent » près de deux ans après la signature d'un accord de paix.

Des touaregs ignorés

A peine terminée l'opération Serval, les élections présidentielles bâclées de l'été 2013 avaient porté au pouvoir Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, un politicien roublard et corrompu, incapable de tendre la main aux Touaregs du Nord, mais il est vrai membre de l'Internationale socialiste et donc ami de la France de Hollande, Valls et Le Drian.

Quatre ans après le début de l'opération Serval, il faut se rendre à l'évidence. L'intervention militaire française de janvier 2013, destinée à stopper l'avancée des groupes terroristes, a échoué à les déloger du Nord Mali, point névralgique de la crise sécuritaire malienne. Dans cette zone de non droit, les islamistes violents proches d'Al-Qaida se déplacent comme des poissons dans l'eau. Dans la vie quotidienne, des groupes djihadistes imposent la loi coranique, comme le prouve la lapidation d'un couple non marie dans la zone de Kidal (voir ci dessous contre notre enquête).

Silence dans les rangs

Tout aussi grave, les attentats se multiplient, même si l'armée française veille à étouffer le moindre incident et continue, sous l'autorité de l'ancien ministre de la Défense, jean Yves Le Drian, aujourd'hui promu, à imposer une version optimiste et béate de la situation au Sahel. Revendiqué par le groupe Al-Mourabitoun très actif au Sahel, l'attentat suicide qui a eu lieu au début de l'année contre un camp militaire du Nord Mali avait fait 70 morts. De ces morts là, on ne parle qu'à peine à Paris et Washington, parce que ce sont des soldats africains qui sont tués. Ces attentats et bien d'autres témoignent d'une situation sécuritaire totalement détériorée. Et l'insécurité est désormais présente également dans le Sut et au centre du pays, ce qui n'était pas le cas au moment de l'opération Serval.

Hélas, ce dossier malien aura été à peine évoqué pendant la campagne présidentielle, sinon pour se glorifier, tous candidats confondus, de l'admirable politique sécuritaire française au Sahel. Or l'héritage de François Hollande est, comme dans bien d'autres domaines mais plus encore au Mali, calamiteux.

Il est minuit moins une, docteur Macron, pour sauver ce qui peut l'être de la présence française dans cette partie du monde.

Lire la suite:  Nord Mali, un couple lapidé pour « concubinage »

Source  MondAfrique

Quelques liens sur l'Afrique:

RFI:  Attaque de Brak al-Shati en Libye: la 3e Force, brigade aux allégeances troubles

InfoMigrants:  Libye : Un médecin de MSF témoigne des conditions de vie déplorables des migrants

L'Express: Libye:  141 morts dans une attaque contre une base militaire

Tribune de Genève: Nigéria,  la famine menace, et Boko Haram bloque les secours. Près de 2 millions de personnes sont au bord de la famine au Nigeria, tandis que l'aide alimentaire se heurte au groupe djihadiste.

Le Monde:  Nigéria, les enfants, victimes oubliées du conflit de Boko Haram

SlateAfrique:  L'évasion fiscale, le vrai fléau qui bloque le développement du continent. La fraude fiscale annuelle imputée aux multinationales en Afrique est supérieure au montant de l'aide publique au développement. (à lire c'est affligeant!)

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