24/06/2020 reseauinternational.net  4 min #175863

Le Général de Gaulle s'invite dans la campagne française

par Jacket Costard.

Le président français, Emmanuel Macron, a effectué une visite importante - du point de vue de la stratégie électorale - à Londres. Il a préparé ce voyage depuis longtemps malgré les restrictions de quarantaine en cours. Pour finir, il a eu une réunion avec des représentants de la famille royale et le Premier ministre Boris Johnson bien que l'Angleterre  exige la mise en quarantaine d'une personne arrivant sur son sol pour quatorze jours.

Dans deux ans, la France va connaître de nouvelles élections pour élire son nouveau président. Des rumeurs sur la possibilité d'une élection présidentielle anticipée ont été confirmées la semaine dernière lorsque le journal Le Figaro, citant ses sources, a publié un message sur la vidéoconférence de Emmanuel Macron avec les principaux donateurs de sa campagne précédente. Apparemment, Macron a souligné pendant une conversation en ligne qu'il était prêt à prendre le risque et à présenter sa démission pour avoir des élections anticipées. Le Figaro a  expliqué que, selon le président français actuel, il ne se trouve pas actuellement un concurrent sérieux pour le mettre en danger.

À première vue, les dires de l'actuel président français semblent plutôt audacieux, étant donné son passif quand on voit les longues luttes menées par les Gilets jaunes, la gestion catastrophique de la crise sanitaire où les personnes âgées ont été euthanasiées en masse selon une décision planifiée, où la seule méthode, celle du docteur Raoult, permettant de guérir rapidement les Français contaminés par le Covid-19, a été interdite en amont avant la vague de la « pandémie » ou durant la tourmente, laissant les Français dans le plus grand désarroi, seuls face à la mort. Durant les manifestations des Gilets Jaunes, le moteur Emmanuel Macron tournait autour du 20% des avis favorables sur sa politique. Au début de l'année, c'était du 40% et après le déconfinement, selon un sondage YouGov, 64% des électeurs désapprouvent sa politique.

Son affirmation qui est de dire qu'il n'y a pas de concurrents sérieux devant lui est véridique. Si les élections avaient lieu maintenant, Emmanuel Macron et Marine Le Pen passeraient à nouveau au second tour (comme en 2017), obtenant environ 30% des voix. Peut-être qu'aucun des politiciens du système ne peut même s'en approcher. Et au second tour, comme c'est de tradition en France, tous les gauchistes et centristes s'uniront contre la « menace d'extrême droite », grâce à quoi Emmanuel Macron gagnera à nouveau facilement. Il convient de noter que l'Élysée a finalement  réfuté les plans d'élections anticipées. L'Élysée s'est avancé avec hésitation et prudence. Au début, ils ont généralement dit que rien ne pouvait être exclu. Puis, ils ont finalement réfuté le fait des dires de la vidéoconférence mentionnée. Cela n'a fait qu'encourager les rumeurs.

Emmanuel Macron ne cache pas qu'il ne voit pas un seul concurrent sauf peut-être Marine Le Pen. Il essaie donc de faire des appels du pied du côté de l'électorat de la droite modérée. Il y a un an, il a choqué les électeurs du camp libéral et de la gauche en utilisant le terme « patriotisme », un slogan employé jusqu'à présent exclusivement par la droite issue du camp de Marine Le Pen. Maintenant, il exploite de manière active, malgré la quarantaine, le nom du général Charles de Gaulle, l'idole des Républicains et de la droite en France. Le mercredi 17 mai, Macron a prononcé un discours pompeux sur le site de la bataille de Montcornet où, en 1940, les chars de la 4e division se trouvant sous les ordres du colonel de Gaulle ont su, au moins, donner une certaine résistance face aux Allemands qui faisaient leur Blitzkrieg. Même les représentants des Républicains (LR) n'ont pas caché leur mécontentement par le fait que le président ait soudainement découvert la figure du général de Gaulle tout en lui attribuant les idées de « souveraineté européenne ».

La visite en Grande-Bretagne, que Macron a si obstinément demandé, a été également directement liée au général de Gaulle. Même en pleine « pandémie », alors que les délais pour assouplir la quarantaine dans les deux pays n'étaient toujours pas clairs, le président français a catégoriquement refusé d'envisager une annulation de la visite ou d'employer la vidéoconférence alors que c'était son habitude, en raison du virus, de gérer ses affaires par ce moyen. Le fait est que le 18 juin a marqué le 80e anniversaire du célèbre discours du général de Gaulle tenu à la radio britannique lorsqu'il a appelé les Français à lutter contre l'occupation allemande. Emmanuel Macron a eu également l'intention de se tourner vers les Français depuis Londres. Cependant, plusieurs statues du général de Gaulle ont été vandalisées sur la semaine de cette cérémonie. On peut supposer que tout le monde en France n'a pas entendu l'appel à l'unité du président français autour du passé historique.

source :  observateurcontinental.fr

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