21/03/2020 francais.rt.com  4 min #170718

«Les bonnes volontés ne manquent pas» : en pleine crise, des bénévoles au secours des sans-abri

«Informer, maintenir le lien social et garder le moral» : trois missions que se fixe l'association d'aide aux SDF Entourage. Claire Duizabo, bénévole dans cette association, accepte de témoigner pour RT France, en pleine crise du Covid-19.

Depuis le début du confinement imposé le 16 mars par le président de la République, des appels émis majoritairement sur les réseaux sociaux, notamment via Twitter, sont lancés pour venir en aide aux plus démunis. Pour RT France, Claire Duizabo, bénévole de l'association Entourage - qui s'occupe de créer du lien social avec les SDF - accepte de témoigner sur la situation de sans-abri en France.

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Face à la situation de ces sans-abri, et alors que sur les réseaux sociaux circulaient des vidéos montrant des SDF dénonçant le gouvernement, aucune mesure n'ayant été prise sur leur sort, le ministère du Logement a annoncé le 19 mars la réquisition de chambres dans des hôtels pour héberger ces personnes encore à la rue. A Paris, près de 200 chambres seront ainsi mises à disposition le plus rapidement possible. Les associations, elles, continuent à tirer la sonnette d'alarme.

Informer, maintenir un lien social, garder le moral

«Ce qui est sûr, c'est que les bonnes volontés ne manquent pas, depuis une semaine, on assiste sur les réseaux sociaux à un énorme élan de solidarité, de personnes qui se sentent impuissants dans le confinement», explique Claire Duizabo. Elle explique que son association s'est donné trois missions majeures pendant le coronavirus. La première relève de l'information. «Informer les SDF, s'assurer qu'ils ont bien compris le message et la gravité de la situation []... on informe aussi les voisins, ils veulent aider et c'est une manière de maintenir un lien social».

La seconde mission est celle de la solidarité. «C'est la meilleure façon de pallier le manque de bénévoles et de personnel». Claire Duizabo précise que les associations laissent la Croix Rouge ou encore les Restos du Cœur se charger «d'apporter la nécessité vitale et s'assurer qu'il reste toujours des distributions alimentaires et que les permanences santés continuent d'être assurées». Elle insiste notamment sur le fait que la contamination ne passe pas par la nourriture et qu'il est tout à fait envisageable de «déposer un sac de nourriture aux SDF, car tant qu'il n'y a pas de contact physique, il n'y a pas de contamination».

Enfin, explique la bénévole, il faut garder le moral, notamment grâce à un programme en ligne. L'association a récemment lancé l'opération «Les bonnes ondes», permettant d'appeler les SDF (71% des SDF disposeraient d'un téléphone portable). «Il y a des groupes de 200 personnes qui se relayent et qui s'occupent de prendre de leurs nouvelles (les SDF), chaque jour, pour être sûrs qu'ils ont bien compris la gravité de la situation», a-t-elle expliqué. L'application Entourage, créée par l'association, permet aux personnes de communiquer avec les sans-abri, de répondre à leurs appels et à leurs besoins. L'association, qui avait pour habitude d'organiser des soirées jeux, des petits-déjeuners ou encore des pique-niques avec les personnes les plus démunies, continue cette initiative via cette application. Claire Duizabo précise «qu'elles peuvent continuer à se joindre à nous car on organise des événements digitaux, pause-café à 14h, des jeux...»

Loin des yeux mais près du coeur : on maintient le lien social en ligne ! RDV à 14H00 à ce lien
Les SDF, doubles victimes de cette crise

Une autre situation à laquelle les SDF font face, c'est celle des contraventions imposées à tous par le gouvernement pour non-respect du confinement. Beaucoup de cas de verbalisation de SDF ont été recensés à Paris, Lyon et Bayonne. La préfecture de Lyon a d'ores et déjà affirmé que ces contraventions, si elles sont avérées après enquête interne, seront immédiatement annulées car «contraires aux instructions», selon le journal Le Progrès. A Paris, «nous avons sensibilisé la préfecture au problème», a indiqué le Samu social, qui gère le 115 (numéro d'urgence des sans-abri).

Claire Duizabo précise que «dans notre communauté, on n'a pas eu de connaissance de personnes qui se sont fait verbaliser directement. Je salue les décisions qui sont prises pour retirer les amendes aux SDF. Je ne veux pas qu'on tape sur les doigts de ceux qui n'ont déjà rien et qui sont des doubles victimes de cette crise».

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