Faites ce que vous voulez, mais dites adieu au modèle social français. Par Bruno Amable

06-09-2019 les-crises.fr 3 min #161274

Source :  Libération, Bruno Amable, 02-09-2019

Depuis trois à quatre décennies, avec une forte accélération ces dernières années, se réalise le rêve d'une partie du patronat : défaire les avancées du Conseil national de la Résistance.

Parmi tous les clichés trompeurs qui circulent à propos de la France, celui d'un pays «impossible à réformer» est certainement le plus ridicule. Sans que la majorité des Français ne l'ait vraiment souhaité, les transformations que subit l'économie depuis trois à quatre décennies, avec une spectaculaire accélération ces dernières années, sont à même de réaliser le rêve pas du tout secret d'une partie du patronat et des classes aisées tel qu'il avait été énoncé par Denis Kessler il y a quelques années: défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance et en finir avec le modèle social français.

Après des années de libéralisation dans de nombreux domaines, à commencer par le secteur financier, les «réformes» néolibérales se sont attaquées sérieusement aux deux principaux piliers du modèle social que sont la relation d'emploi et la protection sociale. Pour la première, l'histoire retiendra que c'est un président «socialiste» qui aura mis en œuvre la plus importante loi de flexibilisation du marché du travail de l'après-guerre. La loi travail, prolongée par les ordonnances Macron, constitue non seulement une diminution significative de la protection légale de l'emploi, mais consacre aussi un affaiblissement de la représentation des salariés et pour tout dire un recul de la démocratie sociale.

On pourrait se dire que tout cela n'est pas grave car...

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Bruno Amable professeur à l'université de Genève

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